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Interview de M. Jean-Didier Berger, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, à CNews le 16 juillet 2026, concernant les violences à l'occasion de la Fête nationale, la liberté d'expression, les incendies de forêt, la loi sur la fin de vie, le projet de loi RIPOST, les OQTF et le racisme anti-blanc.

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Intervenant(s) : 

Média : CNews

Texte intégral

PIERRE DE VILNO
L'invité de la grande interview, sur CNews et sur Europe 1, c'est Jean-Didier Berger. Bonjour.

JEAN-DIDIER BERGER
Bonjour à tous.

PIERRE DE VILNO
Vous êtes ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur. Nous avons tous vécu un 14 juillet très festif, avec un défilé militaire absolument génial, avec toutes les forces armées qu'on a pu voir, et pourtant, alors qu'on s'attendait à avoir une belle fête, en communion avec toute la nation, le communiqué du ministère de l'Intérieur est tombé. Vous parlez d'une, comment dirais-je, soirée du 13 au 15, notamment, sur plusieurs jours, sans incident majeur. Il y a quand même 533 interpellations, 403 gardes à vue, 327 usages d'artifice contre des policiers, 183 villes marquées. On ne peut pas, donc, faire une fête du 14 juillet tranquillement en France, aujourd'hui, sans violence ?

JEAN-DIDIER BERGER
Mais on ne s'habitue pas à ces violences. On ne s'habituera jamais à ce que des policiers soient abîmés dans leur fonction, à ce que des villes soient l'objet de ce type d'incivilité. Mais ce que je constate, c'est que grâce aux moyens que nous avons mis en place, nous avons pu contenir ce type de phénomène, faire en sorte qu'ils soient moins nombreux, heureusement, que l'année passée. Je dirais deux fois moins nombreux. C'est ce que nous avons constaté dès la nuit du 13 au 14 juillet. Et puis, ce que je constate aussi, c'est que beaucoup de ces incivilités font l'objet de la loi RIPOST, qui vient d'être adoptée à l'Assemblée nationale. Je pense en particulier aux tirs de mortier.

PIERRE DE VILNO
On va en parler.

JEAN-DIDIER BERGER
Qui sont par centaines, constatés dans ce type de moments, qui sont des prétextes. Ce n'est pas parce que c'est la fête nationale ou parce que c'est un match de foot, puisqu'on peut avoir ce type d'incident le 31 décembre, en plein hiver. Donc, ces prétextes et les outils qui sont utilisés pour, je dirais, pourrir un peu la vie de nos compatriotes, nous y luttons contre-pied à pied, et notamment dans ce texte de loi qui vient d'être adopté.

PIERRE DE VILNO
Pour qu'un jour, on puisse faire la fête tranquillement en France, sans violence ?

JEAN-DIDIER BERGER
Oui, je crois que c'est le cas dans l'essentiel des communes de France, mais il faut que ça puisse être le cas absolument partout. J'ai vu que dans ma commune de Clamart, les choses se sont parfaitement bien déroulées.

PIERRE DE VILNO
183 villes touchées, hein, par ces incidents.

JEAN-DIDIER BERGER
Oui, bien sûr. Mais ça veut dire aussi, sur les 35 000 communes de France, une immense majorité de villes...

PIERRE DE VILNO
Vous serez d'accord pour dire que c'est 183 villes de trop, Jean-Didier Berger ?

JEAN-DIDIER BERGER
Absolument. Un phénomène et toujours un phénomène de trop, mais je pense qu'il faut aider nos compatriotes à prendre un maximum de hauteur, à dézoomer pour comprendre la réalité. Autant, on ne s'habitue jamais aux moindres faits, autant, il faut aussi avoir le courage de le dire, quand des dispositifs fonctionnent, quand, grâce au travail, au courage et à l'abnégation des forces de police, des forces de l'ordre et de secours, on arrive à obtenir de bons résultats comme ceux que nous avons obtenus ces derniers jours. Il faut aussi le mettre à leur actif. Et c'est ce que je viens faire aussi ce matin.

PIERRE DE VILNO
Jean-Didier Berger, vous connaissez le slogan de CNews : " Vive la liberté d'expression ". Vous êtes pour la liberté d'expression ?

JEAN-DIDIER BERGER
Je suis comme tous les gens de droite, pour la liberté d'expression.

PIERRE DE VILNO
Tous les gens de droite, à l'exception, peut-être, de certains Sénateurs qui veulent lutter contre la désinformation, au travers d'un rapport sur les zones grises de l'information : ils préconisent la création d'un observatoire indépendant de la désinformation, un renforcement des pouvoirs de l'ARCOM. C'est quoi ? C'est un ministère de la vérité ?

JEAN-DIDIER BERGER
J'ai vu la polémique autour de ce rapport. Je vois d'ailleurs que la polémique est surtout sur les termes d'ingérence intérieure, des termes qui ne sont pas, à priori, dans le rapport. Mais j'aurai l'occasion de...

PIERRE DE VILNO
C'est intéressant d'avoir justement le point de vue de l'intérieur là-dessus. Est-ce que vous avez, vous, des signes d'ingérence intérieure sur des plateformes ?

JEAN-DIDIER BERGER
Vous savez, les questions de fausses informations, CNews est pour la liberté d'expression, mais je suis sûr que CNews est aussi pour la lutte contre la désinformation.

PIERRE DE VILNO
Bien sûr.

JEAN-DIDIER BERGER
Parce que c'est ce qui fait la qualité de journaliste. C'est pour ça qu'il y a des cartes de presse. C'est pour ça que certaines personnes sont habilitées à divulguer de l'information, et d'autres, lorsqu'elles donnent leur opinion, ça doit être considéré uniquement comme une opinion. Donc, la liberté d'expression, elle est garantie par la Constitution, et chacun d'entre nous y est très attaché. Mais chacun d'entre nous est aussi attaché, en fait, de pouvoir discerner le vrai du faux. J'observe que le Parlement est dans ce rôle. Et le Parlement il est là pour contrôler le Gouvernement, donc, ce n'est pas moi qui vais pointer du doigt le Parlement. Mais simplement, j'observe que c'est un rapport, ça n'est pas un projet de loi ou une proposition de loi.

PIERRE DE VILNO
Pas encore, pas encore. Ça commence toujours par un rapport.

JEAN-DIDIER BERGER
Vous savez, c'est un peu vieux comme le monde. Il y a déjà des lois pour protéger contre la divulgation de fausses nouvelles.

PIERRE DE VILNO
La loi 1881 qui existe déjà.

JEAN-DIDIER BERGER
Absolument. Il y a des lois pour nous protéger contre le négationnisme, le révisionnisme. Donc, qu'on soit obligés, tous, les uns et les autres, de constater qu'avec l'intelligence artificielle, avec le développement des réseaux sociaux, il peut y avoir, non pas simplement des divulgations de fausses nouvelles, mais une sorte d'accélération, une sorte, je dirais, d'industrialisation de la fausse nouvelle. Chacun d'entre nous le constate bien en regardant simplement son téléphone.

PIERRE DE VILNO
Donc, vous diriez que ce rapport n'est pas nécessaire, vous diriez que ce rapport a mal choisi les mots, parce que la polémique est arrivée tout de suite. Votre collègue, David Lisnard, dit que c'est orwellien. Il dit que la liberté d'expression est la condition de la démocratie. C'est ce qu'il a dit sur CNews hier soir. Vous êtes d'accord avec lui ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non, je ne suis pas d'accord avec ceux qui, je dirais, essaient de mettre de l'huile sur le feu sur la base d'un rapport.

PIERRE DE VILNO
C'est mettre de l'huile sur le feu, de dire que la liberté d'expression est importante ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non, pas du tout. La liberté d'expression est importante. Il faut regarder vraiment ce rapport pour ce qu'il est. Je crois que, d'ailleurs, Agnès Evren, qui est l'une des co-rapporteurs, a eu l'occasion de faire un communiqué de presse pour bien préciser les choses.

PIERRE DE VILNO
Et si on fait un communiqué de presse, c'est que ça n'était pas clair.

JEAN-DIDIER BERGER
En tout cas, ce que je crois, c'est qu'on est dans un monde où il y a beaucoup de polémiques, parfois des polémiques qui ne sont pas toujours utiles. Je crois qu'il faut que le Parlement continue à être dans son rôle. Son rôle, c'est de réfléchir, puis, éventuellement, de voter.

PIERRE DE VILNO
Ce n'est pas une tentative de réguler la campagne présidentielle ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non, je ne crois pas. Il y a eu des ingérences numériques étrangères. Et ça, je pense que ça fait un assez large consensus, pour dire qu'il ne faut pas que des puissances étrangères puissent décider de ce qui se passe dans une démocratie, et en particulier dans notre pays. Et je pense que tout le monde est aussi attaché au fait qu'il faut qu'il y ait un équilibre entre la liberté d'expression et la lutte contre les fausses nouvelles. Ça ne date pas d'hier. Et il faut qu'aujourd'hui, ces dispositions puissent s'adapter à la réalité de ce qu'est l'intelligence artificielle et ce que sont les réseaux sociaux, et qui peuvent être instrumentalisés pour de mauvaises fins.

PIERRE DE VILNO
Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur. 950 pompiers mobilisés encore contre le feu de forêt à Fontainebleau. Emmanuel Macron se rend sur place ce matin. L'autoroute A6 est toujours fermée encore ce matin. A-t-on de l'espoir, Jean-Didier Berger, avec les informations que vous avez au ministère de l'Intérieur, de voir ce feu éteint dans les prochaines heures, ou est-ce que ça va durer encore plusieurs jours ?

JEAN-DIDIER BERGER
Je pense que ça va durer encore plusieurs jours. Mais ce n'est pas quelque chose d'anormal. Ce qui a été important, c'est de parvenir, comme l'ont fait les pompiers, à fixer le feu, c'est-à-dire d'arrêter sa progression. Mais fixer un feu, ça ne veut pas dire l'avoir éteint. Et on se souvient qu'il y a eu, déjà, en forêt de Fontainebleau, par le passé, il y a plusieurs décennies, un incendie qui a mis plusieurs jours, même plusieurs semaines, à être totalement éteint. Et c'est pour ça qu'il faut, je dirais, rappeler à tous la nécessité de la plus grande prudence dans les pratiques ; et parce qu'on voit bien que des pratiques accidentelles peuvent conduire à de grands drames, même si, évidemment, les enquêtes sont toujours en cours et que les actes intentionnels ne sont pas…

PIERRE DE VILNO
C'est-à-dire qu'il y a un pompier volontaire de 18 ans qui est revenu, depuis, sur ses aveux, il est mis en examen. Quels que soient les coupables, est-ce qu'ils seront punis sévèrement ?

JEAN-DIDIER BERGER
Je crois qu'il faut que nos compatriotes aient bien conscience de la sévérité de la loi en matière d'incendie. Je rappelle que ça peut…

PIERRE DE VILNO
Il y a une loi, mais après, il y a l'applicabilité des lois, vous le savez.

JEAN-DIDIER BERGER
Bien sûr. Mais en tout cas, la loi, telle que le législateur l'a conçue dans sa grande sagesse, est quand même particulièrement forte et sévère, puisqu'on peut aller même jusqu'à la perpétuité dès lors qu'il y a un décès lié à cet acte criminel. Donc, voilà, la loi, elle est là, elle est sévère. Les Français ne le savent pas toujours, mais elle est bien là.

PIERRE DE VILNO
Un aspect pratique en ces vacances d'été : l'autoroute A6, je le disais, est encore fermée. Emmanuel Macron se rend... Certains médias disent qu'il se rend notamment pour rouvrir l'autoroute A6. Est-ce que vous avez des informations là-dessus ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non, mais je crois surtout, ce qu'il faut retenir, et je crois que le Président de la République, il va se rendre sur place surtout pour saluer l'excellent travail de nos pompiers et des forces de sécurité intérieure aussi, qui sont très impliquées, qui sont là, avant, pour prévenir ces phénomènes, qui sont là, pendant, pour gérer les évacuations et puis faire les premières constatations. Et puis, après, pour aller dans le sens de l'élucidation de la circulation.

PIERRE DE VILNO
Il y a eu une communion générale des habitants aussi, des agriculteurs, qui, eux-mêmes, ont voulu sauver leurs forêts ?

JEAN-DIDIER BERGER
Absolument. Des agriculteurs qui se sont mobilisés, des chefs d'entreprise qui ont aussi libéré et rendu disponible un certain nombre de volontaires sapeurs-pompiers. Donc, je pense que tous les Français voient bien l'importance d'être solidaires face à ce type de situation.

PIERRE DE VILNO
Hier, les Députés ont adopté la loi sur la fin de vie : 291 pour, 241 contre. Chacun a voté en son âme et conscience. Certains parlent de rupture anthropologique. Et vous ?

JEAN-DIDIER BERGER
Au-delà de ma position personnelle, puisque j'étais parlementaire avant de devenir ministre, et chacun peut consulter ma position, ce que je constate, c'est qu'il y a eu énormément de débats depuis plusieurs années maintenant, avec beaucoup de lectures, beaucoup de votes, dans les deux assemblées. Et puis, désormais, un processus démocratique qui va continuer son chemin, avec la saisie par le Premier ministre du Conseil constitutionnel pour vérifier que toutes les mesures qui ont été prises sont bien conformes.

PIERRE DE VILNO
Les garde-fous ?

JEAN-DIDIER BERGER
Oui, que toutes les mesures qui ont été prises sont bien conformes à la Constitution et à nos valeurs, tout simplement.

PIERRE DE VILNO
Mais vous comprenez cette saisine du Conseil constitutionnel par le Premier ministre, alors qu'Emmanuel Macron s'est limité à saluer cet engagement tenu ? C'était une promesse de campagne ? Est-ce qu'il n'y a pas un cafouillage au sein de l'exécutif ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non, pas du tout. Je pense que chacun est absolument dans son rôle.

PIERRE DE VILNO
Chacun, y compris au sein de l'exécutif ? Il peut y avoir deux positions différentes ?

JEAN-DIDIER BERGER
C'était un engagement fort du président de la République. Le Premier ministre, qui est là aussi, et qui a ce pouvoir de saisie du juge constitutionnel, utilise ce pouvoir qui lui est conféré par la Constitution pour vérifier que ça soit sur les délais, que ça soit sur la vulnérabilité des personnes, que ça soit sur la nature des établissements qui vont être tenus, d'appliquer aussi cette loi, que chacun dispose bien des garanties constitutionnelles nécessaires pour que tout soit respecté.

PIERRE DE VILNO
Est-ce que c'est un argument économique comme certains le soulèvent ? Certains disent " Il s'agit de faire du tri entre les pauvres, qui sont un fardeau pour leur famille, et les riches qui peuvent payer très cher des soins palliatifs ?

JEAN-DIDIER BERGER
Moi, à ce stade, je ne suis pas là pour porter un jugement.

PIERRE DE VILNO
Mais vous-même, vous étiez Député, vous l'avez dit. Est-ce que vous auriez voté cette loi ?

JEAN-DIDIER BERGER
Aujourd'hui, je ne suis plus député, je suis ministre.

PIERRE DE VILNO
Mais est-ce que vous auriez voté cette loi aujourd'hui ?

JEAN-DIDIER BERGER
Je suis là, non pas pour commenter, pour juger ce qu'a voté le Parlement.

PIERRE DE VILNO
Je vous pose une question simple, Jean-Didier Berger, est-ce que vous auriez voté la loi ?

JEAN-DIDIER BERGER
Vous le savez, moi, j'ai voté contre cette loi lorsque j'étais Député. Mais aujourd'hui, ce n'est pas...

PIERRE DE VILNO
Merci de le rappeler aux auditeurs et téléspectateurs.

JEAN-DIDIER BERGER
Bien sûr. Non, mais moi, je suis très clair avec ce que j'ai porté. Mais aujourd'hui, je suis dans un rôle différent. C'est le Parlement qui est là pour contrôler le Gouvernement, mais le Premier ministre, je dirais, saisit le Conseil constitutionnel. Et je suis sûr que, lui aussi, dans sa grande sagesse, le Conseil constitutionnel, saura dire si toutes les garanties sont réunies ou pas et si, par extraordinaire, elles n'étaient pas réunies, de prendre les mesures pour faire en sorte que ça le soit.

PIERRE DE VILNO
Il y a beaucoup d'actualités à l'Assemblée nationale, puisqu'hier, on adoptait aussi le projet de loi RIPOST dont vous venez de parler avec la création de délits d'organisation ou de participation à une free party, un durcissement des sanctions contre les rodéos urbains, la création d'un délit pour usage détourné du protoxyde d'azote. On a parlé des violences lors du 14 juillet. Est-ce que c'est une baguette magique, cette loi RIPOST ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non, je crois que c'est tout sauf une baguette magique. C'est un arsenal très précis de mesures qui viennent cibler tous les petits problèmes ou tous les gros problèmes qui, parfois, sont apparus assez récemment, comme le protoxyde d'azote, et qui pourrissent la vie de nos compatriotes, ceux qui nous disaient : " Finalement, on n'y comprend rien parce qu'il y a plein de choses à l'intérieur ". Mais qui croit aujourd'hui que, justement, une mesure magique peut régler tous les problèmes de sécurité de la France ? Plus personne. Tout le monde voit bien qu'il faut des mesures qui soient adaptées.

PIERRE DE VILNO
Alors, je reformule la question : est-ce que ce sont des baguettes magiques, et est-ce que c'est action-réaction, c'est-à-dire qu'effectivement, vous comptez sur cette loi pour ensuite compter sur la justice pour appliquer cette loi à juste titre ?

JEAN-DIDIER BERGER
En tout cas, je crois que le terme de magique n'est pas adapté. Ce sont des outils concrets sur les tirs de mortier pour venir sanctionner, pour pouvoir saisir les mortiers beaucoup plus facilement.

PIERRE DE VILNO
Et punir. Sanctionner et punir.

JEAN-DIDIER BERGER
Punir. Pour pouvoir fermer les commerces qui, parfois, sont complices, voire à l'origine d'un certain nombre de ces phénomènes. Sur le protoxyde d'azote, nous venons créer trois délits, le délit de conduite sous emprise, le délit de transport de quantité irrégulière, le délit de consommation, pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de trou dans la raquette, qu'il y ait un resserrement des mailles du filet. La sécurité, vous savez, c'est comme la propreté : c'est quelque chose…

PIERRE DE VILNO
C'est la sécurité de tous. Ça devrait être transpartisan.

JEAN-DIDIER BERGER
La sécurité de tous. Et puis, ce sont aussi des moyens un peu plus technologiques apportés aux forces de sécurité intérieures, notamment le lecteur automatisé de plaque d'immatriculation qu'on va pouvoir utiliser beaucoup plus. La vidéoprotection assistée pour faire en sorte qu'on puisse reconnaître les situations, notamment les départs de feu, notamment les mouvements de foules, les circulations intérieures de périmètres protégés. Les caméras piétons pour les agents de sécurité privée dont on parle peu, mais qui sont très importants aussi pour la sécurité du quotidien de nos compatriotes. Et puis, des moyens, pour les forces de sécurité intérieures, un peu plus haut de spectre encore, avec un certain nombre de prolongations de cas de garde à vue, avec les techniques de renseignérisation, la communication des procureurs au service de renseignement pour faire en sorte que les informations soient bien développées. Donc, des moyens extrêmement concrets.

PIERRE DE VILNO
À ce titre, qu'est-ce que vous répondez à Jean-Luc Mélenchon, qui veut dissoudre la BRAV-M ?

JEAN-DIDIER BERGER
Jean-Luc Mélenchon est toujours dans la provocation à l'égard des forces de l'ordre. Il est toujours opposé aux forces de l'ordre. Il est pour une forme de dissolution de la police, de désarmement de la police. On voit bien à qui s'adresse ses propos. Et je pense que l'essentiel de nos compatriotes voit bien qu'il y aurait un grand danger à désarmer nos policiers, à démanteler les forces de sécurité les plus opérationnelles. Donc, il n'est pas question, évidemment, de céder à ce type de provocation.

PIERRE DE VILNO
La loi RIPOST, c'est une chose, l'immigration en est une autre. Dernier exemple en date, il y a 48 heures : un OQTF s'est pointé à la piscine de Nantes, armé d'un couteau. Qu'est-ce qu'on fait concrètement contre les OQTF, Jean-Didier Berger ?

JEAN-DIDIER BERGER
Mais vous avez vu que la PPL Rodwel-Barnier a été adoptée, et qu'elle nous permet de disposer d'outils juridiques supplémentaires, notamment pour cibler les OQTF les plus dangereux et avoir davantage de temps pour les renvoyer dans leur pays d'origine.

PIERRE DE VILNO
En attendant le visa consulaire qui permet ce renvoi ?

JEAN-DIDIER BERGER
Absolument, parce que c'est un travail de négociation pied à pied, bilatéral avec les différent pays.

PIERRE DE VILNO
Il est là, peut-être, le noeud gordien, c'est le travail de négociation avec les pays.

JEAN-DIDIER BERGER
Bien sûr, mais on le sait : ce sont des choses extrêmement difficiles à réaliser. Mais j'observe que nous obtenons quand même de bons résultats.

PIERRE DE VILNO
Vous obtenez de bons résultats ?

JEAN-DIDIER BERGER
Les choses progressent. Et il faut le faire…

PIERRE DE VILNO
Vous avez des chiffres ?

JEAN-DIDIER BERGER
Non. Et je ne donnerai pas de chiffres pour une raison très simple : c'est que j'observe que la discrétion avec laquelle nous menons ce travail nous permet d'obtenir des résultats, des résultats plus importants qu'auparavant. Et ce qui intéresse nos compatriotes, ce n'est pas la communication, ce sont les résultats.

PIERRE DE VILNO
C'est pour ça que vous avez demandé au préfet d'enlever la banderole sur la mairie de Fréjus, où David Rachlin disait « Une OQTF non exécutée est un danger pour les Français ». La ville de Fréjus demande à l'État d'agir vite ?

JEAN-DIDIER BERGER
Je n'ai pas vu l'existence de cette banderole.

PIERRE DE VILNO
Suite à un meurtre, le 27 juin dernier, en bord de mer de Fréjus. C'est ce qui a conduit David Rachlin à faire cette banderole.

JEAN-DIDIER BERGER
Tous les Français ont à coeur que la loi soit respectée, et en particulier s'agissant de l'exécution des OQTF, et le ministère de l'Intérieur au premier rang de ceux qui souhaitent que ça soit bien appliqué. Et j'observe qu'avec cette loi Roll-out qui, maintenant, va être devant le conseil constitutionnel, nous avons un outil qui nous permet d'être plus efficace. Passer de 90 jours à 210 jours dans un certain nombre de cas, ça va nous permettre d'éloigner plus…

PIERRE DE VILNO
Et encore une fois, vous l'avez dit : le problème c'est la négociation avec les pays. Mais nous y reviendrons.

JEAN-DIDIER BERGER
S'il n'y avait qu'un problème, ça serait…

PIERRE DE VILNO
S'il n'y avait qu'un problème, ça serait plus simple.

JEAN-DIDIER BERGER
Il y a beaucoup de problèmes à régler, et nous sommes là pour ça.

PIERRE DE VILNO
Est-ce que vous apportez, Jean-Didier Berger, votre soutien, ce matin, à Lucas Digne, qui est cible d'attaques racistes après le match contre l'Espagne ? Je vous en cite quelques-unes, je vais éviter de citer les plus blessantes, et surtout les plus scandaleuses et les plus familières : " Je ne veux plus un blanc dans l'équipe de France, éloignez ce blanc, on a mis un blanc pour faire plaisir aux Français ". Qu'est-ce que vous répondez ?

JEAN-DIDIER BERGER
Je les ai vus, ces attaques racistes.

PIERRE DE VILNO
Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ?

JEAN-DIDIER BERGER
Moi, je soutiens tous les joueurs de l'équipe de France qui sont victimes d'actes racistes, je soutiens tous les Français qui sont victimes de discriminations. Et je sensibilise et j'alerte tous les Français sur le fait que chacun d'entre nous peut être victime de discriminations, de racisme, d'autres types de discriminations, de personnes qui sont en situation de handicap.

PIERRE DE VILNO
C'est un exemple de racisme anti-blanc, Jean-Didier Berger.

JEAN-DIDIER BERGER
Bien sûr.

PIERRE DE VILNO
Ça existe.

JEAN-DIDIER BERGER
Mais c'est en fonction de la religion, en fonction de la couleur de peau.

PIERRE DE VILNO
Parce qu'il y a beaucoup de gens qui disent que ça n'existe pas, le racisme anti-blanc. Là, c'est un exemple.

JEAN-DIDIER BERGER
Moi, ce que je constate, comme je viens de vous le dire, chacun d'entre nous, quelle que soit sa couleur de peau, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa condition, peut être victime de discriminations. Et au ministère de l'Intérieur, au Gouvernement de Sébastien Legornu, nous luttons contre toutes les formes de discriminations.

PIERRE DE VILNO
Dans l'affaire Lyhanna, on a vu le rappel de 70 000 dossiers, plus 15 000 nouvelles plaintes. Ça prouve quand même qu'il y a des dossiers qui n'ont jamais été ouverts. 675 personnes ont été incarcérées depuis le début du mois de juin. On dit toujours qu'il n'y a pas de place dans les prisons, mais quand on veut, on peut.

JEAN-DIDIER BERGER
D'abord, j'observe que dans notre pays, le nombre de détenus n'a jamais été aussi important. Donc, la sévérité de la justice, c'est quand même qu'elle est au rendez-vous. Deuxième observation : parmi les dossiers que le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur ont demandé, au nom du Premier ministre, aux équipes de la police et de la justice, de réexaminer, ce sont des dossiers qui sont réexaminés. Ce ne sont pas forcément des dossiers qui n'avaient pas été ouverts ou qui étaient sous un coup, en train d'attendre d'être...

PIERRE DE VILNO
Là, on n'a rien attendu, on n'a rien attendu du tout. On a mis 675 personnes en prison alors qu'on nous répète tous les jours qu'il n'y a pas de place en prison.

JEAN-DIDIER BERGER
Ça prouve que ce réexamen était utile et qu'il a permis de prioriser les individus les plus dangereux. Et là, le fait qu'il y ait eu ce réexamen, ça permet de sécuriser au maximum, et c'est ça qui est le plus important, les victimes ou les victimes potentielles. Et donc, je crois que ce travail qu'il faut saluer, qui a été fait en urgence par les équipes de la police et de la justice, il permet de sécuriser un maximum de nos compatriotes.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 juillet 2026