Niveau scolaire : éléments de diagnostic et propositions

Remis le :

Auteur(s) : Pierre-Yves Cusset

Auteur(s) moral(aux) : Haut Commissariat à la stratégie et au plan

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Comparés à ceux d'autres pays européens, les résultats des élèves scolarisés en France dans l'enseignement primaire et au collège font apparaitre un niveau globalement moyen, voire faible en mathématiques, en sciences et en français. En outre, dans certaines matières (mathématiques, orthographe...), le niveau scolaire s'est dégradé depuis 20 à 30 ans. Partant de ce constat, le groupe de travail réuni par le Haut-Commissariat à la stratégie et au Plan identifie plusieurs causes :

  • certaines sont extérieures au système éducatif, comme la progression du nombre d'élèves à besoins particuliers ou l'omniprésence des écrans ;
  • d'autres relèvent de l'organisation du système éducatif comme des classes relativement chargées, la faible attractivité du métier d'enseignant ou encore des rythmes scolaires inadaptés. 

La mission propose plusieurs pistes d'évolution, notamment la réduction ciblée de la taille des classes, la revalorisation des rémunérations des enseignants, le renforcement de l'accompagnement et du pilotage pédagogique, ou encore l'adaptation des rythmes scolaires.

Synthèse
Introduction

Chapitre 1 – Un constat bien documenté

1. En évolution : une forte baisse de niveau en mathématiques et en orthographe

2. En comparaison internationale : un niveau faible en mathématiques et en sciences selon TIMSS, des résultats dans la moyenne d'après PISA

3. Des difficultés en lecture et compréhension chez un nombre important d'élèves et de jeunes adultes

4. La baisse ou la faiblesse relative du niveau, quand elle se manifeste, concerne tous les profils d'élèves

Chapitre 2 – Des sources de difficultés communes à l'ensemble des apprentissages

1. Des élèves aux niveaux plus hétérogènes ?
1.1. Des publics scolaires plus hétérogènes ?
1.2. Une montée en charge rapide de l'école inclusive, mais des dispositifs d'accompagnement qui peinent à suivre
1.3. Des classes plus hétérogènes ?
1.4. Une forte ségrégation des élèves entre établissements

2. Une culture des écrans en compétition avec celle de l'école
2.1. Un temps d'écran très important
2.2. Un impact avéré sur le sommeil et l'activité physique
2.3. Des effets possibles mais encore discutés sur l'attention et le développement du cerveau

3. En comparaison internationale, un effort financier plutôt moyen au primaire et un ratio élèves/enseignant élevé
3.1. Une dépense par élève plutôt moyenne et peut-être surestimée
3.2. Un ratio élèves/enseignant élevé et des classes chargées
3.3. …malgré une baisse ciblée de la taille des classes dans le premier degré

4. Un métier enseignant en déficit d'attractivité
4.1. Salaires et temps de travail : une situation relative qui s'est détériorée
4.2. Un métier difficile et un sentiment de manque de reconnaissance
4.3. Une difficulté croissante à attirer et à retenir, particulièrement criante dans certaines académies
4.4. Un recours accru aux contractuels

5. Des enseignants qui se sentent mal préparés à leur métier
5.1. Nos enseignants doutent d'eux-mêmes et se sentent mal préparés à leur métier
5.2. L'organisation de la formation initiale des professeurs des écoles a été longtemps en décalage avec les pratiques européennes
5.3. Une formation continue qui ne répond pas totalement aux besoins exprimés

6. Un exercice parfois solitaire du métier, un accompagnement insuffisant
6.1. Dans le premier degré, de nombreuses écoles aux effectifs réduits
6.2. Certaines pratiques collaboratives sont plus rares en France qu'ailleurs
6.3. Un accompagnement professionnel limité

7. Un temps d'instruction élevé, mais concentré sur un faible nombre de jours d'école
7.1. Des journées chargées
7.2. Une forte concentration du temps scolaire sur les "savoirs fondamentaux" dans l'élémentaire

8. Des réformes et priorités qui s'enchaînent à un rythme élevé

9. La mise en activité des élèves a pu être encouragée au détriment du processus de mémorisation

Chapitre 3 – Des sources de difficultés spécifiques à certaines disciplines

1. Lecture, écriture, compréhension de l'écrit
1.1. À l'école élémentaire, le temps consacré à l'apprentissage du français ne semble pas en cause
1.2. Des orientations didactiques qui ont beaucoup évolué depuis cinquante ans
1.3. Une minorité d'enseignants utilise la méthode phonique synthétique stricte, pourtant la plus efficace

2. Enseignement des mathématiques
2.1. Le temps consacré aux mathématiques est stable et conséquent mais l'évolution des programmes a conduit à accorder moins de place aux techniques opératoires
2.2. À l'école élémentaire, certains enseignants sont en difficulté avec l'enseignement des mathématiques ou "désengagés"
2.3. Jusqu’aux derniers programmes, une introduction tardive aux décimaux et aux fractions
2.4. Un enseignement explicite de la résolution de problèmes encore rare
2.5. Des élèves français moins souvent exposés aux tâches de raisonnement les plus exigeantes

3. Enseignement des sciences
3.1. Des volumes horaires prescrits et surtout "réels" très faibles dans le premier degré
3.2. Des enseignants du premier degré parfois peu à l'aise avec l'enseignement des sciences et un vivier de recrutement fragile pour les professeurs de physique-chimie
3.3. Des programmes dont les contenus ont évolué de façon substantielle et rapide
3.4. Une promotion des démarches d'investigation au détriment de l'acquisition des concepts fondamentaux ?

Chapitre 4 – Des raisons d'espérer

1. Des outils de suivi nombreux et performants
1.1. Les enquêtes nationales et internationales sur échantillon
1.2. Les évaluations nationales exhaustives menées tous les ans

2. Une science des apprentissages qui progresse, sur laquelle on peut s'appuyer
2.1. Les difficultés d'apprentissage sont mieux comprises
2.2. Expérimentations et évaluations se développent

3. Des résultats de mieux en mieux connus et diffusés
3.1. Plusieurs canaux de diffusion des résultats de la recherche
3.2. Les guides fondamentaux pour l'enseignement
3.3. Les nouveaux programmes

4. De nouvelles modalités de formation initiale et continue
4.1. La réforme de la formation initiale des enseignants
4.2. L'expérience des constellations dans les plans mathématiques et français

Chapitre 5 – Des points de vigilance

1. Évaluations nationales : quels usages réels ?

2. Formation initiale et continue des enseignants : quels contenus ? quel vivier de formateurs ?
2.1. Une interrogation sur les contenus qui seront enseignés en licence professorat des écoles et en masters enseignement et éducation
2.2. Un vivier de formateurs à constituer et à fidéliser

3. L'intelligence artificielle : une innovation technique radicale aux effets incertains
3.1. Des usages qui se développent chez les enseignants
3.2. Des usages "sauvages" très nombreux chez les élèves depuis l'avènement de l'intelligence artificielle générative
3.3. Des espoirs, du scepticisme, des craintes… et des contradictions

Chapitre 6 – Quelles voies pour faire mieux ?

1. Assurer l'accompagnement des dispositifs dans le temps et évaluer l'effet des réformes sur les résultats des élèves

2. Saisir l'opportunité de la baisse des effectifs d'élèves

3. Renforcer l'accompagnement des enseignants et piloter les actions pédagogiques au plus près du terrain

4. Organiser les trajectoires professionnelles des enseignants

5. Modifier les obligations réglementaires de service dans le second degré ?

6. Revenir sur la polyvalence des professeurs des écoles ?

7. Labelliser les manuels ?

8. Adapter les rythmes scolaires aux besoins des enfants et des adolescents

Annexes
Annexe 1 – Liste des réunions et auditions
Annexe 2 – Résultats et limites des réformes éducatives en Angleterre depuis 2010

Bibliographie

  • Type de document : Rapport d'étude
  • Pagination : 236 pages
  • Édité par : Haut-Commissariat à la stratégie et au plan