Déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur les efforts du gouvernement en faveur de la Bretagne, à Quimper le 21 juin 2018.

Déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur les efforts du gouvernement en faveur de la Bretagne, à Quimper le 21 juin 2018. Déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur les e Déplacement en Bretagne, les 20 et 21 juin 2018
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monsieur le Maire de Quimper,
Mesdames, Messieurs les Députés et Sénateurs de Bretagne,
Monsieur le Président du Conseil régional,
Madame et Messieurs les Présidents des Conseils départementaux,
Mesdames et Messieurs les Maires et Présidents d'établissements de coopération intercommunaux,
Messieurs les Préfets,
Chers amis bretons,
Je suis très heureux d'être parmi vous depuis deux jours après, ces derniers mois, avoir eu déjà l'occasion de me rendre dans les deux autres départements de la région que ce déplacement ne m'a pas permis de parcourir. Heureux de retrouver ces terres que j'ai foulées lorsque j'étais ministre, puis candidat à l'élection présidentielle et de retrouver cette Bretagne à laquelle vous tenez beaucoup et à laquelle, comme vous, je tiens beaucoup.
Partout, j'ai vu les drapeaux bretons côtoyer les drapeaux français et je ne ferai pas l'erreur d'y voir le signe d'un irrédentisme souterrain, non, mais le signe de fiertés qui s'additionnent parce que c'est bien ce qui se joue ici. Depuis longtemps, je sais qu'ici, on est fier d'être Breton, on est fier d'être Français en même temps et on est aussi fier d'être Européen. Et ces fiertés se nourrissent dans les heures les plus difficiles comme les plus fastes car l'ardeur bretonne et ce patriotisme conjugué ont maintes fois dans notre Histoire montré leur force.
J'étais, voici quelques jours, le 18 juin dernier au Mont Valérien en compagnie de Daniel CORDIER, compagnon de la Libération, et il me racontait ce que beaucoup d'entre vous connaissent, son arrivée à Londres. CORDIER se retrouva parmi des jeunes gens de son âge, tous presque enfants, comme aurait dit MOULIN, venus pour une grande partie de Bretagne et notamment de l'île de Sein, ce quart de France salué par le général de GAULLE. Au même moment, quelques semaines plus tôt, une majorité des députés finistériens refusaient les pleins pouvoirs à PETAIN. Ces hommes eurent ce courage parce qu'ils étaient Bretons, parce qu'ils étaient Français, parce que tout en eux refusait la dictature de la haine et la bassesse servile. Ils furent les égaux des héros, ces belles légendes bretonnes de femmes et d'hommes prêts à mourir pour le Graal, leur Graal, la liberté.
Pendant cette première année de quinquennat, j'ai gardé un oeil attentif sur la Bretagne et je garderai toujours un oeil attentif et bienveillant sur la Bretagne, d'abord, parce que ses représentants les plus farouches auprès de moi ne m'auraient pas laissé l'oublier. Je ne parle pas simplement de Jean-Yves LE DRIAN ou de Richard FERRAND ou de l'amiral ROGEL qui m'accompagne chaque jour et est né sur ces terres, mon chef d'état-major particulier, mais aussi de tous ces élus qui, chaque jour, se battent, portant une vision forte de la Bretagne et s'engageant sur le terrain. Vous pouvez compter sur eux pour avoir rendu la Bretagne présente à mon esprit, avec une constance que je qualifierai de bretonne.
Mais si j'ai conservé cette attention, c'est aussi parce que la Bretagne est cette terre où s'exprime à son meilleur cet « en même temps » qui m'est si cher, la synthèse du particulier qu'est l'attachement à un territoire et de l'universel qu'est l'attachement à la République. Il n'est qu'à lire les merveilleux souvenirs de Mona OZOUF qui, dans « Composition française », expose avec art l'union de la Bretagne bretonnante et de la République française dans un imaginaire heureux fait d'enracinement dans une culture ancestrale et d'attachement aux idéaux de la République portés par l'école, d'une laïcité bien compris n'empêchant pas l'influence du catholicisme social. Pierre-Jakez HELIAS avant elle avait décrit le chemin parfois difficile vers cet équilibre.
C'est cette harmonie qu'on retrouve sur ces terres bretonnes et que je souhaite à la France. C'est cette réconciliation, cet apaisement que je tente de construire et l'exemple breton me rappelle assez qu'il faut pour cela surmonter aussi l'instinct de révolte, voire de rébellion, qui est lui aussi tellement breton et tellement français. Cette capacité à conjuguer ce que d'aucuns voudraient voir comme des contraires mais qui s'enrichit mutuellement et ce dont, précisément, notre pays a besoin. Nous devons tout à la fois savoir porter nos valeurs, nos traditions et embrasser la modernité, être attachés à nos territoires et porter ce goût de l'universel qui nous a fait. C'est cela la vérité de ces terres, en tout cas celle que je veux y voir et à laquelle je crois.
Dans une France inquiète, prompte à la division, cet équilibre breton est d'une grande valeur et je le dis ici, à Quimper, dont le nom en breton signifie Confluence, c'est cette union de la France et des Français que, partout, nous travaillons à construire contre le sectarisme qui oppose, contre les forces qui prospèrent sur le clivage ou la guerre civile. Mais ne vous y trompez pas, les exemples que je suis venu chercher ici ne dispensent pas la République de se porter elle-même au-devant de la Bretagne. Les réussites observées ici ne doivent pas donner à l'Etat une bonne conscience qui le dispenserait d'agir. Jamais la France n'oubliera la Bretagne. Au contraire, l'Etat doit construire sur le succès breton pour approfondir cette réussite et faire d'elle le modèle de ce qui peut marcher partout ailleurs.
Aussi je suis venu ce matin vous dire trois choses et vous en demander une. Je conclurai par ce que je vous demande, mais trois choses qui consistent à essayer d'expliquer comment accompagner les réussites de la Bretagne et ses filières d'excellence, comment y construire les solidarités sur le territoire et une politique adaptée justement à cette terre si particulière que j'ai pu évoquer à de nombreuses reprises avec nombre de vos élus ou acteurs économiques, et essayer de dire comment, ce faisant, la Bretagne peut devenir le laboratoire d'une France de l'innovation de l'action publique de demain.
Oui, la Bretagne est cette région exemplaire qui réussit ce qu'elle entreprend et l'Etat doit agir pour soutenir résolument cette réussite en répondant à ces attentes qui sont de consolider les dynamiques économiques, les filières multiples qui ont déjà commencé à réussir ou qui se sont pleinement installées dans le paysage de la région. Le premier enjeu consistant à consolider ces filières d'excellence impose bien évidemment de parler de la géographie bretonne. Je n'apprendrai rien à quiconque ici en disant que la Bretagne est la seule péninsule de la France, elle est notre poste avancé vers l'océan et ses ressources, elle est le lieu où le littoral offre toutes ses richesses. Le rapport à la mer est donc tout à la fois au coeur de l'histoire, de la culture et de l'économie bretonne. C'est cette histoire de la Bretagne avec la mer qui justifie que la région, avec les collectivités locales concernées, puisse avoir un rôle particulier dans la définition de la stratégie mer et littoral de son territoire. Un premier a été franchi avec la création de la conférence régionale mer et littoral dont le rôle – j'y reviendrai – sera renforcé.
Mais au-delà, c'est aussi ici que nous pouvons construire le véritable laboratoire d'un esprit océanique, de ce qui est une partie de la France et de ce que nous pouvons y réussir et je parle là sous le contrôle, la vigilance de quelques grands Bretons qui ont eu à officier sur ces sujets de mer, de pêche, de tourisme pendant plusieurs années. Etre là où vous êtes, avec l'esprit qui est le vôtre, c'est vouloir aussi prendre un peu de cet esprit maritime qui appartient à l'esprit français. La France est tout à la fois un pays de terre et de mer. Lorsqu'elle a voulu oublier sa façade maritime, lorsqu'elle a voulu oublier cette part océanique maritime qui est aussi la sienne, elle s'est trompée. C'est le moment où elle tourna le dos à l'Edit de Nantes, c'est le moment où elle décida de se replier et de renoncer à la fois aux grandes conquêtes mais aussi au courage de regarder le grand large.
Je crois très profondément qu'il y a, dans cette présence à la mer constitutive de la Bretagne, une part des solutions pour le pays et d'une stratégie que je veux plus largement porter durant ce quinquennat. Mais avoir une stratégie maritime, l'accompagner, la faire réussir, c'est aussi promouvoir plusieurs filières qui sont au coeur à la fois de la géographie et de l'économie de la Bretagne. C'est d'abord celle bien évidemment des filières industrielles navales, des armateurs, de la construction comme de la réparation de bateaux. Qu'il s'agisse de Brest, de Concarneau ou de Lorient, il y a des grands acteurs de ce secteur industriel que nous allons continuer à encourager, à faire réussir, en adaptant aussi les règles avec pragmatisme là où elles doivent l'être pour tenir la concurrence européenne sur ces sujets attendus.
C'est bien évidemment être aussi au rendez-vous en matière de pêche. Nous étions ce matin au Guilvinec avec quelques-uns d'entre vous. Je sais que la période n'est pas totalement défavorable à nos pêcheurs mais je sais aussi qu'ils ne manquent pas de courage et qu'il y a des inquiétudes auxquelles nous apporterons réponse. Leur métier s'exerce en ce moment dans une conjoncture meilleure que ce qu'ils ont pu connaître à d'autres moments mais cela leur permet simplement de toucher le juste fruit de leur labeur qui reste rude et exigeant, comme je l'ai encore vu ce matin. Je n'ignore rien des inquiétudes qui naissent avec les perspectives du « Brexit » et je veux ici très clairement dire que la position de la France sera claire en la matière, elle l'est d'ailleurs depuis le premier jour et nous l'avons été avec le négociateur européen qu'est Michel BARNIER : nous voulons préserver nos équilibres, les accès aux zones de pêche aujourd'hui garanties, à la pêche bretonne comme aux différentes régions concernées – et je pense aussi à nos amis de Normandie et de Hauts-de-France qui craignent pour l'accès aux eaux britanniques – et nous continuerons à être pleinement mobilisés sur ce sujet pour répondre aux défis de demain.
Nous continuerons aussi – et le ministre était à mes côtés ce matin – à nous battre sur les sujets d'actualité pour nos pêcheurs, les accompagner pour le renouvellement de la flotte. Nous connaissons les contraintes mais dans les 10 ans qui viennent, deux tiers de la flotte seront à renouveler. Nous devons investir conformément au droit européen mais nous pensons légitimement qu'il y a des voies et moyens de faire mieux et davantage et nous le ferons. Nous devons investir dans la formation, simplifier les mesures pour l'accueil de stagiaires et d'apprentis et la loi qui arrive au Parlement sera l'occasion, pour cette filière, de porter justement toutes ses demandes et elles sont nombreuses et légitimes en la matière. Enfin nous devons anticiper la prochaine politique commune de la pêche et simplifier l'accès au Fonds européen – le fameux Feamp – que nous ne consommons pas suffisamment. Et là aussi, il nous faut préparer la génération à venir.
Nous serons donc au rendez-vous des inquiétudes d'aujourd'hui mais surtout des investissements nécessaires pour préparer la pêche de demain et permettre en particulier aux plus jeunes de faire les investissements indispensables pour pouvoir poursuivre l'activité. Nous étions ce matin avec de jeunes entrepreneurs qui ont pris tous les risques et aux côtés desquels nous devons nous trouver.
Parler de la mer, c'est bien évidemment aussi parler de l'énergie et je sais que c'est au coeur des stratégies qui sont les vôtres, celles du territoire et de nombreuses filières. J'ai annoncé hier la confirmation des six projets qui étaient, je le sais, tant attendus d'éoliennes en mer. Ils ont été validés, confirmés après d'âpres négociations qui ont permis d'améliorer, pour la collectivité publique, les termes de ces contrats, mais ils répondent à une stratégie bretonne portée depuis maintenant bientôt 10 ans avec le Pacte électrique breton, c'est le fait que la Bretagne est, à cet égard aussi, un territoire précurseur qui a vu, d'une part, qu'elle ne couvrait pas tous ses besoins – 6 % à l'époque, elle est aujourd'hui à 14 % de ce qu'elle consomme en production propre – et qui a vu qu'elle avait la possibilité de faire davantage et que la mer était justement une source d'opportunité pour produire de l'énergie.
Expérimentation des premières hydroliennes à Paimpol-Bréhat, à Ouessant. Lauréat du premier appel d'offres pour les éoliennes offshore à Saint-Brieuc, au large du Cap Fréhel où nous nous trouvions hier. Expérimentation des premières éoliennes flottantes au large de l'île de Groix.
Sur ces sujets, l'heure est maintenant à l'action. L'action, nous l'avons confirmée hier chez vos voisins des Côtes-d'Armor. Les six projets sont lancés et confirmés, avec une visibilité complète, et ce sont des projets qui apporteront de l'énergie, avec les raccordements prévus, et qui permettront aussi du développement de filières industrielles sur l'ensemble du territoire national puisque ce sont des filières de production et, demain, d'entretien de ces éoliennes.
Je souhaite également que nous puissions avancer de manière efficace sur les projets d'éoliennes flottantes et nous en avons parlé ce matin. Ce sont des sujets attendus pour le sud de ce département. Ils sont là aussi légitimes, ils permettront d'apporter de la capacité énergétique et à chaque fois, ils ne sont possibles que, bien évidemment, si l'Etat s'engage, donne de la visibilité et des tarifs, mais que parce qu'il y a un engagement collectif des élus mais de l'ensemble des acteurs économiques et sociaux sur un territoire. Je ne mésestime rien des difficultés qui ont préexisté à tous ces débats. Et nous l'avons vu encore, il y a toujours des irrédentismes parce que ce sont à chaque fois des sujets de conflits d'usage, comme on dit aujourd'hui : les plaisanciers ne sont jamais ravis de voir des éoliennes arriver ; pour les pêcheurs, ça n'est pas forcément une bonne nouvelle si elle n'est pas concertée et préparée avec eux. J'ai vu sur votre territoire à chaque fois une capacité à concerter, à construire en intelligence des solutions bonnes pour chacun et donc de concevoir que l'intérêt général pouvait être la juste conjugaison d'intérêts particuliers légitimes et non du blocage de chaque intérêt par l'autre. C'est cela dont notre pays a besoin. Il est terminé le temps où on passait en force les grands projets, nous le savons bien. Et le Grand Ouest l'a vécu, j'y reviendrai, ces derniers mois. J'assume pleinement cette décision. Mais aucune décision n'est possible si, sur le terrain, les acteurs n'ont pas l'intelligence de savoir composer, trouver le bon chemin critique. J'ai vu ce matin des marins-pêcheurs exemplaires qui m'ont montré les cartes. Elles sont secrètes, je ne les dévoilerai à personne, c'est l'engagement que j'ai pris. Mais ils ont quasiment installé chacune de ces éoliennes parce qu'ils ont compris que c'était bon pour la Bretagne, que ça pouvait être bon pour eux et qu'en tout cas, à travailler avec leurs élus, les territoires, les industriels concernés, ils pouvaient aider à construire une solution intelligente plutôt que perdre du temps à la bloquer pendant 10 ans.
Sur ce sujet, parce que l'esprit collectif a aussi été responsable, je souhaite que nous puissions avancer vite. Les éoliennes flottantes seront à mes yeux l'un des projets prioritaires de la stratégie à venir.
Le rythme de développement dans les 10 prochaines années sera précisé par le ministre d'Etat, Nicolas HULOT, dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l'énergie et il s'appuiera justement sur ces travaux et il actera ce que je viens d'évoquer à l'instant.
Parler de la mer, c'est bien évidemment parler aussi du tourisme, de la préservation de la biodiversité, du littoral. Et là aussi, sur un territoire qui a su conjuguer les contraires, c'est-à-dire conjuguer la conservation qui n'est pas le conservatisme. Si nous voulons protéger notre littoral, si nous voulons avancer avec une côte protégée et donc plaisante à voir, à vivre et attractive pour le tourisme et, en même temps, constitutive d'un patrimoine naturel auquel nous tenons tous, il faut savoir protéger. Et cette protection doit pouvoir se conjuguer avec l'activité économique de celles et ceux qui y habitent, s'y développent, veulent porter de nouveaux projets. Nous l'avons évoqué à plusieurs reprises durant ces deux jours.
Protéger, c'est ce que nous continuerons à faire. Nous l'avons vu hier de manière formidable sur le site du Cap Fréhel sur lequel je me trouvais avec les ministres et vos élus. Cette falaise qui domine la mer de plus de 70 mètres, réserve ornithologique exceptionnelle, avait été abîmée par un tourisme intrusif, irrespectueux des paysages. Les travaux de requalification paysagère du Cap Fréhel vont permettre de redonner toute sa beauté au site en déplaçant les parkings, en protégeant les espaces naturels, en veillant à un meilleur accueil du public parce qu'il y a eu un engagement du Conservatoire du Littoral, un investissement, un accompagnement et un engagement de tous les élus. Ces travaux, menés conjointement par l'Etat et les collectivités, permettront de redonner toute sa beauté à ce site, premier lieu touristique du département des Côtes-d'Armor. Et c'est aussi pour cela que nous soutenons pleinement le projet de Grand site porté par les élus du territoire.
Je souhaite aussi que l'on puisse accélérer les travaux de création du Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude qui viendra consacrer des années d'efforts pour préserver la vallée de la Rance, le littoral de Saint-Malo au Cap Fréhel. Nous l'avons longuement évoqué hier avec les élus présents, le développement du tourisme littoral doit se faire dans le respect de la biodiversité et du développement durable, avec pragmatisme et ce projet participe de ce bon développement et il viendra compléter la liste du Parc d'Armorique et du Parc Golfe du Morbihan et du Parc naturel marin d'Iroise qui, justement, consacrent la beauté de ces territoires et la nécessité de la préserver.
Mais vous n'êtes pas non plus tombés dans le conservatisme qui fait que, tout en protégeant légitimement la côte, le littoral, plus aucun projet ne serait possible. Je sais, nous l'avons vu hier encore, certains élus ont vécu avec cruauté – nous en parlions ce matin – les projets qui ont pu être bloqués par ce que, progressivement, nous avons construit qui est sans doute une vision excessive de la fameuse loi littoral. Les projets de la Sill auraient pu se développer plus près de la mer – je sais ce que pense le maire de Brest sur ce sujet et il n'a pas tort – mais le maire de Landivisiau ne peut pas être mécontent de ce qui lui arrive, avec un beau projet qui lui arrive et qu'a confirmé le PDG de la Sill il y a quelques jours. Mais tout ça, c'est quoi ? C'est le fruit d'une vision qu'on n'arrive plus à expliquer avec bon sens. On veut protéger le littoral et nous allons continuer à le faire et la loi littoral est une bonne loi et elle sera préservée. Mais elle a des aberrations.
Quand un acteur économique, touristique est là, est là de tout temps et qu'il lui faut revoir ses structures, les étendre un peu dans le cadre des documents d'urbanisme pris en vertu de la loi et donc en respect de ladite loi, il faut qu'on puisse trouver les bons aménagements. Lorsqu'on demande à une station d'épuration ou à un centre nautique d'être réhabilité et qu'on lui dit : à cause de la loi littoral, ce ne sera plus possible, il ne peut pas expliquer légitimement face aux jeunes qu'on ouvre à la mer et au goût de la mer, qu'on va encourager ce goût en fermant le centre nautique. Il faut là un peu de pragmatisme et de bon sens. Je crois que vos élus en ont et je pense que les avancées commencées à l'Assemblée nationale seront poursuivies au Sénat pour permettre de traiter ce sujet.
Et l'autre sujet que, je dois dire, j'ai découvert il y a à peu près un an chez vos voisins du Morbihan, ce fameux sujet des dents creuses qui est une spécialité pas tout à fait uniquement bretonne mais très bretonne, qui là aussi, est un peu une aberration de la loi littoral qui sera ainsi corrigée par le texte.
Sans rien changer de ses perspectives, de son exigence, de ses équilibres, nous permettrons de mieux avancer, de mieux valoriser et avec pragmatisme de faire.
Parler de la mer, c'est bien évidemment aussi parler de la recherche scientifique. Et je le dis ici sans être exhaustif parce que je compte engager notre pays plus avant sur ce sujet, mais à coup sûr, la mer sera l'un des leviers de l'innovation française et l'une des nouvelles frontières pour notre pays en termes d'innovation alimentaire, sanitaire, médicale, beaucoup de choses ont déjà été commencées, nous pouvons aller beaucoup plus loin. Et donc, sur les sujets scientifiques, la lutte contre le réchauffement climatique, nous devons là aussi nous engager et accompagner les développements de la Bretagne. C'est tout le sens du projet de Campus mondial de la Mer, porté par Brest Métropole, qui va permettre de doter notre pays d'un pôle d'excellence en la matière. Au-delà du transfert de l'Ifremer, c'est par la création d'un pôle des excellences maritimes, la structuration de toute une filière, du tourisme, avec la réussite d'Océanopolis qui témoigne du potentiel d'attractivité de la pointe finistérienne, à l'innovation avec les clusters, en passant par le développement industriel.
Cette ambition en matière de recherche, de recherche appliquée et d'innovation par la mer sur le littoral sera également une des perspectives essentielles de ce développement et des filières que nous voulons encourager. Cet esprit de conquête, cet esprit océanique que j'évoquais, que je rappelle en parlant de ces filières, sur lequel nous prenons des engagements concrets, il ne se limite pas à la mer, il s'est déclinée à travers les dernières décennies dans l'agroalimentaire, la grande distribution, l'industrie, avec de nombreux fleurons de notre économie qui se sont ici développés. Et je souhaite que nous puissions poursuivre dans le même esprit en continuant à accompagner la capacité et la volonté d'innover du territoire breton.
La Bretagne a su prendre un tournant numérique fort avec élan. Elle saisit toutes les opportunités liées aux énergies naturelles, au numérique, à la cybersécurité, avec un pôle d'excellence aujourd'hui en Bretagne qui s'est structuré à Rennes mais aussi Lannion, Vannes et Brest, qui est un pôle aujourd'hui pleinement européen et dont la perspective est mondiale. Et la cybersécurité française, européenne se pense, se construit sur ces sites. La FoodTech, l'e-santé, les villes intelligentes avec, par exemple, le projet 3DExperienCity de la métropole de Rennes qui modélise le développement urbain en associant étroitement des industriels comme Dassault Systèmes, tous ces projets sont l'illustration de la capacité d'innovation et de la capacité à saisir justement au-delà des projets French Tech ou de l'IRT l'innovation sur le territoire.
Nous allons continuer à accompagner l'ensemble de ces projets et de ces perspectives et à continuer sur l'ensemble de ces segments d'innovation que je viens d'évoquer à accompagner les pôles d'excellence en Bretagne. Il y a, sur chacun de ces sujets, une organisation réticulaire à avoir sur tout le territoire. Sur tous ces sujets d'innovation, nous avons à développer de l'excellence sur nos territoires, là où il y a des compétences ou des acteurs historiques qui étaient là ou des acteurs industriels ou de recherche qui ont su émerger. C'est le cas pour les secteurs que je viens d'évoquer et c'est ce que nous continuerons à accompagner.
C'est ce même esprit de conquête qu'on retrouve dans la créativité et la culture en Bretagne. Il me suffira de citer Carhaix, connue désormais mondialement pour son festival des Vieilles Charrues, le Festival du Bout du Monde sur la presqu'île de Crozon, Lorient et son Festival interceltique, Saint-Malo avec sa Route du Rock pour exprimer ce dynamisme étonnant de la culture en Bretagne. Nous aurons tout à l'heure, avec la Ministre, l'opportunité d'en discuter avec l'ensemble des responsables de ces festivals pour comprendre leur recette pour pouvoir l'appliquer sur d'autres territoires, pour prendre aussi concrètement les mesures afin de les aider à pérenniser tout ce dont ils ont besoin pour poursuivre cette réussite.
Je n'ignore pas que ce dynamisme, lorsqu'on parle de culture, est souvent aussi ancré dans un respect attentif à l'héritage breton et donc aux langues de Bretagne. Je ne crois pas que nous soyons encore au temps où la langue française était menacée par les langues régionales. J'ai eu d'ailleurs plusieurs fois l'occasion de dire que, sur ce sujet aussi, je souhaité être pragmatique. Celles-ci, ces langues régionales, jouent désormais leur rôle dans un enracinement qui contribue à la force d'une région. C'est pourquoi je souhaite qu'à travers les différents réseaux d'éducation, nous puissions accompagner sa juste place. Qu'il s'agisse de l'école publique, de l'école privée sous contrat ou des écoles Diwan, chacun de ces réseaux doit être accompagné en trouvant les bonnes solutions, peut-tre les réformes institutionnelles ou d'organisation qui permettront de pérenniser ces enseignements et nous serons là aussi présents au rendez-vous.
Mais la Bretagne, cette géographie contrastée que certains voudraient prolonger jusqu'à l'estuaire de la Loire, c'est aussi… N'applaudissez pas…
// Applaudissements //
Je vois le président du Conseil régional extrêmement tendu au premier rang. Soyez gentil avec lui, assurez-lui le calme du quotidien et je crois que ces sujets sont aujourd'hui dépassés, dans une coopération entre les régions qui est exemplaire, par les projets, par la réalité du quotidien, par ce que cherchent vos concitoyens. Mais plus sérieusement, vous seriez beaucoup à me rappeler que ce territoire donc ne se limite pas à son littoral, c'est aussi un territoire fait de terres agricoles qui ont parfois souffert, faites de courageux et de courageuses qui ne comptent pas leurs heures et où on produit, on récolte, on élève, on transforme, on distribue.
Il y a ici une terre exemplaire en matière agricole, agroalimentaire que je souhaite que nous puissions continuer à encourager. Je sais que rien n'est facile et, nous en parlions hier encore avec quelques-uns, qu'on guette chaque année le cours, on le sait bien, qu'il s'agisse du cours du porc, du cours du lait, qu'il s'agisse un peu plus au nord du prix de l'artichaut ou d'autres légumes et nous avons connu ces dernières années toutes les crises. Je ne suis pas en train de vous dire que par magie, on va régler toutes ces crises. La fraise, Monsieur le Maire, en a moins connu ces dernières années mais nous ne sommes à l'abri de rien. Mais il nous faut construire une vraie stratégie agricole et agroalimentaire dans laquelle le territoire breton a toute sa place à prendre et je souhaite qu'il soit là aussi pleinement exemplaire.
Dès 2013, la Bretagne a commencé à amorcer d'ailleurs une transformation agricole dans le Pacte d'avenir pour l'agriculture et l'agroalimentaire en Bretagne. Des engagements ont été pris et ils seront tenus dans ce cadre, je tiens aussi à le dire ici clairement. Et aujourd'hui, c'est bien grâce à la région que ces mesures ont pu être comprises et plébiscitées par les agriculteurs. Alors certains voudraient que nous fassions toujours plus mais là aussi, je ne vais pas faire de promesses non pas de Breton mais de Gascon en matière budgétaire. En revanche, je voudrais essayer d'expliquer ce que nous voulons faire et ce que nous pouvons faire ensemble.
D'abord, nous avons à préparer une Politique agricole commune qui sera finalisée dans les prochains mois. Ce qui a été proposé par la Commission européenne aujourd'hui est inacceptable et donc ne sera pas accepté. C'est inacceptable parce que c'est en quelque sorte vouloir dire à tous les paysans d'Europe : le coût du « Brexit » sera payé uniquement par vous. Qu'on diminue à due proportion de la part de nos amis britanniques la part des engagements budgétaires pour les différentes politiques existantes, c'est tout à fait normal. Qu'on les diminue beaucoup plus sans autre raison, c'est inacceptable. Ensuite, je souhaite qu'on puisse faire de cette Politique agricole comme un instrument de la transition.
Et là aussi, il ne faut pas dire : on veut garder la même Pac que celle d'hier. Non ! Est-ce que tout y est bien ? Pas vraiment ! Nous n'avons d'ailleurs collectivement pas toujours été bons. Les retards de paiement ne sont pas acceptables ! Les intrications que nous avons entre les régions et l'Etat sont compliquées et incompréhensibles pour nos concitoyens et nos paysans ! Et est-ce que nous avons bien accompagné les transformations ? Pas totalement ! Nous devons donc avoir une Politique agricole commune qui garde la même ambition sur le plan des investissements et des engagements budgétaires mais qui accompagne la transformation des filières vers des perspectives d'avenir que nous sommes en train de construire.
Et donc je serai le défenseur de cette ambition qui n'est pas simplement la préservation de l'existant et avec une Pac à venir qui doit permettre de protéger les agriculteurs face aux risques climatiques et de marchés et donc d'avoir des mécanismes de garantie, d'assurance adaptés filière par filière, de soutenir la transformation des filières et d'accompagner la transition environnementale. Et je serai le défenseur d'une Pac où nous aurons clarifié notre organisation entre ce qui relève de l'Etat et des régions. Et je l'ai dit, je suis pour ma part prêt à ce que le Gouvernement confie aux régions les aides aux investissements pour la prochaine Pac. Ce sera plus clair et plus efficace.
Mais au-delà de la Pac, la stratégie qui est la nôtre, c'est de dire que ce dont notre agriculture a besoin, ce n'est pas forcément et toujours et même essentiellement de subventions. Nos agriculteurs, ils veulent pouvoir vivre dignement du prix payé. C'est au coeur des Etats généraux de l'alimentation et de la loi qui, en ce moment même, fait son chemin parlementaire et qui permettra de changer en profondeur la structure de notre agriculture et de la transformation, d'abord, avec la construction du prix qui sera profondément différente : le prix payé sera construit à partir des coûts de production et donc avec la certitude qu'on ne vend pas à perte, comme c'est le cas aujourd'hui. C'est inacceptable d'avoir des cours – et c'est encore le cas sur le lait conventionnel – qui sont inférieurs aux coûts de production. Le travail qui a été fait par l'ensemble des acteurs des différentes filières et les parlementaires que je veux ici saluer permet une avancée majeure avec la remontée du seuil de revente à perte, avec la capacité assumée à tenir des prix plus hauts pour permettre à l'ensemble de nos agriculteurs de vivre justement du prix payé.
Pour ce faire aussi, j'ai demandé aux filières agricoles de mieux s'organiser, c'est-à-dire de revoir aussi leur organisation collective pour aller vers de la qualité, vers davantage de savoir-faire, vers du circuit court ici, de la montée en gamme là, du bio à d'autres endroits. Si nous répliquons les erreurs du passé, nous aurons les mêmes résultats. Et à ce titre, c'est pour cela que l'Etat a pleinement accompagné la stratégie portée par la région pour Doux qui est un projet symbolique en la matière. La France n'est pas à même de se battre sur des marchés de prix et volumes standard face au poulet brésilien. C'est ça le problème que nous avons depuis des décennies avec Doux. C'est une formidable entreprise qui a été un succès de la région, un succès national ! Mais les choix industriels qui, à un moment, ont été faits nous conduisent à dépendre du cours et des devises au Proche et Moyen-Orient qui deviennent quasiment le seul marché de débouché.
Si nous voulons préserver cette filière dans la durée, nous devons nous mobiliser pour une vraie transformation qui permettra de garantir l'emploi par la montée en gamme qui est bien plus porteur. Nous le voyons en regardant notre balance commerciale, nous n'avons pas aujourd'hui la production agricole qui correspond à notre souveraineté alimentaire, à nos goûts et aux filières d'avenir. Le bio est plébiscité dans notre pays comme dans toutes les économies voisines. Nous avons une agriculture exemplaire, nous importons 1 milliard de bio par an. Et donc, qu'on ne vienne pas m'expliquer que la conversion en bio, ce n'est pas possible ou c'est sans avenir, c'est faux ! Nous devons continuer à l'engager, non pas parce que ce serait une idée sympathique, non, parce que je parlais des producteurs de lait, le producteur de lait qui vend à 290 euros les 1.000 litres lorsqu'il est dans le conventionnel sans valeur ajoutée, il les vend à bien plus de 400 quand il est dans le bio et donc il en vit beaucoup mieux, il a des marges ! C'est ça la réalité de cette conversion !
Ça ne se limite pas simplement au bio, ça se limite à la capacité à transformer et à valoriser. Regardez notre filière viande. On entend toujours les craintes. On dit : on va ouvrir les marchés, on va être débordés. Mais, mes amis, réveillons-nous ! Nous sommes aujourd'hui en déficit commercial sur les viandes transformées de 6 milliards d'euros. Quand vous allez au restaurant, la plupart du temps, on n'a pas ouvert le Mercosur, l'Australie ou quelque autre marché, c'est de la viande importée. Nous, nous produisons, nous faisons de l'élevage, mais on va exporter les broutards pour les faire engraisser en Italie. C'est ça la réalité de notre organisation collective. Nous produisons du porc mais on exporte des produits quasiment pas transformés, des carcasses de qualité moyenne à des prix très bas et on réimporte de la viande transformée, parfois avec notre propre viande d'origine, en valorisant ailleurs la découpe et la transformation. C'est une aberration et je le dis avec aussi l'esprit de responsabilité.
Je le dis à tous nos agriculteurs, tous nos transformateurs, dire qu'on va maintenir les prix, se battre pour qu'il n'y ait plus ce prix toujours plus bas, cette strangulation organisée par la grande distribution qui est inacceptable, ça n'est pas pour garder nos pratiques d'hier, ce n'est pas pour dire : on va continuer à faire ce qu'on a toujours fait. Nous devons – et en Bretagne aussi –transformer en profondeur ces filières. Je réunirai en juillet à l'Elysée l'ensemble des filières pour justement acter de leurs engagements d'évolutions qu'elles doivent porter. Ces évolutions ne sont pas à penser, à organiser depuis Paris, mais elles doivent être assumées partout sur le territoire.
Nous aurons un instrument pour les accompagner, c'est justement le Grand Plan d'investissement agricole pour lequel le ministre a mandaté Olivier ALLAIN qui est familier à nombre d'entre vous et qui connaît bien non seulement ces terres bretonnes, mais ce sujet et qui aura justement à accompagner par des subventions, par des garanties, par des instruments divers et variés ces transformations dont nous avons besoin, qu'il s'agisse des producteurs, qu'il s'agisse des transformateurs, parce que de l'amont à l'aval, nous devons réorganiser en profondeur, nous devons réouvrir des abattoirs de nouvelle génération avec les meilleures qualités et les gens verront que dans ces abattoirs de nouvelle génération, on réconciliera la production et le bien-être animal. Nous devons continuer à améliorer les outils de transformation première et seconde dans la viande, je pense en particulier au porc et au poulet, comme dans le lait. Et donc c'est sur ce sujet tout particulièrement qu'aux côtés de la région, l'Etat s'impliquera.
Au total, ce sont un peu plus de 4 milliards d'euros qui seront mis sur ce Grand Plan d'investissement agricole et qui viendront accompagner les transformations portées par la loi qui sera promulguée à la fin de l'été. Nous devons aussi investir dans l'innovation agricole pour mieux connecter la recherche et les entreprises. Le Pacte d'Avenir a aussi permis de concrétiser des projets, comme le Tremplin Carnot AgriFood qui est un sujet sur lequel il y a eu là aussi un très gros investissement financier de l'Etat. Nous devons repenser en profondeur notre façon de produire pour retrouver pleinement cette souveraineté alimentaire en France et en Europe. La France, Mesdames et Messieurs, est la première puissance agricole d'Europe et elle doit être le leader de ces grandes transformations. Il en va de notre capacité à continuer à produire au même niveau, à assurer la souveraineté alimentaire de nos grands territoires, mais à penser également les exigences légitimes de nos sociétés et donc d'assurer notre souveraineté alimentaire de qualité et de savoir, sur ces sujets aussi, dépasser les clivages d'hier.
Les clivages d'hier, nous les avons revus à plein se jouer sur le sujet du glyphosate. Je sais combien vous êtes attaché à ce sujet, tous, parfois pour des raisons qui ne sont pas les mêmes, je peux l'entendre. Mais faire la guerre de tranchées sur un sujet comme celui-ci serait irresponsable. Venir me dire : « On n'est pas sûrs de la totalité des risques sur le glyphosate, on va continuer à en utiliser », c'est oublier les scandales que nous sommes en train de vivre sur d'autres territoires de la République : le chlordécone aux Antilles, vous pensez que nous pouvons être fiers de ce qu'on a fait, de laisser des travailleurs agricoles, des populations s'intoxiquer pour continuer à produire comme on avait toujours fait ? Vous voulez qu'on réplique ça avec le glyphosate ? Moi, non.
En même temps, nous ne pouvons pas dire du jour au lendemain à des agriculteurs qui nous expliquent : « Je ne peux pas me réorganiser comme ça, j'utilise le Roundup – puisqu'il convient de nommer les choses par leur nom parce que c'est ça le désherbant qu'ils utilisent-. Si vous faites cela, je n'arrive plus à vendre, je ne suis plus compétitif. » Je ne peux pas leur dire de tout déchirer du jour au lendemain. Donc, là aussi, il faut un engagement de responsabilité collective. La France a obtenu d'abord quoi ? De changer les engagements européens. Sans la France, l'Europe était repartie pour 15 ans. C'est parce que la France était là que nous avons limité à cinq ans la prolongation européenne. Et ensuite, fort de ce constat, j'ai dit : il faut qu'on fasse tout pour essayer de le limiter à trois ans. Alors, oui, il y a des filières, des endroits qui, légitimement, nous diront : « Je n'y arrive pas. » Et on les considérera, on ne va pas mettre les gens face à des impasses, mais il y a beaucoup de filières qui le peuvent et qui, aujourd'hui, n'essaient pas. Et donc nous devons collectivement mettre tout le monde sur un chemin de responsabilité pour qu'elles s'engagent qu'elles investissent – et on va les accompagner – et qu'elles y arrivent.
Hier au Cap Fréhel, un agriculteur qui ne connaissait ni le ministre d'Etat ni moi-même est venu vers nous en disant : « Moi, je suis très compétitif, je n'ai jamais utilisé le Roundup, je vends très bien. Et d'ailleurs maintenant, je valorise, je peux vendre même un peu plus cher parce que j'explique aux gens que je ne l'utilise pas. » Et donc, sur ce sujet, il faut que nous arrivions à former, à éduquer, à essaimer les bonnes pratiques et nous allons ensemble construire un chemin de responsabilité dans les trois ans à venir.
Voilà, Mesdames et Messieurs, quelques éléments que je souhaitais vous apporter pour accompagner, encourager, faire réussir ces filières d'excellence bretonne et je ne suis pas sans doute exhaustif, mais sinon nous passerions toute la journée ensemble et sur lesquels, vous l'avez compris, l'Etat s'engagera par des transformations, des réformes et de l'investissement.
Le deuxième sujet sur lequel je voulais parler d'un engagement de l'Etat, c'est celui des solidarités nécessaires sur le territoire. Vous êtes dans un territoire plein de défis, avec deux métropoles, Brest et Rennes, où beaucoup m'ont dit pendant ces deux jours : « Tout est concentré là-bas pour réussir », même si ça n'est pas si vrai ici. Une façade littorale qui peut être attractive, qui réussit, des terres qui sont parfois dans des situations plus difficiles et qu'il faut aider et donc une cohésion du territoire breton qu'il nous faut assurer, améliorer, à la fois une cohésion d'organisation, d'institutions et puis une cohésion qui ne sera améliorée que si nous facilitons aussi les connexions de la Bretagne avec le reste du territoire français.
Et en disant cela en des termes choisis, c'est presque de toute l'histoire de la Bretagne dont je parle, parce qu'il y a dans cette péninsule si attachante de la République tous les souvenirs des terres rattachées, des arrangements entre royaumes et de cette obsession légitime à être toujours rattaché, à pouvoir avoir accès, à ne pas être l'isolé, l'oublié, et ça, je l'entends. Je l'entends parce que c'est là et nous avons vu ces dernières décennies, parfois ces dernières années, les colères que pouvait susciter la crainte d'être l'oublié, d'être l'exclu, d'être l'abandonné. Et ce défi, ce défi breton, c'est pour moi presque une métaphore du défi français parce qu'il y a dans ces peurs, ces complexes et, en même temps, cet esprit de conquête que j'évoquais il y a un instant, toute la France. Nous avons tout pour réussir, pour saisir tout ce qui s'offre à nous : des filières fortes, une capacité à saisir l'avenir. Et parce que nous sommes un territoire un peu particulier, les peurs que ce ne soit plus tout à fait pareil, que ça se divise, que ça se désagrège, que la réussite des uns soit un peu de l'oubli des autres.
On m'a parfois d'ailleurs dit, il se peut qu'on me le dise encore : je serais le Président des villes ; parfois, on dit même des riches, de ceux qui réussissent, etc. Je suis le Président des Françaises et des Français et je n'ai jamais cru à ces oppositions.
Ces oppositions, elles n'ont d'ailleurs jamais conduit à rien. Mais ceux qui veulent faire ça, font comme d'ailleurs ceux souvent qu'ils dénoncent, comme les extrêmes, ils jouent sur les peurs parce qu'il y a une peur française qui va avec ce goût français de la justice qui est un goût dont il ne faut jamais perdre le sel, c'est-à-dire il faut toujours en avoir à la fois la force et le caractère perceptible parce qu'on en a parfois fait un mot qui ne salait plus, cet attachement pour la justice. Il faut savoir répondre à ce défi breton si on veut pouvoir répondre aussi au défi français.
Alors, d'abord, il y a deux métropoles. J'y reviendrai sur d'autres sujets mais elles réussissent : Rennes avec une stratégie exemplaire en matière de logement, de mobilité ; Brest avec là aussi une stratégie maritime que j'évoquais il y a un instant, un cluster fort, une stratégie, mais aussi, au-delà du Campus mondial, des vrais enjeux et je souhaite que l'Etat soit aux côtés de Brest pour l'aider à relever ces enjeux qui sont ceux du logement, de la sécurité, celle d'une métropole qui doit être aidée dans son développement. Et c'est pourquoi je souhaite que l'Etat, sur le nord de la Penfeld, soit au rendez-vous, libère les terres et puisse porter, dans le cadre de la loi en cours de discussion au Parlement en matière justement de logement, une grande opération d'urbanisme pour accélérer des délais en même temps que nous libérerons les terres de l'Etat.
Mais parler des métropoles ici, c'est parler de succès, de défis, d'une capacité à réussir et à apporter nombre des filières que j'évoquais il y a un instant, mais dans un territoire un peu particulier où il y a malgré tout des équilibres mieux préservés qu'ailleurs parce que l'histoire de la Bretagne, c'est aussi celle d'équilibres de territoires, de pays. J'ai compris qu'en aucun cas, il ne fallait confondre le Bigouden et la Cornouaille. Il y a des erreurs à ne pas faire et on m'a bien guidé sur ce sujet. Mais au-delà de la plaisanterie, ces équilibres de territoires ont permis de structurer – et nous en parlions avec Madame la Présidente du Conseil départemental – aussi des politiques au plus près du territoire auxquelles nous tenons, des politiques et des enjeux sociaux, et aussi de structurer des villes moyennes. 20 % seulement des Bretons vivent dans un pôle urbain de plus de 100.000 habitants, ce sont 35 % dans le reste du pays.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a un attachement, un mode de vie un peu particulier qui a su être préservé en Bretagne avec un modèle de développement territorial équilibré associant la croissance des métropoles et le maintien d'activités dans des territoires ruraux, avec 54 villes petites et moyennes qui maillent justement le territoire. C'est assez inédit et pour moi, c'est aussi un laboratoire d'aménagement parce que je ne crois pas une seule seconde qu'on construira la France de demain uniquement avec des métropoles.
Je pense qu'on construira la France de demain en aidant ceux qui réussissent à réussir mieux parce que c'est bon pour les classes moyennes et en permettant aux classes moyennes de progresser. Et arrêtez de leur raconter là aussi des histoires en leur disant : « Vous irez mieux parce qu'on va bloquer ceux qui réussissent, ils réussiront moins bien. » Personne dans la classe moyenne ne veut que les gens qui sont devant réussissent moins bien, ils veulent pouvoir, eux, réussir. De la même façon, on n'ira pas expliquer aux territoires qui souffrent ou qui sont un peu plus en difficulté qu'il faudrait bloquer les métropoles pour qu'eux se mettent à réussir, c'est faux ! Plus Brest, plus Rennes seront fortes, plus le reste du territoire sera emmené, mais dans une dynamique équilibrée que nous devons construire.
Alors cette dynamique, c'est celle que nous voulons porter avec l'accompagnement justement de ces villes moyennes et le plan d'action Coeur de ville. Ce plan d'action Coeur de ville, c'est un investissement de 5 milliards d'euros porté par l'Etat, Action logement et la Caisse des Dépôts et Consignations qui permet d'accompagner les élus qui sont dans ces villes moyennes, qui étaient nos chefs-lieux de canton, nos sous-préfectures, nos chefs-lieux parfois de département et qui ont beaucoup souffert, qui ont parfois souffert de l'effet métropolitain, parfois souffert, il faut bien le dire, des politiques de l'Etat qui a enlevé des services et qui veulent réinvestir et qui veulent recréer à la fois du logement de qualité pour attirer des populations, qui veulent remettre du commerce et réouvrir des centres-villes.
Nous sommes ici, à Quimper, ville qui a été sélectionnée sur ce beau projet et qui, justement, a cette volonté d'investir, d'accompagner, de transformer et c'est pour ça que nous serons aussi au rendez-vous en accompagnant les élus de la même façon qu'à Saint-Brieuc où nous étions hier parce que ces villes ont des défis à relever : de la rénovation de logements urgente pour rétablir le centre-ville et son attractivité, penser l'urbanité de demain. Et donc ces projets justement Coeur de ville, ils sont pour moi absolument prioritaires. 11 villes de votre région ont été sélectionnées et permettront la reconquête commerciale et immobilière de leur centre et donc des projets de logements, de commerces, d'activités. Et là aussi, je tiens à vous le dire, ce ne sont pas des projets défensifs. Au contraire, nous en parlions aussi pour Morlaix avec Madame la Maire tout à l'heure, ce sont des projets offensifs. Pourquoi ? Parce que nos concitoyens sont en train de retrouver le goût de ces villes moyennes, nos concitoyens ne veulent plus aller faire leurs courses dans des zones commerciales en périphérie, aller travailler en dehors de la ville. Ils ne veulent plus rentrer dans des centres-villes désertés qui ne sont plus éclairés le soir, ça n'est pas vrai. Et donc ce modèle qu'on a subrepticement laissé glisser dans les années 1980-1990, qui a été mené par des logiques qui étaient parfaitement légitimes d'aménagement commercial et industriel fort, il faut bien le dire aussi, une société de consommation qui a eu une logique, à un moment, effrénée, nous pouvons le réaménager parce que nos concitoyens souhaitent ces équilibres. Et c'est à la fois bon pour la qualité de vie et pour leur compétitivité.
Mais pour garantir cette cohésion territoriale et donc au-delà de ces projets, il faut également investir, investir dans les infrastructures de transport et l'ensemble des accès. Les accès, ce sont le transport et la connexion. Quand on est dans un territoire, où qu'il soit – et ce sera plus vrai encore demain qu'aujourd'hui –, si on n'a pas l'accès, on n'a pas la possibilité de porter les mêmes projets et de vivre normalement. Le monde de demain sera fait d'entreprises qui se développeront, y compris dans des territoires ruraux, parce qu'elles auront accès au marché mondial par la connectivité, se fera par le développement du télétravail qui permettra aussi d'éviter la congestion urbaine dans les villes les plus grandes et donc par une transformation des usages, de notre organisation collective. C'est pourquoi la condition première lorsque je parle d'accès, c'est évidemment l'accès au numérique et le haut débit.
Sur ce point, vous connaissez mes engagements : haut débit pour tous en 2020, très haut débit pour tous en 2022. J'ai pris à dessein des engagements dans le quinquennat pour pouvoir en rendre compte et les ministres ont mené en fin d'année dernière des négociations avec les opérateurs pour que ces derniers s'engagent en prenant aussi sur les conditions des fréquences qui sont octroyées et à octroyer – donc nous avons un levier –, mais s'engagent au déploiement sur le mobile. Et donc, sur le mobile, nous avons des nouveaux leviers qui sont au rendez-vous et nous avons des dates auxquelles nous pourrons rendre compte. Je sais sur ces sujets tous les scepticismes qui se sont installés, mais parce que pendant des années, il y a eu des engagements sans moyens de les faire tenir et sans engagement des opérateurs. Qu'on regarde déjà ce qui a été fait durant cette dernière année en déploiement de pylônes intermédiaires. Il est fini le temps où on allait expliquer dans une ville ou un village : vous êtes couverts, on capte à côté de l'église ou de la mairie. Ça n'est plus vrai, ça n'est déjà plus la manière dont on le mesure et ces investissements vont se construire avec cette stratégie.
La Bretagne s'est très tôt mobilisée pour y parvenir là aussi et des amendements à la loi en cours de discussion dite Elan ont été adoptés il y a quelques jours pour lever les derniers blocages et permettre à Mégalis Bretagne d'accélérer le déploiement de la fibre. Ils étaient attendus, ils ont été votés en première lecture à l'Assemblée.
Sur ce sujet, nous pouvons et nous devons être au rendez-vous de l'accessibilité au numérique et au très haut débit. C'est ce que nos concitoyens attendent, c'est une clé pour l'accessibilité aussi à la santé, aux services, pour l'accessibilité au développement économique.
Sur le transport, sujet mineur quand on parle de la Bretagne [rires], j'étais venu à Rennes il y a près d'un an pour inaugurer la ligne grande vitesse Paris-Rennes qui a permis non seulement de mettre la capitale bretonne à 1h30 de Paris, mais de garantir un temps de trajet largement optimisé pour Quimper et Brest. Lorsque je suis venu à Rennes, j'ai dit avec un esprit de revendication que je revendique : c'est le dernier grand projet de ce type qu'on inaugure. Pourquoi ? Parce que ça fait partie de cette génération de projets qu'on mènera à leur terme mais ce sont les grands projets de mobilité et d'infrastructures très coûteux, sur lesquels parfois on s'engage et dont on ne voit jamais le bout, mais qui ne sont pas la priorité d'aujourd'hui, et pourquoi ? Parce que notre priorité aujourd'hui, c'est la mobilité du quotidien.
Et c'est d'ailleurs le manque d'investissement dans la mobilité du quotidien qui est le principal problème de la Bretagne, c'est-à-dire le manque d'efficacité des dispositifs existants, le manque d'investissement passé dans les infrastructures prioritaires et donc ce qui fait la réalité des déplacements au quotidien. Aller promettre à tout le monde son aéroport, son autoroute ou sa ligne de train, pardon, de TGV, c'est forcément mentir à quelqu'un – je crois que ces dernières décennies vous l'ont fait vivre – et ce n'est pas régler les problèmes légitimes dont chacun a besoin pour se développer. La mobilité du quotidien, c'est que selon la place du territoire, on a besoin d'être proche de la métropole où se fait le coeur de développement de son activité, de l'aéroport qui permet les connexions internationales mais qui n'est peut-être pas dans sa ville même mais où il y a pour le coup le bon investissement ferroviaire ou routier qui permet d'y accéder. C'est ce qui permet de réduire le temps pour aller au travail ou se développer vers son fournisseur ou son client. C'est ça la réalité de la mobilité du quotidien ! Et donc ce sont des solutions multiples, c'est plus d'innovation et c'est une réponse un peu différente.
Alors ce sujet de la mobilité et des infrastructures intervient, je le sais bien, dans un contexte breton un peu particulier, la fin du projet de Notre-Dame-des-Landes. Sur ce sujet, nous nous devons aussi l'honnêteté, il fait partie de ces grands éléphants blancs français qu'on a promis majorité après majorité sans jamais savoir les faire. Donc on pouvait continuer à promettre Notre-Dame-des-Landes, il y en a beaucoup qui l'ont fait avant nous. Et puis j'aurais pu continuer à vous dire : avec moi, ça se fera et ne pas le faire. Est-ce que ça vous aurait amélioré le quotidien ? Je ne suis pas sûr. Pourquoi ça ne s'est pas fait ? Par notre incapacité collective à décider, parce que ce projet a duré trop longtemps, il faut bien le dire, et parce que ce projet, qui était pertinent quand il a été pensé au début, parce que la société a changé, parce que d'autres projets se sont faits autour, parce que les aspirations de la société ont changé, il faut bien le dire, ne correspondait plus aux priorités du moment, à nos engagements environnementaux, à ce qui s'était aussi fait par ailleurs, à Nantes comme à Rennes, et n'était plus aussi pertinent qu'il y a 30 ans.
La faute n'en est pas aux porteurs de projets. Eux, on leur a fait perdre des décennies par des procédures inadaptées que nous sommes en train de changer. La faute est collective mais je pense que la bonne décision – et je l'assume – était d'arrêter le projet. Alors, dans ce contexte, il faut avoir une politique d'accessibilité juste pour l'ensemble des territoires et cela implique de revoir l'accessibilité des régions Pays de Loire et Bretagne. C'est pourquoi Madame la Ministre des Transports a confié une mission à Francis ROL-TANGUY qui a remis son rapport ces derniers jours avec, là aussi, un plan d'action très concret, des propositions claires sur lesquelles les arbitrages seront rendus. Je ne reviendrai pas ici sur ce qui est proposé sur la région Pays de Loire, le Premier ministre aura l'occasion de s'y rendre prochainement. Et sans déflorer tout le détail de ce que la ministre aura à présenter, je voudrais prendre ici quelques engagements importants, concrets, tangibles pour la Bretagne.
Des engagements à portée de territoire et à portée de vue pour vous toutes et tous, c'est-à-dire que je m'engage à faire dans le temps qui m'est donné par nos concitoyens. Pour améliorer l'accès à la Bretagne, nous poursuivrons le développement du réseau d'aéroports, principalement à Brest où nous serons au rendez-vous des investissements requis, à Rennes également où l'Etat permettra l'extension de l'aéroport par le transfert du foncier nécessaire.
Nous apporterons aussi pour Lorient et Quimper le soutien financier à la liaison aérienne vers Orly et donc au soutien d'équilibre attendu.
S'agissant du ferroviaire, la SNCF va améliorer l'exploitation de la gare de Rennes, c'était salué tout à l'heure par nos amis cheminots juste avant mon expression, pour fiabiliser les liaisons rapides entre Paris et Brest. Alors je sais bien, moi, comme vous, on m'a expliqué qu'il y avait des trains bolides qui permettaient de faire Paris-Brest en 3h17. Simplement, quand j'ai demandé combien il y en avait et à quelle fréquence et qu'on m'a expliqué qu'il y en avait un par semaine, c'est vrai qu'il faut être bolide le bon jour et à la bonne heure.
Donc, plutôt que d'aller promettre de nouvelles lignes ou autres, ce qu'on va faire, c'est qu'on va procéder aux investissements pour tenir cet engagement horaire. C'est de la modernisation de lignes, c'est un investissement qu'on connaît, qui est inscrit dans les contrats, il doit être honoré et il le sera et la SNCF sera accompagnée avec, en plus, un cadre d'entreprise aujourd'hui clarifié qui permet une bonne utilisation des investissements.
Enfin des améliorations de la voie ferrée au sud de Paris seront mises en service en 2021 pour éviter les ralentissements que subissent les trains en provenance de Rennes et à destination des aéroports parisiens. Cela permettra aussi de fiabiliser la ligne et de réduire les retards et ça, c'est un engagement pris, il est financé et il a une date.
L'Etat confirme aussi son engagement pour améliorer les trajets au coeur de la Bretagne et du Grand Ouest. Je pense bien sûr à la mise en service au cours du quinquennat de plusieurs sections à 2 x 2 voies de la route nationale 164 afin de relier rapidement Rennes à Châteaulin.
Dans cinq ans, il ne restera plus que la section de Mûr-de-Bretagne à achever, comme cela était prévu au contrat de plan Etat-région. Je prends ici l'engagement que d'ici là, cette dernière section sera financée et que les travaux seront engagés dans le cadre d'un plan de désenclavement routier que la ministre va prochainement détailler.
Améliorer concrètement la mobilité du quotidien, c'est aussi, comme vous l'avez fait, rénover et moderniser la ligne Brest-Quimper qui a été récemment réouverte et mettre en service dans le quinquennat de nouveaux pôles d'échanges multimodaux à Auray, à Vannes, à Quimper dont je confirme l'engagement financier de l'Etat aux côtés des collectivités.
C'est enfin tenir les engagements qui ont été pris dans les contrats de plan Etat-région sur les petites lignes qui irriguent nos territoires au quotidien, je pense en particulier à la liaison Rennes-Chateaubriand et à la liaison Dol-Dinan-Lamballe. Là aussi, les engagements seront honorés.
Sur tous ces engagements, je prends des dates, les montants sont connus et les destinations aussi et je reviendrai donc sur ce sujet avant la fin de mon mandat en Bretagne pour en rendre compte, j'en prends ici l'engagement démocratique devant vous.
Je le dis parce que si beaucoup se demandent à quoi servent des déplacements présidentiels, ils servent à faire tenir les délais. Il faut être humble dans la vie, on ne fait pas de miracle, mais il se trouve que quand on prend des engagements et quand on arrive au rendez-vous de l'engagement, ça oblige tout le monde à tenir les délais sinon la vie reprend ses droits, le quotidien fait oublier les discours et tout risque de se déliter. Donc l'engagement est pris, vous me reverrez et, comme je serai obligé d'en rendre compte devant vous, tout le monde sera obligé de travailler en conséquence.
Améliorer concrètement la mobilité du quotidien, c'est aussi donner les moyens aux collectivités d'accompagner les personnes les plus précaires, notamment les chercheurs d'emploi qui sont encore trop souvent assignés à résidence. Je sais que quelques territoires précurseurs s'y sont déjà engagés, comme le Pays de Morlaix et sa plateforme de mobilité dédiée aux personnes en recherche d'emploi, la communauté de communes de Fougères qui a mis en place un nouveau service de transport à la demande, à bas coût ou encore celle du Pays de Dinan. Ces projets seront encouragés, facilités et de nouveaux outils vous seront donnés dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités que la ministre aura à présenter parce que sur ce sujet, il nous faut être innovants.
Nous ne pouvons pas non plus penser uniquement la mobilité dans les termes d'hier. Ce ne sont pas simplement des infrastructures, la mobilité, ce sont des solutions, c'est-à-dire c'est de la multimodalité et ce sont des solutions de transport ! La mobilité, c'est la capacité à aller d'un point A à un point B, ce n'est pas la capacité à prendre simplement un train ou un avion à telle heure. Et donc, avec le numérique, avec la réorganisation collective de l'ensemble justement des pouvoirs publics et des acteurs de ce secteur, ce sont des solutions de mobilité que nous allons construire. La région, avec la plateforme KorriGo – et je l'en félicite – a innové et été pilote en la matière.
Et je souhaite que nous puissions aller plus loin et avancer sur ce point avec aussi tous les encouragements pour une mobilité plus douce à laquelle nous sommes attachés, c'est-à-dire plus électrique, plus multimodale, ce qui permet d'optimiser le temps de transport, avec la sécurité de sa durée. Et ce sont là aussi des solutions très concrètes que, par la loi, nous souhaitons apporter en accompagnant les initiatives d'ailleurs de vos entrepreneurs, les initiatives de vos collectivités et en construisant ensemble des solutions pratiques. Ça sollicitera parfois l'avion, l'avion et le train, parfois l'autocar également, la voiture particulière, le covoiturage, des solutions associant les taxis, le numérique évidemment pour permettre la visibilité, la traçabilité de ces services. C'est cela la mobilité vers laquelle nous allons collectivement et que nous allons pleinement accompagner.
L'Etat continuera à être présent sur tous ces sujets à vos côtés et je tiens à redire ici que nous pouvons nous approcher de cette solution apportée à chacun en matière de mobilité sans engager partout des milliards mais avec des engagements concrets et des solutions partenariales.
Pour aller encore plus loin, sans s'écarter de la priorité donnée aux mobilités du quotidien, je souhaite aussi être clair sur les objectifs que nous tiendrons dans la durée et les perspectives que nous devons aussi nous assigner à nous-mêmes.
A plus long terme, je sais à quel point l'objectif de relier la pointe bretonne à Rennes en 1h30 et à Paris en trois heures est important pour tous les Bretons. C'est un objectif que l'Etat continue de partager avec vous. Je tiens ici à redire que, sur cet objectif, nous resterons engagés. La fiabilisation des trains bolides jusqu'à Brest en 3h17 y contribue, bien entendu, et sera tenue dans les délais que j'évoquais à l'instant. Pour aller encore plus loin, sans s'écarter de la priorité donnée à ces mobilités du quotidien, je vous annonce aujourd'hui que l'Etat s'engage à étudier en priorité l'extension de la ligne nouvelle entre Rennes et Redon. En désaturant la ligne existante vers l'aéroport de Rennes, cette extension répond parfaitement aux priorités que je viens d'évoquer.
En réduisant les temps de parcours, en permettant d'augmenter la fréquence des trains, elle contribue aussi à ce grand objectif d'ensemble. Et donc je veux vous dire ici, il y a des engagements de court terme fermes et il y a un engagement sur lequel nous continuons à être auprès de vous et sur lequel nous avancerons en bonne ordre dans les années à venir.
Voilà sur ce sujet des connexions, des liens du territoire ce que je voulais vous dire avec beaucoup de précision parce qu'en voyant la chronique des engagements, j'ai pu aussi lire en creux la chronique des déceptions. Donc je ne vous ai pas tous promis. Je sais que certains peut-être voulaient ou espéraient davantage mais je crois ici m'engager à ce que nous pouvons faire et à ce qu'il est juste de faire aussi par rapport à ce que nous devons à l'ensemble des territoires de la République.
Mais enfin – et c'est le troisième engagement que je voulais prendre –, pour porter cette transformation indispensable, réussir avec ces filières, tenir cette solidarité et cette connexion du territoire que j'évoquais à l'instant, nous devons adapter notre organisation collective, adapter l'organisation de l'Etat dans le territoire et sans doute aussi un peu la relation entre l'Etat et le territoire. C'est tout le sens des engagements que j'ai pris lors de la conférence nationale des territoires le 17 juillet dernier au cours de laquelle j'ai indiqué vouloir rompre avec une conception jacobine de l'exercice des responsabilités publiques au profit d'une mise en oeuvre partagée, concertée des politiques publiques.
Il y a trois principes qui guident ma vision en la matière.
Le premier principe, c'est que tous les territoires n'ont pas les mêmes atouts et donc le même rôle dans l'économie de demain et que nos politiques doivent s'adapter à ces réalités. C'est un principe de pragmatisme qui ne doit rien enlever à l'unité de la République mais qui nous fait regarder la diversité des situations dans cette unité.
Le deuxième principe, c'est de penser une nouvelle génération de la décentralisation. Il y a eu un temps essentiel au début des années 1980 où on a créé la décentralisation qui a produit la situation où nous sommes et plusieurs lois sont venues compléter ces grandes décisions. Mais ces dernières années, il faut bien le dire, nous avons perdu beaucoup de temps dans des débats abscons pour nos concitoyens sur la décentralisation des compétences. Débats qui ont conduit à des guerres entre l'Etat et les collectivités. On adore toujours détester les services des uns tant qu'on n'a pas créé les mêmes services chez les autres, vous savez. Sur ce sujet, je serai très agnostique, personne n'a l'exclusive des bureaucraties. Mais on a en même temps créé des querelles entre les niveaux de collectivités et les compétences qu'on devait leur donner. Est-ce que le transport scolaire devait revenir à la région ou au département ? Vous voyez bien que ça nous plonge collectivement dans des abîmes de réflexion. On a perdu beaucoup de temps, on n'a réglé aucune situation proprement et donc, là aussi, je ne crois pas à une nouvelle étape de la décentralisation ou de la recentralisation, en tout cas à un débat théorique. Non ! Le deuxième principe, c'est celui de la décentralisation de projets. Nos concitoyens, veulent des solutions et des projets, quel que soit le sujet. Je crois dans l'organisation qui permet au plus vite et au mieux de leur apporter une réponse. Dans certains territoires, il faut le faire avec la métropole ou la communauté de communes, d'autres, c'est avec le département ; parfois, c'est la région ; parfois, c'est à l'Etat de le faire lui-même. Là aussi, il faut être pragmatique, évaluer, savoir évaluer aussi dans le temps pour changer l'organisation quand elle n'est pas la bonne ! Et donc cette décentralisation de projets, la différenciation territoriale pour s'appuyer sur les projets locaux et développer les solidarités entre collectivités, c'est, je pense, un bon principe, en tout cas celui auquel je crois.
Troisième principe, c'est que nous devons investir dans les territoires non pas dans une logique défensive de préservation, mais dans un objectif offensif de transformation industrielle, agricole, sociale pour accompagner les transitions. Je ne crois pas du tout qu'il faille être, sur ce sujet, en quelque sorte pusillanime, être toujours dans un esprit ou un discours défensif, ce que j'entends trop souvent quand on me dit : « Vous ne savez pas parler à la campagne. La campagne, il faut la protéger et la défendre. » Mais allez vivre dans la campagne ! Vous verrez, les gens, ils ne demandent pas à avoir des subventions et à être défendus, ils veulent pouvoir vivre dignement, normalement, porter les projets comme les autres ! C'est ça la réalité, ils veulent une politique aussi offensive qu'ailleurs, une politique de projets !
Alors, pour répondre à cela, il me semble que la Bretagne est un bon laboratoire. Je voudrais faire de la Bretagne un laboratoire de cette décentralisation de projets. Le Pacte d'Avenir Bretagne, négocié avec vous, cher Jean-Yves LE DRIAN, avait déjà permis d'enclencher une telle dynamique, avec des premières transformations indispensables et l'Etat sera au rendez-vous des ambitions et des engagements pris. Les premiers travaux ont commencé avec le préfet de région, avec les ministères, le cabinet du Premier ministre. La concertation se poursuit après votre débat en conférence territoriale de l'action publique le 14 juin dernier avec l'ensemble des collectivités territoriales bretonnes pour aboutir à un Pacte girondin, à un Pacte breton, devrais-je dire, avec tous les acteurs locaux.
Alors de nouvelles perspectives s'ouvriront, je l'espère, avec l'adoption de la révision constitutionnelle que j'appelle de mes voeux qui permettra de reconnaître dans la Constitution l'article 72, c'est-à-dire un principe, l'article 72 nouveau, qui ancrera un principe de différenciation territoriale, c'est-à-dire la possibilité pour une collectivité d'avoir des compétences ou une organisation différente des collectivités de même strate.
Ce nouvel article 72, il permet de donner le cadre institutionnel, constitutionnel aux trois principes que j'évoquais. Il me paraît à cet égard porteur de cet esprit de décentralisation contemporain. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'Assemblée nationale a confié à mon ami Richard FERRAND, un de vos élus les plus éminents, le soin de mener à bien ce chantier de modernisation de notre vie publique. Si l'article 72 n'arrive pas à son terme dans les mêmes conditions, vous retournerez vers lui et son homologue à venir au Sénat peut-être aussi. Mais j'ai confiance dans nos parlementaires.
Plus sérieusement, j'ai confiance dans nos parlementaires, dans leur pragmatisme. Je crois que cette réforme est attendue, elle est importante et elle permettra justement un cadre rénové. Vous avez d'ailleurs ici d'ores et déjà anticipé le vote positif de cette révision – et je vous remercie en cela de votre confiance – en confiant à Jean-Michel LE BOULANGER une mission de réflexion sur les perspectives d'une différenciation en Bretagne. Vous vous êtes d'ores et déjà préparés à la perspective du nouvel article 72 et les pistes sont particulièrement intéressantes, je dois dire, et elles illustrent, s'il en était besoin, la pertinence de la disposition constitutionnelle évoquée. Mais d'ores et déjà, je souhaitais vous faire part de quelques convictions sur ce Pacte dont je souhaite la signature avant l'hiver.
Je souscris pleinement à votre proposition, conjointement avec Monsieur le Préfet de région, de faire de la région Bretagne une région pilote du nouveau rôle de l'Etat dans les territoires. Plus de déconcentration, un Etat facilitateur et garant, une meilleure articulation entre l'Etat et les collectivités, tels sont les principes que j'ai fixés pour la réforme de l'Etat territorial. Dans ce cadre, je partage votre proposition de coordonner l'ensemble des actions de l'Etat et de la région sur les territoires autour d'un contrat unique sur la base des intercommunalités, c'est une bonne proposition. Cette proposition, qui fait suite à l'expérimentation réussie des contrats de ruralité dans votre région, est totalement en phase avec la vision portée par l'Agence nationale de cohésion des territoires que j'ai souhaité créer.
Je pense également nécessaire de poursuivre la décentralisation ou la délégation de compétences à la région Bretagne dans quelques domaines clés pour son développement et son identité. Je pense bien sûr en premier lieu au maritime. Vous nous réclamez plus de cohérence dans l'organisation de l'Etat pour éviter que le préfet de région doive discuter avec deux préfets de façade, trois autres présidents de région, le tout avec trois instances distinctes. Je dois dire que moi-même, pour pouvoir décider, j'ai eu du mal à comprendre la situation actuelle. Aussi nous allons renforcer le rôle de la conférence régionale mer et littoral et je souhaite que nous ayons du côté de l'Etat une gestion du littoral simplifiée et unifiée qui correspond à l'échelon régional.
Je pense également aux enjeux économiques et à la compétitivité de la région. La Bretagne compte de nombreuses réussites, je les évoquais, que ce soit dans l'agroalimentaire, le maritime avec le pôle de Brest et Pacte Etat-métropoles, l'industrie et la mobilité avec Rennes Automobiles, l'investissement dans la recherche avec trois pôles de compétitivité. Pour accompagner cette dynamique, vous avez proposé une convention ambitieuse de mise en oeuvre du Plan d'investissement pour les compétences qui garantira une formation améliorée et adaptée pour tous.
Vous proposez aussi d'expérimenter une nouvelle manière d'accompagner les entreprises dans leurs projets avec un guichet unique réunissant les services actuels de l'Etat et de la région, c'est-à-dire qu'on sort d'un débat sur le sexe des anges pour savoir s'il faudrait en mettre un peu plus du côté de l'Etat ou de la région. Non, ce que vous nous proposez, c'est de dire : on les met ensemble, on les fait travailler mieux pour répondre mieux aux besoins de nos entreprises, de notre population, on fait un guichet commun et on gérera derrière ce qu'il faut gérer entre la région et l'Etat. On réunit pour simplifier dans un projet concret pour les gens. J'y suis prêt et je souhaite même que cette expérimentation se fasse rapidement pour être dupliquée ailleurs en France et que donc nous puissions, dans les prochains mois, commencer ce guichet unique économique.
Sur le cinéma et le livre, c'est la même proposition que vous nous faites et que nous souhaitons également, avec la ministre de la Culture, conduire, avoir un guichet unique, un même interlocuteur pour l'ensemble des acteurs, avoir l'Etat et la région qui travaillent main dans la main, mais avec les mêmes personnes qui parlent, une simplification pour des projets plus ambitieux. Voilà le genre de projet auquel je crois, voilà ce Pacte breton que je souhaite lancer avec vous aujourd'hui et qui augure de nouvelles étapes et d'une ambition que vous avez su porter.
Pour réussir ce Pacte breton, je l'ai dit, l'Etat va simplifier sa propre organisation, mais nous allons aussi simplifier partout sur le territoire de la République notre organisation collective. J'aurai dans les prochains mois à détailler cela mais je sais que je suis dans une région ici sensible à ce sujet et qui vit toujours, mais c'est toujours le cas en France, comme une petite trahison, une petite mort la fermeture d'un service public, d'une présence publique. On devrait d'ailleurs dire plutôt d'une présence publique. Ce qui a été fait dans beaucoup d'endroits – les recentralisations, les fermetures de trésoreries, de bureaux de Poste, d'écoles – a été à chaque fois mené – je défends ici mes prédécesseurs et les services de l'Etat – avec beaucoup de rigueur en regardant les besoins sur le territoire, l'évolution de la démographie et il faudra de toute façon continuer à en mener certains. Les écoles, par exemple, quand un territoire perd massivement des habitants et qu'un autre en gagne beaucoup, il faut pouvoir réouvrir des classes d'un côté et peut-être réorganiser de l'autre parce que personne n'attend que ses enfants soient dans un collège où il reste 30 élèves. Donc il faudra toujours réorganiser, fermer des structures, il ne faut pas être sur ce sujet démagogue.
Politique economique Energie eolienne Tourisme Protection du littoral Recherche fondamentale Innovation Culture regionale PAC Bio industrie Viande Politique agricole Pesticide Amenagement du territoire Centre ville Infrastructure Reseau a haut debit TGV Atlantique Transport ferroviaire Transport routier Decentralisation Reforme constitutionnelle 187001342

Déclaration de M. François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (Modem) et candidat à l'élection présidentielle 2012, sur la crise économique, la dette publique, le déficit commercial, la nécessité de produire en France, l'autonomie des collectivités

Déclaration de M. François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (Modem) et candidat à l'élection présidentielle 2012, sur la crise économique, la dette publique, le déficit commercial, la nécessité de produire en France, l'autonomie des collectivités locales, la politique de l'enseignement, à Rennes le 10 avril 2012. Déclaration de M. François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (Mod Meeting électoral à Rennes le 10 avril 2012 Mes chers amis,
 
Ici bat le cœur de la Bretagne et, là où bat le cœur de la Bretagne, bat le cœur de la France !
Je suis très heureux de m'exprimer à cette tribune, après mes amis Grégoire Le Blond, qui a parlé en premier, Bruno Joncour, le maire de Saint-Brieuc, et Jean Arthuis, qui s'est exprimé en presque breton !
Je suis très heureux de saluer les élus de la région. Je vais en oublier et ils me pardonneront... Je veux saluer Françoise Gatel, Présidente de l'Association des maires d'Ille-et-Vilaine, Jean-Marc Lecerf et Jean-Francis Richeux, Conseillers généraux d'Ille-et-Vilaine. Je veux saluer les élus de Rennes et du département d'Ille-et-Vilaine, je veux saluer Joseph Kergueris et Philippe Nogrix qui sont au premier rang de cette salle. Je veux saluer Sébastien Couépel qui a joué, à l'Assemblée Nationale, comme Député des Côtes-d'Armor, le rôle que vous savez. Je veux saluer François Zoccheto, qui est arrivé avec moi dans le train, Sénateur de la Mayenne et Président du groupe centriste au Sénat.
Je veux dire à tous les élus présents qu'ils sont chers à mon cœur, comme chacun et chacune d'entre vous, si nombreux présents pour cette soirée.
Ce qui s'ouvre, nous le savons bien, ces deux semaines sont deux semaines cruciales pour la France et, pour qui observe l'Europe, Jean Arthuis vient d'en dire un mot, tout le monde voit bien que ces deux semaines, que l'on croyait de calme plat, que l'on présentait comme deux semaines de l'après crise, tout le monde voit bien qu'en réalité, cette crise, dont on nous a dit qu'elle était derrière nous, déploie ses nuages noirs à l'horizon.
Venu d'Espagne, on sent bien qu'un vent d'inquiétude frappe et a frappé aujourd'hui l'ensemble de ceux qui observent et entendent les réalités de l'Europe.
Cette crise est une crise qui menace la France aujourd'hui même.
Le gouvernement espagnol vient d'annoncer qu'en plus des dizaines de milliards de coupes dans les dépenses publiques qu'il avait déjà actées, il supprimait dix milliards nouveaux dans les dépenses d'éducation et de santé.
Or, pour qui sait le rapport entre le budget de l'Espagne et le budget de la France, en vérité, c'est le double que cela représenterait si notre pays était atteint par une obligation de cet ordre.
Eh bien, je veux vous le dire avec gravité, mais avec certitude : si je suis engagé dans cette campagne électorale, c'est pour que le mal qui a frappé la Grèce, le mal qui a frappé l'Italie, le mal qui frappe l'Espagne aujourd'hui ne frappe pas la France.
C'est pour que la France demeure à l'abri de ce genre de contagion que nous sommes engagés dans la campagne présidentielle française. C'est parce que nous ne voulons pas que cette fatalité nous atteigne à notre tour. C'est parce que nous voulons que le pays se libère de ce poids ou de cette fatalité qu'on lui présente depuis si longtemps.
Je suis venu devant vous en 2007 et j'étais venu en 2002 en disant : "Attention, nous allons droit heurter le mur de la dette. Ceux qui ont laissé grandir la dette française ont, en réalité, tendu un piège qui se refermera sur notre pays et sur les plus jeunes de ceux qui forment notre pays".
En vérité, si les jeunes, qui sont si nombreux dans cette salle, et ceux qui les entourent de la même génération étaient conscients de ce qui se passe, ils organiseraient des manifestations contre les dirigeants irresponsables qui, au travers du temps, de manière immorale et de manière laxiste, ont laissé déraper les dépenses du pays et ont fait en sorte qu'elle va maintenant, cette génération nouvelle, avoir à assumer des charges excessives et des charges qu'aucun pays ne devrait imposer à ses plus jeunes.
Vous savez, dans la vie privée, quand on est une femme ou un homme ou quand on est une famille, on peut refuser un héritage en disant : "Excusez-nous, dans ce que vous nous laissez, le passif dépasse l'actif et nous n'avons aucune envie de nous charger, d'affronter ces charges indues".
Eh bien, quand on est un pays on ne peut pas le faire et c'est pourquoi il est une responsabilité, j'allais dire il est une responsabilité morale, pour ceux qui sont en charge des affaires du pays, de faire en sorte qu'ils gèrent bien les affaires de ce pays et qu'ils ne transmettent pas aux générations qui viennent une charge qui est une charge excessive et insupportable.
Cela n'a pas été fait depuis des années et ils ne peuvent pas dire qu'ils n'étaient pas au courant du risque, puisqu'il y avait au moins un homme politique dans chacune de ces élections présidentielles qui est venu dire : "Attention, ce qui nous menace devient tellement pressant que nous risquons de nous retrouver dans une situation insupportable".
Je veux, aussi incroyable que cela paraisse, mais je parle sous le contrôle de tous ceux qui occupent des responsabilités, et notamment Jean Arthuis qui a présidé la Commission des finances du Sénat, après avoir été ministre de l'Économie et des Finances, vous rappeler ceci : nous en sommes arrivés à un point aujourd'hui où la totalité de l'impôt sur le revenu de la totalité des Français ne suffit pas -il s'en faut de 15 ou 20%- pour payer les seuls intérêts de la dette que nous avons à rembourser.
45 milliards d’euros d'impôts sur le revenu et, l'an prochain, 55 milliards d'intérêts de la dette…
Cette situation-là, qui est en train de déraper, qui non pas s'arrange mais s'aggrave, cette situation-là constitue une telle menace pour l'avenir de la Nation qu'il est de notre devoir de tracer la route de ceux qui ont décidé de faire face et de ne pas, plus longtemps, accepter l'inacceptable pour la France.
Avoir en tête ce qu’obligent les situations quand elles deviennent incontrôlées, cela devrait rappeler à la raison tous les responsables politiques inconséquents qui s'expriment dans cette campagne électorale-là. Il faut que vous sachiez que les dépenses dans lesquelles les pays qui sont entrés dans cette dérive sont obligés de couper, ce sont les dépenses mêmes qui sont celles qui nous font vivre ensemble.
Les retraites… Que les retraités sachent que nous nous battons pour conserver les retraites des Français et pour que, demain, on ne soit pas obligé d'amputer les pensions dans notre pays.
Que la Fonction publique sache que nous nous battons pour que, demain, les salaires des fonctionnaires ne soient pas l'objet des coupes qui sont actuellement décidées dans les pays qui nous entourent.
Que les médecins, l'ensemble du système de santé et les patients sachent que nous nous battons pour que l'on puisse continuer à rembourser les feuilles de Sécurité Sociale dans notre pays.
Nous nous battons pour ceux qui ont besoin de solidarité. Le modèle de la France solidaire, que nous avons affiché comme étant le modèle que nous voulons suivre pour notre pays, c'est ce modèle-là qui est en péril !
Généralement, on croit que ces questions -question de déficit et question de dette- sont uniquement des questions comptables.
Eh bien ce n'est pas vrai. Ce sont des questions sociales !
Les questions que nous mettons, nous, devant les Français, ce sont les questions mêmes de la survie et de la promotion, dans l'avenir, du modèle français que nous avons bâti ensemble : le modèle de solidarité sociale : la santé, la maladie, les retraites, les allocations familiales, les allocations du chômage, tout cela, c'est le modèle social français ; et le modèle républicain : le modèle des services publics, l'éducation, la sécurité, la justice).
Nous sommes un des seuls pays autour de nous qui a l'éducation gratuite. Il suffit de traverser la Manche pour vérifier qu'il y a beaucoup de pays de niveau comparable dans lesquels l'éducation est payante et payante cher, dans lesquels les grands-parents sont obligés de vendre leur maison en viager pour payer les études des petits-enfants, dès l'instant que l'on se trouve dans une de ces écoles qui paraissent en tout cas préparer mieux l'avenir que les autres.
L'école est payante, l'université est payante…
Nous nous honorons d'avoir bâti un modèle dans lequel, au contraire, l'école est gratuite, laïque, obligatoire, publique, dans lequel l'université est largement offerte aux étudiants, même si, dans certains cas, il y a des droits qui augmentent.
Nous avons bâti un modèle. Mes amis, c'est ce modèle-là qui est le sujet de la campagne électorale présidentielle, c'est ce modèle-là dont ils ne parlent pas.
C'est pour la défense et l'avenir de ce modèle que je suis engagé devant vous, et avec vous, c'est parce que je veux sauver et projeter dans l'avenir le modèle français, car ce modèle français se trouve aujourd'hui en péril.
En effet, c'est bien ce modèle qui va se trouver en première ligne, dès l'instant qu'ils auront laissé déraper les dépenses, exploser les déficits, annoncer n'importe quelles promesses auxquelles les Français peuvent croire, mais pas un seul de ceux qui connaissent la réalité du pays parmi les responsables politiques ou les observateurs qui devraient être avertis ne peuvent ajouter foi à cette vision qui est complètement irréaliste et qui, en réalité, trahit l'intérêt même des citoyens, parce qu'on leur fait des promesses, mais la réalité fera que, non seulement ces promesses ne seront pas respectées, mais que le pays va se trouver au plus grand risque.
Voilà la réalité qui est devant nous aujourd'hui et voilà pourquoi nous sommes là ensemble.
Je tiens devant vous ces propos avec gravité, mais je vous assure que, cette gravité, elle est exactement à la mesure de la situation qui risque de se produire dans notre pays, non pas dans des années, mais à coup sûr dans quelques mois et peut-être même dans quelques semaines.
Si on lit l'ensemble des observateurs de la presse étrangère… Ils multiplient les articles stupéfaits, estomaqués, devant une campagne présidentielle qui évite tous les sujets qui sont les sujets de l'avenir du pays, tous les sujets qui tiennent, car tout se tient, à son endettement, à ses déficits explosifs, à son chômage insupportable.
Je rentre de la Réunion. J'étais dans un quartier, à la Réunion, dans lequel il y avait chez les jeunes de moins de 35 ans, 60% de chômeurs et, dans de très nombreux quartiers en France, c'est entre 30 et 40% de chômeurs chez les jeunes que l'on trouve.
Quel est le pays qui peut supporter que les plus jeunes des siens soient au chômage à 30, 40 ou 50% ?
Quel est le pays qui peut accepter cela ?
Quelles sont les familles qui peuvent vivre heureuses quand leurs enfants, même formés, même diplômés, se trouvent sans espoir de trouver un emploi ?
C'est parce que nous ne l'acceptons pas que nous sommes engagés et c'est parce que je ne l'accepte pas que je suis engagé devant vous et avec vous.
Mes chers amis, Jean Arthuis vous l'a dit avant moi et je vous le redis. Tout se tient. Pourquoi connaissons-nous les déficits et la dette ? Parce que nous ne sommes pas capables de trouver dans les ressources du pays de quoi financer le modèle social et le modèle républicain de service public que nous avons.
Nous avons bâti le modèle probablement le plus exigeant de toute l'Europe. Nous avons bâti le modèle qui demande des dépenses publiques plus élevées qu'aucun des pays qui nous entourent. Il faut savoir que la dépense publique en France pour financer le modèle social et le modèle républicain dont je parle équivaut chaque année à 57% donc beaucoup plus de la moitié des ressources que nous produisons chaque année, ce qu'on appelle le produit intérieur brut, le PIB. 57%... Les pays de l'OCDE, la moyenne des pays développés, sont à 43% et l'Allemagne est à 47%.
Nous sommes le pays qui a choisi le modèle le plus exigeant et celui qui demande donc le plus d'efforts de la nation, et nous l'avons fait parce que nous avons considéré nous, dans notre histoire, que Liberté, Égalité, Fraternité, cela avait une traduction politique et de solidarité à l'intérieur du pays.
Ce n'est pas parce que nous étions par vocation plus dépensiers que d'autres, c'est parce que nous avons été plus exigeants que d'autres dans notre histoire. Et évidemment, dès l'instant que le chômage explose, que les entreprises s'en vont, que la production ne suffit pas à faire face à la consommation intérieure, que nous sommes obligés d'importer beaucoup plus que nous n'exportons, c'est comme une petite entreprise ou c'est comme une famille : quand tu vends plus que tu n'achètes, tu gagnes, quand tu achètes plus que tu ne vends, tu perds.
Eh bien c'est la situation dans laquelle nous sommes, que l'on appelle le déficit commercial du pays et cette situation-là, l'an dernier, elle a pris sur les ressources des Français en 2011 la somme de 70 milliards d'euros pour aller soutenir les économies des pays qui nous entourent.
70 milliards d'euros c'est un chiffre qui passe vite comme cela, mais je m'honore d'être le créateur, le fondateur, le président, et d'ailleurs le seul à adhérent d'une association que je considère comme précieuse pour la vie civique du pays, qui est l'association pour la Défense du calcul mental en France. J'ai l'air de sourire et je souris en effet, c'est un gag que je fais à peu près tous les soirs, je dis cela pour que tout soit clair entre nous ! Mais ce n'est qu'à peine un sourire parce que si les Français avaient su réellement chacun d'entre eux, que 70 milliards, c'est 70 mille millions d'euros, alors je suis sûr que leur réaction aurait été différente parce que 70 mille millions d'euros, c'est l'équivalent du salaire annuel charges comprises de 3 millions de Français. Et donc nous prenons sur les ressources de notre pays le salaire annuel de 3 millions de Français pour aller soutenir l'économie des pays qui nous entourent !
Voilà ce qu'est notre déficit commercial. Si vous y réfléchissez une seconde, ces 3 millions de salaire-là, ils n'apportent pas les charges sociales pour financer la Sécurité Sociale, ils n'apportent pas les impôts pour financer les services publics. Au contraire, ils coûtent, ils coûtent en solidarité, ils coûtent en allocations chômage ils coûtent en angoisse, ils coûtent en déstabilisation pour les familles, ils coûtent en absence de projet pour les jeunes. Comment voulez-vous-vous installer dans la vie, faire des projets pour l'avenir, fonder une famille, bâtir une histoire, si le sésame, la clef universelle pour avoir de soi-même l'image qui convient et pour regarder le futur avec confiance n'existe pas ?
Je dis que le chômage est une tragédie humaine, le chômage est une tragédie familiale, mais le chômage est une tragédie nationale, une tragédie y compris financière pour le pays.
C'est de là que viennent tous les problèmes et tous les déficits que nous rencontrons et, mes amis, on nous a expliqué pendant des années, et à vous aussi, que c'est la fatalité. On nous a expliqué pendant des années, et beaucoup d'entre nous l'ont cru, y compris beaucoup d'entre ceux qui sont dans cette salle, que c'était parce que la mondialisation imposait des règles nouvelles, que c'était parce que les salaires chinois étaient tellement bas qu'il était impossible qu'un pays européen comme le nôtre y résiste. Oui ou non ? Vous avez entendu cette thèse ? On vous la répète à satiété.
Eh bien mes chers amis, cette thèse est fausse. Et là est la principale question de cette élection.
Si cette thèse était vraie, si c'était le niveau des salaires en Chine ou le niveau des salaires en Inde -je ne dis pas que cela ne joue pas, je dis que ce n'est pas la raison déterminante- si c'était cela la question, alors tous les pays européens membres de la zone euro seraient soumis à la même crise.
Si c'était la cause, la cause s'appliquerait à tous. Mais il se trouve, si nous ouvrons les yeux, que dans la zone euro, avec la même monnaie, avec les mêmes règles, avec le même modèle social ou à peu près, en tout cas avec le même coût du travail, nos voisins, on cite toujours les Allemands, mais on pourrait citer les Pays-Bas, on pourrait même -et beaucoup de Français seraient atteints dans l'image d'eux-mêmes- citer la Belgique, on peut citer l'Italie, on peut citer les pays scandinaves, tous ces voisins-là avec les mêmes règles réussissent à produire, à exporter, à battre chaque année des records alors que la France s'enfonce dans l'échec.
C'est donc que le problème n'est pas européen, il n'est pas dans la mondialisation, le problème est français !
C'est nous qui avons, au cours des années par des décisions qui n'allaient pas dans le bon sens, perdu la bataille que les autres ont gagnée et je suis là pour que, cette bataille, nous la livrions à nouveau et que cette fois-ci nous la gagnions.
Je vous donne les chiffres, pour que nous ayons cette réalité devant les yeux, pour que l'on parle de choses sérieuses et pas de balivernes, comme parlent les autres. Nous étions nous, Français, à l'excédent encore en 2005, c'est il n'y a pas longtemps 2005, il y a sept ans. En 2005, le pays s'enrichissait tous les ans parce qu’il vendait plus qu'il n'était obligé d'acheter. Et puis on est passé d'un bénéfice à une perte, d'abord modérée, 10 milliards, puis 20 milliards, puis 30 milliards, puis 40 milliards, on est remonté un tout petit peu à 35 milliards, on est redescendu à 50 milliards.
En 2011, ce sont 70 milliards qui auront manqué dans nos caisses. Mais pendant ce temps, nos voisins Allemands, avec bien des difficultés aussi, qui étaient derrière nous en 2005 ont pris courageusement les décisions qui s'imposaient pour redresser les choses, non pas que je veuille que le modèle allemand devienne le modèle français, je vous proposerai tout à l'heure un autre modèle et je crois qu'il est profondément fondé, mais en 2005 les Allemands qui étaient derrière nous ont courageusement commencé à remonter la pente et là où l'an dernier nous avons fait 70 milliards de perte, eux ont fait 160 milliards de bénéfices. Cent soixante mille fois un million d'euros !
C'est la raison pour laquelle, dans des régions nombreuses de l'Allemagne il n'y a plus de chômage. L'an dernier, la plus grande vague de licenciements en Allemagne, c'est à l'Agence pour l'emploi qu'elle a été faite parce que, dans toutes les régions de l'ancienne Allemagne de l'Ouest, le chômage est descendu au-dessous de 4 %, c'est-à-dire qu'en réalité il n'y a plus de chômage. Oh je ne dis pas qu'il n'y ait pas des défauts dans le modèle, mais en tout cas, la réalité est ce qu'elle est. Voilà une économie semblable à la nôtre qui produit des emplois et produit des richesses pour mieux équilibrer la société allemande. Et, avec un coût du travail bien supérieur au nôtre, nos voisins Suisses -ce n'est pas un pays où le niveau de vie ne soit pas haut- produisent et exportent avec des salaires de 15 à 20% supérieurs aux salaires français.
Et donc en effet, pour moi, la preuve est apportée que cette question est désormais une question française et qu'elle est profondément liée à la question de nos équilibres financiers.
 
Nous sommes un pays qui a besoin de mettre au centre de sa réflexion, un pays qui a besoin de mettre au centre de la campagne présidentielle cette idée que, maintenant, nous sommes au rendez-vous crucial, que les cinq années qui viennent sont les années où nous devons concentrer toutes les forces du pays, toutes les capacités intellectuelles, industrielles, financières, agricoles, agroalimentaires, touristiques, pour reconstruire ce que nous avons perdu et regagné filière par filière, champ de bataille par champ de bataille, les emplois qui nous font défaut et sans lesquels nous ne nous redresserons pas.
Et c'est pourquoi j'ai posé la question du "produire en France", question qui s'est au début installée au cœur de la campagne électorale vers laquelle, comme des papillons de nuit les autres candidats sont venus et peut-être, sentant la flamme trop chaude, ils sont repartis dans leur coin en ayant à peine effleuré cette question dont je fais devant vous une question centrale.
Si, comme je le crois, notre modèle social est insoutenable, si nous ne rebâtissons pas notre appareil productif, si nous ne nous remettons pas à produire chez nous, à créer des emplois et des richesses, si le modèle social est en jeu, là alors il faut que dans les mois qui viennent, les semaines qui viennent et les années qui viennent, la France tout entière fasse une obsession de cette question :
Ce que nous ne produisons plus, il faut que nous recommencions à le produire.
Et pour le produire, j'affirme à nouveau devant vous que, oui en effet il faut soutenir les consommateurs qui choisiront de consommer des produits réalisés en France pour encourager les industriels et les entrepreneurs à s'installer dans notre pays. S'ils n'ont pas un avantage à le faire, s'ils n'ont pas le sentiment qu'en affichant leur volonté de produire chez nous, pourquoi voulez-vous qu'ils résistent aux tentations de la délocalisation ?
Je sais combien c'est plus facile de croire que l'on va gagner en allant produire loin, et je le dis dans un pays où par exemple l'automobile est en question. Je le dis dans une région où l'automobile pose beaucoup de questions, je le dis en opposant les deux modèles, par exemple de Volkswagen et de Renault.
En 2005 -tous les chiffres que je donne sont vérifiables- Volkswagen produit en Allemagne exactement le même nombre de voitures que Renault produit en France, 1 200 000 pour Volkswagen en Allemagne, 1 200 000 pour Renault en France. Et, sept ans après, cette année, Renault produira en France seulement 440 000 véhicules, Renault a divisé par trois le nombre de véhicules qu'il produira dans notre pays, dans le même temps Volkswagen produira en Allemagne 2 200 000 véhicules.
Là où nous avons divisé par trois, ils ont multiplié par deux. S'il n'y a pas un chemin et une réflexion à conduire pour les pouvoirs publics dont je rappelle au passage qu'ils sont actionnaires de cette grande entreprise, car l'État français est actionnaire à 15% de Renault, il est même actionnaire de référence de Renault, s'il n'y a pas une question pour nous dans la comparaison de ces deux chiffres, alors c'est qu'on passe à côté de la réalité du pays. Et Volkswagen a des salaires supérieurs et il vient d'annoncer il y a deux semaines que cette année, pour gratification des résultats obtenus, les ouvriers de Volkswagen allaient recevoir chacun une prime de 7 500 euros !
On voit bien qu’il n'y a pas que le coût du travail qui est en question et qu'il est une préoccupation pour chacun d'entre nous que nous nous mettions à bâtir une stratégie pour les entreprises de notre pays, avec les banques de notre pays, avec les pouvoirs publics de notre pays, avec les autorités régionales de notre pays, avec les consommateurs de notre pays parce que le jour où les consommateurs se rendront compte que quand ils achètent un produit en France, il y a la moitié du produit qui leur revient directement par l'intermédiaire des charges sociales, par l'intermédiaire du financement de la Sécu, par les impôts qui vont soutenir les services publics.
Il n'y a pas que les emplois qui sont en jeu. Déjà c'est beaucoup les emplois, mais en réalité, les produits achetés par des consommateurs français et qui proviennent de France subventionnent à temps plein la totalité de ce qui fait la fierté de notre pays et de la solidarité dont à juste titre nous sommes fiers.
Et donc oui je dis qu'il est légitime que les pouvoirs publics français soutiennent l'intention des consommateurs français d'apporter leur action décisive à ce que nous allons reconstruire comme production française !
On a fait des labels Agriculture Biologique, à juste titre. On ne force personne à acheter agriculture biologique, mais au moins si le label existe et s'il est sérieux, le consommateur sait qu'il n'est pas grugé et que son action d'achat ira dans le sens qu'il souhaite.
On a fait des labels Commerce Équitable. Vous connaissez ce label, cela existe souvent dans le café, le coton. Que dit le label Commerce Équitable ? Il dit : nous vous donnons la garantie par ce label que les matières premières qui le composent ont été achetées au juste prix et que l'on n'a pas exploité les producteurs du tiers-monde qui le produisent.
Je suis pour le label Agriculture Biologique, je suis pour le label Commerce Équitable et je suis pour un label qui garantira au consommateur français qu'il soutient la production française par ses choix et par ses achats.
Une enquête récente a montré que les deux-tiers des Français étaient prêts à faire un effort mesuré pour que les produits qu'ils achètent soient directement enracinés dans la réalité de leur pays. Je trouve que c'est bien et que c'est juste.
Quelques-uns d'entre vous peut-être ont suivi récemment sur la 6 l'émission « Capital » qui était consacrée, j'en étais très fier, à ce sujet du Produire en France. On a entendu le patron de cette grande entreprise dont tout le monde connaît le nom qui s'appelle Stabylo Boss qui permet de paraître sérieux quand on a un dossier entre les mains parce qu'on a surligné les lignes qu'il fallait... Je plaisante, notamment à l'égard des étudiants, je sais qu'ils ne font jamais cela, en tout cas aujourd'hui, de mon temps, c'était plus discuté… Mais enfin le patron de Stabylo Boss a dit : "Mais vous n'imaginez pas pour les consommateurs allemands comme c'est important de savoir l'origine du produit" et d'ailleurs c'est important aussi en France puisqu'on multiplie les publicités sur le thème de « qualité allemande » y compris les publicités en allemand pour les automobiles allemandes en France.
Eh bien je serai content le jour où il y aura des publicités en français pour expliquer que les automobiles françaises sont meilleures que toutes les autres, en France et en Allemagne.
Je parle de sujets de survie pour le pays. Je parle de l'emploi, je parle de notre modèle social. Je parle de ce qui nous menace comme crise. Excusez-moi de vous le dire, les autres candidats à cette élection n'usent que de sujets de diversion, de sujets secondaires, de sujets légers, de sujets frivoles, de sujets sans intérêt pour un pays.
On a eu, excusez-moi, de grands débats dans cette élection… Ces débats ont envisagé la question capitale de l'étiquetage des viandes sur les étals et, il s'agit de mesures purement publicitaires, autour du permis de conduire (sujet naturellement très important : j'ai moi-même proposé que le code soit enseigné au collège en sixième, cinquième, quatrième et troisième pour que les élèves ne soient pas dépourvus et qu'ils sortent du collège avec l'examen du code).
Mais enfin permettez-moi de le dire, le sujet de l'avenir du pays ce n'est ni l'étiquetage de la viande halal ni le permis de conduire, le sujet de l'avenir du pays c'est les emplois pour les Français, c'est le financement de notre modèle social, c'est la survie de ce que nous avons bâti au travers du temps.
Le sujet du pays, ce sont les valeurs que nous avons, dont nous avons fait le socle de notre projet national et que nous offrons au monde comme projet, pour lui aussi.
Sujets de diversion, sujets secondaires… alors que cette élection exige pour une fois que l'on ne tergiverse pas et que l'on bâtisse la volonté nationale autour du modèle dont nous avons besoin pour sortir la France des difficultés où elle se trouve !
Eh bien ce modèle, j'ai dit ce qu'il y avait à regarder du côté du modèle allemand, mais on n'a pas besoin d'aller chercher des modèles qui soient des modèles lointains.
Nous avons des modèles sur notre sol. Il existe, dans notre pays, des régions qui, en avant-garde, ont fait qu'il y ait plus d'entreprises créées, moins de chômage, plus de ressources, une société mieux équilibrée et, permettez-moi de le dire à Rennes : on ferait bien de réfléchir en France au modèle breton !
Il y a eu, dans ce pays et dans cette région, une prise de conscience et en même temps une prise de confiance qui portent aujourd'hui des fruits qui sont très intéressants.
Il y a des parties de la Bretagne dans lesquelles le chômage est descendu à ce niveau de 4 % qui est le niveau même des régions les plus avancées de l'Allemagne, dans lesquelles en effet l'implantation d'entreprises nouvelles, le soutien par les collectivités locales -même si Pierre Méhaignerie n'est pas là je veux évoquer devant vous le pays de Vitré par exemple… Allez, je vais dire toute la phrase que j'avais en tête : "même si Pierre Méhaignerie n'est pas là… pour l'instant"… Mais il m'aura au moins été donné de saluer l'action de tout un pays et de toute une région au service de l'économie, au service de l'implantation des entreprises, au service de la création des services à l'entreprise, au service d'une certaine idée, comment dirais-je, de la prise de confiance des collectivités locales.
Et je dis que cette prise de confiance des collectivités locales, cette marge de liberté qui doit être offerte aux collectivités locales, cette marge d'initiative, cette reconnaissance du droit à l'expérimentation par les régions sur leur territoire ou par les départements sur leur territoire est pour moi une dimension essentielle de la réussite du nouveau modèle français que nous avons à construire.
Il n'est pas de réunion que nous ne vivions, Jean Arthuis et moi en particulier, où nous ne fassions la liste des absurdités que le centralisme ne cesse d'imposer à notre pays, avec des normes de plus en plus lourdes chaque fois changeantes, instables dans le temps, stupides pour un grand nombre d'entr’elles dans leur application, qui empêchent les français de faire ce qu'ils doivent faire pour que la France se reconstruise, non pas qui aident, non pas qui soutiennent, non pas même qui soient indifférentes, mais qui sont des obstacles sur le chemin que les Français ont besoin de suivre pour reconstruire leur pays !
Eh bien il faut rompre avec cette habitude-là.
J'étais hier à la Réunion et j'étais reçu par un de nos amis, jeune maire et conseiller général très dynamique qui s'appelle Thierry Robert, il est maire de Saint-Leu. Saint-Leu, c'est un exemple parmi dix mille, je pourrais en citer des listes et des listes. Il nous racontait qu'à Saint-Leu il y a une plage formidable, magnifique, seulement on ne peut pas marcher sur la plage parce qu'il y a des coraux morts sur la plage qui, évidemment, blessent les pieds des baigneurs. On ne peut même pas étendre une serviette parce que c'est contondant, c'est blessant. Alors il a acheté une machine qui travaille magnifiquement à l'Ile Maurice voisine, une machine qui broie les coraux morts pour en faire du sable.
Eh bien la direction de l'environnement, la Diren, lui a interdit de ne pas faire marcher cette machine parce que, dans les règlements arrêtés il est interdit qu'une machine à moteur passe sur la plage et donc il continue à avoir des coraux morts. Il a été obligé de laisser la machine au garage et les baigneurs ne peuvent toujours pas se baigner sur la plage de Saint-Leu !
Est-ce que ce n'est pas absurde ? Est-ce que ce n'est pas stupide ? Et je peux citer mille exemples… Écoutez, -je vous fais faire avec moi le tour de l'Outre-Mer- j'étais en Guyane, eau poissonneuse et absence presque complète d'entreprises qui transforment le poisson. Il y a un monsieur qui s'est lancé pour faire ce qu'on appelle la deuxième transformation du poisson, du poisson fumé. La Guyane, je vous rappelle au cas où vous ne le sauriez pas ou vous auriez oublié passagèrement, c'est sur le continent latino-américain, c'est la plus grande frontière de notre pays avec un pays étranger, c'est avec le Brésil que nous sommes frontaliers sur la plus grande distance, ce qui ne manque pas de surprendre ceux qui auraient oublié cette réalité-là, le pays du monde avec lequel la France a la plus longue frontière, c'est le Brésil. Et donc ce monsieur se lance. Je rappelle que la Guyane, c'est en tout cas la plus grande forêt du continent européen, elle est en Amérique du Sud, mais c'est tout de même par son appartenance nationale la plus grande forêt, immense forêt primaire comme chacun sait qui fait une part importante même du territoire français. Et ce monsieur donc a voulu fumer du poisson. Eh bien, on lui a imposé une norme qui l'oblige à venir acheter du bois de hêtre en France, sur le territoire métropolitain, parce que la norme exige que le poisson fumé en Europe soit fumé avec du bois produit au sein des forêts de hêtres françaises !
Est-ce que ce n'est pas stupide ? Il importe en Guyane, plus grande forêt de notre pays, du bois de hêtre métropolitain pour fumer son poisson !
On marche sur la tête, le pays marche sur la tête !
Jean Arthuis a dû se battre comme un lion -c'est sa véritable nature, en tout cas c'est son signe astrologique… non là j'invente sur le signe astrologique- comme beaucoup d'entre vous, il a observé qu'un des principaux problèmes pour les familles, c'était la garde des enfants. Et donc il a eu l'idée de favoriser des maisons d'assistantes maternelles pour offrir une offre de garde d'enfants plus large. Il a dû se battre comme un lion parce qu'on voulait lui interdire, cela ne correspondait pas à un certain nombre de règlements et même de lois. Il a obtenu le changement de la loi, mais n'eût-il pas été sénateur et n'eût-il pas été parmi les sénateurs Jean Arthuis président de la commission des finances, ancien ministre, il aurait toujours pu « siffler dans le violon » !
Eh bien moi je considère que notre pays a à gagner en autonomie des collectivités locales. Si les régions existent, si les départements existent, si les communes existent, il faut les laisser respirer, il faut les laisser agir, il faut que dans notre pays, l'initiative retrouve sa place et qu'on donne le droit à l'expérience au service des citoyens.
Cela ne sera pas une atteinte à l'égalité, cela sera un enrichissement de la liberté, de la fraternité dans notre pays.
Et je dis au passage, s'agissant de la Bretagne, qu'il faudra aussi reconnaître aux populations concernées le droit de composer les régions comme elles le souhaitent en additionnant les départements si elles l'entendent ainsi !
Cela va se faire en Alsace, il n'y a pas de raison que cela ne se fasse ailleurs !
Je réponds ainsi à une jeune fille qui m'a apostrophé dans le train en disant : "Monsieur, je trouve votre programme très bien, mais il y a une chose que je ne sais pas c'est qu'est-ce que vous pensez de la réunification de la Bretagne ?" Eh bien maintenant cette jeune fille sait ce que j'en pense, c'est votre affaire, et vous devez vous voir reconnaître le droit de prendre les décisions qui s'imposent en cette matière.
Et ceci est vrai aussi en matière culturelle. Je m’honore d’être le ministre de l’Éducation qui a sauvé Diwan, comme j’ai sauvé les Ikastolas, comme j’ai sauvé un certain nombre d’autres écoles qui voulaient transmettre la langue. Je dis que c’est complètement régressif dans notre pays que le président de la République présente la signature de la Charte de protection des langues et cultures régionales comme une menace pour la France ! Je veux lui rappeler que la France, c’est la diversité, et que l’unité est plus grande lorsque la diversité est reconnue, que les langues de France font partie de notre patrimoine national.
Je prétends, et je ne voudrais pas me flatter en le disant, que je ne parle pas plus mal français parce que je parle béarnais ou gascon ou occitan ou basque ou gallo ou alsacien ou corse. Je veux même dire à ceux qui craignent que probablement on parle mieux une langue quand on est capable d’en entendre, d’en comprendre une autre, de saisir les nuances, de saisir la richesse du vocabulaire, de voir comment pensent des langues différentes, et qu’on est capable d’apprendre davantage de langues dès l’instant qu’on en parle plusieurs plutôt que d’être condamné à n’en parler qu’une seule.
Cela fait partie de cette autonomie nécessaire pour les régions que de pouvoir porter, défendre, une politique culturelle, notamment une politique linguistique.
Qu’est-ce que cela enlève aux autres ? En quoi cela gêne-il quelqu’un sur le territoire national que de plus en plus de Bretons souhaitent continuer à parler breton ? En quoi cela gêne-il ? Où que des Basques continuent à parler basque ? Ou que demain des Béarnais -ils ne sont pas assez nombreux encore- continuent à parler béarnais ?
Je trouve que cela apporte au pays, cela apporte au patrimoine culturel, cela fait partie de notre richesse commune. Si nous sommes un pays enviable, c’est parce que nous avons additionné toutes ces cultures et il est bon de les respecter et il est bon de les promouvoir et il est bon de les porter vers l’avenir.
 
Et vous voyez que tout se tient : l’emploi, l’équilibre, les équilibres fondamentaux dans notre pays des finances publiques, la suppression des déficits, tout cela est mêlé.
Le soutien des collectivités locales à des entreprises ou à des volontés économiques ou à des stratégies économiques est absolument précieux. Pour cela, il faut qu’elles aient plus de liberté.
Et de la même manière se tient l’œuvre essentielle de reconstruction de l’Éducation nationale que nous avons à conduire en France. Une de nos faiblesses aujourd’hui et une de nos richesses demain sera la volonté que je défends devant vous que l’école de France retrouve la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre parmi les écoles des nations les plus avancées de la planète.
Depuis des années, et c’est pour moi non seulement un sujet de préoccupation, mais une souffrance personnelle… J’ai quitté le ministère de l’Éducation il y a quinze ans, les moins de 20 ans ne se souviendront guère de cette époque, mais depuis des années, depuis quinze ans, douze ans, l’Éducation nationale française chaque année est plus mal classée parmi les pays du même niveau des pays de l’OCDE. Sur 35 pays, l’an dernier nous étions classés 24ème en compréhension de l’écrit, nous étions classés 25ème en calcul, et nous étions classés 34ème sur 35 en inégalité scolaire !
Eh bien, excusez-moi, ceci est purement et simplement inacceptable, pas seulement parce qu’un pays comme le nôtre a besoin d’avoir des jeunes formés pour pouvoir avoir une Recherche efficace, mais purement et simplement inacceptable si l’on croit que liberté, égalité, fraternité, cela veut dire quelque chose dans un pays !
C’est inacceptable en fraternité, c’est inacceptable en égalité des chances, c’est inacceptable en valeur républicaine. Si on est humaniste, on doit considérer qu’il y a là une priorité des priorités.
Je veux reconstruire l’Éducation nationale chez nous et je veux le faire en commençant par l’école primaire.
Je veux dire devant vous, même s’il serait plus facile d’être populaire en disant autre chose, que je ne crois pas une seconde à l’annonce, à la promesse de créer des dizaines de milliers d’emplois supplémentaires, 60 000 emplois, dans l’état que nous décrivions de notre pays et de son budget.
Je ne crois pas une seconde que cela se fasse. Je ne crois pas une seconde d’ailleurs que cela puisse se faire. L’an dernier, alors qu’on était à cette règle du « un sur deux » que l’on ne remplacerait pas, il y a 16 000 enseignants de l’enseignement secondaire qui sont partis à la retraite. On a donc mis au concours 8 000 postes. Eh bien, sur ces 8 000 postes de CAPES et d’agrégation, il y en a 1 000 qui n’ont pas pu être pourvus faute de candidats au niveau nécessaire !
Alors celui qui m’explique que l’an dernier on n’a pas pu en recruter 8 000, mais que l’an prochain on pourrait en recruter 24 000 ou 28 000, celui-là se moque de moi. Et moi, j’ai un contrat de confiance avec les Français.
Ce contrat est simple, il tient en une ligne : je suis engagé à dire la vérité sur tous les sujets au peuple de citoyens que nous formons ensemble !
Je ne varierai pas d’un millimètre sur cette ligne. Je suis là pour dire la vérité, pour ne pas raconter d’histoires, et j’affirme devant vous que seul aime le peuple celui qui a choisi de lui dire la vérité. Les autres qui l’abusent, les autres qui « l’enfument », les autres qui le truandent, ils trahissent le contrat démocratique qui doit unir les citoyens et les élus et les candidats dans une République digne de ce nom.
Et engager à reconstruire l’Éducation nationale, je dis que cet enjeu premier se joue d’abord à l’école primaire. Je dis que cet enjeu premier se joue d’abord sur des choses aussi simples, aussi basiques que l’est la maîtrise de la lecture, de l’écriture, de la langue française, des nuances de la langue française, j’allais dire de l’amour de la langue française pour des enfants qui, sinon, n’ont aucune possibilité de suivre dans l’enseignement secondaire.
Oh on les fait passer en sixième, on les fait monter de sixième en cinquième puis en quatrième. La vérité est qu’ils sont relégués sur le bord de la route, et parce qu’ils ne peuvent pas obtenir de reconnaissance scolaire, ils sont au sein de la classe des élèves qui « mettent le bazar » pour simplifier, parce qu’il faut bien qu’ils trouvent un moyen de reconnaissance d’une manière ou d’une autre.
Je dis que la générosité, l’humanisme, la volonté de reconstruire passe par une décision simple et évidente aux yeux de tous : on ne doit pouvoir entrer en sixième que si on maîtrise la lecture, l’écriture et la langue française. Autrement, cela n’a aucun sens.
Et il nous revient comme pouvoir public, lorsque des élèves ne sont pas en situation de le faire, premièrement de changer pour l’avenir les conditions qui ont entraîné cet échec-là. Nous avons ici connu, pour un certain nombre d’entre nous, un temps dans lequel l’école de la République apprenait à lire absolument à tous les enfants, quelle que soit la famille dont ils étaient originaires, quel que soit le milieu social d’où ils venaient… J’ai grandi dans un village et je vous assure que dans ce village il n’y avait pas de livre dans toutes les maisons et de très loin, mais je puis vous assurer que tous les enfants passaient le certificat d’étude sans aucune exception, et je puis vous assurer que le niveau du certification d’étude de cette époque, si on voulait le comparer précisément au niveau d’examens aux noms beaucoup plus avantageux aujourd’hui, le déséquilibre ne serait pas forcément dans le sens que l’on croit.
Et d’ailleurs, du point de vue de l’orthographe, du point de vue de la grammaire, du point de vue même de la graphie, du dessin des lettres, il y avait à cette époque-là dans l’école de la République avec les hussards noirs, comme Charles Péguy en a imposé l’expression, il y avait un niveau de compétences obtenu par les élèves qui doit être pour nous un modèle à ne pas abandonner au passé, mais au contraire à reconquérir pour l’avenir. Je suis de ceux qui pensent que l’école de la IIIème République, elle n’appartient pas au passé, elle appartient à la République et donc à l’avenir de la nation.
Et ce sera même une manière, je le crois moi, de lutter contre la violence. Parce que la violence chez les plus jeunes vient souvent de l’incapacité dans laquelle ils sont enfermés à exprimer ce qui bouillonne en eux. Alors, il faut bien que ça sorte et ça sort par des gestes qui sont des gestes qui dérapent, qui s’en vont. Moi je crois que quand on donne la langue à un enfant, on lui donne le moyen de l’équilibre, on lui donne le moyen de l’expression, on lui donne le moyen de la confiance en lui, on lui donne le moyen de la découverte des connaissances et de la construction de soi-même.
Je veux, je voudrais, je ferai tout ce que je peux pour que l’école redevienne le lieu où, d’où que l’on vienne, de quelque milieu que l’on vienne, de quelque culture que l’on vienne, on ait accès à cette égalité première qui est la langue pour tous les enfants, la lecture pour tous les enfants, l’écriture pour tous les enfants.
Si nous faisons cela, nous aurons fait un pas formidable vers l’avenir du pays. Je ne crois pas une seule seconde qu’il n’y ait pas dans l’école française les ressources qu’il y a dans l’école coréenne, dans les écoles scandinaves ! Je suis persuadé que nous avons, en tout cas pour un très grand nombre d’entre eux, des enseignants qui obtiennent des résultats au moins aussi bons dans leur classe. Le problème est que quelle que soit l’expérience que l’on a, de méthode d’enseignement, de proximité avec les enfants, de réussite dans les classes que l’on vous confie, personne ne vient jamais voir ou vous demander comment vous avez fait pour obtenir les résultats que vous obtenez. C’est une mine à ciel ouvert qui n’est pas en exploitation.
Eh bien je dis qu’un des moyens de progrès de l’école française, c’est qu’on aille observer avec attention, en produisant les recherches nécessaires, les résultats obtenus par tel ou tel maître exceptionnel, vous en avez rencontré chacun dans votre vie, et qu’on rebâtisse la formation des enseignants à partir de la réussite de ceux qui, dans les classes, ont fait la preuve qu’ils pouvaient conduire les enfants dont ils avaient la charge à leur meilleur niveau.
Il y a beaucoup d’enseignants qui réussissent dans leur classe. C’est d’ailleurs pourquoi je ne participe jamais à ces campagnes qui sont conduites en France pour persuader tout le pays que les enseignants sont irresponsables, qu’ils ne veulent pas travailler, qu’ils sont constamment en congé maladie, qu’ils ne sont pas à la hauteur des exigences qu’on attend d’eux. Et même, je voudrais bien voir quatre heures dans une classe de quatrième dans un lycée normal d’une région normale de France, même pas dans des quartiers difficiles, je voudrais voir ce que donnent dans ces quatre heures d’enseignement ceux qui prétendent à la télévision que les enseignants français ne font pas leur travail et qu’il va falloir les obliger à la pointeuse ! Je voudrais bien que quelqu’un m’explique comment on peut faire dix-huit heures de cours sans avoir des heures de préparation, des heures de correction, des heures de conseils de classe, des heures de réunions parents-professeur, et je dis avec certitude que toutes les études qui ont été conduites dans notre pays ont montré que l’immense majorité des enseignants faisait plus de trente cinq heures de service dans leur semaine !
D’ailleurs, en parlant d’allègement, j’aimerais bien qu’on regarde de près les emplois du temps qui sont si lourds d’un certain nombre d’élèves dans un certain nombre de classes. J’ai un petit-fils qui est en seconde, qui a trente-sept heures de cours par semaine. Eh bien je voudrais qu’on m’explique comment on peut avoir trente-sept heures d’enseignement utile dans une semaine scolaire. Comment on peut faire que des élèves au collège ou au lycée aient un horaire d’enseignement obligatoire, sans compter les devoirs et les leçons à apprendre, qui dépasse l’obligation horaire de leurs parents lorsqu’ils sont employés dans les entreprises privées ?
Et je suis sûr qu’il y a là, dans une meilleure organisation de la semaine, des moyens à récupérer pour que l’on puisse faire du soutien, des options, et Dieu sait que je suis défenseur d’un certain nombre de ces options qui me paraissent tout à fait essentielles pour l’égalité des chances et l’égalité de la condition scolaire d’un certain nombre des élèves !
En tout état de cause, ce sujet doit être placé devant nous comme un sujet central.
Bien sûr il y a des sujets qui tiennent à l’université, bien sûr il y a des sujets qui tiennent à l’orientation, bien sûr il y a des sujets qui tiennent à la formation professionnelle.
Je suis frappé chaque fois que je visite -je l’ai fait encore en Mayenne récemment- des instituts de formation par alternance, de ce bonheur dans le regard des étudiants qui suivent ces formations par alternance. Je demande qu’on conserve ce critère, seulement celui-là, vous leur posez la question : "êtes-vous heureux de faire ce que vous faites ?" À 100% la réponse est : "oui, c’est formidable parce que cela nous donne de l’autonomie, cela nous apprend à découvrir l’entreprise, c’est un métier qui nous est garanti à la sortie." Je vous le dis, je ne comprends pas les réticences qui dans un certain nombre de milieux sont répandues contre cette formation par alternance et qui est un des atouts pour l’avenir de la France !
Voilà ce que nous avons besoin de faire : produire chez nous, équilibrer nos comptes, reconstruire l’Éducation nationale en garantissant ses moyens. Autant je ne crois pas aux dizaines de milliers de postes supplémentaires, et je suis absolument certain qu’il s’agit d’une promesse abusive, autant je pense en effet que pour donner un signe d’intérêt, il faut que l’Éducation nationale soit garantie dans les moyens actuels qui sont les siens aujourd’hui, et je prends l’engagement de faire que les départs à la retraite seront remplacés poste pour poste, les enseignants qui partiront pour suivre d’autres carrières ou pour s’aérer et avoir une autre expérience de la vie soient remplacés de manière qu’il n’y ait plus ces coupures annuelles ressenties comme profondément blessantes dans les moyens de l’Éducation nationale.
C’est un grand effort que je propose, mais cet effort me paraît nécessaire parce que c’est un investissement pour l’avenir qui me paraît garantir le contrat que la nation doit passer avec son école.
Et puis, nous avons un dernier sujet à traiter et ce sujet, ce matin encore dans une enquête, il est plébiscité par les Français. C’est : nous avons à prendre une décision qui ne tergiversera pas, une décision qui s’imposera à tous, nous avons à prendre des décisions annoncées depuis des années et toujours retardées pour obtenir la moralisation de la vie publique dans notre pays, dont il a tellement besoin !
Il y a des années que sur ces sujets tous les partis, et notamment les deux partis qui exercent alternativement ou ensemble le monopole du pouvoir, le Parti socialiste et l’UMP, sont venus devant nous, devant les Français, expliquer que oui ils allaient le faire… pour la prochaine fois ! Il y avait une fable qui disait : "demain, on rasera gratis" et quand le client revenait chez le barbier le lendemain et réclamait que soit tenue la promesse, on lui disait : "mais vous voyez ce panneau, monsieur, c’est écrit dessus : demain on rasera gratis" !
Eh bien c’est comme cela que fonctionne la question des règles qui doivent imposer un changement des pratiques qui nous ont fait tant de mal dans la vie politique française.
Et c’est pourquoi j’ai dit : j’organiserai un référendum, je propose la date du premier tour des élections législatives, c’est-à-dire le dimanche 10 juin, pour que toutes ces questions qui traînent depuis des années soient traitées une bonne fois pour toutes.
Alors, la moralisation de la vie publique, je vais énumérer les principaux chapitres que j’ai à l’esprit.
Il y a des années qu’on nous rebat les oreilles avec les engagements des uns et des autres pour mettre un terme au cumul des mandats qui est une anomalie complète de la démocratie française. Je propose qu’on n’en parle plus mais qu’on le fasse, et que le premier dimanche de juin on décide que quand on est député dans la République française, ce soit un mandat qu’on doive exercer et un seul.
Je propose qu’il ne soit plus admis en France qu’on puisse voter à l’Assemblée Nationale ou au Sénat sans être présent dans l’hémicycle. On vous fait voter, vous ne savez même pas que le vote est organisé !
Je propose que tous les votes, comme ils le sont au Parlement européen, soient des votes publics et que les citoyens puissent consulter le vote qui sera émis par leurs élus, qu’il y ait transparence dans ces votes.
Je propose que soient appliquées les conclusions de la commission qui a été présidée par M. Jean-Marc Sauvé pour éviter le mélange des intérêts privés et de l’intérêt public dans notre pays, et qu’en particulier les élus soient soumis à une déclaration d’intérêts pour qu’on sache dans quel domaine ils n’ont pas le droit de participer à la décision puisque les intérêts personnels s’y trouvent engagés. Cette règle est appliquée au Parlement européen, je trouve que c’est une règle de bon sens et une précaution qui aurait évité, les années passées, bien des dérapages dans l’organisation du gouvernement en France.
Je propose qu’on mette un terme à toutes ces structures complètement bidon, dont le but est uniquement de tourner la loi sur le financement des partis politiques. Je suis pour l’interdiction des « micro-partis » qui sont de faux partis et qui ne servent qu’à une chose : à financer indûment par des réseaux les réseaux politiques en question.
Je propose qu’enfin et une bonne fois pour toutes dans notre pays on reconnaisse la validité du vote blanc, parce que c’est un vote citoyen, c’est un acte citoyen que d’aller participer à un vote, même si c’est pour dire que l’offre politique ne vous convient pas. C’est un acte qui a autant de poids que le vote de celui qui va se résigner à choisir un candidat malgré lui, et on sait bien que cela existe dans un grand nombre de cas.
Je propose qu’on reconnaisse une bonne fois pour toutes l’indépendance de la justice en obligeant pour la nomination du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, qu’il reçoive un vote de confiance qui obligera à l’accord de la majorité et de l’opposition, pour qu’il soit au-dessus des considérations partisanes et qu’il ne soit plus seulement soumis à l’exécutif. Je suis pour la reconnaissance de l’indépendance du pouvoir judiciaire dans notre pays.
Je suis pour qu’on traite la question de l’indépendance des médias et qu’on enlève au président de la République le pouvoir qu’il s’est arrogé de nommer lui-même, arbitrairement, ou en tout cas personnellement, les présidents des chaînes de l’audiovisuel public en France ! Parce que les chaînes de l’audiovisuel public n’appartiennent pas au pouvoir, elles n’appartiennent pas à l’exécutif, elles n’appartiennent pas au président, elles appartiennent aux téléspectateurs qui paient la redevance audiovisuelle, quelle que soit leur opinion !
Et je prends l’engagement qu’on mettra en place un haut conseil dans lequel le pluralisme des opinions sera représenté et dans lequel les usagers de la radio et de la télévision et les professionnels de la radio et de la télévision seront représentés pour que la nomination de leur président soit au-dessus des contingences partisanes.
Et je prends l’engagement de restaurer en France l’Etat impartial, l’Etat qui ne dépend pas seulement de deux partis, mais qui est ouvert s’agissant des fonctions au sein de l’État, des responsabilités au sein de l’État, uniquement à trois critères : la compétence, l’exigence et la loyauté. Je veux que ce soient les seuls critères qui soient mis en place… et pas la carte de parti !
J’indique au passage que j’ai été extrêmement choqué, je distribue avec équité les critiques entre ces deux partis-là, que François Hollande recevant des experts hauts fonctionnaires, vous savez le moment des alternances ou bien où l’on croit qu’il y aura des alternances, la perspective d’alternance c’est comme on dit pour les troupeaux dans les Pyrénées, c’est la transhumance. Les hauts fonctionnaires qui étaient ici se débrouillent pour passer là, de droite à gauche ou de gauche à droite alternativement, parce qu’ils ont remarqué depuis longtemps cette chose scandaleuse que c’est par la préférence partisane que se font les carrières au sommet de l’Etat.
Eh bien je considère que c’est une faiblesse pour la République et je prends l’engagement que nous imposerons au contraire des décisions impartiales au sommet de l’Etat, des nominations impartiales au sommet de l’Etat, fondées je le disais, uniquement sur la compétence, l’exigence et la loyauté des hauts fonctionnaires.
Et enfin, je prends l’engagement que s’agissant de la campagne présidentielle, on règle les affaires de telle manière que plus jamais le soupçon ne puisse peser sur le financement de ces campagnes comme il le fait depuis des échéances trop nombreuses, depuis de trop longues années. Je prends l’engagement que nous abaisserons les plafonds de dépenses de manière qu’on ne puisse plus gaspiller les millions comme on le fait dans les campagnes présidentielles depuis trop longtemps. Et je prends l’engagement que ce plafond de dépenses étant abaissé, nous n’accepterons plus que ce soient des réseaux d’influence financière qui financent la campagne présidentielle en France. Je suis pour qu’une bonne fois pour toutes on sache que, chez nous, l’égalité de traitement entre les candidats sera rétablie comme elle mérite de l’être.
Et vous voyez que si l’on a en tête ces enjeux essentiels, je n’ai abordé devant vous aucun sujet de diversion, aucun sujet secondaire, aucun sujet accessoire, je n’ai parlé que de ces sujets qui doivent faire le souci de chaque citoyenne et de chaque citoyen au moment de prendre la décision la plus importante dans une des circonstances les plus cruciales de notre pays depuis des décennies, uniquement les sujets centraux :
- reconstruire l’emploi par le produire en France
- reconstruire l’équilibre de notre pays dans son budget pour que nous retrouvions l’indépendance et la fierté et le regard droit des peuples qui ne sont pas soumis au surendettement,
- reconstruire l’Éducation nationale, parce que c’est de cela dont nous avons besoin pour que notre projet de société et la compétence et la force de notre pays soient rétablis,
- moraliser la vie publique.
Si nous avons ces quatre objectifs devant nous, alors nous allons atteindre la condition nécessaire à tout redressement et à toute reconstruction, c’est-à-dire que nous allons rebâtir la confiance entre les citoyens et ceux qui ont la charge de les gouverner pendant la période considérée. La confiance, le mot sans lequel rien n’est possible et avec lequel tout est possible.
Je suis absolument certain que cette confiance peut être atteinte.
Le message que je porte devant vous est un message d’optimisme, à une condition ultime, c’est que nous sachions nous réunir.
Tous ceux qui depuis des années ont organisé la vie politique française comme une guerre civile entre deux camps opposés et qui sur tout sujet sont incapables de trouver le terrain d’entente qui rende aux citoyens la volonté et la perspective de leur avenir, ceux-là ont rendu un mauvais service au pays. Ils ont créé une situation dans laquelle chacun des deux camps est soumis aux extrêmes.
Le parti de l’UMP à droite est soumis à l’influence de l’extrême-droite, et le Parti socialiste en France est désormais soumis à l’influence de l’extrême-gauche. Et je vous dis ceci : il n’existe, dans l’histoire, feuilletez les livres d’histoire, aucun exemple de pays qui s’en sorte lorsque l’influence des extrêmes devient prépondérante dans ce pays. Et il existe d’un côté l’extrême division et de l’autre l’extrême illusion.
Prétendre en France aujourd’hui qu’on puisse rétablir le pays en décidant du jour au lendemain de porter le Smic à 1 700 euros, d’instaurer la retraite à soixante ans à taux plein pour tout le monde et que d’ailleurs aucune retraite ne serait inférieure au Smic, créer immédiatement 800 000 postes de fonctionnaires titulaires dans la Fonction publique, rembourser à 100% toutes les dépenses de santé, mes chers amis, c’est peut-être une illusion, mais c’est une illusion qui est un poison mortel !
On va conduire le pays jusqu’à l’accident ! Et cet accident, si l’on retenait des idées de cet ordre, ne tarderait pas.
Je veux que nous soyons, en France, le rempart contre les dérapages que nous promettent les extrêmes. Il n’existe qu’une force politique qui garantit à la France qu’elle peut trouver un équilibre de ses institutions, un équilibre de sa majorité, qui soit volontaire et qui soit large, qui permette de travailler ensemble, comme cela a été si souvent le cas en Bretagne, à des gens qui vont du centre droit jusqu’au centre gauche, une volonté de reconstruire le pays en écartant les risques des extrêmes, c’est nous qui portons cette proposition devant les Français et nous sommes les seuls à offrir cette garantie à ceux qui ont pour l’avenir le souci de l’équilibre de la France.
Et nous sommes donc les seuls à pouvoir réunir des sensibilités différentes pour entamer l’oeuvre de redressement et l’oeuvre de reconstruction dont la France a un si urgent besoin parce que nous savons, comme nous l’avons écrit sur nos affiches, cette vérité simple, cette vérité fondamentale et qui a été si souvent prouvée en Bretagne : un pays uni, rien ne lui résiste !
Merci de votre présence, de votre chaleur, de votre soutien et de votre exemple !
 Source : http://bayrou.fr, le 19 avril 2012
Election présidentielle Election Election presidentielle 2012 Campagne electorale Bayrou Francois Crise economique Dette publique Deficit budgetaire Balance commerciale Production industrielle Localisation industrielle Collectivite territoriale Competence Culture regionale Langue portugaise Politique de l'enseignement 123000822

Interview de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer, à l'agence de presse GHM le 7 octobre 2009, sur la construction et la réhabilitation de logements sociaux en Guadeloupe et Martinique, le traitement des dossiers du RSTA et l'

Interview de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer, à l'agence de presse GHM le 7 octobre 2009, sur la construction et la réhabilitation de logements sociaux en Guadeloupe et Martinique, le traitement des dossiers du RSTA et l'application du protocole signé entre l'Etat et la Guadeloupe. Interview de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'out - 200 logements sociaux construits en Martinique en 2008 (contre 1500 en Guadeloupe) certes il y a des problèmes de foncier, mais 70 millions de travaux sont en attente faute d'un accord de l'Etat pour les avances de trésorerie proposées par les organismes de logements sociaux. Peut-on espérer voir la situation s'arranger ?
En Martinique, où la problématique se situe autour du foncier, il y a plus de réhabilitations et plus d'opérations de rénovation d'habitat insalubre. Cela peut expliquer cette différence. Comme je l'ai indiqué à Toulouse lors de l'assemblée de l'Union Sociale pour l'habitat, je suis disposée à réorienter les crédits pour des opérations prêtes à démarrer. Il y a des opérations qui bénéficient d'une autorisation d'engagement mais dont on sait qu'elles ne pourront être engagées avant un ou deux ans en raison de difficultés dans le montage financier, la maîtrise du foncier ou sur les garanties financières. Si une opération n'est pas prête, il faut la déprogrammer et reporter le budget une opération validée. Mon objectif n'est pas de faire de l'affichage autour des 300 millions d'euros de la ligne budgétaire unique, en annonçant le financement de 5 000 logements pour qu'au final, le bilan soit de 150 logements en Martinique et 1 500 en Guadeloupe. Je veux agir de manière pragmatique.
- Et sur la trésorerie ?
Sur la question de l'avance de trésorerie, l'Etat a proposé de mettre en place des conventions d'actions foncières qui permettent de baisser la part de la commune de 20 % à 10 %. L'Etat est allé beaucoup plus loin grâce au plan de relance en permettant de mobiliser des crédits pour financer autrement le coût du foncier. Je ferai le point dans les deux départements au cours d'une réunion avec la direction départementale de l'équipement, en présence des acteurs du logement social, pour que l'on me dise où se situent les problèmes et pourquoi les opérations ne sont pas déjà engagées. Et nous trouverons des solutions.
- Pourquoi y a-t-il ces retards dans le traitement des dossiers du RSTA ?
J'ai accordé un délai supplémentaire, de 15 jours jusqu'au 15 septembre, pour que les salariés puissent déposer leur demande pour le premier trimestre (de mars à mai). J'ai également clairement indiqué que si le dossier n'était pas complet, l'essentiel est qu'il soit parvenu avant le 15 septembre au service gestionnaire. Tous les dossiers remis à ce moment-là seront pris en compte. Il ne faut pas qu'il y ait d'inquiétudes sur ce point. J'en profite pour rappeler que ce dispositif a été mis en place dans un contexte particulier en seulement trois mois. Les délais de paiement s'expliquent aussi par le fait que les documents étaient pré-remplis et que certains demandeurs n'ont pas complété les informations demandées au verso. Cela a entrainé des demandes d'informations complémentaires. J'ai reçu les responsables de la caisse nationale d'assurance vieillesse, opérateur national du RSTA, et nous avons pris des engagements.
Aujourd'hui, il y a eu 19 000 paiements effectués en Guadeloupe sur une cible de 60 000 personnes et 18 000 en Martinique sur une cible de 50 000 personnes. Et nous allons monter en puissance puisqu'à la mi-octobre, nous serons pour l'ensemble de l'outre-mer à 100 000 paiements effectués et 200 000 en novembre. Je tiens d'ailleurs à saluer l'investissement des équipes de la CGSS sur ce dossier qui travaillent sans compter leur temps pour leurs compatriotes.
- A quand la fin du RMI ?
Comprenons-nous bien. Le RSA en métropole est une prestation qui regroupe sous un même nom le RMI, l'API et une prestation nouvelle pour les travailleurs à bas revenus. Il est prévu de réaliser une évaluation du RSTA en 2011. René-Paul Victoria avait été missionné pour étudier l'application du RSA outre-mer. Il faudra aussi qu'un vrai choix soit fait localement : veut-on le RSA ou le RSTA ? Dans l'accord Bino, la référence c'est le RSTA et moi, je me désole de voir qu'en Guadeloupe et en Martinique, on n'applique pas le RSA alors que c'est une bonne mesure qui permet de conjuguer à la fois un emploi et un complément de revenu. Je pense à des femmes, des familles monoparentales qui pouvaient avec le RSA percevoir avec trois enfants, 400 euros alors qu'avec le RSTA, elles n'ont que 100 euros et qu'un célibataire qui vit chez sa mère perçoit autant. Je pense qu'en termes de justice sociale, il faudra se poser ces questions. Parce que d'une certaine manière, on était en train de vouloir créer un SMIC guadeloupéen - et ce n'est pas possible, au regard de l'article 73 de la Constitution avec l'égalité législative -, on a imaginé une mesure dont les effets peuvent créer des injustices.
- En Guadeloupe des milliers de personnes ont défilé dans les rues à l'appel du LKP pour demander à l'Etat de respecter ses engagements. Que leur répondez-vous ?
L'Etat a respecté ses engagements et j'en apporterai la preuve. Il faut arrêter de mentir aux Guadeloupéens ! Il y avait 165 mesures dans le protocole et sur celles-ci, il y en a 102 qui relèvent de l'Etat. Sur le 102, il y en a 71 qui ont été mises en oeuvre. J'apporterai ces éléments aux Guadeloupéens parce que maintenant, il faut que chacun puisse dire réellement où nous en sommes dans l'application du protocole. Il ne sert à rien de défiler pour qu'au bout du compte, cela se termine par de grands discours. Je pense que les postures politiques sont une chose, mais les Guadeloupéens attendent qu'on règle leurs problèmes. Ils ont bien vu les effets des grèves du mois de février. Et même si des revendications étaient légitimes, on voit aujourd'hui que des solutions décidées dans la précipitation n'étaient pas forcément les meilleures. Aujourd'hui, je ne veux pas de politique spectacle car c'est trop sérieux. Je ne suis pas là pour faire des débats télévisés mais des réunions de travail. Je demande qu'il y ait un comité de suivi, que tout le monde vienne autour de la table pour montrer que l'Etat a tenu ses engagements. Il faut ensuite échanger afin de pointer les mesures qui ne sont pas appliquées et regarder comment les améliorer. On est dans un pays de droit ! Je suis disposée à revoir certaines choses mais il convient d'effectuer un travail préalable. C'est la raison pour laquelle, j'ai invité le porte-parole du collectif, Elie Domota, à participer à cette réunion qui va être organisée par le préfet le 12 octobre. A l'issue, il faudra repérer les secteurs qui posent difficulté, puis je viendrai dans un second temps pour prendre les arbitrages nécessaires et je pourrai alors rencontrer M. Domota.
- Rencontrerez-vous Elie Domota pendant votre séjour ?
J'ai indiqué par un courrier rendu public à M. Domota la méthode que je viens de décrire et qui, à mes yeux, doit être celle d'une démarche de dialogue constructif. J'attends de savoir comment il s'inscrit dans cette démarche.
- Tout le monde veut la transparence sur le prix des carburants. Pourquoi est-ce si difficile de satisfaire cette aspiration ?
Je crois que nous avons apporté de nombreux éléments : les trois rapports sur le sujet, la communication dans la presse sur la réforme progressive. La question du carburant est liée aussi à l'avenir de la SARA. Nous ne pouvons pas nous précipiter mais pour autant, nous ne pouvons pas faire jouer la solidarité nationale indéfiniment sur une question qui revient à subventionner un produit de consommation. Je préfère que la solidarité nationale joue au travers de questions essentielles que sont l'éducation et la santé parce que c'est le devoir de l'Etat. C'est pourquoi, il convient de poursuivre cette réforme pour que nous parvenions au prix le plus juste qui corresponde à la réalité des coûts. Et que les consommateurs sachent exactement à quoi correspondent ces coûts, car certains d'entre eux sont liés à des choix d'organisations des territoires. Quand on veut préserver l'emploi, ce qui est légitime, cela a un coût. Il faut le savoir et ce coût-là, il faut qu'on puisse dire que c'est le choix d'un mode de distribution. On ne peut vouloir à la fois des prix bas et vouloir maintenir un dispositif dont on sait qu'il génère des coûts supplémentaires. J'ai engagé ce discours de vérité et je vais le poursuivre.
- Allez-vous évoquer la restitution des états généraux ?
Il faut attendre le comité interministériel de l'outre-mer et à l'issue de ce comité, je serai amenée à faire un déplacement sur chacun des territoires pour expliquer les décisions et assurer le suivi des propositions tout en expliquant pourquoi certaines propositions n'auront pas été retenues. Je ne veux pas de frustration parmi mes compatriotes car ce travail est très riche. Il sera utile à tous car il sera demain le chemin que nous suivrons chaque fois que l'on aura à intervenir dans un secteur. Ces états généraux sont la feuille de route pour l'avenir. Vous allez justement visiter une école de bèlè à la Martinique, pourquoi ? Sur ce déplacement, j'ai voulu aborder les questions de conditions de vie, le logement, l'insertion des jeunes, mais en même temps j'ai entendu ce qui a été dit en février, que l'identité et la culture étaient importantes pour les Guadeloupéens et les Martiniquais. Je souhaite donc m'investir dans ce domaine pour étudier la manière dont le ministère peut s'y associer. Voilà pourquoi j'ai voulu aborder dans ce déplacement le thème de la culture.
- Maintenant que la date des consultations sont connues, que va-t-il se passer ?
On va rentrer dans une phase réglementaire avec une succession de procédures : saisine du conseil d'Etat, du conseil des ministres, organisation d'un débat parlementaire puis publication des décrets qui organisent les consultations avec une campagne de douze jours.
Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 13 octobre 2009
DOM Logement social Construction Renovation Financement Relance economique Revenu de solidarite active Relations Etat collectivite locale Prix Carburant Etats generaux Culture regionale 093002872

Conseil des ministres du 7 octobre 2009. La restitution des Etats généraux de l'outre-mer.

Conseil des ministres du 7 octobre 2009. La restitution des Etats généraux de l'outre-mer. Conseil des ministres du 7 octobre 2009. La restitution des Etats généra La secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer a présenté une communication sur la restitution des Etats généraux de l'outre-mer.
Les Etats généraux ont été réunis à la suite de la crise sociale qu'ont traversée les départements d'outre-mer, notamment la Guadeloupe et la Martinique. L'objectif est de contribuer, par une consultation de la population, à la nécessaire rénovation des liens entre la métropole et l'outre-mer.
Les travaux se sont concentrés sur huit thématiques : les prix ; les productions locales ; les projets structurants ; la rénovation du dialogue social ; l'évolution de la gouvernance ; l'insertion dans l'environnement régional ; l'égalité des chances ; la mémoire, la culture et l'identité.
Outre-mer et en métropole, les consultations et débats ont réuni plusieurs milliers de personnes et ont suscité un réel engouement. Le site internet des Etats généraux ouvert durant la phase participative a attiré plus de 125 000 visiteurs qui ont fourni au total 11 000 contributions et commentaires. Les propositions des départements et collectivités d'outre-mer ont fait l'objet d'une journée de restitution nationale le 1er octobre dernier.
Cette expression collective a mis en exergue l'ampleur des attentes : un attachement à la République qui doit mieux valoriser les cultures et les identités ; une solidarité nationale indispensable pour surmonter les handicaps ; une volonté forte de développer une économie reposant sur les atouts des territoires ; un Etat plus efficace dans l'exercice de ses missions, notamment pour assurer une plus grande transparence des circuits économiques ; une gouvernance reposant sur un dialogue social mieux structuré ; une meilleure insertion régionale ; un plus grand rayonnement des universités d'outre-mer.
Sur la base de ces analyses et propositions, le Président de la République présidera le premier Conseil interministériel de l'outre-mer début novembre, qui arrêtera des décisions permettant de refonder la politique menée par le Gouvernement à l'égard de l'outre-mer.
Outre-mer Communication gouvernementale Collectivite d'outre mer Etats generaux DOM Relations Etat collectivite locale Situation sociale Situation economique Prix Production agricole Egalite des chances Culture regionale Identite culturelle Debat public 096002805

Interview de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer, dans "La Croix" du 14 septembre 2009, sur le prix des carburants dans les départements d'outre-mer et sur une évolution institutionnelle vers plus d'autonomie.

Interview de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer, dans "La Croix" du 14 septembre 2009, sur le prix des carburants dans les départements d'outre-mer et sur une évolution institutionnelle vers plus d'autonomie. Interview de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'out - La vie chère et les écarts de prix à la consommation par rapport à la métropole ont provoqué une grave crise sociale en février dans les départements d'outre-mer. Ce problème est-il en passe d'être résolu ?
Sans préjuger des décisions qui vont être prises sur la base des états généraux, cette question nécessite une implication plus forte de l'Etat tant au niveau de la formation des prix que de leur contrôle. La crise sociale de février a d'ailleurs montré qu'un renforcement de la présence de l'Etat, qui n'interfère pas avec les prérogatives des collectivités territoriales est souhaité dans bien des domaines.
- Gelés en février, pour calmer les esprits,les prix des carburants repartent pourtant à la hausse ces jours-ci dans ces départements. Ne craignez-vous pas de nouveau mouvement de protestation ?
Les populations d'Outre-mer comprennent bien qu'avec un prix du baril qui passe de 40 à 70 dollars, une répercussion sur le prix de vente est inévitable. En février, à l'initiative du gouvernement, les prix des carburants ont été gelés, car l'absence de transparence dans la formule de calcul des prix a généré de l'incompréhension et de la suspicion. Ce gel a pu se faire au nom de la solidarité nationale. Depuis, trois rapports ont montré que des lignes de coûts étaient injustifiées. Le gouvernement en tire aujourd'hui les conséquences en toute transparence, après consultation des observatoires des prix dans chaque territoire. Nous réalisons une réforme ambitieuse en proposant de nouvelles grilles de prix dans un esprit de concertation. Je me suis rendue pour cela dans les 4 départements, cet été.
Par ailleurs, le gouvernement a fortement réduit la marge des pétroliers. Celle-ci passe de 12 à 8% pour la SARA, filiale de total, et de plus de 30% à 15-20% pour les grossistes. Autre nouveauté, un point sera fait localement chaque mois, toujours en lien avec les observatoires. Notre objectif est d'établir le prix le plus juste. Ce qui implique aussi de répercuter rapidement toute baisse du baril qui survient.
- Au regard des états généraux, dans quels autres secteurs des mesures s'imposent-elles ?
Il est indispensable de donner un nouvel élan aux universités ultramarines : celles-ci doivent offrir une formation en meilleure adéquation avec les besoins territoriaux en emplois et offrir un rayonnement dans l'environnement régional. Cette dimension est importante dans divers domaines. Ainsi, le développement économique des territoires ne peut pas être imaginé sans des échanges commerciaux et une coopération élargie avec les pays voisins : par exemple le Brésil et le Surinam pour la Guyane ; l'Afrique du Sud, l'Ile Maurice et Madagascar pour La Réunion. Et cela, en tenant bien compte de l'appartenance de ces territoires au marché européen. De nouvelles articulations sont donc à trouver. Je ne vois pas, non plus, de développement de ces territoires sans l'adoption de grands projets structurants : l'activité portuaire et les équipements de santé (hôpitaux) méritent d'être redimensionnés. Enfin, la demande en matière d'identité culturelle (reconnaissance des langues et politique mémorielle) est forte.
- Qu'en est-il de l'évolution des institutions vers davantage d'autonomie ?
La Constitution ouvre des possibilités au travers des articles 73 et 74. C'est dans ce cadre-là qu'en Martinique le 18 juin dernier et en Guyane le 2 septembre, les conseils régionaux et généraux réunis en congrès se sont respectivement prononcés pour une évolution institutionnelle vers plus d'autonomie. En juin, le président de la République a annoncé qu'une consultation aurait bientôt lieu en Martinique. La même démarche sera lancée pour la Guyane, lorsque ses élus auront adressé leur demande au gouvernement.
Dès lors qu'il y a une demande d'une majorité des élus, ces consultations sont nécessaires pour restaurer la confiance sur place. Après la crise sociale de février, il ne faut surtout pas attendre pour recréer les conditions d'une reprise économique. Mais il n'y a pas un modèle unique de collectivité d'outre-mer. Notre démarche est de permettre une adaptation pour chaque territoire, y compris sur un plan économique. Voilà pourquoi les états généraux donneront lieu à des relevés de décisions territoire par territoire avec des comités de suivi spécifiques.
Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 22 septembre 2009
DOM Situation sociale Prix Prix du petrole Controle Universite Echange commercial Culture regionale Relance economique 093002613