Texte intégral
Monsieur le Président,
J'ai dit publiquement - et je vous ai écrit en ce sens le 26 avril - que j'étais prêt à vous rencontrer afin que vous m'exposiez les objectifs de " refondation sociale " du MEDEF.
Je faisais ainsi écho au souhait que vous aviez vous-même exprimé quelques jours plus tôt, ainsi qu'en atteste une dépêche AFP du 18 mars.
J'ai indiqué d'emblée les très vives réserves et les nombreuses critiques que m'inspire votre projet, dont je note qu'il suscite également des inquiétudes certaines dans le monde du travail.
Je maintiens aujourd'hui - et cela ne saurait vous surprendre - l'intégralité de mes propos. La démarche du MEDEF est à mes yeux très préoccupante, sur le fond comme dans la forme, aussi bien pour les salariés que pour l'ensemble des citoyennes et citoyens de notre pays.
Elle vise selon moi à soumettre encore davantage toute la société aux objectifs strictement financiers et néo-libéraux dont les communistes, vous ne l'ignorez pas, sont parmi les opposants les plus résolus.
Cependant, et précisément parce qu'elles sont radicalement différentes, nos approches respectives des questions économiques et sociales méritent d'être confrontées. Il en résulterait un éclairage utile pour l'opinion publique sur quelques-uns des enjeux de l'avenir - conditions de travail, protection sociale, droits des salariés et des chômeurs, citoyenneté dans l'entreprise notamment - et la façon de les aborder.
Vous avez récemment déclaré (interview au quotidien " La voix du Nord ", édition du 3 mai) qu'une telle rencontre est possible " ... à condition qu'il n'y ait pas erreur sur la personne ".
Je vous confirme que c'est bien au Président du MEDEF que je m'adresse, à propos d'une initiative extrêmement importante que vient de lancer votre organisation. Et réciproquement, je souhaite qu'il n'y ait de votre part aucune méprise : je suis le secrétaire national du Parti communiste, dont l'ambition est d'être toujours mieux un parti ouvert et constructif au service de la France et de son peuple. Dès lors, dans l'hypothèse, d'une prochaine rencontre, j'envisage d'écouter vos arguments mais j'entends aussi vous faire part, directement, franchement des raisons de l'hostilité des communistes au projet que vous appelez de vos voeux.
Je me permets d' insister : je crois sincèrement que les Françaises et les Français prendraient intérêt à une telle confrontation.
Je vous confirme par conséquent que je reste disponible pour cette éventualité, et je vous demande de me faire savoir s'il en est de même en ce qui vous concerne.
Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
PS. Vous avez exprimé, ainsi que je l'ai rappelé, votre opinion par l'intermédiaire des médias. Dans ces conditions je considère que le présent courrier a un caractère public.
(Source http://www.pcf.fr, le 19 août 2005)
J'ai dit publiquement - et je vous ai écrit en ce sens le 26 avril - que j'étais prêt à vous rencontrer afin que vous m'exposiez les objectifs de " refondation sociale " du MEDEF.
Je faisais ainsi écho au souhait que vous aviez vous-même exprimé quelques jours plus tôt, ainsi qu'en atteste une dépêche AFP du 18 mars.
J'ai indiqué d'emblée les très vives réserves et les nombreuses critiques que m'inspire votre projet, dont je note qu'il suscite également des inquiétudes certaines dans le monde du travail.
Je maintiens aujourd'hui - et cela ne saurait vous surprendre - l'intégralité de mes propos. La démarche du MEDEF est à mes yeux très préoccupante, sur le fond comme dans la forme, aussi bien pour les salariés que pour l'ensemble des citoyennes et citoyens de notre pays.
Elle vise selon moi à soumettre encore davantage toute la société aux objectifs strictement financiers et néo-libéraux dont les communistes, vous ne l'ignorez pas, sont parmi les opposants les plus résolus.
Cependant, et précisément parce qu'elles sont radicalement différentes, nos approches respectives des questions économiques et sociales méritent d'être confrontées. Il en résulterait un éclairage utile pour l'opinion publique sur quelques-uns des enjeux de l'avenir - conditions de travail, protection sociale, droits des salariés et des chômeurs, citoyenneté dans l'entreprise notamment - et la façon de les aborder.
Vous avez récemment déclaré (interview au quotidien " La voix du Nord ", édition du 3 mai) qu'une telle rencontre est possible " ... à condition qu'il n'y ait pas erreur sur la personne ".
Je vous confirme que c'est bien au Président du MEDEF que je m'adresse, à propos d'une initiative extrêmement importante que vient de lancer votre organisation. Et réciproquement, je souhaite qu'il n'y ait de votre part aucune méprise : je suis le secrétaire national du Parti communiste, dont l'ambition est d'être toujours mieux un parti ouvert et constructif au service de la France et de son peuple. Dès lors, dans l'hypothèse, d'une prochaine rencontre, j'envisage d'écouter vos arguments mais j'entends aussi vous faire part, directement, franchement des raisons de l'hostilité des communistes au projet que vous appelez de vos voeux.
Je me permets d' insister : je crois sincèrement que les Françaises et les Français prendraient intérêt à une telle confrontation.
Je vous confirme par conséquent que je reste disponible pour cette éventualité, et je vous demande de me faire savoir s'il en est de même en ce qui vous concerne.
Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
PS. Vous avez exprimé, ainsi que je l'ai rappelé, votre opinion par l'intermédiaire des médias. Dans ces conditions je considère que le présent courrier a un caractère public.
(Source http://www.pcf.fr, le 19 août 2005)