Déclaration de M. Hervé de Charette, ministre des affaires étrangères, sur les relations franco-libanaises, l'évolution du processus de paix au Sud-Liban et l'affirmation par la France de la souveraineté et de l'indépendance du Liban, Paris le 26 mars 1997.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Circonstance : Entretien de M. de Charette avec M. Nabih Berry, Président de la Chambre des députés du Liban à Paris le 26 mars 1997

Texte intégral

J'ai été très heureux et très fier d'accueillir le président Nabih Berry à l'occasion de sa visite officielle en France. Nous avons poursuivi les échanges que nous avons en permanence. J'étais au Liban il y a quelques semaines. J'ai d'ailleurs eu l'occasion d'être reçu par le président Nabih Berry et aujourd'hui, je suis très heureux qu'il soit à Paris.

Nous avons évoqué beaucoup de questions. Les unes concernent les relations bilatérales entre le Liban et la France qui, non seulement sont excellentes, mais sont en plein développement, à la fois sur le plan politique et dans le domaine économique. La visite du président Nabih Berry démontre que les relations se développent sur tous les champs possibles. Il est très important qu'entre le Parlement libanais et le Parlement français s'approfondissent nos relations habituelles. Nos parlementaires français sont très attentifs à la situation au Liban, très attachés au présent et au futur du Liban. Je suis très heureux que le président Nabih Berry ait ainsi l'occasion de rencontrer nos parlementaires, de dialoguer avec eux, d'exprimer le point de vue libanais sur la situation qui prévaut dans la région.

Nous avons évoqué ensemble la situation du processus de paix au Proche-Orient. En fait, je ne sais pas très bien si on peut encore parler de processus de paix. Le fait est que l'aggravation des tensions, les décisions prises donnent le sentiment qu'aujourd'hui le processus est en grave difficulté. Il va de soi que les Libanais en sont directement concernés puisque le Sud-Liban constitue, pour tous les Libanais, pour tous les amis du peuple libanais et en particulier pour la France et pour la communauté internationale, une source grave de préoccupations.

Nous avons partagé nos vues, constaté une fois de plus qu'elles sont extrêmement proches. Le président Nabih Berry sait bien que la France attache une très grande importance à l'intégrité territoriale et à l'indépendance du Liban et que nous travaillons, je dirais la main dans la main, pour parvenir à la solution des ces difficultés. Nous échangeons, partageons pleinement nos préoccupations au sujet de la situation actuelle.

Nous avons exprimé, à cet égard, des vues, des convictions et l'intention de travailler ensemble pour essayer de faire en sorte que le processus de paix reprenne sa route car, il n'y a pas plusieurs voies pour la paix. Il n'y en a qu'une : c'est le respect des résolutions du Conseil de sécurité, le respect des accords déjà passés, l'échange de la terre contre la paix. Tout cela est d'une extrême simplicité. Et tout ce qui cherche à échapper à la logique de paix ne peut conduire qu'à l'aggravation des tensions que nous connaissons aujourd'hui.

Q - Monsieur le Ministre, y aura-t-il un jour une fin à la crise libanaise ? Etes-vous optimiste ou pessimiste pour le Liban ?

R - Je ne suis pas pessimiste, je suis plutôt d'un tempérament actif. Naturellement, je ne peux pas ne pas constater les difficultés mais aussi, je ne peux pas ne pas constater avec beaucoup de joie les progrès accomplis par le Liban : la reconstruction engagée, l'unité du peuple libanais qui s'exprime de plus en plus nettement, fortement ; la détermination du Liban, sa place reprise dans la vie internationale sont autant de signes positifs. C'est vrai qu'il y a des éléments de tension, que le processus de paix connaît des difficultés qui doivent nous alerter. Vous me demandiez s'il y aura une fin à la crise. Bien sûr, il y aura le jour venu la paix, l'indépendance, la prospérité du Liban. C'est cela qui est en route. Simplement, lorsqu'il y a un obstacle sur la route, il faut s'en occuper, être là pour lever cet obstacle et permettre au peuple libanais de poursuivre sa propre voie.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 octobre 2001)