Texte intégral
Pourquoi ce déplacement à Amiens ? Que voulez-vous dire aux gens d'Amiens et aux Picards ?
Je viens à Amiens, à l'invitation de Hubert Delarue et Patrice Lefebvre, dans le cadre du tour de France que je fais actuellement à la rencontre de mes amis adhérents et sympathisants de Démocratie Libérale. En cette fin d'année, beaucoup de gens s'interrogent sur l'avenir de la France. Un siècle va s'achever et nous sentons bien la profonde transformation qui est à l'oeuvre aujourd'hui dans le monde. Elle peut provoquer des peurs et des inquiétudes, mais elle porte des espoirs. Et Je crois que c'est le rôle des hommes politiques que d'éclairer l'avenir.
A Amiens, il y a un Député-Maire qui s'appelle Gilles de Robien Quelles sont vos relations avec lui ?...
Il est de notoriété publique que Gilles de Robien, avec peut-être quelques excès que j'ai regrettés, exprime un différend politique qui existe entre nous. Il est allé à l'UDF centriste plutôt que de rester dans notre famille politique. Ceci n'empêche pas, bien évidemment à mes yeux, les rencontres et la courtoisie entre les gens qui ont vocation, au-delà des divergences, à préparer ensemble l'alternance. Il peut y avoir des différends politiques, cela arrive, mais, au Parlement Europeen, où je cotoie François Bayrou ou Charles Pasqua, par exemple, tout se passe dans un climat de bonne entente. Heureusement.
Démocratie Libérale n'est pas encore bien identifiée. Les Français ne savent pas forcément de quoi on parle.
Ceci est exact parce que nous sommes la plus jeune des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale. L'éfiquette est nouvelle avec des avantages et des inconvénients. Les études d'opinion montrent que nous apparaissons, de très loin, comme la formation la plus jeune, la plus dynamique et la plus moderne. Mais c'est vrai que son étiquette est encore mal connue par rapport à des étiquettes plus anciennes que peuvent être les étiquettes RPR ou UDF. J'observe aussi, dans les études d'opinion, la très grande sympathie qui existe aujourd'hui pour le courant libéral que nous représentons et qui nous place même parfois en tête à l'intérieur de l'opposition.
Nous n'avons pas 20 ans " d'identification " derrière nous et je pense que ceci est un plus pour nous. Cela nous permet d'imprimer un style nouveau, de faire de la politique autrement, d'organiser une nouvelle forme de débats avec les Francais. Nous sommes pionniers de la politique sur internet. Nous ne faisons pas de la politique refermés sur nous-mêmes. Nous sommes extrêmement ouverts sur la société civile, sur le monde socioprofessionnel. Bref, nous avons, je crois, l'avantage d'être effectivement une nouvelle formation qui a pris le nom " Démocratie Libérale "
Aujourd'hui les gens sont un peu fatigués de la politique traditionnelle telle qu'ils l'observent depuis des années, et c'est d'ailleurs pour cela qu'ils y participent de moins en moins.
Quel est le rôle de Démocratie Libérale dans l'opposition ?
Nous observons aujourd'hui un courant de sympathie. Si je prend la dernière manifestation, très importante, faire craquer la see de la Mutualité avec 2500 personnes à Paris ce n'était pas évident. D'autant plus qu'il y avait des gens nouveaux, des jeunes, qui ont trouvé dans la façon dont nous exprimions nos idées, quelque chose de neuf Ce qui se traduit par un flux d'adhésions à notre mouvement.
A quelle couche de la société appartiennent les gens qui vous suivent ?
Nous avons à la fois des artisans, des commerçants, des professions libérales et indépendantes, et des jeunes. Beaucoup sont issus de couches très populaires. Ce sont des gens souvent partis de rien, des gens qui ont bénéficié de l'ascenceur social et qui veulent nous aider à faire bouger la France !Ils ont compris qu'en nous aidant à promouvoir nos idées, la France avait une chance de sortir de l'archaïsme dans laquelle elle est enfermée depuis trop longtemps. Qui, aujourd'hui; d'eleurs, n'a pas envie de sauver nos retraites, notre assurance maladie, de libérer l'éducation, de redistribuer les pouvoirs, de favoriser les salaires et le pouvoir d'achat, d'assurer la sécurité sans faiblesse, d'alléger et de réforiner l'Etat d'encourager l'activité plutôt que l'assistanat ? C'estcettepolitiquedontlaFranceaplusquejamais besoin.
Quels sont vos rapports avec Charles Pasqua et avec son parti ?
Nous avons, avec Charles Pasqua, un différend politique majeur sur I'Europe, la mondialisation, l'ouverture au monde. Ce qui n'empêche pas des relations amicales et cordiales.
Quelle est votre position sur " I'OMC "?
Je suis favorable à l'ouverture et à la libéralisation du commerce international. Je pense, comme l'exprime Jean-Paul M, que c'est une chance donnée aux pays les plus pauvres que de vivre de leur travail. Bien évidemment, il y a un certain nombre de précautions à prendre de façon à ce que les accords soient équilibrés. Et sans doute faut-il utiliser la libéralisation du commerce pour que l'ouverture économique soit accompagnée dans certains pays, comme la Chine, par une ouverture vers la démocratie et les Droits de l'Homme. La Chine est un régime de répression. E y a encore un travail forcé, un goulag chinois et un mépris profond des libertés démocratiques et sociales. Je souhaite que la Chine change de régime. Je pense d'ailleurs que, contrairement à ce que l'on dit, la Chine s'écroulera et s'écroulera plutôt qu'on ne le pense, victime de ses contradictions économiques, entre, d'un côté, un besoin d'ouverture économique et de l'autre, un système politique totalement fermé. C'est une contradiction qui ne peut pas tenir longtemps.
Cette fin de semaine a été marquée par le rapport des commissions d'enquête sur la Corse ...
L'affaire Corse illustre un grave dysfonctionnement du gouvernement. A l'évidence tous les signes de dysfonctionnement existaient et le gouvernement n'en a pas tenu compte. Le gouvernement porte pour le moins une lourde responsabilité dans la gestion de l'affaire Corse. Aujourd'hui il ne faut pas essayer de faire porter le chapeau seulement à Monsieur Bonnet, à Monsieur Marion ou essayer de viser le juge Bruguières. Ce sont Monsieur Chevènement et Monsieur Jospin qui sont en cause. C'est ce que nous pensions il y a quelques mois au moment de l'affaire des paillotes et tous les faits viennent confirmer cette analyse. C'est une affaire d'Etat, contrairement à ce qu'avait dit Monsieur Jospin à cette époque. Maintenant laissons un peu de temps à la justice, à la presse et aux Commissions d'enquête le soin d'aller plus loin.
Vous rencontrer mercredi soir le monde socioprofessionnel.
Je crois que la vie politique est trop souvent refermée sur elle-même, elle ne sait pas assez écouter, faire participer ceux qui ont une expérience et une compétence dans tous les domaines. Alors ce queje souhaite, c'est effectivement cette ouverture. Nous le faisons au travers des débats que nous organisons et mais aussi au travers des réunions et de notre organisation interne. Je souhaite que si l'on parle de santé, les infirmières et les médecins puissent s'exprimer, donner leur avis, qui est primordial pour nous, afin de mieux comprendre leur attente. Ceci doit être appliqué à tous les milieux socioprofessionnel. Nous avons fait récemment à DL un grand débat sur l'éducation. E s'est avéré qu'en discutant avec des professeurs et des parents d'éleves habitant dans des quartiers difficiles, qu'ils étaient les premiers à demander la suppression de la carte scolaire, comme je le préconise depuis dix ans. Que l'on ne dise pas que la suppression de la carte scolaire fabriquerait injustice et une école à deux vitesse! C'est ce qui se passe actuellement car la carte scolaire fonctionne mal. Suppiimons-la progressivement, accompagnée de certaines conditions, afin de favoriser la liberté de choix des parents pour l'établissement scolaire de leurs enfants et pour réduire les injustices. D'ailleurs, un récent sondage donnait 63 % des Français favorables à ce principe.
Comment voyez-vous la vie politique française en général ? A votre avis, est-ce que ça fonctionne bien, est-ce que ça fonctionne ?
Non. Un siècle s'achève, tout un monde s'écroule avec la chute du mur de Berlin. C'est une véritable révolution. La France est un pays plus étatiste, plus centralisé, plus interventionniste que d'autres. Et tous ces structures étatistes sont en crise. La crise que nous vivons n'est pas une crise économique. Nos entreprises, nos entrepreneurs se portent bien et ils se porteraient encore mieux, si on leur laissait un peu plus de liberté. Mais la crise que nous vivons est une crise politique, une crise institutionnelle, une crise de décalage aussi entre le monde politique et la réalité de la société française. C'est la raison pour laquelle nous proposons les solutions qui sont les nôtres. Les solutions libérales sont nécessaires et urgentes dans ce pays. On ne peut pas régler, comme l'a constaté Lionel Jospin, dans un moment de lucidité, tous les problèmes depuis l'État. Nous devons faire une véritable révolution en décentralisant de façon à ce que le maximum de problèmes soit réglé au niveau local. E faut libérer toute une série de domaines d'interventions traditionnels de l'État pour les ouvrir à l'initiative. C'est vrai de la protection sociale, des retraites, de la santé, et aussi de l'éducation. Il y a une vraie révolution institutionnelle à faire pour débloquer la société française. En France, les idées modernes, les idées neuves ont du mal à se frayer un chemin. C'est à nous les libéraux que revient le rôle de faire bouger la France parce que nous sommes plus ouverts que d'autres sur la société, sur l'Europe et sur le monde.
Avez-vous un message que vous voulez faire passer ?
Pendant des décennies on s'est toujours adressé à l'État. Et aujourd'hui on s'aperçoit que l'État n'est pas impartial, qu'il fonctionne mal. Aujourd'hui il ne faut plus demander à l'État ce qu'il doit faire en plus. Mais il faut plutôt s'interroger sur ce qu'il doit cesser de faire. Et à cette croyance en l'Etat pour régler tous les problèmes que prolongent les socialistes, nous préférons la confiance dans l'homme, dans sa liberté et sa responsabilité. Nous croyons que le message de l'humanisme libéral que l'on a mis un peu entre parenthèse tout au long de ce 20ème siècle, est le grand message moderne dont on a besoin pour construire le nouveau monde.
L'humanisme libéral est avant tout un message philosophique. C'est également un message politique d'institutions très décentralisées, où chaque pouvoir doit faire face à un contre- pouvoir et c'est accessoirement des libertés économiques qui, lorsqu'elles sont mises en oeuvre, procurent aujourd'hui une nouvelle croissance et le plein emploi. C'est une réponse sociale aux problèmes de ceux qui se sentent abandonner par la société. Et c'est aussi et avant tout une réponse morale.
(Source http://www.demlib.com, le 7 février 2001)
Je viens à Amiens, à l'invitation de Hubert Delarue et Patrice Lefebvre, dans le cadre du tour de France que je fais actuellement à la rencontre de mes amis adhérents et sympathisants de Démocratie Libérale. En cette fin d'année, beaucoup de gens s'interrogent sur l'avenir de la France. Un siècle va s'achever et nous sentons bien la profonde transformation qui est à l'oeuvre aujourd'hui dans le monde. Elle peut provoquer des peurs et des inquiétudes, mais elle porte des espoirs. Et Je crois que c'est le rôle des hommes politiques que d'éclairer l'avenir.
A Amiens, il y a un Député-Maire qui s'appelle Gilles de Robien Quelles sont vos relations avec lui ?...
Il est de notoriété publique que Gilles de Robien, avec peut-être quelques excès que j'ai regrettés, exprime un différend politique qui existe entre nous. Il est allé à l'UDF centriste plutôt que de rester dans notre famille politique. Ceci n'empêche pas, bien évidemment à mes yeux, les rencontres et la courtoisie entre les gens qui ont vocation, au-delà des divergences, à préparer ensemble l'alternance. Il peut y avoir des différends politiques, cela arrive, mais, au Parlement Europeen, où je cotoie François Bayrou ou Charles Pasqua, par exemple, tout se passe dans un climat de bonne entente. Heureusement.
Démocratie Libérale n'est pas encore bien identifiée. Les Français ne savent pas forcément de quoi on parle.
Ceci est exact parce que nous sommes la plus jeune des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale. L'éfiquette est nouvelle avec des avantages et des inconvénients. Les études d'opinion montrent que nous apparaissons, de très loin, comme la formation la plus jeune, la plus dynamique et la plus moderne. Mais c'est vrai que son étiquette est encore mal connue par rapport à des étiquettes plus anciennes que peuvent être les étiquettes RPR ou UDF. J'observe aussi, dans les études d'opinion, la très grande sympathie qui existe aujourd'hui pour le courant libéral que nous représentons et qui nous place même parfois en tête à l'intérieur de l'opposition.
Nous n'avons pas 20 ans " d'identification " derrière nous et je pense que ceci est un plus pour nous. Cela nous permet d'imprimer un style nouveau, de faire de la politique autrement, d'organiser une nouvelle forme de débats avec les Francais. Nous sommes pionniers de la politique sur internet. Nous ne faisons pas de la politique refermés sur nous-mêmes. Nous sommes extrêmement ouverts sur la société civile, sur le monde socioprofessionnel. Bref, nous avons, je crois, l'avantage d'être effectivement une nouvelle formation qui a pris le nom " Démocratie Libérale "
Aujourd'hui les gens sont un peu fatigués de la politique traditionnelle telle qu'ils l'observent depuis des années, et c'est d'ailleurs pour cela qu'ils y participent de moins en moins.
Quel est le rôle de Démocratie Libérale dans l'opposition ?
Nous observons aujourd'hui un courant de sympathie. Si je prend la dernière manifestation, très importante, faire craquer la see de la Mutualité avec 2500 personnes à Paris ce n'était pas évident. D'autant plus qu'il y avait des gens nouveaux, des jeunes, qui ont trouvé dans la façon dont nous exprimions nos idées, quelque chose de neuf Ce qui se traduit par un flux d'adhésions à notre mouvement.
A quelle couche de la société appartiennent les gens qui vous suivent ?
Nous avons à la fois des artisans, des commerçants, des professions libérales et indépendantes, et des jeunes. Beaucoup sont issus de couches très populaires. Ce sont des gens souvent partis de rien, des gens qui ont bénéficié de l'ascenceur social et qui veulent nous aider à faire bouger la France !Ils ont compris qu'en nous aidant à promouvoir nos idées, la France avait une chance de sortir de l'archaïsme dans laquelle elle est enfermée depuis trop longtemps. Qui, aujourd'hui; d'eleurs, n'a pas envie de sauver nos retraites, notre assurance maladie, de libérer l'éducation, de redistribuer les pouvoirs, de favoriser les salaires et le pouvoir d'achat, d'assurer la sécurité sans faiblesse, d'alléger et de réforiner l'Etat d'encourager l'activité plutôt que l'assistanat ? C'estcettepolitiquedontlaFranceaplusquejamais besoin.
Quels sont vos rapports avec Charles Pasqua et avec son parti ?
Nous avons, avec Charles Pasqua, un différend politique majeur sur I'Europe, la mondialisation, l'ouverture au monde. Ce qui n'empêche pas des relations amicales et cordiales.
Quelle est votre position sur " I'OMC "?
Je suis favorable à l'ouverture et à la libéralisation du commerce international. Je pense, comme l'exprime Jean-Paul M, que c'est une chance donnée aux pays les plus pauvres que de vivre de leur travail. Bien évidemment, il y a un certain nombre de précautions à prendre de façon à ce que les accords soient équilibrés. Et sans doute faut-il utiliser la libéralisation du commerce pour que l'ouverture économique soit accompagnée dans certains pays, comme la Chine, par une ouverture vers la démocratie et les Droits de l'Homme. La Chine est un régime de répression. E y a encore un travail forcé, un goulag chinois et un mépris profond des libertés démocratiques et sociales. Je souhaite que la Chine change de régime. Je pense d'ailleurs que, contrairement à ce que l'on dit, la Chine s'écroulera et s'écroulera plutôt qu'on ne le pense, victime de ses contradictions économiques, entre, d'un côté, un besoin d'ouverture économique et de l'autre, un système politique totalement fermé. C'est une contradiction qui ne peut pas tenir longtemps.
Cette fin de semaine a été marquée par le rapport des commissions d'enquête sur la Corse ...
L'affaire Corse illustre un grave dysfonctionnement du gouvernement. A l'évidence tous les signes de dysfonctionnement existaient et le gouvernement n'en a pas tenu compte. Le gouvernement porte pour le moins une lourde responsabilité dans la gestion de l'affaire Corse. Aujourd'hui il ne faut pas essayer de faire porter le chapeau seulement à Monsieur Bonnet, à Monsieur Marion ou essayer de viser le juge Bruguières. Ce sont Monsieur Chevènement et Monsieur Jospin qui sont en cause. C'est ce que nous pensions il y a quelques mois au moment de l'affaire des paillotes et tous les faits viennent confirmer cette analyse. C'est une affaire d'Etat, contrairement à ce qu'avait dit Monsieur Jospin à cette époque. Maintenant laissons un peu de temps à la justice, à la presse et aux Commissions d'enquête le soin d'aller plus loin.
Vous rencontrer mercredi soir le monde socioprofessionnel.
Je crois que la vie politique est trop souvent refermée sur elle-même, elle ne sait pas assez écouter, faire participer ceux qui ont une expérience et une compétence dans tous les domaines. Alors ce queje souhaite, c'est effectivement cette ouverture. Nous le faisons au travers des débats que nous organisons et mais aussi au travers des réunions et de notre organisation interne. Je souhaite que si l'on parle de santé, les infirmières et les médecins puissent s'exprimer, donner leur avis, qui est primordial pour nous, afin de mieux comprendre leur attente. Ceci doit être appliqué à tous les milieux socioprofessionnel. Nous avons fait récemment à DL un grand débat sur l'éducation. E s'est avéré qu'en discutant avec des professeurs et des parents d'éleves habitant dans des quartiers difficiles, qu'ils étaient les premiers à demander la suppression de la carte scolaire, comme je le préconise depuis dix ans. Que l'on ne dise pas que la suppression de la carte scolaire fabriquerait injustice et une école à deux vitesse! C'est ce qui se passe actuellement car la carte scolaire fonctionne mal. Suppiimons-la progressivement, accompagnée de certaines conditions, afin de favoriser la liberté de choix des parents pour l'établissement scolaire de leurs enfants et pour réduire les injustices. D'ailleurs, un récent sondage donnait 63 % des Français favorables à ce principe.
Comment voyez-vous la vie politique française en général ? A votre avis, est-ce que ça fonctionne bien, est-ce que ça fonctionne ?
Non. Un siècle s'achève, tout un monde s'écroule avec la chute du mur de Berlin. C'est une véritable révolution. La France est un pays plus étatiste, plus centralisé, plus interventionniste que d'autres. Et tous ces structures étatistes sont en crise. La crise que nous vivons n'est pas une crise économique. Nos entreprises, nos entrepreneurs se portent bien et ils se porteraient encore mieux, si on leur laissait un peu plus de liberté. Mais la crise que nous vivons est une crise politique, une crise institutionnelle, une crise de décalage aussi entre le monde politique et la réalité de la société française. C'est la raison pour laquelle nous proposons les solutions qui sont les nôtres. Les solutions libérales sont nécessaires et urgentes dans ce pays. On ne peut pas régler, comme l'a constaté Lionel Jospin, dans un moment de lucidité, tous les problèmes depuis l'État. Nous devons faire une véritable révolution en décentralisant de façon à ce que le maximum de problèmes soit réglé au niveau local. E faut libérer toute une série de domaines d'interventions traditionnels de l'État pour les ouvrir à l'initiative. C'est vrai de la protection sociale, des retraites, de la santé, et aussi de l'éducation. Il y a une vraie révolution institutionnelle à faire pour débloquer la société française. En France, les idées modernes, les idées neuves ont du mal à se frayer un chemin. C'est à nous les libéraux que revient le rôle de faire bouger la France parce que nous sommes plus ouverts que d'autres sur la société, sur l'Europe et sur le monde.
Avez-vous un message que vous voulez faire passer ?
Pendant des décennies on s'est toujours adressé à l'État. Et aujourd'hui on s'aperçoit que l'État n'est pas impartial, qu'il fonctionne mal. Aujourd'hui il ne faut plus demander à l'État ce qu'il doit faire en plus. Mais il faut plutôt s'interroger sur ce qu'il doit cesser de faire. Et à cette croyance en l'Etat pour régler tous les problèmes que prolongent les socialistes, nous préférons la confiance dans l'homme, dans sa liberté et sa responsabilité. Nous croyons que le message de l'humanisme libéral que l'on a mis un peu entre parenthèse tout au long de ce 20ème siècle, est le grand message moderne dont on a besoin pour construire le nouveau monde.
L'humanisme libéral est avant tout un message philosophique. C'est également un message politique d'institutions très décentralisées, où chaque pouvoir doit faire face à un contre- pouvoir et c'est accessoirement des libertés économiques qui, lorsqu'elles sont mises en oeuvre, procurent aujourd'hui une nouvelle croissance et le plein emploi. C'est une réponse sociale aux problèmes de ceux qui se sentent abandonner par la société. Et c'est aussi et avant tout une réponse morale.
(Source http://www.demlib.com, le 7 février 2001)