Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question au sujet du jour de solidarité devant financer le Plan dépendance, à l'Assemblée nationale le 4 mai 2004.

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Texte intégral

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le président Ayrault,
Je répondrai donc à vos deux questions. La première concerne l'antisémitisme. Pour moi, le débat est clos. Le Chef de l'Etat s'est exprimé : l'antisémitisme est une cause suffisamment grave pour la société française pour tolérer toute polémique supplémentaire.
En ce qui concerne l'assurance maladie et la dépendance, d'abord, monsieur le président, permettez-moi de vous rappeler que vous avez souhaité, comme d'autres, sur tous les bancs de cette assemblée, qu'il n'y ait pas d'ordonnance, qu'il y ait un débat parlementaire ouvert sur les questions de santé. Qui dit débat parlementaire ouvert, dit que naturellement, il ne peut pas y avoir d'exigence de calendrier. Mais je ne serai le Premier ministre, qui après les événements de l'été dernier, n'aura pas demandé à l'Assemblée nationale, de prendre des décisions en temps et en heure, pour que nous soyons à la hauteur de la situation et je vois bien là où on voudrait m'emmener, c'est-à-dire dans une situation de non décision, après avoir décidé combien il était nécessaire d'agir face à une situation dont nous avons tous mesuré la gravité. Dans notre pays, nous le savons déjà depuis un certain temps, mais tout s'est passé comme si ces événements n'existaient pas : le vieillissement de la société a conduit à ce que nous ayons deux impasses à surmonter : les retraites, d'une part, de moins en moins de cotisants et de plus en plus de retraités, le vieillissement de la population ignoré et il a fallu que nous fassions la réforme pour regarder en face cette réalité.
Deuxième réalité : le vieillissement de la population et le fait qu'aujourd'hui, on doit pouvoir vivre plus longtemps et plus heureux, et que ce soit pour les personnes âgées, ou que ce soit pour les personnes dépendantes, je souhaite véritablement qu'une action nationale forte puisse être engagée. Il nous faut neuf milliards. Neuf milliards d'euros d'ici 2008, pour être à la hauteur des attentes et des personnes âgées, et des personnes handicapées, et je ne demande pas à la représentation nationale de dire oui à des prestations et de se taire sur les financements. La responsabilité de mon gouvernement, c'est de dire oui aux prestations, mais aussi, évidemment, de dire oui aux efforts nécessaires. Ces efforts, après une discussion ouverte, après un Gouvernement attentif à la représentation nationale, nous avons accepté de tenir compte des idées des uns et des autres, et ce jour national de solidarité, le travail de tous, la véritable fraternité, non pas les mots, non pas les slogans, non pas les pancartes, mais l'effort des une et des autres, pour nos aînés, pour les personnes qui ont besoin de nous, un effort qui est un effort important, un effort significatif, un effort qui est un effort demandé aux différentes personnalités françaises, qui s'engagent pour la solidarité, et qui n'appellent pas à l'effort des autres, mais qui s'engagent individuellement. Donc, oui à la journée nationale de solidarité libre, en fonction des entreprises, en fonction des services publics, avec évidemment une solution de replis, quand il n'y pas d'accord possible, ce sera le lundi de pentecôte. Mais nous souhaitons qu'il y ait un accord, et Monsieur Ayrault, dois-je vous rappeler que vous faites partie de ceux qui ont voté - ou qui ont signé, plus exactement - une pétition, qui était une pétition demandée par le journal La Vie, qui était une pétition nationale, pour demander une journée de solidarité par le travail, pour financer cette journée. Je tiens à votre disposition votre signature, comme un certain nombre de vos amis. Vous vous êtes engagés sur cette voie et aujourd'hui, parce que c'est nous qui la proposons, vous dites " non ". Ayons des attitudes constructives. Franchement, la solidarité avec les personnes âgées, la solidarité avec les personnes dépendantes devrait vous demander un peu plus de continuité dans vos convictions.
(source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 5 mai 2004)