Texte intégral
Q - La Conférence des ambassadeurs, qui s'ouvre ce jeudi à Paris, a pour thème : "Des stratégies d'influence". Est-ce une manière de répondre à ceux qui déplorent une perte d'influence de la France en Europe ?
R - Beaucoup de choses ont été dites, de manière excessive, sur le déclin français. Mais nous sommes conscients de la nécessité de nous adapter à ce qu'est l'Europe aujourd'hui, notamment depuis l'élargissement. Ainsi - et c'est un des sujets abordés avec les ambassadeurs - notre diplomatie doit-elle s'intégrer davantage au système diplomatique européen, sachant que la Constitution européenne dote l'Union d'un ministre des Affaires étrangères. L'influence, c'est aussi bien avoir des projets et savoir convaincre que savoir écouter les autres. L'Europe se fera plus par le dialogue que par la promotion unilatérale d'une vision. En outre, si nous voulons être exigeants et influents, nous devons aussi être exemplaires. Par exemple, le président de la République et le gouvernement sont décidés à accélérer la transposition des directives européennes dans le droit français ; notre retard dans ce domaine est très souvent dénoncé.
Q - Considérez-vous que, dans la composition de la nouvelle Commission, la France a été mal servie, avec l'attribution du portefeuille des transports à son unique Commissaire, Jacques Barrot ?
R - La question ne se pose pas ainsi. Dans sa dimension collégiale, la Commission doit être vraiment garante de l'intérêt général, à côté du Conseil, où les Etats défendent leurs intérêts nationaux, et du Parlement européen, élu par les citoyens. Européen convaincu, Jacques Barrot est rompu à l'action collégiale. Il a la chance d'avoir un portefeuille qui touche quantité de domaines communautaires : infrastructures, sécurité, cohésion territoriale, questions normatives, concurrence. Cela va lui permettre de donner des impulsions majeures.
Q - La tonalité plus libérale de la nouvelle Commission consacre-t-elle un dépérissement du modèle européen d'économie sociale de marché ?
R - C'est le rôle des institutions communautaires d'organiser des équilibres. L'origine nationale ou idéologique de tel ou tel Commissaire ne permet pas de dire quel sera le projet européen porté par une Commission collégiale.
Q - Comment comptez-vous mobiliser les Français sur la Constitution européenne, qui sera soumise, l'an prochain, à référendum ?
R - Dix à quatorze pays ratifieront le traité constitutionnel par référendum. Cela fait peser sur chacun d'eux une responsabilité quant à l'avenir de ce texte. Pour notre part, nous allons engager très vite une mobilisation forte. Avec un premier temps pédagogique, très ouvert, serein, pluraliste : déplacements dans les régions, publication de brochures pour expliquer les avancées par rapport à la situation actuelle, constitution d'un grand comité national, participation d'un millier de témoins venus de toute l'Union pour parler de l'Europe. Cette campagne démarrera aussitôt après le 29 octobre, date de la signature officielle du Traité à Rome
(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 août 2004)
R - Beaucoup de choses ont été dites, de manière excessive, sur le déclin français. Mais nous sommes conscients de la nécessité de nous adapter à ce qu'est l'Europe aujourd'hui, notamment depuis l'élargissement. Ainsi - et c'est un des sujets abordés avec les ambassadeurs - notre diplomatie doit-elle s'intégrer davantage au système diplomatique européen, sachant que la Constitution européenne dote l'Union d'un ministre des Affaires étrangères. L'influence, c'est aussi bien avoir des projets et savoir convaincre que savoir écouter les autres. L'Europe se fera plus par le dialogue que par la promotion unilatérale d'une vision. En outre, si nous voulons être exigeants et influents, nous devons aussi être exemplaires. Par exemple, le président de la République et le gouvernement sont décidés à accélérer la transposition des directives européennes dans le droit français ; notre retard dans ce domaine est très souvent dénoncé.
Q - Considérez-vous que, dans la composition de la nouvelle Commission, la France a été mal servie, avec l'attribution du portefeuille des transports à son unique Commissaire, Jacques Barrot ?
R - La question ne se pose pas ainsi. Dans sa dimension collégiale, la Commission doit être vraiment garante de l'intérêt général, à côté du Conseil, où les Etats défendent leurs intérêts nationaux, et du Parlement européen, élu par les citoyens. Européen convaincu, Jacques Barrot est rompu à l'action collégiale. Il a la chance d'avoir un portefeuille qui touche quantité de domaines communautaires : infrastructures, sécurité, cohésion territoriale, questions normatives, concurrence. Cela va lui permettre de donner des impulsions majeures.
Q - La tonalité plus libérale de la nouvelle Commission consacre-t-elle un dépérissement du modèle européen d'économie sociale de marché ?
R - C'est le rôle des institutions communautaires d'organiser des équilibres. L'origine nationale ou idéologique de tel ou tel Commissaire ne permet pas de dire quel sera le projet européen porté par une Commission collégiale.
Q - Comment comptez-vous mobiliser les Français sur la Constitution européenne, qui sera soumise, l'an prochain, à référendum ?
R - Dix à quatorze pays ratifieront le traité constitutionnel par référendum. Cela fait peser sur chacun d'eux une responsabilité quant à l'avenir de ce texte. Pour notre part, nous allons engager très vite une mobilisation forte. Avec un premier temps pédagogique, très ouvert, serein, pluraliste : déplacements dans les régions, publication de brochures pour expliquer les avancées par rapport à la situation actuelle, constitution d'un grand comité national, participation d'un millier de témoins venus de toute l'Union pour parler de l'Europe. Cette campagne démarrera aussitôt après le 29 octobre, date de la signature officielle du Traité à Rome
(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 août 2004)