Conseil des ministres du 13 octobre 2004. Le plan gouvernemental de prévention et de lutte contre le risque de pandémie grippale d'origine aviaire.

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Le ministre de la santé et de la protection sociale a présenté une communication sur le plan gouvernemental de prévention et de lutte contre le risque de pandémie grippale d'origine aviaire.
Comme plusieurs autres pays et en coordination avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la France a entièrement réactualisé, depuis le début de l'année, son plan de prévention et de lutte contre la pandémie grippale. Ce plan, élaboré dans le cadre d'un travail interministériel sous l'égide du Premier ministre, est actuellement applicable.
Le plan gouvernemental de lutte contre la pandémie grippale d'origine aviaire comporte trois volets par application du principe de précaution.
Le premier volet correspond à une situation d'épidémie limitée aux animaux (grippe aviaire ou épizootie) ou accompagnée de quelques cas humains sans transmission interhumaine. C'est la situation que nous connaissons aujourd'hui. Les mesures en vigueur consistent à :
- éviter l'introduction de l'épizootie en France par l'interdiction d'importation de volaille des pays touchés et la surveillance des animaux d'élevage ;
- contrôler le plus rapidement possible la grippe aviaire par l'abattage des élevages contaminés dans les pays touchés ;
- éviter la transmission du virus à l'homme par la protection des personnes au contact des élevages infectés et l'information des voyageurs se rendant dans les pays touchés par l'épizootie ;
- détecter le plus précocement possible le premier cas humain susceptible de survenir. En France, les voyageurs sont informés à leur retour ; ils doivent impérativement, en cas d'apparition de symptômes grippaux dans les 10 jours, contacter le SAMU - centre 15.
Le deuxième volet n'aurait à s'appliquer que dans l'hypothèse d'une transmission inter humaine limitée, constatée par l'OMS. L'objectif serait alors de faire échec par tous les moyens disponibles à la venue du virus sur notre territoire.
A ce stade s'imposeraient, en coordination avec nos voisins européens de l'espace Schengen, des mesures de restriction, voire de suspension, des voyages à partir de zones atteintes, de mise en isolement des voyageurs en provenance de ces zones et de traitement antiviral préventif des personnes ayant été en contact avec des malades.
Un troisième volet est prévu en cas de pandémie, afin d'organiser une réponse adaptée du système de santé à un afflux massif de patients, en mettant rapidement à niveau notre stock de médicaments antiviraux pour faire face à toute éventualité.
Dans ce cas, il est également prévu de développer et de diffuser rapidement un vaccin, dès que la souche aura été isolée.
Ce plan, soumis actuellement à la concertation de tous les responsables, pourra être adapté et perfectionné en fonction du progrès des connaissances et des innovations thérapeutiques.
[UD 9]