Texte intégral
Je remercie toutes celles et tous ceux qui nous ont aidés à préparer cette conférence d'hier et d'aujourd'hui, première des conférences maritimes européennes. "Antibes, 29 et 30 juin 2006", une date qui restera, à n'en pas douter, dans l'histoire de la construction européenne, Monsieur le Commissaire, nous le souhaitons tous en tout cas. Je veux tout particulièrement remercier le député-maire d'Antibes, Jean Leonetti, qui a été notre hôte et, bien sûr, le Préfet et l'ensemble des services de la préfecture. Monsieur le Préfet, adressez-leur nos remerciements. Je dois également excuser auprès de vous Christian Estrosi qui était avec nous ce matin, mais qui a dû rentrer à Paris puisqu'il est, en ce moment-même, devant le Parlement.
Quelques mots en introduction de ce point de presse pour vous parler, avant le Commissaire Borg, de nos travaux. Je voudrais dire d'abord que, pour la France, la tenue de cette conférence revêtait une très grande importance. Notre pays s'est toujours engagé, et dès l'origine, pour le traitement des questions maritimes au niveau européen. Tout simplement parce que nous savons que nous avons besoin de l'échelon européen pour régler les problèmes qui se posent.
La France, je n'ai pas besoin de vous le dire, est un grand pays maritime. Nous avons une longue tradition, toutes les activités liées aux espaces maritimes représentent aussi, dans notre vie économique et sociale, un secteur extrêmement important. Le littoral accueille une grande part de la population française et ceci va aller croissant, il faut que nous en soyons conscients. Je ne donnerai que deux chiffres parmi les multiples données chiffrées que l'on pourrait retenir pour illustrer ce propos : 40 % de notre richesse, de notre produit intérieur brut, en Europe vient des régions maritimes et 90 % du commerce extérieur des pays européens se fait par voie de mer. C'est vous dire l'importance de ces secteurs dans nos économies, dans notre vie économique et sociale. Pour toutes ces raisons, pour d'autres aussi, tenant à la géographie, la difficulté d'être parfois un pays côtier et exposé à certains accidents, certains autour de moi le savent aussi, nous avons toujours été très actifs sur toutes ces questions, au premier rang desquels la sécurité maritime, la lutte contre les pollutions, mais pas seulement. Tous les pays qui sont ici représentés, qui ont participé à cette conférence, sont, en tant que pays méditerranéens, des pays particulièrement concernés par les questions maritimes. Je suis heureuse qu'ils se soient tous mobilisés très rapidement pour être les premiers à lancer le mouvement, parce que c'est bien notre ambition.
Sur l'ensemble des problématiques liées à la mer, nous avons besoin d'une politique européenne. Tout le monde connaît les "pavillons bleus" qui sont un label européen qui atteste de la qualité des eaux de baignade ; cela a été l'une des premières actions, avec la pêche, de l'Union européenne, donc c'est grâce à l'Europe que cela s'est fait. Mais il me semble tout à fait évident, aujourd'hui, qu'il faut aller plus loin. C'est la raison pour laquelle cette conférence était importante. Trois ans après la catastrophe du "Prestige" et après la réaction très nette et très forte qui avait été celle de l'Union européenne, qui avait su prendre très vite les bonnes décisions avec l'élimination des navires les plus dangereux, avec le renforcement de mesures de contrôle et de sanction, il nous fallait franchir une nouvelle étape, aborder les questions liées à la mer d'une façon globale et donner le départ d'une nouvelle politique européenne, qui soit une politique européenne de la mer, donc une politique intégrée, une politique globale. La mer est notre bien commun. C'est cela l'enjeu. Nous lançons aujourd'hui le mouvement, avec les neuf pays qui sont ici représentés, avec la Commission européenne et avec l'aide de la Présidence finlandaise de l'Union. La Finlande prend officiellement sa présidence demain mais elle a bien voulu, je l'en remercie, être avec nous dès aujourd'hui. Nous lui souhaitons d'ailleurs un plein et grand succès pour la conduite de sa Présidence.
Je tirerai de nos travaux un certain nombre de conclusions que je résumerai au nom de mes collègues. Ils pourront, comme moi, répondre à vos questions dans quelques instants. Il me semble qu'il y a un certain nombre de directions, d'ores et déjà, qui sont tout à fait simples à déterminer. D'abord, pour être efficaces, nous devons travailler de façon plus intégrée. Les défis qui nous attendent sont des défis communs et nous ne pourrons les relever qu'en étant unis. Il ne doit y avoir, à terme, chaque chose en son temps, que des objectifs et des moyens communs.
Deuxièmement, nous devons traiter les questions maritimes d'un même tenant, de la sécurité maritime, au transport en passant par l'économie de la pêche et bien d'autres domaines. Nous devons avoir une vision globale, désormais, et non pas une vision sectorielle, comme nous l'avons fait jusqu'ici, secteur par secteur, parfois souvent un peu dans son coin et pays par pays.
Troisième direction, cette politique maritime européenne devra répondre à trois exigences : la cohérence, l'équilibre et l'ambition. La cohérence parce que les instances européennes et les Etats ont davantage intérêt à coordonner les actions qu'ils conduisent. Elles sont multiples. J'en ai cité quelques-unes : elles vont de la pêche au transport, aux activités touristiques, aux questions des migrations par voie de mer, aux questions d'environnement... Il faudra tout simplement mieux les coordonner. On traite là de sujets terriblement concrets.
Il est inutile, et même tout à fait contre-productif, d'opposer, même si on l'a fait trop longtemps, les amis des pêcheurs et les amis des poissons. Les activités économiques et sociales liées à l'espace maritime doivent être conciliées avec l'impératif de développement durable. Chacun sait bien que s'il y avait, par hypothèse, surpêche, le moment viendrait où il n'y aurait plus de pêche du tout. Il faut donc concilier ces impératifs, ce n'est pas facile, mais voilà un objectif clair.
Enfin, l'ambition : l'Europe doit porter toute son attention et doit donner toute sa considération aux espaces maritimes pour nous tous, et avant tout pour ceux qui en vivent et qui bénéficient des fruits de la diversité marine : les habitants des zones littorales, les pêcheurs, les touristes qui viennent de plus en plus nombreux ici, dans ces zones côtières, les chercheurs - il faudra faire place aussi à la recherche scientifique - et tous les amoureux de la mer d'une façon générale. Essayons d'intégrer l'ensemble de ces préoccupations.
Nous voulons donc, à partir d'aujourd'hui, sur la base du Livre vert de la Commission européenne, ouvrir un nouveau chapitre. Ce Livre vert a été rendu public le 7 juin, vous voyez que nous n'avons pas perdu de temps pour organiser la première des conférences maritimes européennes avec les pays méditerranéens. C'est une première conférence, la première d'une série, il y en aura d'autres. D'ailleurs, le mois prochain, sous l'égide de la Présidence finlandaise et de la Commission européenne, sera organisée une deuxième conférence en Finlande. Ensuite, lorsque tous les Etats membres auront été consultés, lorsque les débats auront pu se dérouler, à la fois dans chacun de nos pays et entre les vingt-cinq - il faudra passer à la deuxième étape et bâtir des propositions concrètes sur la base des orientations que cette phase de consultation aura permis de dégager.
Voilà ce que je souhaitais vous dire en première approche. Je passe maintenant la parole au Commissaire Borg qui va vous présenter l'excellent travail, de notre point de vue, fait par la Commission. Je le laisse parler du Livre vert.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 5 juillet 2006
Quelques mots en introduction de ce point de presse pour vous parler, avant le Commissaire Borg, de nos travaux. Je voudrais dire d'abord que, pour la France, la tenue de cette conférence revêtait une très grande importance. Notre pays s'est toujours engagé, et dès l'origine, pour le traitement des questions maritimes au niveau européen. Tout simplement parce que nous savons que nous avons besoin de l'échelon européen pour régler les problèmes qui se posent.
La France, je n'ai pas besoin de vous le dire, est un grand pays maritime. Nous avons une longue tradition, toutes les activités liées aux espaces maritimes représentent aussi, dans notre vie économique et sociale, un secteur extrêmement important. Le littoral accueille une grande part de la population française et ceci va aller croissant, il faut que nous en soyons conscients. Je ne donnerai que deux chiffres parmi les multiples données chiffrées que l'on pourrait retenir pour illustrer ce propos : 40 % de notre richesse, de notre produit intérieur brut, en Europe vient des régions maritimes et 90 % du commerce extérieur des pays européens se fait par voie de mer. C'est vous dire l'importance de ces secteurs dans nos économies, dans notre vie économique et sociale. Pour toutes ces raisons, pour d'autres aussi, tenant à la géographie, la difficulté d'être parfois un pays côtier et exposé à certains accidents, certains autour de moi le savent aussi, nous avons toujours été très actifs sur toutes ces questions, au premier rang desquels la sécurité maritime, la lutte contre les pollutions, mais pas seulement. Tous les pays qui sont ici représentés, qui ont participé à cette conférence, sont, en tant que pays méditerranéens, des pays particulièrement concernés par les questions maritimes. Je suis heureuse qu'ils se soient tous mobilisés très rapidement pour être les premiers à lancer le mouvement, parce que c'est bien notre ambition.
Sur l'ensemble des problématiques liées à la mer, nous avons besoin d'une politique européenne. Tout le monde connaît les "pavillons bleus" qui sont un label européen qui atteste de la qualité des eaux de baignade ; cela a été l'une des premières actions, avec la pêche, de l'Union européenne, donc c'est grâce à l'Europe que cela s'est fait. Mais il me semble tout à fait évident, aujourd'hui, qu'il faut aller plus loin. C'est la raison pour laquelle cette conférence était importante. Trois ans après la catastrophe du "Prestige" et après la réaction très nette et très forte qui avait été celle de l'Union européenne, qui avait su prendre très vite les bonnes décisions avec l'élimination des navires les plus dangereux, avec le renforcement de mesures de contrôle et de sanction, il nous fallait franchir une nouvelle étape, aborder les questions liées à la mer d'une façon globale et donner le départ d'une nouvelle politique européenne, qui soit une politique européenne de la mer, donc une politique intégrée, une politique globale. La mer est notre bien commun. C'est cela l'enjeu. Nous lançons aujourd'hui le mouvement, avec les neuf pays qui sont ici représentés, avec la Commission européenne et avec l'aide de la Présidence finlandaise de l'Union. La Finlande prend officiellement sa présidence demain mais elle a bien voulu, je l'en remercie, être avec nous dès aujourd'hui. Nous lui souhaitons d'ailleurs un plein et grand succès pour la conduite de sa Présidence.
Je tirerai de nos travaux un certain nombre de conclusions que je résumerai au nom de mes collègues. Ils pourront, comme moi, répondre à vos questions dans quelques instants. Il me semble qu'il y a un certain nombre de directions, d'ores et déjà, qui sont tout à fait simples à déterminer. D'abord, pour être efficaces, nous devons travailler de façon plus intégrée. Les défis qui nous attendent sont des défis communs et nous ne pourrons les relever qu'en étant unis. Il ne doit y avoir, à terme, chaque chose en son temps, que des objectifs et des moyens communs.
Deuxièmement, nous devons traiter les questions maritimes d'un même tenant, de la sécurité maritime, au transport en passant par l'économie de la pêche et bien d'autres domaines. Nous devons avoir une vision globale, désormais, et non pas une vision sectorielle, comme nous l'avons fait jusqu'ici, secteur par secteur, parfois souvent un peu dans son coin et pays par pays.
Troisième direction, cette politique maritime européenne devra répondre à trois exigences : la cohérence, l'équilibre et l'ambition. La cohérence parce que les instances européennes et les Etats ont davantage intérêt à coordonner les actions qu'ils conduisent. Elles sont multiples. J'en ai cité quelques-unes : elles vont de la pêche au transport, aux activités touristiques, aux questions des migrations par voie de mer, aux questions d'environnement... Il faudra tout simplement mieux les coordonner. On traite là de sujets terriblement concrets.
Il est inutile, et même tout à fait contre-productif, d'opposer, même si on l'a fait trop longtemps, les amis des pêcheurs et les amis des poissons. Les activités économiques et sociales liées à l'espace maritime doivent être conciliées avec l'impératif de développement durable. Chacun sait bien que s'il y avait, par hypothèse, surpêche, le moment viendrait où il n'y aurait plus de pêche du tout. Il faut donc concilier ces impératifs, ce n'est pas facile, mais voilà un objectif clair.
Enfin, l'ambition : l'Europe doit porter toute son attention et doit donner toute sa considération aux espaces maritimes pour nous tous, et avant tout pour ceux qui en vivent et qui bénéficient des fruits de la diversité marine : les habitants des zones littorales, les pêcheurs, les touristes qui viennent de plus en plus nombreux ici, dans ces zones côtières, les chercheurs - il faudra faire place aussi à la recherche scientifique - et tous les amoureux de la mer d'une façon générale. Essayons d'intégrer l'ensemble de ces préoccupations.
Nous voulons donc, à partir d'aujourd'hui, sur la base du Livre vert de la Commission européenne, ouvrir un nouveau chapitre. Ce Livre vert a été rendu public le 7 juin, vous voyez que nous n'avons pas perdu de temps pour organiser la première des conférences maritimes européennes avec les pays méditerranéens. C'est une première conférence, la première d'une série, il y en aura d'autres. D'ailleurs, le mois prochain, sous l'égide de la Présidence finlandaise et de la Commission européenne, sera organisée une deuxième conférence en Finlande. Ensuite, lorsque tous les Etats membres auront été consultés, lorsque les débats auront pu se dérouler, à la fois dans chacun de nos pays et entre les vingt-cinq - il faudra passer à la deuxième étape et bâtir des propositions concrètes sur la base des orientations que cette phase de consultation aura permis de dégager.
Voilà ce que je souhaitais vous dire en première approche. Je passe maintenant la parole au Commissaire Borg qui va vous présenter l'excellent travail, de notre point de vue, fait par la Commission. Je le laisse parler du Livre vert.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 5 juillet 2006