Texte intégral
Monsieur le député-maire,
Messieurs les ministres,
Madame le conseiller, représentant le Président de la République,
Madame et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur l'administrateur supérieur,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux d'être parmi vous afin d'inaugurer aujourd'hui le siège du Territoire des terres australes et antarctiques françaises à Saint-Pierre de la Réunion. La solidité, la sobriété et l'équilibre de ce bâtiment magnifiquement restauré sont comme les symboles de la souveraineté française dans cette partie du globe.
Le transfert de ce siège dans l'île de la Réunion contribue à la meilleure administration des terres australes et antarctiques françaises.
Ce transfert a été décidé lors du Comité interministériel d'aménagement du territoire qui s'est réuni à Troyes le 20 septembre 1994. C'est, je crois, une opération réussie et largement approuvée. Je voudrais féliciter tous ceux qui ont su mener à bien ce chantier dans les délais fixés, depuis que Jean-Jack QUEYRANNE -alors secrétaire d'État à l'Outre-Mer- a officiellement lancé les travaux de rénovation de ce bâtiment, le 18 mai 1999. Je souhaite aussi remercier les collectivités locales -la mairie de Saint-Pierre, le Conseil régional et le Conseil général- qui ont ensemble soutenu ce projet et facilité sa réalisation. Madame Brigitte GIRARDIN a également beaucoup travaillé à ce transfert lorsqu'elle était administrateur des terres australes et antarctiques françaises.
Le transfert du siège du Territoire des terres australes et antarctiques françaises à la Réunion lui permet de se rapprocher du terrain. Il était pour le moins curieux que l'administration de ces terres lointaines se fasse depuis le XVIIème arrondissement de Paris. Monsieur l'administrateur supérieur, en vous installant ici, à Saint-Pierre, vous vous êtes rapproché de plus de 8.000 kilomètres du territoire que vous administrez. Il n'y aura plus de décalage horaire entre les districts et leur administration et celle-ci sera désormais à proximité des principaux acteurs concernés : le Préfet, chargé de l'action de l'État en mer, la Marine nationale basée à la Réunion et les armements maritimes autorisés.
L'installation à Saint-Pierre du siège du Territoire des terres australes et antarctiques françaises facilite également la logistique. C'est en effet de la Réunion que part, quatre ou cinq fois par an, le Marion Dufresne, le navire ravitailleur des districts subantarctiques. C'est également à la Réunion que le Territoire recrute bon nombre de ses contractuels et accomplit une partie croissante de ses achats.
Enfin, cette installation concourt à l'aménagement du territoire national. Une administration quitte Paris et s'installe outre-mer -ce qui est une expérience de délocalisation unique à ce jour. Elle s'installe, plus précisément, à Saint-Pierre de la Réunion, dans le sud de l'île, participant ainsi au nécessaire rééquilibrage interne du département.
Ce transfert permettra au Territoire des terres australes et antarctiques françaises de répondre mieux encore à sa vocation : la recherche scientifique et l'affirmation de la souveraineté française.
Le Territoire est en effet le siège d'une intense activité de recherche. Celle-ci est notamment conduite par l'Institut français de recherche et de technologie polaire dont je salue le président, Monsieur Jean JOUZEL.
Les équipes scientifiques qui travaillent dans nos territoires des terres australes et antarctiques mènent des recherches de très haut niveau. Leurs activités se déploient dans de nombreuses directions : la recherche en sciences de la vie comme en sciences de la terre, la météorologie ou encore le suivi des satellites. Les explications qui m'ont été données sur ces travaux -qui devraient être mieux connus- m'ont beaucoup intéressé. Je salue les femmes et les hommes -parmi lesquels je note la présence d'une trentaine de Réunionnais- qui font le choix de vivre dans ces territoires et d'y travailler entre six et douze mois.
Je n'oublie pas celles et ceux qui assurent le soutien logistique de ces activités scientifiques, du médecin au boulanger, en passant par le " dieselliste " et le maçon. Je voudrais les remercier très chaleureusement. Civils ou militaires, débutants ou confirmés, tous vivent une aventure professionnelle et humaine sans équivalent. Je sais que les bases établies dans ces terres lointaines ont vieilli et qu'il est nécessaire d'édifier une nouvelle génération de bâtiments plus confortables et plus faciles à entretenir. Un programme de rénovation permettra, au cours des six prochaines années, de construire les nouvelles bases australes et antarctiques françaises du XXIème siècle.
Le Territoire contribue également à l'affirmation de la souveraineté française à l'extrême sud du globe. Il défend cette souveraineté sur la Terre Adélie, en application du Traité international de Washington signé en 1959, et sur les districts de Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam dans le sud de l'Océan indien. La souveraineté de la France s'exprime aussi en mer. En application de conventions internationales, notre pays assume des responsabilités importantes notamment en matière de sauvetage et de lutte contre les pollutions.
La souveraineté française sur le Territoire se traduit par la mise en valeur et la préservation de ses ressources halieutiques. La langouste et la légine -ce poisson des mers du grand sud, peu connu en métropole mais très apprécié des Japonais- constituent la plus grande partie de ces ressources de très grande qualité. Je sais qu'une pêche illégale de grande ampleur se développe. Je tiens à rappeler ici que le Gouvernement est particulièrement attentif à cette question. Il en mesure toute l'importance pour la pêche et les armateurs réunionnais. La limitation des quotas de pêche -que vous appelez les " Totaux Admissibles de Capture "- est indispensable pour préserver cette ressource rare qu'est la légine. Le Gouvernement mettra donc tout en uvre pour mettre fin à la pêche illégale. Des discussions sont en cours avec les autorités mauriciennes en vue d'un accord de coopération qui devrait interdire tout débarquement de légine à l'île Maurice et associer ce pays à la lutte contre la pêche illégale.
Mesdames et Messieurs,
Les terres australes et antarctiques françaises font face à de grands défis : la qualité de la recherche scientifique, le respect de l'environnement et l'affirmation de la souveraineté de la France, si loin du territoire métropolitain. Comme chacune des neuf autres collectivités de l'outre-mer français, ces territoires sont partie intégrante de l'identité de la France et contribuent à sa présence sur la scène internationale. Ils nous rappellent cette certitude : la République ne se limite pas à un hexagone. C'est bien au-delà qu'elle conduit son action et qu'elle porte son message.
(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 30 janvier 2001)
Messieurs les ministres,
Madame le conseiller, représentant le Président de la République,
Madame et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur l'administrateur supérieur,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux d'être parmi vous afin d'inaugurer aujourd'hui le siège du Territoire des terres australes et antarctiques françaises à Saint-Pierre de la Réunion. La solidité, la sobriété et l'équilibre de ce bâtiment magnifiquement restauré sont comme les symboles de la souveraineté française dans cette partie du globe.
Le transfert de ce siège dans l'île de la Réunion contribue à la meilleure administration des terres australes et antarctiques françaises.
Ce transfert a été décidé lors du Comité interministériel d'aménagement du territoire qui s'est réuni à Troyes le 20 septembre 1994. C'est, je crois, une opération réussie et largement approuvée. Je voudrais féliciter tous ceux qui ont su mener à bien ce chantier dans les délais fixés, depuis que Jean-Jack QUEYRANNE -alors secrétaire d'État à l'Outre-Mer- a officiellement lancé les travaux de rénovation de ce bâtiment, le 18 mai 1999. Je souhaite aussi remercier les collectivités locales -la mairie de Saint-Pierre, le Conseil régional et le Conseil général- qui ont ensemble soutenu ce projet et facilité sa réalisation. Madame Brigitte GIRARDIN a également beaucoup travaillé à ce transfert lorsqu'elle était administrateur des terres australes et antarctiques françaises.
Le transfert du siège du Territoire des terres australes et antarctiques françaises à la Réunion lui permet de se rapprocher du terrain. Il était pour le moins curieux que l'administration de ces terres lointaines se fasse depuis le XVIIème arrondissement de Paris. Monsieur l'administrateur supérieur, en vous installant ici, à Saint-Pierre, vous vous êtes rapproché de plus de 8.000 kilomètres du territoire que vous administrez. Il n'y aura plus de décalage horaire entre les districts et leur administration et celle-ci sera désormais à proximité des principaux acteurs concernés : le Préfet, chargé de l'action de l'État en mer, la Marine nationale basée à la Réunion et les armements maritimes autorisés.
L'installation à Saint-Pierre du siège du Territoire des terres australes et antarctiques françaises facilite également la logistique. C'est en effet de la Réunion que part, quatre ou cinq fois par an, le Marion Dufresne, le navire ravitailleur des districts subantarctiques. C'est également à la Réunion que le Territoire recrute bon nombre de ses contractuels et accomplit une partie croissante de ses achats.
Enfin, cette installation concourt à l'aménagement du territoire national. Une administration quitte Paris et s'installe outre-mer -ce qui est une expérience de délocalisation unique à ce jour. Elle s'installe, plus précisément, à Saint-Pierre de la Réunion, dans le sud de l'île, participant ainsi au nécessaire rééquilibrage interne du département.
Ce transfert permettra au Territoire des terres australes et antarctiques françaises de répondre mieux encore à sa vocation : la recherche scientifique et l'affirmation de la souveraineté française.
Le Territoire est en effet le siège d'une intense activité de recherche. Celle-ci est notamment conduite par l'Institut français de recherche et de technologie polaire dont je salue le président, Monsieur Jean JOUZEL.
Les équipes scientifiques qui travaillent dans nos territoires des terres australes et antarctiques mènent des recherches de très haut niveau. Leurs activités se déploient dans de nombreuses directions : la recherche en sciences de la vie comme en sciences de la terre, la météorologie ou encore le suivi des satellites. Les explications qui m'ont été données sur ces travaux -qui devraient être mieux connus- m'ont beaucoup intéressé. Je salue les femmes et les hommes -parmi lesquels je note la présence d'une trentaine de Réunionnais- qui font le choix de vivre dans ces territoires et d'y travailler entre six et douze mois.
Je n'oublie pas celles et ceux qui assurent le soutien logistique de ces activités scientifiques, du médecin au boulanger, en passant par le " dieselliste " et le maçon. Je voudrais les remercier très chaleureusement. Civils ou militaires, débutants ou confirmés, tous vivent une aventure professionnelle et humaine sans équivalent. Je sais que les bases établies dans ces terres lointaines ont vieilli et qu'il est nécessaire d'édifier une nouvelle génération de bâtiments plus confortables et plus faciles à entretenir. Un programme de rénovation permettra, au cours des six prochaines années, de construire les nouvelles bases australes et antarctiques françaises du XXIème siècle.
Le Territoire contribue également à l'affirmation de la souveraineté française à l'extrême sud du globe. Il défend cette souveraineté sur la Terre Adélie, en application du Traité international de Washington signé en 1959, et sur les districts de Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam dans le sud de l'Océan indien. La souveraineté de la France s'exprime aussi en mer. En application de conventions internationales, notre pays assume des responsabilités importantes notamment en matière de sauvetage et de lutte contre les pollutions.
La souveraineté française sur le Territoire se traduit par la mise en valeur et la préservation de ses ressources halieutiques. La langouste et la légine -ce poisson des mers du grand sud, peu connu en métropole mais très apprécié des Japonais- constituent la plus grande partie de ces ressources de très grande qualité. Je sais qu'une pêche illégale de grande ampleur se développe. Je tiens à rappeler ici que le Gouvernement est particulièrement attentif à cette question. Il en mesure toute l'importance pour la pêche et les armateurs réunionnais. La limitation des quotas de pêche -que vous appelez les " Totaux Admissibles de Capture "- est indispensable pour préserver cette ressource rare qu'est la légine. Le Gouvernement mettra donc tout en uvre pour mettre fin à la pêche illégale. Des discussions sont en cours avec les autorités mauriciennes en vue d'un accord de coopération qui devrait interdire tout débarquement de légine à l'île Maurice et associer ce pays à la lutte contre la pêche illégale.
Mesdames et Messieurs,
Les terres australes et antarctiques françaises font face à de grands défis : la qualité de la recherche scientifique, le respect de l'environnement et l'affirmation de la souveraineté de la France, si loin du territoire métropolitain. Comme chacune des neuf autres collectivités de l'outre-mer français, ces territoires sont partie intégrante de l'identité de la France et contribuent à sa présence sur la scène internationale. Ils nous rappellent cette certitude : la République ne se limite pas à un hexagone. C'est bien au-delà qu'elle conduit son action et qu'elle porte son message.
(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 30 janvier 2001)