Texte intégral
Madame la présidente,
Monsieur le directeur général,
Mesdames et messieurs,
Je suis particulièrement heureux d'être aujourd'hui parmi vous, dans l'un de nos organismes les plus prestigieux.
J'ai choisi de venir ici, sur ce site de l'Inra-AgroParisTech, parce qu'il est au carrefour des grandes questions de notre temps.
Il est emblématique des imbrications entre les enjeux de société, de recherche, d'innovation.
Il est au coeur des grands défis planétaires :
- énergie (vous nous avez exposé par exemple vos travaux sur le changement climatique et la réduction de la contribution à l'effet de serre de l'agriculture) ;
- protection de l'environnement (dans le cadre de votre partenariat avec Veolia, et la mesure des effets environnementaux de leurs nouveaux process) ;
- amélioration des espèces animales et végétales (j'ai relevé vos travaux sur la protection des cultures du blé afin de diminuer l'utilisation de pesticides) ;
- sécurité sanitaire, préservation des ressources naturelles, valorisation des territoires, nutrition et qualité de l'alimentation humaine...
La nutrition humaine... Comment ne pas y voir une question stratégique, quand on connaît les problèmes mondiaux d'accès aux denrées ou de sécurité sanitaire ; quand on sait que chaque jour, il y a dans le monde 200 000 bouches à nourrir en plus ; quand les Occidentaux se rendent compte brutalement qu'ils peuvent être à la merci d'un "choc céréalier" ?
Nourrir les hommes sans tarir la terre : c'est l'un des défis centraux du développement durable.
Avec d'un côté, les sources d'énergie fossile qui se renchérissent, et de l'autre, des émissions de CO2 qui seront de plus en plus pénalisées ; avec d'un côté, une croissance fulgurante et légitime de certains pays en développement et, de l'autre, le souci de préserver les équilibres naturels, il est essentiel d'anticiper, de développer des nouvelles technologies de l'énergie, de mieux maîtriser les ressources naturelles.
Faire du développement durable une chance et non une contrainte, une opportunité et non une pénalité : c'est l'un des enjeux du Grenelle de l'environnement.
L'économie de l'environnement, au niveau mondial, c'est déjà près de 35 milliards d'euros par an ; c'est une croissance supérieure à celle du PIB ; c'est 10 000 emplois nouveaux chaque année.
Bref, c'est une nouvelle donne économique et éthique. La France doit y faire valoir ses atouts, ses grandes richesses.
Tout reste à faire, puisque la part dans le PIB des éco-entreprises est chez nous plus faible que chez les pays européens avancés : nous avons donc un vrai potentiel de croissance à aller chercher.
Notre économie doit pour cela développer de nouveaux secteurs économiques " durables ", denses en emplois. Je pense aux éco-technologies ; je pense au développement des usages non-alimentaires des productions agricoles ; je pense aux services à l'environnement.
Nous devons aussi intégrer des modes de production durables dans nos secteurs économiques traditionnels. C'est vrai pour notre agriculture, qui doit s'efforcer de réduire les intrants ; c'est vrai également pour notre industrie lourde, qui doit anticiper les nouvelles contraintes environnementales pour rester compétitive.
La France doit s'engager à fond dans ce que je veux appeler la "croissance verte". Cette " croissance verte " reposera naturellement sur nos entreprises. Les grands groupes industriels, en particulier, auront la responsabilité éminente d'accompagner et de fédérer les 8 000 PME françaises qui travaillent pour l'environnement. J'irai tout à l'heure visiter le centre de recherche d'un des leaders du secteur, Veolia Environnement.
Mais cette "croissance verte" reposera avant tout sur vous, sur vos travaux, sur votre engagement.
Elle se nourrira à la fois de la recherche fondamentale, qui prépare les engagements et investissements de demain, et de la recherche appliquée qui permet de valider concrètement les avancées de la recherche fondamentale. C'est dire combien sont stériles les oppositions entre l'amont et l'aval, entre l'académique et l'économique.
La nation entière doit mobiliser maintenant toutes ses forces de l'intelligence.
C'est le sens des mesures que nous avons prises dès notre arrivée au Gouvernement :
- 1,8 milliard d'euros de plus pour l'enseignement supérieur et la recherche dans le budget 2008 ;
- l'autonomie des universités pour les rendre plus efficaces dans leur gestion et leur travail scientifique, et ceci en partenariat avec les organismes de recherche ;
- une réforme radicale du crédit impôt recherche pour soutenir de façon décisive la recherche privée.
Voilà les mesures immédiates que nous avons prises.
Vous avez, mesdames et messieurs, la chance, vous qui vous consacrez à la recherche finalisée, d'être au coeur de la relation entre le savant et le politique, entre le savoir et l'action, entre celui qui propose des choix et celui qui les fait.
Sur les OGM, sur les pesticides, sur les nanoparticules, sur la bioéthique, les questions qui se posent aujourd'hui au politique nécessitent un éclairage scientifique à la fois de très haut niveau et à l'écoute des attentes de la société.
La qualité des débats du Grenelle de l'environnement doit beaucoup à votre implication.
Je soutiendrai vigoureusement le métier de la recherche finalisée et de l'expertise technique au service des politiques publiques. Je le ferai car je veux donner à notre Etat les moyens d'agir juste.
Qui dit soutient à la recherche finalisée, dit soutient aux organisme qui la mettent en oeuvre. Bien sûr, il faudra réfléchir à la cohérence des périmètres d'action de nos organismes. Il faudra améliorer leur fonctionnement, permettre une coopération efficace entre tous les acteurs, notamment les universités.
Nous sommes là au coeur de la modernisation nécessaire de notre système de recherche.
Son but est clair :
- dégager des axes de simplification administrative pour faciliter la vie quotidienne des chercheurs. C'est du gaspillage que de jeunes chercheurs que la nation a formés aient à se consacrer à des tâches administratives pour lesquels ils ne sont pas faits ;
- mettre un terme à toute une série de complexités - voire d'archaïsmes - qui font parfois de la vie de chercheur un parcours du combattant ;
- vous offrir plus de réactivité, plus de souplesse, de la part des structures de gestion des laboratoires, notamment pour travailler en partenariat avec l'entreprise ou l'étranger.
L'Inra - comme les autres organismes qui interviennent sur l'énergie, la mer, ou encore l'espace - a une légitimité que personne ne peut contester. Pour tout dire, il est et restera l'un des fleurons de notre recherche.
Voilà, mesdames et messieurs, le message d'ambition et de détermination que je voulais vous délivrer. Ce déplacement n'est que le premier d'une longue série : j'irai partout où se joue la bataille de l'innovation.Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 17 septembre 2007
Monsieur le directeur général,
Mesdames et messieurs,
Je suis particulièrement heureux d'être aujourd'hui parmi vous, dans l'un de nos organismes les plus prestigieux.
J'ai choisi de venir ici, sur ce site de l'Inra-AgroParisTech, parce qu'il est au carrefour des grandes questions de notre temps.
Il est emblématique des imbrications entre les enjeux de société, de recherche, d'innovation.
Il est au coeur des grands défis planétaires :
- énergie (vous nous avez exposé par exemple vos travaux sur le changement climatique et la réduction de la contribution à l'effet de serre de l'agriculture) ;
- protection de l'environnement (dans le cadre de votre partenariat avec Veolia, et la mesure des effets environnementaux de leurs nouveaux process) ;
- amélioration des espèces animales et végétales (j'ai relevé vos travaux sur la protection des cultures du blé afin de diminuer l'utilisation de pesticides) ;
- sécurité sanitaire, préservation des ressources naturelles, valorisation des territoires, nutrition et qualité de l'alimentation humaine...
La nutrition humaine... Comment ne pas y voir une question stratégique, quand on connaît les problèmes mondiaux d'accès aux denrées ou de sécurité sanitaire ; quand on sait que chaque jour, il y a dans le monde 200 000 bouches à nourrir en plus ; quand les Occidentaux se rendent compte brutalement qu'ils peuvent être à la merci d'un "choc céréalier" ?
Nourrir les hommes sans tarir la terre : c'est l'un des défis centraux du développement durable.
Avec d'un côté, les sources d'énergie fossile qui se renchérissent, et de l'autre, des émissions de CO2 qui seront de plus en plus pénalisées ; avec d'un côté, une croissance fulgurante et légitime de certains pays en développement et, de l'autre, le souci de préserver les équilibres naturels, il est essentiel d'anticiper, de développer des nouvelles technologies de l'énergie, de mieux maîtriser les ressources naturelles.
Faire du développement durable une chance et non une contrainte, une opportunité et non une pénalité : c'est l'un des enjeux du Grenelle de l'environnement.
L'économie de l'environnement, au niveau mondial, c'est déjà près de 35 milliards d'euros par an ; c'est une croissance supérieure à celle du PIB ; c'est 10 000 emplois nouveaux chaque année.
Bref, c'est une nouvelle donne économique et éthique. La France doit y faire valoir ses atouts, ses grandes richesses.
Tout reste à faire, puisque la part dans le PIB des éco-entreprises est chez nous plus faible que chez les pays européens avancés : nous avons donc un vrai potentiel de croissance à aller chercher.
Notre économie doit pour cela développer de nouveaux secteurs économiques " durables ", denses en emplois. Je pense aux éco-technologies ; je pense au développement des usages non-alimentaires des productions agricoles ; je pense aux services à l'environnement.
Nous devons aussi intégrer des modes de production durables dans nos secteurs économiques traditionnels. C'est vrai pour notre agriculture, qui doit s'efforcer de réduire les intrants ; c'est vrai également pour notre industrie lourde, qui doit anticiper les nouvelles contraintes environnementales pour rester compétitive.
La France doit s'engager à fond dans ce que je veux appeler la "croissance verte". Cette " croissance verte " reposera naturellement sur nos entreprises. Les grands groupes industriels, en particulier, auront la responsabilité éminente d'accompagner et de fédérer les 8 000 PME françaises qui travaillent pour l'environnement. J'irai tout à l'heure visiter le centre de recherche d'un des leaders du secteur, Veolia Environnement.
Mais cette "croissance verte" reposera avant tout sur vous, sur vos travaux, sur votre engagement.
Elle se nourrira à la fois de la recherche fondamentale, qui prépare les engagements et investissements de demain, et de la recherche appliquée qui permet de valider concrètement les avancées de la recherche fondamentale. C'est dire combien sont stériles les oppositions entre l'amont et l'aval, entre l'académique et l'économique.
La nation entière doit mobiliser maintenant toutes ses forces de l'intelligence.
C'est le sens des mesures que nous avons prises dès notre arrivée au Gouvernement :
- 1,8 milliard d'euros de plus pour l'enseignement supérieur et la recherche dans le budget 2008 ;
- l'autonomie des universités pour les rendre plus efficaces dans leur gestion et leur travail scientifique, et ceci en partenariat avec les organismes de recherche ;
- une réforme radicale du crédit impôt recherche pour soutenir de façon décisive la recherche privée.
Voilà les mesures immédiates que nous avons prises.
Vous avez, mesdames et messieurs, la chance, vous qui vous consacrez à la recherche finalisée, d'être au coeur de la relation entre le savant et le politique, entre le savoir et l'action, entre celui qui propose des choix et celui qui les fait.
Sur les OGM, sur les pesticides, sur les nanoparticules, sur la bioéthique, les questions qui se posent aujourd'hui au politique nécessitent un éclairage scientifique à la fois de très haut niveau et à l'écoute des attentes de la société.
La qualité des débats du Grenelle de l'environnement doit beaucoup à votre implication.
Je soutiendrai vigoureusement le métier de la recherche finalisée et de l'expertise technique au service des politiques publiques. Je le ferai car je veux donner à notre Etat les moyens d'agir juste.
Qui dit soutient à la recherche finalisée, dit soutient aux organisme qui la mettent en oeuvre. Bien sûr, il faudra réfléchir à la cohérence des périmètres d'action de nos organismes. Il faudra améliorer leur fonctionnement, permettre une coopération efficace entre tous les acteurs, notamment les universités.
Nous sommes là au coeur de la modernisation nécessaire de notre système de recherche.
Son but est clair :
- dégager des axes de simplification administrative pour faciliter la vie quotidienne des chercheurs. C'est du gaspillage que de jeunes chercheurs que la nation a formés aient à se consacrer à des tâches administratives pour lesquels ils ne sont pas faits ;
- mettre un terme à toute une série de complexités - voire d'archaïsmes - qui font parfois de la vie de chercheur un parcours du combattant ;
- vous offrir plus de réactivité, plus de souplesse, de la part des structures de gestion des laboratoires, notamment pour travailler en partenariat avec l'entreprise ou l'étranger.
L'Inra - comme les autres organismes qui interviennent sur l'énergie, la mer, ou encore l'espace - a une légitimité que personne ne peut contester. Pour tout dire, il est et restera l'un des fleurons de notre recherche.
Voilà, mesdames et messieurs, le message d'ambition et de détermination que je voulais vous délivrer. Ce déplacement n'est que le premier d'une longue série : j'irai partout où se joue la bataille de l'innovation.Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 17 septembre 2007