Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur l'expatriation et les relations franco-chinoises, Pékin le 24 avril 2008.

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Circonstance : Rencontre avec la communauté française de Pékin, le 24 avril 2008

Texte intégral

Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Messieurs les élus de l'Assemblée des Français de l'étranger,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes,
Chers amis,
C'est toujours pour moi un immense plaisir de rencontrer, lors de mes déplacements à l'étranger, les représentants de la communauté française. Je tiens donc à remercier notre ambassadeur d'avoir permis ce moment de contact direct avec vous et, à travers vous, cette occasion de dialoguer avec l'ensemble de nos compatriotes.
Permettez-moi, avant toute chose, de vous présenter les membres du Sénat qui m'accompagnent dans cette visite. Outre le Président du groupe d'amitié France-Chine du Sénat, M. Jean BESSON et M. Jacques VALADE, Président de la commission des Affaires culturelles, sont parmi nous M. Guy FISCHER, Vice-Président du Sénat, membre du groupe CRC, M. Michel MERCIER, Président du groupe Union centriste-UDF, M. Jean-Pierre BEL, Président du groupe socialiste, M. Jean-Patrick COURTOIS, Vice-Président délégué du groupe UMP, et M. Gilbert BARBIER, membre du groupe du RDSE.
Je suis heureux, en outre, de saluer notre collègue et ami, le Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN lui-même à la tête d'une importante délégation qui participe demain à un colloque de la Fondation « Prospective et Innovation », dont il est Président délégué.
Qu'ils appartiennent à la majorité ou à l'opposition sénatoriales, je puis vous assurer qu'ils partagent tous avec moi le plaisir que j'éprouve aujourd'hui à vous rencontrer.
Le déplacement de notre délégation en Chine, qui ne se limite d'ailleurs pas à Pékin, s'inscrit dans le cadre d'une tradition bien établie d'échanges interparlementaires avec ce pays. Je signerai d'ailleurs demain, avec le Président de l'Assemblée nationale populaire, M. WU Banguo, un accord permettant d'approfondir encore le dialogue entre le Sénat et l'Assemblée nationale populaire.
Ces échanges interparlementaires jouent sur la durée, misent sur la qualité des relations personnelles, et gagne en fin de compte, au-delà des aléas de l'actualité, par la sérénité du dialogue. Ce voyage me donne en effet l'occasion de rencontrer les plus hautes autorités de l'État et de nourrir ainsi une relation politique dense et équilibrée entre nos deux nations engagées dans un partenariat stratégique qui nous impose mais aussi nous permet de régler par le dialogue, on le voit actuellement, les difficultés qui peuvent apparaître entre nous.
Vous qui vivez et travaillez ici et qui faites parfois vos premières armes dans la vie professionnelle, vous êtes bien placés pour prendre la mesure des chances de ce formidable potentiel de croissance que la Chine est en train de se donner par une capacité exceptionnelle à aller de l'avant dans les technologies d'avenir et par le travail acharné de ses populations.
Français de Pékin, vous êtes évidemment partie prenante de ce dynamisme : vous étiez 1 800 en l'an 2000, vous êtes plus de 4 000 aujourd'hui, et de nouvelles implantations françaises viennent quasiment chaque jour s'ajouter aux centaines qui sont déjà présentes.
Dans un environnement qui, s'il est souvent séduisant, n'est pas exempt de contraintes ou de difficultés au quotidien, vous constituez une communauté active et, à travers les épreuves connues ces dernières années, comme la crise du SRAS -n'est-ce pas, mon cher Jean-Pierre-, une communauté de plus en plus solidaire.
Disant cela, je pense tout naturellement au rôle joué par la Chambre de Commerce et d'Industrie française en Chine, qui, au-delà de ses opérations traditionnelles, développe fort opportunément ses activités dans le domaine de l'emploi, de la formation et des stages, et de l'accueil des nouveaux expatriés. Je songe à la section très dynamique des Conseillers du Commerce extérieur aussi bien qu'à l'enthousiasme qui anime la Jeune Chambre Economique ou le Club des Volontaires internationaux en entreprise que j'ai inauguré avant hier à Shanghai. Enfin, je n'oublie pas la vie associative, qui se développe dans le sillage des pionniers que sont l'Association des Bretons de Pékin et des Amis de la Bretagne à Pékin ou l'excellent Pékin Accueil.
Chers compatriotes
Vous avez la chance de bénéficier d'un lycée d'un niveau remarquable et d'une excellente réputation. Son implantation immobilière, centrale mais exigüe, n'est plus aujourd'hui à la mesure de la croissance de votre communauté. Je sais que de ce point de vue, cet établissement est aujourd'hui à la croisée des chemins et que des décisions qui engagent son avenir de façon déterminante doivent être prises dans les semaines qui viennent.
Plusieurs projets sont aujourd'hui sur la table dont certains allient, me dit-on, un financement innovant et d'avenir, c'est-à-dire associant financements publics et participation des entreprises. Je tiens en tout cas à remercier tout particulièrement les Conseillers du commerce extérieur et les entreprises pour leur contribution au projet, de même que les élus de l'Assemblée des Français de l'étranger pour leur implication.
Mes chers compatriotes,
Permettez-moi enfin de saisir l'occasion de cette rencontre pour évoquer votre mode de représentation.
Le Sénat, avec douze Sénateurs des Français de l'étranger, est -vous le savez- l'instance suprême de représentation des Français établis hors de France, comme le prévoit l'article 24 de notre Constitution.
Ces Sénateurs sont élus par vos représentants, les Conseillers de l'Assemblée des Français de l'étranger et appartiennent à toutes les sensibilités politiques nationales.
Leur rôle est de servir de relais, de se faire vos interprètes privilégiés auprès des autorités de notre pays. Ils sont vos représentants dans l'hexagone.
Comme vous avez récemment reçu la visite de plusieurs d'entre eux, je suis particulièrement heureux de rendre hommage devant vous au travail patient qu'accomplissent les Sénateurs des Français établis hors de France au service de nos compatriotes, sous toutes les latitudes.
Je sais qu'il y a eu l'an dernier, en Chine comme ailleurs dans le monde, un mouvement massif d'inscription sur les listes électorales consulaires. Je ne saurais donc trop vous exhorter à continuer, dans cet esprit, à vous impliquer dans notre vie politique nationale et à exercer vos responsabilités civiques à chaque occasion.
Notre pays sait, pour sa part, ce qu'il doit à ses expatriés. C'est pourquoi, avant d'avoir le plaisir de vous rencontrer individuellement, je souhaiterais souligner que j'éprouve un intérêt tout particulier pour le destin des deux millions de Français qui font chaque jour, par les hasards ou les nécessités de la vie, le choix de vivre à l'étranger.
J'avais pris l'initiative, il y a deux ans, d'organiser au Sénat une grande manifestation, qui avait pour thème : « L'expatriation - une chance pour la France ». Son succès a justifié sa réédition, le mois dernier, avec toujours la même réussite, permettez-moi de le souligner. Ces rencontres reflètent plus que jamais notre conception : le Sénat croit en vous et ne vous oublie pas. Il assume quotidiennement sa mission très concrète de représentant des Français établis hors de France.
En formant des voeux pour votre épanouissement personnel et professionnel, je vous adresse, mes chers compatriotes, l'amical salut du Sénat de la République.
Vive la France !
Vive la Chine !
Vive l'amitié franco-chinoise !Source http://www.senat.fr, le 29 avril 2008