Texte intégral
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"Le changement de fonctionnement du Sénat passera par sa féminisation"
Q - Vous comptez interpeller les candidats à la candidature pour la présidence du Sénat, sur la question de la parité. Pourquoi ?
R - Les sénatoriales sont l'occasion de rappeler que le changement de fonctionnement et d'image du Sénat passera par sa féminisation. Aujourd'hui, les femmes sont 60 sur 330 sénateurs. Aucune ne préside une commission, et elles ne sont que quatre au bureau du Sénat : une vice-présidente, proposée par le groupe socialiste [Michèle André, ndlr] et trois secrétaires. Ce serait un geste fort du prochain président du Sénat de faire figurer des femmes en haut de la pyramide.
Q - La loi sur la parité n'a-t-elle pas permis des avancées ?
R - En 1998, lorsque 102 sièges étaient renouvelables, seules trois femmes avaient été élues. Cela montre combien la loi du 6 juin 2000 sur la parité était nécessaire. Elle a introduit la proportionnelle paritaire dans les départements d'au moins quatre sénateurs, avec des listes alternant hommes et femmes. Et, dès 2001, on a pu mesurer les progrès en termes de féminisation et de rajeunissement. Cela a permis de croiser les regards et d'aborder autrement les sujets, en particulier sociétaux. Plus les jeunes et les femmes seront nombreux au Sénat, plus on se rapprochera de la réalité du pays. Mais dans les «petits» départements, le scrutin reste majoritaire, sans règle paritaire. Il faudra là aussi réfléchir et le faire évoluer.
Q - Les partis sont-ils sensibles à cet argument ?
R - Oui. On est dans une phase de montée en puissance, mais c'est un travail difficile. Dans les départements, on a souvent un vivier d'hommes occupant depuis longtemps des responsabilités locales. Ces élus de terrain ont une légitimité à se porter candidats aux sénatoriales, et il n'est pas évident de leur demander de laisser leur place aux femmes. Mais il faut bien amorcer la pompe et créer des espaces pour elles. Dans ce domaine, la vigilance des partis et une démarche volontariste sont essentielles.
Q - Quelles solutions préconisez-vous ?
R - On doit travailler sur tous les maillons et agir aussi sur les exécutifs locaux pour constituer ce même vivier de femmes sur le terrain, qui, à leur tour, mettront la pression. Dans les départements de moins de quatre sénateurs, pourquoi ne pas instaurer à l'avenir une mixité entre candidat et suppléant ? Enfin, on pourrait réfléchir à une façon d'appliquer la parité au sein même de l'exécutif sénatorial en attribuant aux femmes des présidences de commission et des vice-présidences. Ce serait sans doute la marque d'une vraie entrée dans la modernité.
Propos recueillis par Laure Equy
source http://www.le-nouveaucentre.org, le 2 septembre 2008
"Le changement de fonctionnement du Sénat passera par sa féminisation"
Q - Vous comptez interpeller les candidats à la candidature pour la présidence du Sénat, sur la question de la parité. Pourquoi ?
R - Les sénatoriales sont l'occasion de rappeler que le changement de fonctionnement et d'image du Sénat passera par sa féminisation. Aujourd'hui, les femmes sont 60 sur 330 sénateurs. Aucune ne préside une commission, et elles ne sont que quatre au bureau du Sénat : une vice-présidente, proposée par le groupe socialiste [Michèle André, ndlr] et trois secrétaires. Ce serait un geste fort du prochain président du Sénat de faire figurer des femmes en haut de la pyramide.
Q - La loi sur la parité n'a-t-elle pas permis des avancées ?
R - En 1998, lorsque 102 sièges étaient renouvelables, seules trois femmes avaient été élues. Cela montre combien la loi du 6 juin 2000 sur la parité était nécessaire. Elle a introduit la proportionnelle paritaire dans les départements d'au moins quatre sénateurs, avec des listes alternant hommes et femmes. Et, dès 2001, on a pu mesurer les progrès en termes de féminisation et de rajeunissement. Cela a permis de croiser les regards et d'aborder autrement les sujets, en particulier sociétaux. Plus les jeunes et les femmes seront nombreux au Sénat, plus on se rapprochera de la réalité du pays. Mais dans les «petits» départements, le scrutin reste majoritaire, sans règle paritaire. Il faudra là aussi réfléchir et le faire évoluer.
Q - Les partis sont-ils sensibles à cet argument ?
R - Oui. On est dans une phase de montée en puissance, mais c'est un travail difficile. Dans les départements, on a souvent un vivier d'hommes occupant depuis longtemps des responsabilités locales. Ces élus de terrain ont une légitimité à se porter candidats aux sénatoriales, et il n'est pas évident de leur demander de laisser leur place aux femmes. Mais il faut bien amorcer la pompe et créer des espaces pour elles. Dans ce domaine, la vigilance des partis et une démarche volontariste sont essentielles.
Q - Quelles solutions préconisez-vous ?
R - On doit travailler sur tous les maillons et agir aussi sur les exécutifs locaux pour constituer ce même vivier de femmes sur le terrain, qui, à leur tour, mettront la pression. Dans les départements de moins de quatre sénateurs, pourquoi ne pas instaurer à l'avenir une mixité entre candidat et suppléant ? Enfin, on pourrait réfléchir à une façon d'appliquer la parité au sein même de l'exécutif sénatorial en attribuant aux femmes des présidences de commission et des vice-présidences. Ce serait sans doute la marque d'une vraie entrée dans la modernité.
Propos recueillis par Laure Equy
source http://www.le-nouveaucentre.org, le 2 septembre 2008