Interview de M. François Fillon, Premier ministre, à RTL le 19 février 2009, sur la situation en Guadeloupe et sur le sommet social.

Texte intégral

A. Duhamel : Bonjour Monsieur le Premier ministre.
 
Bonjour A. Duhamel. Bonjour A. Ventura.
 
A. Duhamel : On va vous interroger évidemment d'abord sur la Guadeloupe, puis, sur le sommet social. En ce qui concerne la Guadeloupe, cette nuit, il y a encore eu des tirs à balles réelles contre les forces de l'ordre. Vous envoyez quatre escadrons de gendarmerie en renfort, les tensions sur place sont extrêmes. Est-ce que vous avez les moyens de mettre fin aux affrontements ?
 
D'abord, il faut dire que cette crise, c'est une crise grave, profonde, qui n'est pas récente, et qui est liée à l'atonie de l'économie des Antilles, aggravée en plus par la crise économique mondiale. Et pour répondre à cette crise, le gouvernement n'a pas attendu ces événements, puisque une loi de programmation sur l'Outre-Mer est en préparation, elle va être débattue au Parlement dans les prochains jours, elle a été préparée depuis plus d'un an, et nous cherchons donc à apporter des réponses de fond à des situations qui sont des situations qui sont très différentes de celles de la métropole.
 
A. Duhamel : Mais sur les affrontements aujourd'hui ?
 
Mais, nous avons un mouvement social qui est né. L'Etat discute depuis le premier jour avec le collectif qui a été constitué. il y a eu des demandes très importantes qui ont été faites par ce collectif, auxquelles l'Etat a répondu dans la quasi-totalité des cas ; il y a 131 demandes qui ont été satisfaites. Aujourd'hui, il y a une situation de violence qui n'est pas acceptable...
 
A. Ventura : Cela vous inquiète ?
 
...Et qui justifie l'envoi de moyens de forces de l'ordre supplémentaires, parce que la responsabilité du Gouvernement, c'est naturellement de maintenir le dialogue et d'arriver à une solution, mais c'est aussi d'assurer la sécurité sur l'île, à la Guadeloupe, aux Antilles, et nous ne pouvons pas accepter ce qui s'est passé, il y a eu mort d'homme, il y a eu - il faut le dire - un crime qui a été commis, un crime qui a été commis par des délinquants...
 
A. Duhamel : Alors justement, sur ce crime, vous êtes absolument formel, les forces de l'ordre n'y sont pour rien ?
 
Absolument. La balle qui a été retrouvée est une balle qui sert à chasser le sanglier, c'était un lieu où il n'y avait pas de forces de l'ordre. L'enquête dira les choses naturellement, mais les forces de l'ordre ne sont pas du tout impliquées dans cette opération. Vous savez, quand... pendant plusieurs semaines, on a eu un mouvement social qui était un mouvement social dur, mais qui était un mouvement social, qui était un mouvement normal...
 
A A. Ventura : Est-ce que vous estimez que les syndicats attisent la violence ?
 
A partir du moment où on barre les rues, à partir du moment où on sort du cadre légal, on attise la violence, on prend la responsabilité de la violence...
 
A. Ventura : Les syndicats attisent la violence, les collectifs, sur place...
 
Ceux qui barrent les rues, ceux qui empêchent la circulation de se dérouler, ceux qui attaquent les commerçants qui veulent ouvrir leur magasin...
 
A. Ventura : Ils sont responsables ?
 
Bien entendu. Et c'est pour ça que depuis plusieurs jours, j'appelle à retrouver la négociation normale, qu'il y ait une grève générale, qu'il y ait des manifestations, ce sont les moyens normaux d'expression dans une démocratie, barrer les routes, attaquer les commerçants, ce n'est pas la démocratie.
 
A. Ventura : Est-ce que vous allez vous rendre sur place, en Guadeloupe ?
 
La question n'est pas de savoir si je dois me rendre sur place ou pas, je me rendrai sur place...
 
A. Ventura : Quand même !
 
Si c'est utile, je me rendrai sur place...
 
A. Ventura : Ce n'est pas utile ?
 
Si cela permet d'obtenir un accord. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer a passé dix jours sur place - dix jours sur place ! - sans parvenir à calmer la situation. Pourquoi ? Parce que, pour négocier, il faut être deux. Négocier, cela ne veut pas dire accepter toutes les conditions qui sont posées par la partie qui est en face, c'est-à-dire en l'occurrence par le collectif. Je disais tout à l'heure qu'on avait satisfait 131 demandes. Est-ce que vous savez, est-ce que les auditeurs de RTL savent qu'aujourd'hui, avec les accords qui ont déjà été passés, l'essence par exemple est moins chère en Guadeloupe qu'en métropole ? Je n'ai pas souvent entendu dire ça...
 
A. Ventura : Ça, on l'a dit souvent, si, on l'a dit...
 
Il y a eu des avancées considérables. Il reste un sujet de négociation qui est la question des salaires. C'est vrai...
 
A. Duhamel : Là-dessus, il y a eu évidemment un pataquès, il faut dire les choses, le fait que, à la fois, vous ayez rappelé Y. Jégo, le secrétaire d'Etat d'Outre-Mer, qui était sur place, et d'autre part, que les syndicats en tout cas ont compris qu'il y avait un accord de principe du Gouvernement, et puis, ont eu le sentiment que cet accord était ensuite retiré, et...
 
A. Ventura : Un peu de retard à l'allumage... A. Duhamel : Où est l'erreur ?
 
Personne de sincère ne peut penser que c'est à l'Etat de compenser les augmentations de salaires dans le secteur privé.
 
A. Duhamel : Mais pourquoi est-ce qu'ils l'ont cru alors ?
 
200 euros d'augmentation de salaire...
 
A. Ventura : Il y a eu un préaccord...
 
...Qui sont réclamés par le collectif. Je ne porte pas de jugement sur cette demande, même si naturellement, elle n'est pas facile à satisfaire. Comment peut-on penser que l'Etat pourrait compenser l'augmentation des salaires dans les entreprises privées. Personne naturellement. Il n'y a pas une personne sensée...
 
A. Ventura : Vous n'avez jamais rien promis ?
 
Bien sûr que non, il n'y a jamais eu d'engagement de l'Etat. Le secrétaire d'Etat s'est exprimé sur cette situation, il y a eu des pistes qui ont été évoquées dans une négociation longue, durant une nuit entière...
 
A. Ventura : Et pourquoi vous avez rappelé si vite Y Jégo alors ?
 
Parce qu'il y avait besoin d'une discussion avec l'ensemble des membres du gouvernement qui sont concernés par les affaire de la Guadeloupe. Au fond, la Guadeloupe, ce n'est pas l'affaire seulement du secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer. C'est un territoire français, sur lequel il y a des problèmes d'éducation qui se posent, il y a des problèmes de santé qui se posent. Il fallait que nous puissions mettre en fonction l'ensemble des dispositions qui ont été acceptées, les 131 dispositions, et je dis clairement que sur cette question des salaires, j'ai indiqué tout de suite qu'il n'était pas possible que l'Etat se substitue aux entreprises privées. Mais pour autant...
 
A. Duhamel : A travers des allègements de charges ?
 
Des allègements de charges, il y en a déjà beaucoup aux Antilles, et la loi...
 
A. Duhamel : Non, mais, de façon comparable...
 
Et la loi sur l'Outre-Mer, qui est en cours de discussion, prévoit ce que l'on appelle une zone franche globale, c'est-à-dire de mettre quasiment l'ensemble du territoire des Antilles, et pas seulement des Antilles, en situation de ne pas payer un certain nombre de charges et d'impôts. Mais pour autant, l'Etat ne s'est pas du tout désengagé de cette discussion, puisque j'ai installé sur place deux médiateurs qui ont continué à travailler sans arrêt pendant toute cette période, y compris au cours de ces derniers jours.
 
A. Ventura : Vous avez réagi un peu tard !
 
Non, non, depuis le premier jour, l'Etat est au travail, mais on ne peut pas satisfaire des revendications qui sont des revendications qui ne sont pas du ressort de l'Etat. Alors, cette nuit, les médiateurs ont, après de nombreux contacts avec le collectif et avec le patronat... Vous savez, on est dans une île où les gens ne se parlent pas, où il n'y a pas de dialogue social, on a réussi à mettre sur pied une proposition que je vais valider dans les prochaines minutes, et qui sera soumise au patronat et au collectif dès le début de la matinée, en Guadeloupe, et qui permet de s'approcher, même si on ne l'atteint pas, naturellement, mais de s'approcher très près des objectifs financiers, des objectifs quantifiés que réclame le collectif.
 
A. Ventura : Combien ?
 
On ne peut pas répondre à cette question comme ça, parce que ça dépend... Au fond, on arrive avec l'ensemble des dispositifs qui ont été imaginés à quelque chose qui est proche des 200 euros, mais pour les bas salaires, et en particulier, en utilisant - de manière...
 
A. Ventura : Donc, c'est ce que N. Sarkozy va annoncer aux élus d'Outre-Mer...
 
... De manière spécifique pour l'Outre-Mer - le revenu de solidarité active qui sera anticipé, qui sera calculé différemment, et qui permettra, je l'espère, de répondre à la revendication sur la vie chère aux Antilles. Je veux simplement ajouter un dernier point, c'est que, il faut aussi que, on comprenne que la revendication d'augmentation de tous les salaires est incompatible avec l'autre revendication qui est de lutter contre le chômage sur l'île. Ce n'est pas non plus en augmentant, de façon démesurée, tous les salaires aux Antilles, qu'on va résoudre le problème majeur des Antilles, qui est que, une grande partie de la population, et en particulier les jeunes, est au chômage.
 
A. Duhamel : Venons-en maintenant au sommet social d'hier. A la sortie, les syndicats se sont dits insatisfaits, déçus. Ils trouvaient qu'il n'y avait pas assez, ils maintiennent leur journée d'action le 19 mars. Est-ce que vous avez le sentiment qu'il y a une part de posture ou bien est-ce que vous craignez qu'il y ait un vrai grand conflit social ?
 
D'abord il y a un dialogue social dans notre pays qui est une réalité. C'est une réalité parce qu'il y a rarement eu autant d'accords signés. Je rappelle que depuis un an, il y a quatre grands accords qui ont été signé par les partenaires sociaux, le dernier en date étant celui sur l'assurance chômage et celui sur la formation professionnelle. Et puis il n'y a jamais eu autant de dialogues directs, notamment entre le chef de l'Etat et le gouvernement et les organisations syndicales. Hier, on a passé quatre heures ensemble, dans un climat qui était un climat extrêmement constructif. Naturellement, toutes les demandes des organisations syndicales...
 
A. Duhamel : Constructif de tous les côtés ?
 
Oui, constructif de tous les côtés. Je veux dire par là qu'on a vu, ce matin d'ailleurs et hier soir, que les organisations syndicales reconnaissaient qu'il y avait un certain nombre d'avancées par rapport aux propositions qu'ils ont faites. Il y a des propositions qui ont été faites par le chef de l'Etat hier qui sont des propositions qui viennent des organisations syndicales. Je pense au fonds d'investissement social qui avait été beaucoup porté par la CFDT. Maintenant qu'il y ait encore des désaccords entre nous, c'est normal. Nous n'avons pas la même responsabilité. Le Gouvernement, le président de la République, on a une responsabilité globale, on a une responsabilité de préparation de l'avenir. Il y a eu une discussion hier qui a été une discussion franche et je pense que les organisations syndicales ont, non seulement obtenu un certain nombre de choses qu'elles souhaitaient, notamment sur la formation professionnelle, mais elles vont aussi pouvoir continuer à discuter parce que cette réunion n'est pas un aboutissement, c'est une étape et nous allons, pendant les prochaines semaines, débattre d'un certain nombre de sujets qui ont été mis sur la table par le président de la République comme la question du partage de la valeur.
 
A. Duhamel : Vous êtes plutôt satisfait de la façon dont ça s'est passé hier ?
 
Oui, je suis satisfait de voir qu'il y a dans notre pays un dialogue constructif, un dialogue républicain, qui est absolument indispensable dans une période qui est une période de crise grave, où chacun doit faire un effort pour aller vers l'autre, pour sortir l'économie française de l'ornière dans laquelle elle se trouve.
 
A. Ventura : Alors, vous aviez annoncé une enveloppe au départ d'1,4 milliard et puis, je ne sais pas par quel miracle, on en est arrivé à 2,6 milliards - c'est presque le double. Alors soudain on a de l'argent dans les caisses vides de l'Etat ?
 
Non, d'abord l'argent est rare et, pour l'essentiel, il s'agit d'argent que l'on emprunte et qu'il faudra que les générations futures remboursent. C'est la raison pour laquelle certaines demandes - je pense en particulier à celles qui émanent de l'opposition et qui viseraient à arroser la consommation - sont des demandes qui ne sont pas responsables. Nous, ce que nous essayons de faire, c'est de faire en sorte que chaque euro que nous allons emprunter en plus, qui vont creuser le déficit, pour lutter contre la crise, soit des euros investis dans l'avenir.
 
A. Ventura : Mais là, d'où vient l'argent ?
 
On est en train de creuser la dette dans notre pays. Il ne faut pas se raconter d'histoire, on est dans un pays qui est endetté et qui est en déficit depuis 34 ans.
 
A. Duhamel : Autrement dit, là, vous distribuez des primes à crédit en fait ?
 
Non, on investit sur l'avenir pour sortir plus vite de la crise. L'essentiel du plan de relance est un plan qui se traduit par des investissements qui vont améliorer la compétitivité de l'économie française. Il fallait ajouter à ce plan, et d'ailleurs on le fait depuis le début de la crise avec le revenu de solidarité active, avec la prime à la cuve, avec la prime de solidarité active, on a compensé cette fois-ci des mesures de justice parce que dans cette crise, il y a des Français qui vont être victimes, il y a des Français qui vont être plus victimes que d'autres, ce sont ceux qui vont perdre leur emploi. Et donc on a décidé avec le président de la République de mettre le paquet sur l'indemnisation du chômage, du chômage partiel, sur les mesures de formation, sur l'aide à ceux qui vont perdre leur emploi, et en même temps, on a voulu des mesures de justice pour ceux au fond qui n'ont jamais droit à rien, c'est-à-dire les classes moyennes, les revenus modestes.
 
A. Ventura : Mesures sociales...
 
Ce ne sont pas des mesures sociales...
 
A. Ventura : C'est tabou, vous n'arrivez pas à dire ce mot ?
 
Parce que ça n'a pas de sens. Ce sont des mesures de justice. Il faut être juste.
 
A. Duhamel : Il faut dire les choses carrément, il y a un débat, en France notamment sur le fait de faire une relance par l'investissement ou une relance par la consommation. Le gouvernement, vous-même, N. Sarkozy vous dites : "on fait de la relance par l'investissement". Les mesures qui ont été annoncées hier sont typiquement, toutes, des mesures de relance par la consommation. Ce n'est pas forcément mal en soi, mais c'est différent de votre thèse officielle.
 
Ce ne sont pas des mesures de relance par la consommation, ce sont des mesures de justice.
 
A. Duhamel : Est-ce que ça, ce n'est pas ce que l'on appelle une litote ?
 
Non, parce que ce n'est pas exactement la même chose. Il s'agit d'aider ceux qui en ont besoin. Les mesures de relance par la consommation générale, c'est, je ne sais pas, la baisse de la TVA par exemple.
 
A. Duhamel : Ce sont des mesures de relance intelligentes par la consommation ?
 
Ce sont des mesures qui visent, dans une crise qui est une crise profonde, à prendre des décisions justes pour que les Français n'aient pas le sentiment que ce sont ceux qui sont en bas de l'échelle qui paient pour ceux qui ont pris des décisions qui sont pour une part à l'origine de cette crise. Le débat sur la relance par la consommation ou la relance par l'investissement est aussi un peu théorique parce que beaucoup de décisions que nous avons prises depuis 18 mois contribuent au soutien à la consommation. quand on a baissé les impôts, ce sont des mesures qui contribuent au soutien à la consommation. Je voudrais terminer en ajoutant un point, c'est qu'il faut aussi regarder la réalité de l'économie française et la réalité des économies européennes. Il se trouve qu'au quatrième trimestre, la consommation dans notre pays a augmenté de 0,5 %, sans que nous ayons pris les mesures qui nous sont suggérées par l'opposition et qui viendraient, alors là cette fois ci creuser de façon très sérieuse le déficit sans qu'il y a ait le moindre retour en terme d'amélioration de la compétitivité de l'économie. Donc aujourd'hui compte tenu de la façon dont la consommation tient dans notre pays, par rapport à la situation en Grande Bretagne ou dans d'autres pays européens, il est normal que l'essentiel de l'effort soit un effort sur l'investissement.
 
A. Ventura : F. Fillon, vous nous avez parlé donc de ce fonds d'investissement social doté de 2,5 à 3 milliards d'euros, à moitié financé par l'Etat, exactement. C'est pour qui, c'est pour quoi ? Est-ce que c'est un fonds anti-chômage ?
 
C'est un fonds qui vise à mettre en oeuvre des politiques qui ne sont pas aujourd'hui dans la panoplie des outils que nous avons pour lutter contre le chômage, et qui sont essentiellement des politiques de formation. Au fond, il s'agit, dans des bassins d'emploi en difficulté, lorsqu'il y a des difficultés dans telle ou telle entreprise, de mettre en oeuvre des mesures spécifiques, adaptées à la situation de ces bassins d'emploi ou de ces entreprises, faisant largement appel à la formation. Au fond, c'est d'ailleurs l'idée que nous poursuivons depuis le début du quinquennat de N. Sarkozy, cette idée de la flex-sécurité, mais avec une crise qui rend les mesures encore plus nécessaires que jamais. Quand quelqu'un perd son emploi ou est au chômage partiel pour des raisons qui sont liées à la situation économique, nous voulons utiliser le temps disponible pour faire de la formation, pour améliorer les capacités des salariés français, pour leur permettre d'apprendre des nouveaux métiers, et avec ce fonds, on aura un instrument, si vous voulez, qui est un instrument souple, qui permettra de l'innovation.
 
A. Duhamel : Dernière question, N. Sarkozy a lancé le thème du partage du profit, Hier, cela a été abordé, mais je crois de façon assez conflictuelle entre madame Parisot et B. Thibault. Est-ce que vous pouvez - mais en quelques mots - nous expliquer du partage de quoi il s'agit réellement, et quelles sont les perspectives ?
 
La question est simple au fond. Nous avons, notamment en raison des 35h, une politique salariale qui est une politique de négociations salariales, qui n'est pas extrêmement active dans notre pays. Et d'un autre côté, les Français voient, à tort ou à raison, que les grandes entreprises, en particulier, font des profits très importants, et distribuent des dividendes qui semblent des dividendes considérables...
 
A. Duhamel : Alors, que pouvez-vous faire ?
 
Alors, ce qu'on a d'abord décidé, c'est de demander à un expert de faire une analyse sur la réalité de ces chiffres, et sur la réalité des situations en France, et dans les autres pays européens. B. Thibault, hier, par exemple, indiquait que, en France, la part de dividendes distribuée avait augmenté par rapport aux salaires ; madame Parisot le conteste. On va d'abord mettre tous ces chiffres sur la table. Et puis ensuite, on va discuter de la question de savoir comment les salariés peuvent être mieux intéressés à la répartition des profits, à travers l'intéressement, à travers des mesures de participation, qui sont des mesures de justice.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 19 février 2009