Discours de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, sur l'aide de la France à l'Afrique et l'allégement de la dette en faveur des PPTE (pays pauvres très endettés), Abidjan, 25 avril 2001.

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Circonstance : Ouverture de la réunion des ministres des finances de la zone franc, à Abidjan, le 25 avril 2001

Texte intégral

Monsieur le Président de la République,
Messieurs les Ministres,
Messieurs les Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les experts,
Chers amis.
Laissez-moi vous dire le plaisir de vous retrouver à Abidjan pour cette nouvelle réunion de la zone franc. Un plaisir accru par la présence parmi nous de Laurent Fabius. C'est la première réunion de l'année 2001 et nous avons tous souhaité qu'elle se tienne ici, à Abidjan, pour témoigner de notre confiance dans l'avenir de la Côte d'Ivoire. Pour ce qui me concerne, c'est ma huitième réunion de la zone franc et je veux vous dire que c'est toujours avec le même intérêt que j'y participe.
Ces réunions ont le mérite de nous aider à faire le point et à affiner nos réflexions sur les moyens les plus adaptés de faire progresser notre coopération monétaire et financière dans le but de promouvoir le développement.
Je note d'ailleurs que vos débats, hier, lors de la réunion des experts, ont largement fait place à des sujets qui me tiennent particulièrement à cur : les Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) et l'initiative PPTE.
Nous avons une conscience aiguë de l'importance des Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'en décembre 2000, j'ai signé une décision pour une subvention de 15 MFF du Fonds de solidarité prioritaire destinée à apporter un appui à l'élaboration des Cadres stratégiques aux pays de la ZSP concernés.
En ce qui concerne l'initiative sur la dette, comme vous le savez, la France consent un effort important en faveur des pays concernés. Aux 2 milliards d'euros de l'initiative proprement dite, s'ajoute l'effort bilatéral français, soit 4,7 milliards d'euros. En outre, ainsi que l'a annoncé le président Chirac à Yaoundé, la France a décidé d'accélérer une partie des allégements de dette dus à PPTE. Cette mesure devrait conduire à une annulation anticipée d'environ 500 millions d'euros.

Mais l'implication de la France, vous le savez bien, n'est pas que financière. Nous y reviendrons plus tard dans la journée ; une de nos priorités est aussi de renforcer le rôle de la société civile, ONG et collectivités locales, tant au Nord qu'au Sud. Et pour cela, nous avons voulu les associer étroitement dans nos réflexions sur l'élaboration des contrats désendettement-développement, nous en reparlerons dans quelques instants. Mais je voudrais, concluant ce propos, vous redire la volonté de la France d'être aux côtés de l'Afrique et singulièrement des pays africains auxquels nous lie une longue, parfois difficile mais riche histoire. Je regrette que certains, parfois cultivant la nostalgie d'une époque révolue, oublient cette réalité ; mais je vous sais trop conscients précisément de la réalité des relations entre la France et l'Afrique pour savoir que vous êtes de ceux qui en mesurez l'importance et souhaitez comme nous non seulement la poursuivre mais la renforcer.
Je vous remercie.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 2 mai 2001)