Déclaration de Mme Rama Yade, secrétaire d'Etat aux sports, sur le projet de développement du dispositif "Guyane, base avancée 2014-2016", notamment la place du sport dans les collectivités d'outre-mer, Paris le 1er octobre 2010.

Intervenant(s) :

Circonstance : Installation du collège des amabassadeurs sportifs de la Guyane à Paris le 1er octobre 2010

Prononcé le 1er octobre 2010

Texte intégral


Merci, Monsieur Jean - Gilles Assard, pour vos mots d'accueil et de présentation. Merci à vous toutes et à vous tous Mesdames et Messieurs les Parlementaires et Elus de la Guyane, Mesdames et Messieurs les représentants du mouvement sportif, Mesdames et Messieurs les représentants des services territoriaux de l'Etat en Guyane autour du préfet de région, et des administrations centrales d'avoir fait le chemin jusqu'à l'avenue de France Merci aussi aux sportifs de Guyane, qui ont bien voulu accepter d'être partie prenante de ce défi que constitue le projet « Guyane, base avancée 2014-2016 ». Merci à Marie-Luce Penchard, Ministre chargée de l'Outre-mer, d'être venue aussi, car nous travaillons main dans la main, pour donner toute sa place au sport dans les régions et collectivités d'Outre-mer. Cette coopération entre nos deux Départements ministériels, nous l'avons, chère Marie-Luce, d'emblée, mise au service de ce projet visant à faire de la Guyane, la base avancée pour la préparation des équipes qui le souhaiteraient, en vue du Mondial de football que le Brésil organisera en 2014 et des jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016. Avant de m'adresser aux Collèges des Ambassadeurs, Cher Bernard Lama, car, c'est bien pour procéder à son installation officielle que nous sommes ici, permettez-moi de rappeler pourquoi ces deux événements sportifs internationaux sont apparus comme une extraordinaire opportunité pour ce département d'Outre-mer en terre d'Amérique. Et pourquoi, dès que cette idée, venue de Guyane, lui a été présentée, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a décidé de lui donner corps et de vous assurer du soutien sans faille de l'Etat pour sa concrétisation. Sur la base de la feuille de route confiée au Préfet de Guyane, Monsieur Daniel Ferey, par nos deux directeurs de cabinet, un travail intelligent fait de conviction, d'attention, d'explication, de mobilisation a permis , grâce aux concours de tous, de passer, dans un délai finalement très rapide, de l'idée à l'action. Merci à vous pour cela, Monsieur le Préfet.
? 3 ENJEUX MAJEURS EXPLIQUENT CETTE VOLONTE COLLECTIVE DE PORTER ENSEMBLE UN TEL PROJET.
Un enjeu de cohérence d'abord, avec la conviction que le développement des Outre-mer doit aujourd'hui s'inscrire davantage dans son environnement territorial..Comment aurions-nous pu, mesdames et messieurs les Elus de Guyane, ignorer à cet égard la dynamique extraordinaire de développement que recèle, pour la Guyane et pour la France, sa proximité avec ce grand pays, le Brésil, qu'il faudra bien qu'on cesse un jour d'appeler « émergent » ? Car, s'il est un domaine où le Brésil n'est plus dans l'émergence, et depuis longtemps, c'est bien le sport, et plus encore, le football. Ce ne sont pas les représentants de la FIFA et de la fédération française de football, dont je salue les représentants autour du Président Fernand DUCHAUSSOY, qui vont me démentir ! Le deuxième enjeu est celui du sport en Guyane, qui doit trouver dans le projet « Base avancée » un levier privilégié pour assurer toute la place qui lui revient dans la vie sociale, économique, éducative de ce territoire français d'Outre-mer. Les Etats généraux de l'Outre-mer ont montré combien le sport constituait une aspiration forte pour l'ensemble des ultra-marins. Une aspiration d'autant plus forte que l'offre sportive outre-mer est malheureusement significativement inférieure à ce qui est constaté sur le reste du territoire. Les sportifs de haut niveau qui ont accepté de constituer le « Collège des ambassadeurs sportifs de la Guyane » sont à la fois l'illustration du potentiel incroyable de l'Outre-mer dans le domaine du haut-niveau, mais aussi, si chacun nous contait son parcours, l'expression de la multitude des contraintes, des obstacles qu'ils ont dû lever... Je suis fière d'avoir été celle, avec Marie-Luce Penchard, qui a contribué à ce que le volet « sport » du Comité interministériel de l'Outre-mer en novembre dernier, valide ce diagnostic lucide et sans complaisance et qu'il pose les bases solides de consolidation du sport et du mouvement sportif outre-mer. C'était une exigence, une exigence d'égalité des chances, n'est-ce pas Cher Patrick Karam, cher délégué interministériel. C'est le mandat que m'a donné le président de la République et la barre sera tenue. Le troisième enjeu va bien au-delà du seul périmètre du sport. Pour être cette base avancée des grandes échéances sportives de 2014 et de 2016 au Brésil, la Guyane doit prendre à bras le corps et résoudre, dans un délai très contraint, un ensemble de problèmes, d'infrastructures touristiques, de transports aériens, routiers, fluviaux, avec tous ce qui en découle en termes d'images, de communication, de stratégie touristique. Sans oublier la formation des hommes et des femmes de Guyane, vers laquelle tout converge : le Conseil régional, cher Rodolphe Alexandre, a , dans ce domaine de la formation des responsabilités importantes et une vocation de chef de file avec les socioprofessionnels, les acteurs du système éducatif et l'ensemble des services de l'Etat. Et, je sais combien vous vous y attachez ;
? BREF, TOUT CELA REQUIERT UNE FORMIDABLE MOBILISATION DE TOUS LES ACTEURS DE LA GUYANE.
Il n'est demandé à personne de renoncer à ses convictions ou d'intervenir dans des domaines qui ne sont pas de son champ de compétence. En revanche, comme je vous l'ai dit à l'occasion de mes deux déplacements à Cayenne, en décembre et février dernier, pour préparer avec vous tout ce dispositif, rien ne se fera sans une mobilisation de tous les acteurs de la Guyane. Un protocole d'accord pour la mise en place d'un G-I-P va être signé à l'issue de cette manifestation, entre le préfet, au nom de l'Etat, la région, le département, le CNES et auquel s'associeront, le Comité régional olympique et sportif, la chambre de commerce et d'industrie, l'association des Maires de Guyane et d'autres encore probablement. Ce protocole est la marque de l'unité et de la coopération de toutes les forces vives de la GUYANE pour réussir le défi de la Base avancée. Que tous ceux qui ont oeuvré et portent cette dynamique de mobilisation en soient très sincèrement remerciés. Un mot maintenant pour rappeler les autres étages du dispositif « base avancée ». La fusée dispose depuis le 1er juin, de son directeur de projet, en la personne de Marc le Mercier, haut-fonctionnaire placé auprès du préfet et demain du GIP, pour s'assurer que les plans de vol sont bons et, pour paraphraser le Centre spatial Guyanais, que tout est « nominal » ! Au niveau national, avec Marie-Luce Penchard, nous avons installé une mission nationale d'expertise et d'appui. Luc Pétrequin, Inspecteur général de la jeunesse et des sports, a la charge de la coordonner et de l'animer. Il sait qu'il peut compter sur l'engagement de nos deux cabinets, mais aussi de celui du Tourisme, secteur dont j'ai souligné il y a un instant l'importance. La mission nationale d'expertise et d'appui ne décidera de rien : elle sera au service de tous les décideurs, en Guyane et au plan national, qui souhaiteront son éclairage, voire son arbitrage, quand des choix seront à faire. Et, il y en aura, car, autant ce projet Base Avancée constitue une véritable chance pour la Guyane, autant nous serions critiquables si nous laissions à penser que tout sera possible. Savoir choisir, c'est d'abord pouvoir se donner les moyens d'agir et l'une des clefs de la réussite ! Le troisième étage de la fusée, celui qui assure la mise en orbite, c'est bien le Collège des Ambassadeurs sportifs de la Guyane. Ce collège est composé de tous les sportifs de haut niveau qui ont écrit une page, un chapitre, pour certains d'entre eux, un livre entier de l'histoire de l'excellence sportive de la Guyane et de la France Bernard Lama a accepté d'animer ce collège des Ambassadeurs, qui sera l'image du projet « Guyane, base avancée ». Notamment auprès du mouvement sportif et olympique national, le CNOSF, dont je salue le représentant du président Denis Masséglia, aux côtés de ses collègues des fédérations, et auprès des instances internationales, qu'il s'agisse du CIO, ou de la FIFA. Il nous a semblé essentiel, en effet, à Marie-Luce Penchard et à moi, que les sportifs de haut niveau soient aussi le symbole de ce défi collectif au service de toute la Guyane. Merci donc à vous, Cher Bernard Lama, merci à vous chère Malia Metella, chère Lucie Decosse et tous les autres qu'il serait juste de citer un à un, d'avoir accepté de mettre votre image, votre énergie, votre amour de la Guyane et tout ce que le sport vous a apporté, au service de cette ambition. Soyez toutes et tous assurés de mon soutien personnel, de celui de mon cabinet, de tous les services de ce Ministère chargé des sports pour la réussite de ce projet, « Guyane, Base avancée ». Je forme avec vous tous le voeu qu'il soit l'expression et la concrétisation des immenses potentialités dont la Guyane, terre française en Amérique, dont le clip de RFO Guyane -merci Monsieur le directeur régional- nous a donné un alléchant aperçu. Je vous remercie.
Source http://www.sports.gouv.fr, le 7 octobre 2010