Texte intégral
Monsieur le Député, vous évoquez la question de la Hongrie. Dans ce contexte, vous accusez et lEurope, et la France dimmobilisme.
Vous avez raison daffirmer quêtre européen, ce nest pas uniquement appartenir à une union économique ou financière. Cest partager des valeurs, comme le rappelle dailleurs larticle 2 du Traité sur lUnion européenne, qui affirme notre attachement à la démocratie, à la liberté, aux droits de lHomme, à la justice.
Vous avez rappelé que M. Alain Juppé, ministre dÉtat, avait, lui, évoqué le problème ; il a également proposé au gouvernement hongrois de participer à un groupe de travail pour voir comment on pourrait modifier la Constitution et les lois qui posent problème.
Je recevrai la semaine prochaine M. le secrétaire dÉtat aux Affaires étrangères du gouvernement hongrois, pour discuter avec lui, dans un langage de vérité, des questions que vous avez évoquées.
Enfin, cest la Commission européenne qui est gardienne des traités. Cest à elle de réagir, ce quelle fait. Elle va envoyer trois lettres de rappel à la Hongrie, portant sur le statut des juges, sur le respect des données personnelles et sur le statut de la Banque centrale. Cest à elle de proposer un certain nombre de sanctions si aucune réponse ne venait de la part de la Hongrie.
Vous le voyez donc, Monsieur le Député, et la France, et lEurope réagissent, dans le cadre de la loi et des traités, pour faire respecter ce à quoi nous sommes tous attachés : la démocratie, la liberté et les droits de lHomme.
Monsieur le Député, je suis désolé de vous décevoir en répondant une fois de plus à la question que vous évoquez.
Votre inquiétude vis-à-vis de la situation en Hongrie est légitime. Le problème est de savoir comment on agit, et de quelle façon, afin que cela soit le plus efficace possible, et surtout de faire en sorte que les lois et la Constitution hongroises soient conformes aux traités qui ont été signés dans lUnion européenne.
Dans ce cadre, vous le savez, M. Alain Juppé, ministre dÉtat, est intervenu, et je recevrai M. Nemeth la semaine prochaine pour évoquer lensemble de ces problèmes dans une concertation qui sera ouverte mais aussi empreinte de vérité.
Le deuxième élément majeur concerne laction que peut mener la Commission. Cest la Commission qui est gardienne des traités, cest elle qui peut agir et elle doit le faire. Elle a expliqué aujourdhui quelle adressait trois lettres de mise en demeure sur les éléments de la législation hongroise qui ne sont pas conformes aux traités.
Vous le savez, sur ce sujet, laction doit être équilibrée. La France doit être vigilante quant à la démocratie et au respect de lÉtat de droit. Elle doit mener une action de concertation vis-à-vis du gouvernement hongrois, dont je rappelle tout de même quil a été démocratiquement élu. Enfin, nous devons être solidaires du peuple hongrois, qui a vécu pendant longtemps sous le joug de lUnion soviétique dans un régime totalitaire communiste.
Aujourdhui, nous devons privilégier la démocratie, la concertation et la solidarité à légard de lensemble des peuples européens.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 janvier 2012