Déclaration de Mme Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication, sur les jeux vidéo et l'économie numérique, Paris le 4 avril 2013.

Texte intégral

Permettez-moi tout d’abord de remercier l’équipe de Quantic Dream, David Cage et Guillaume de Fondaumière, pour leur chaleureux accueil.
Je vous remercie également les uns et les autres d'assister au lancement du groupe de travail concernant le jeu vidéo qu’avec Fleur Pellerin, nous avons souhaité organiser, avec le concours actif d’Yves Guillemot Président d’Ubisoft, de Nicolas Gaume et de David Neichel en leur qualité respective de Présidents du SNJV et du SELL.
Nous venons de voir de passionnantes présentations illustrant les productions de Quantic Dream, Bulkypix, Pretty Simple, et Focus Home Interactive, et d’écouter nos futurs contributeurs au groupe de travail.
Ces présentations et ces propos, auxquels je me permets d’ajouter les défis que l’industrie du jeu vidéo a, déjà, à relever en France et que nous a rappelés Fleur Pellerin, nous amènent en effet à réfléchir collectivement à comment re-créer un nouvel élan.
Nos dispositifs fiscaux et de soutien à la création sont-ils ainsi toujours adaptés, quand la compétition est toujours plus vive à l’international et que de nouveaux modèles économiques relatifs à la conception de jeux dématérialisés viennent bousculer l’ensemble de la chaîne de production et de diffusion des jeux, et que les supports eux-mêmes convergent ?
Nous sommes aussi dans un secteur qui correspond parfaitement à cette ambition de redonner une place à la jeunesse dans notre pays et dans notre vie économique. Et je crois que les entreprises que vous nous avez montrées sont des entreprises dont certaines sont assez récentes, créées en leur temps par des jeunes entrepreneurs et qui emploient des jeunes. Les entreprises du secteur du jeu vidéo travaillent d'une manière différente en France, en recourant majoritairement à des contrats à durée indéterminée, à des niveaux de salaires plus adaptés aux niveaux de formation des jeunes.
Nous avons besoin d'entreprises comme les vôtres en France au XXIème siècle. Nous avons besoin de soutenir la créativité de vos entreprises.
Je suis très heureuse que nous puissions mettre en place ce groupe de travail et que nous le « marrainions », avec Fleur Pellerin.
Voilà certaines des questions auxquelles ce groupe de travail que nous installons, tachera de répondre, dans un calendrier que nous avons volontairement voulu assez court pour que nous soyons le plus réactif possible : fin de l’été pour les mesures éventuelles à caractère financières et fiscales, sinon fin de l’automne.
Vous le savez, j’ai confié à l’été dernier à Pierre Lescure que je tiens à saluer bien amicalement, une mission de réflexion sur un « acte 2 culturel à l’ère du numérique ». Ses conclusions qui me seront remises ce mois-ci couvriront également le secteur du jeu vidéo.
Vous savez l'importance que j'accorde à cette réflexion : nous avons un défi majeur à relever, qui consiste à ré-écrire, réinventer les outils de la politique culturelle en faveur des industries culturelles.
Ce travail de refondation est vital. Et il doit aussi s'attacher à prendre en compte les secteurs les plus innovants : parmi elles figure bien sûr le jeu vidéo.
Pleinement au croisement de la création, des pratiques culturelles des enjeux industriels que nous poursuivons.
Par conséquent, le groupe de travail examinera en premier lieu, les propositions que Pierre Lescure formulera.
De même, ce groupe dressera un état des lieux en région de la formation de nos talents qu’ils soient créateurs ou entrepreneurs.
Le groupe prendra également connaissance des conclusions de la mission que mon prédécesseur avait confiée à Philippe Chantepie, que je salue également, quant à la mise en oeuvre d’un régime juridique du jeu vidéo en droit d’auteur.
Enfin, et cela nous importe particulièrement, nous aurons à nous interroger sur les capacités de financement de nos entreprises, et sur le rôle que pourrait jouer en faveur des industries culturelles dont le jeu vidéo, la nouvelle Banque Publique d’Investissement (BPI) en lien avec l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (l’IFCIC) dont nous célébrerons prochainement les 30 ans.
Vous pouvez donc compter sur mon plein engagement et celui de mes services pour accompagner la réflexion de ce groupe de travail.
Je vous remercie de votre attention et me tiens à votre disposition pour répondre à questions éventuelles.

Source http://www.culturecommunication.gouv.fr, le 17 avril 2013