Déclaration de M. Alain Richard, ministre de la défense, sur la réorganisation et le renforcement des capacités d'accueil des écoles de formation de gendarmerie, Tulle le 16 juillet 2001.

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Circonstance : Visite de l'école de gendarmerie de Tulle, le 16 juillet 2001

Texte intégral

Monsieur le député,
Monsieur le président du conseil général,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
C'est avec un grand plaisir que je vous rencontre aujourd'hui à Tulle, dans cette école dont je connais toute l'importance pour la vie locale. Je suis particulièrement satisfait de pouvoir constater avec vous l'état d'avancement des importantes restructurations qui y sont actuellement conduites, car elles sont l'illustration de la priorité actuellement accordée à la formation dans la Gendarmerie.
Le programme d'extension de l'Ecole de gendarmerie de Tulle marque de façon tangible la pérennité de ce pôle d'activité. Il ouvre les perspectives d'un développement important, avec l'extension de sa capacité qui passera en moins de trois ans de 4 à 9 compagnies d'instruction.
Cette évolution s'inscrit dans un plan d'ensemble que nous avons voulu cohérent, le schéma directeur des écoles de la Gendarmerie, qui vise à répondre au défi que pose la formation dans un corps qui s'appuie avant tout sur la qualité de ses personnels. Cet enjeu n'est certes pas une nouveauté pour la Gendarmerie. La nécessité de disposer de personnels bien formés, d'approfondir leurs connaissances professionnelles tout au long de leur carrière, est une tradition ; mais deux évolutions importantes justifiaient que nous entreprenions une réforme.
Tout d'abord, la montée en puissance des effectifs de la Gendarmerie rend indispensable l'accroissement substantiel de la capacité d'accueil des écoles. La Gendarmerie voit ses charges augmenter régulièrement. Même si des gains de productivité notables ont été obtenus par une amélioration de la rationalité du travail dans les unités, une augmentation des effectifs est indispensable pour permettre aux personnels de rendre le service que nos concitoyens sont en droit d'attendre. Cette augmentation s'est traduite, notamment aux termes de la loi de programmation militaire qui arrive à son terme, par le remplacement des 12 000 gendarmes auxiliaires issus de la conscription par 16 000 gendarmes adjoints volontaires.
En outre, devant l'intensification de la charge des missions assurées par la Gendarmerie et afin d'accroître le temps libre des personnels, j'ai décidé il y a un peu plus d'un an de lancer un plan de renforcement portant sur 1 500 sous-officiers pour une période de trois ans. Les réflexions qui sont actuellement en cours au ministère de la Défense intègrent bien entendu cette nécessité, et l'augmentation du nombre de sous-officiers de gendarmerie devra se poursuivre dans les prochaines années.
A titre d'exemple, je me bornerai à rappeler que les écoles de formation qui ont reçu 2 100 élèves sous-officiers au cours de l'année 2000 en auront instruit 3 600 en 2001, et que 5 500 gendarmes adjoints volontaires auront été formés durant la seule année 2001.
Chacun comprend que l'augmentation du nombre des personnels en formation pose un problème de capacités d'accueil. S'agissant de l'Ecole de Tulle, la prise en compte de ce besoin se traduit par une restructuration de grande envergure des bâtiments existants et par la construction des logements nécessaires pour accueillir trois compagnies supplémentaires. Un hôtel cadres, un gymnase et plusieurs locaux de service viendront compléter les équipements du site de la Bachellerie. Ce programme ambitieux, qui sera achevé dès la fin de l'année prochaine, représente un investissement de 150 millions de francs.
L'emprise de l'Ecole de Tulle et les possibilités d'extension qu'elle offre constituaient un atout à valoriser. Le passage de 5 à 9 compagnies, en permettant de porter les effectifs à l'instruction de 500 à un millier, contribuera de façon substantielle à absorber les flux actuels et à venir.
En matière d'encadrement, l'effort doit également être à la hauteur des objectifs. Le système utilisé en Gendarmerie, qui combine les apports des formateurs affectés en école avec ceux des personnels détachés des unités opérationnelles, permet de conférer à l'instruction à la fois une grande cohérence pédagogique et un caractère d'adaptation directe au terrain. Il représente toutefois une charge non négligeable, dont il convient aujourd'hui de tenir compte quand des augmentations d'effectifs sont décidées.
Il était nécessaire de prendre l'ensemble de ces données en compte et d'accroître la capacité d'accueil des écoles de la Gendarmerie à hauteur des besoins. Mais cette nécessité s'accompagne d'un autre défi, qualitatif celui-là, puisqu'il concerne la diversification de la formation et l'attention toujours plus grande accordée à la formation continue et aux stages qualifiants.
La diversification des cursus est une tendance lourde dont les causes sont diverses. La composition des ressources humaines de la Gendarmerie a évolué depuis 1996, avec la montée en puissance du corps de soutien technique et administratif de la Gendarmerie dont les membres doivent recevoir la formation correspondant aux postes importants qui leurs sont confiés. S'agissant des gendarmes adjoints volontaires, il importe qu'ils bénéficient d'une formation adaptée à leurs attributions. Ils disposent en effet d'une compétence plus large que celle qui était reconnue aux gendarmes auxiliaires et reçoivent en particulier une habilitation d'agent de police judiciaire adjoint. Quant aux sous-officiers de gendarmerie, la complexité et la diversité croissantes de leurs missions ont peu à peu imposé que soient développés les stages de remise à niveau et les stages qualifiants.
Il est donc devenu indispensable qu'une formation spécifique soit dispensée à tous les personnels appelés à occuper de nouvelles fonctions. L'éventail des matières enseignées est très large puisqu'il concerne des domaines aussi divers que la police technique et scientifique, les méthodes d'enquête judiciaire, la protection de personnalités ou l'accueil téléphonique.
L'accompagnement des gradés dans leur carrière et leur préparation à la prise de nouvelles responsabilités a également une importance croissante. Les qualités demandées aujourd'hui à un commandant de brigade ou de peloton dépassent de loin une simple formation juridique. Elles s'étendent désormais à la gestion des ressources humaines, au management et à la communication.
Ajoutons à ces matières les cycles de formation continue dans le domaine des langues ou de l'informatique, ou encore la préparation spécifique à des missions ponctuelles de type prévôtal. On mesure ainsi l'évolution des champs d'intervention de la Gendarmerie.
Le schéma directeur des écoles de la Gendarmerie prend en compte l'ensemble de ces impératifs et s'articule autour de quelques objectifs simples. Le premier consiste à adapter les structures d'accueil, et donc l'infrastructure, pour faire face aux besoins. Le second objectif consiste à améliorer la cohérence d'ensemble du système de formation en recentrant chaque école sur une fonction bien identifiée. La formation des officiers continue d'être assurée à Melun, mais dans des conditions nouvelles puisqu'une importante réforme entrera en vigueur en 2002 et s'accompagnera d'une restructuration complète du site. Les sous-officiers de Gendarmerie seront formés à l'avenir dans six écoles où se répartiront 30 compagnies d'instruction. La formation des futurs commandants de brigade et de peloton, qui avait été initiée ici à Tulle, sera désormais assurée par l'Ecole de Rochefort, qui va devenir l'école des gradés de la Gendarmerie. Enfin, avec Châteaulin et Montargis, l'Ecole de Tulle deviendra le plus important centre de formation initiale des gendarmes adjoints.
Depuis 1983, cette école est une pièce essentielle du dispositif de formation de la Gendarmerie. La restructuration importante qui est aujourd'hui en cours va encore renforcer la place qu'elle tient dans la ville et le département. Le doublement des effectifs à l'instruction et l'extension de l'infrastructure immobilière, le recentrage de l'activité de formation sur le corps des gendarmes adjoints volontaires correspondent à une étape nouvelle et importante. Je suis heureux d'avoir eu aujourd'hui l'occasion de constater avec vous que ce programme ambitieux est en bonne voie. Soyez assurés de mon soutien et de ma confiance.
Je vous remercie.

(source http://www.defense.gouv.fr, le 30 juillet 2001)