Texte intégral
LAURENT BAZIN
Jean-Michel APHATIE, vous recevez ce matin le secrétaire d'Etat chargé du Budget, Christian ECKERT.
JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Christian ECKERT.
CHRISTIAN ECKERT
Bonjour.
JEAN-MICHEL APHATIE
Le Conseil des ministres a adopté mercredi un projet de loi de finance rectificatif pour 2014, il s'agit de baisser à nouveau les dépenses de l'Etat et celles des ministères. Pourquoi faut-il faire encore des économies, Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
D'abord parce que c'est nécessaire, c'est même voulu par la majorité des Français. C'est nécessaire pour dégager des marges de manoeuvres, nécessaire pour pouvoir prévoir des baisses d'impôts, des baisses de prélèvement, pour assurer une souveraineté par rapport à nos déficits qui sont trop importants.
JEAN-MICHEL APHATIE
Après avoir augmenté les impôts, il faut les baisser ?
CHRISTIAN ECKERT
Augmenter les impôts, ça a un effet immédiat...
JEAN-MICHEL APHATIE
Ben oui.
CHRISTIAN ECKERT
Ça permet de réduire les déficits de façon significative, on peut le dire.
JEAN-MICHEL APHATIE
Bof...
CHRISTIAN ECKERT
Ah si, on a divisé par deux le déficit du budget de l'Etat...
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes optimiste de matin...
CHRISTIAN ECKERT
... entre 2010 et 2014.
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes monté à 150 milliards d'euros.
CHRISTIAN ECKERT
Il est autour de la moitié aujourd'hui, c'est quand même un bel effort.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais il y a encore du boulot, on est d'accord.
CHRISTIAN ECKERT
C'est bien pour ça que le gouvernement met en place des mesures d'économies et c'est ce qui va permettre de diminuer les prélèvements.
JEAN-MICHEL APHATIE
Et le Haut conseil des finances juge que vous êtes encore trop optimiste avec la croissance en France. Avec diplomatie, il dit : la croissance de 1 % n'est pas probable, donc ça veut dire qu'on n'y sera pas. Qu'est-ce que vous répondez Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
Vous dites « avec diplomatie », parce que le Haut conseil dit aussi que cette croissance n'est pas hors d'atteinte, vous prenez le morceau de phrase qui vous intéresse.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais vous pensez que, donc, on y sera à 1 %. C'est terrible que l'on n'arrive pas à avoir un cadre qui convienne à tout le monde et qu'on soit toujours en train de se chamailler sur ces chiffres-là, ces prévisions.
CHRISTIAN ECKERT
Ces chiffres sont revus à la hausse, à la baisse, avant, pendant et après les cycles d'années. Moi je pense qu'il faut être très prudent, très humble, il faut afficher des objectifs volontaristes mais tout à fait réalistes, pour que les budgets soient crédibles.
JEAN-MICHEL APHATIE
Beaucoup de députés socialistes, quelques dizaines, ne sont pas d'accord avec les arbitrages que vous rendez dans ce projet de loi de finance rectificatif. Vous aurez du mal à faire adopter ce texte à l'Assemblée nationale, Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
Ah ben bien sûr, c'est un enjeu. C'est un enjeu de convictions, il ne s'agit pas non plus de convaincre que les députés socialistes, il s'agit de convaincre l'ensemble des Français, convaincre les acteurs économiques, les forces syndicales...
JEAN-MICHEL APHATIE
Avant les députés socialistes.
CHRISTIAN ECKERT
Et les députés socialistes, quelques dizaines, ont des réserves, mais il en reste environ 150 qui sont complètement en accord avec ce qui est proposé.
JEAN-MICHEL APHATIE
Ça ne fait pas une majorité.
CHRISTIAN ECKERT
Mais ça fera une majorité, j'en suis persuadé.
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes prêt à amender votre projet de loi ?
CHRISTIAN ECKERT
Il y a déjà eu des évolutions qui ont été faites, vous avez parlé des mesures d'économies dans le projet de loi de finance rectificative, mais il y a aussi des mesures fiscales, une mesure fiscale, rétroactive d'ailleurs, personne ne s'en étonne cette fois, qui est favorable aux ménages modestes, puisqu'un milliard d'euros leur seront rendus, sous forme d'une réduction d'impôts.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ça ne suffit pas toujours, disent ces députés socialistes, alors vous allez amender votre projet de loi ?
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, on examine avec chaque député, avec tous les groupes de la majorité, pas seulement avec les députés socialistes, tous les amendements qui sont proposés, dans les limites des contraintes budgétaires qui nous sont posées.
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous pourriez forcer le vote du groupe socialiste, l'article 49.3, tout ça c'est des projets qui peuvent exister ?
CHRISTIAN ECKERT
On n'en est pas là, pour l'instant c'est le dialogue qui s'installe, entre un gouvernement, sa majorité au Parlement.
JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'y a pas eu de demande dans ce sens, pour l'utilisation du 49.3 en Conseil des ministres, quand vous avez adopté le projet de loi de finances ?
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, fin juin, fin juin la discussion s'engagera au Parlement, on a déjà présenté le projet à l'Assemblée, la Commission des finances se réunit la semaine prochaine, laissons le temps au temps.
JEAN-MICHEL APHATIE
Pas de demande de 49.3 en Conseil des ministres pour l'instant.
CHRISTIAN ECKERT
Il n'y a pas eu de demande de 49.3 au Conseil des ministres, sinon vous le sauriez, Jean-Michel APHATIE.
JEAN-MICHEL APHATIE
Pas forcément, ça n'est pas toujours public, donc, voilà, il faut toujours vérifier les choses qui ne sont pas publiques. Allez-vous alléger, Christian ECKERT, c'est dans la presse ce matin, les charges patronales pour les particuliers qui emploient des salariés ?
CHRISTIAN ECKERT
Il y a déjà beaucoup de mesures en faveur des particuliers employeurs. Je rappelle que toute la dépense pour les particuliers employeurs est déductible de l'impôt sur le revenu, à hauteur de la moitié. Nous avons mis en place une réduction de charges l'année dernière, de 75 centimes d'euros, nous réfléchissons effectivement à son augmentation, dans la mesure où ce secteur est pénalisé par la croissance, on voit le nombre d'heures effectuées, déclarées, diminuer, il faut à chaque fois réagir quand il y a un contexte qui est comme celui-là.
JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc, si le contexte est à la diminution des emplois, ça veut dire que vous allez bien augmenter l'allègement des charges.
CHRISTIAN ECKERT
Dans les limites des contraintes budgétaires que j'évoquais. C'est une décision qui peut se prendre par décret...
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous n'avez pas décidé encore.
CHRISTIAN ECKERT
... le gouvernement y est très attentif.
JEAN-MICHEL APHATIE
Très attentif, très favorable.
CHRISTIAN ECKERT
Il s'agit d'une mesure qui concerne le projet de loi de finances rectificatif de la Sécurité sociale, donc nous avons encore une quinzaine de jours pour ajuster ce type de dispositions.
JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, vous ne voulez pas confirmer l'information, mais vous dites que c'est probable.
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, j'ai répondu à une question d'actualité la semaine dernière, en disant que le gouvernement étudierait avec bienveillance toute proposition allant dans ce sens.
JEAN-MICHEL APHATIE
Le Livret A est aujourd'hui rémunéré à 1,25 %, le gouverneur de la Banque de France suggère, puisque l'inflation est faible, d'en baisser le taux, il dit « ça financera plus facilement l'économie ». C'est une bonne idée ?
CHRISTIAN ECKERT
Le gouverneur fait son analyse, mais vous savez que c'est le ministre des Finances qui prendra cette décision, à la mi-juillet.
JEAN-MICHEL APHATIE
Et alors, votre opinion, vous, c'est qu'il faut baisser le taux ou pas ? Il vaut mieux...
CHRISTIAN ECKERT
Aujourd'hui le Livret A n'est pas saturé par la plupart des Français, en tout cas s'il est saturé, c'est par ceux qui ont de bons revenus. Il s'agit de mettre en place un Livret A qui permet de financer le logement social, aujourd'hui il y a un problème de demande, il n'y a pas forcément un problème de financement du logement social, donc le ministre des Finances prendra, j'en suis sûr, avec nous, la décision qui permettra de préserver le pourvoir d'achat des Français. Quand l'inflation est faible, il n'y a pas lieu d'avoir des taux d'intérêt élevés.
JEAN-MICHEL APHATIE
C'est dit. La grève de la SNCF, vous êtes ministre du Budget, donc la grève de la SNCF ça perturbe l'économie, donc sans doute ça perturbe aussi les rentrées fiscales. Quel regard vous portez sur grève de la SNCF, Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
Il faut aujourd'hui construire un service public de transport, notamment sur le fer, qui soit à la hauteur des enjeux, mais qui soit aussi rationalisé. On a aujourd'hui RFF et une partie de la SNCF qui font le même travail, enfin, quand on parle d'éliminer les doublons partout, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas à la SNCF.
JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, la grève n'est pas légitime.
CHRISTIAN ECKERT
Il y a aujourd'hui des questions sur le statut des personnels, c'est légitime que les personnels se battent...
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais le projet de loi dit que le statut ne bougera pas, donc...
CHRISTIAN ECKERT
... justement et le projet de loi...
JEAN-MICHEL APHATIE
... on ne voit pas où est la question.
CHRISTIAN ECKERT
Le projet de loi, il a surtout pour objectif de faire en sorte que l'on n'ait pas de doublons...
JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que la grève est légitime ? Oui, ça on a compris.
CHRISTIAN ECKERT
... qu'on élimine les doublons.
JEAN-MICHEL APHATIE
La grève, illégitime, il faudrait qu'elle arrête ?
CHRISTIAN ECKERT
Que les salariés, à un moment donné, manifestent leur attachement à leur statut, je pense qu'ils ont les engagements qu'il faut et je laisse à Frédéric CUVILLIER notamment, le soin de sortir de ce conflit, qui n'est pas franchement opportun pour l'économie, c'était votre question.
JEAN-MICHEL APHATIE
Ben voilà, vous l'avez dit. Laurence BOONE vient de la BANK OF AMERICA, elle va devenir conseillère du président de la République pour les questions économiques. Alors, deux caractéristiques. D'abord, il y a 15 jours elle disait que la politique économique du gouvernement était très mauvaise, et la deuxième caractéristique c'est que François HOLLANDE vous disait que la finance c'était son ennemi et il recrute dans la finance sa conseillère. C'est curieux, non ?
CHRISTIAN ECKERT
Ce qui a été dit tout à l'heure était intéressant. Ce qui est important, ce sont les compétences des gens.
JEAN-MICHEL APHATIE
Même si elle vient de la finance ? De ce monde d'ennemis ?
CHRISTIAN ECKERT
Mais, écoutez, la finance c'est quand même une composante...
JEAN-MICHEL APHATIE
C'est l'ennemi la finance, nous sommes d'accord.
CHRISTIAN ECKERT
C'est une composante importante de l'économie.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais c'est l'ennemi.
CHRISTIAN ECKERT
D'ailleurs, la faillite de la finance a failli déstabiliser entièrement l'économie. Donc, que le président de la République s'attache les services d'une personne compétente dans le monde de la finance, n'est pas du tout une surprise.
JEAN-MICHEL APHATIE
Aller recruter chez l'ennemi, ce n'est pas un problème.
CHRISTIAN ECKERT
Eh bien écoutez, des fois, a permet d'avoir des espions.
LAURENT BAZIN
Ah ah ah ah ! C'est pas sympa pour Laurence BOONE.
JEAN-MICHEL APHATIE
On va laisser le mot de la fin à Christian ECKERT, secrétaire d'Etat au Budget.
LAURENT BAZIN
Merci d'avoir été notre invité ce matin.
CHRISTIAN ECKERT
Je vous en prie.
LAURENT BAZIN
Merci Jean-Michel, à lundi.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 juin 2014
Jean-Michel APHATIE, vous recevez ce matin le secrétaire d'Etat chargé du Budget, Christian ECKERT.
JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Christian ECKERT.
CHRISTIAN ECKERT
Bonjour.
JEAN-MICHEL APHATIE
Le Conseil des ministres a adopté mercredi un projet de loi de finance rectificatif pour 2014, il s'agit de baisser à nouveau les dépenses de l'Etat et celles des ministères. Pourquoi faut-il faire encore des économies, Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
D'abord parce que c'est nécessaire, c'est même voulu par la majorité des Français. C'est nécessaire pour dégager des marges de manoeuvres, nécessaire pour pouvoir prévoir des baisses d'impôts, des baisses de prélèvement, pour assurer une souveraineté par rapport à nos déficits qui sont trop importants.
JEAN-MICHEL APHATIE
Après avoir augmenté les impôts, il faut les baisser ?
CHRISTIAN ECKERT
Augmenter les impôts, ça a un effet immédiat...
JEAN-MICHEL APHATIE
Ben oui.
CHRISTIAN ECKERT
Ça permet de réduire les déficits de façon significative, on peut le dire.
JEAN-MICHEL APHATIE
Bof...
CHRISTIAN ECKERT
Ah si, on a divisé par deux le déficit du budget de l'Etat...
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes optimiste de matin...
CHRISTIAN ECKERT
... entre 2010 et 2014.
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes monté à 150 milliards d'euros.
CHRISTIAN ECKERT
Il est autour de la moitié aujourd'hui, c'est quand même un bel effort.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais il y a encore du boulot, on est d'accord.
CHRISTIAN ECKERT
C'est bien pour ça que le gouvernement met en place des mesures d'économies et c'est ce qui va permettre de diminuer les prélèvements.
JEAN-MICHEL APHATIE
Et le Haut conseil des finances juge que vous êtes encore trop optimiste avec la croissance en France. Avec diplomatie, il dit : la croissance de 1 % n'est pas probable, donc ça veut dire qu'on n'y sera pas. Qu'est-ce que vous répondez Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
Vous dites « avec diplomatie », parce que le Haut conseil dit aussi que cette croissance n'est pas hors d'atteinte, vous prenez le morceau de phrase qui vous intéresse.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais vous pensez que, donc, on y sera à 1 %. C'est terrible que l'on n'arrive pas à avoir un cadre qui convienne à tout le monde et qu'on soit toujours en train de se chamailler sur ces chiffres-là, ces prévisions.
CHRISTIAN ECKERT
Ces chiffres sont revus à la hausse, à la baisse, avant, pendant et après les cycles d'années. Moi je pense qu'il faut être très prudent, très humble, il faut afficher des objectifs volontaristes mais tout à fait réalistes, pour que les budgets soient crédibles.
JEAN-MICHEL APHATIE
Beaucoup de députés socialistes, quelques dizaines, ne sont pas d'accord avec les arbitrages que vous rendez dans ce projet de loi de finance rectificatif. Vous aurez du mal à faire adopter ce texte à l'Assemblée nationale, Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
Ah ben bien sûr, c'est un enjeu. C'est un enjeu de convictions, il ne s'agit pas non plus de convaincre que les députés socialistes, il s'agit de convaincre l'ensemble des Français, convaincre les acteurs économiques, les forces syndicales...
JEAN-MICHEL APHATIE
Avant les députés socialistes.
CHRISTIAN ECKERT
Et les députés socialistes, quelques dizaines, ont des réserves, mais il en reste environ 150 qui sont complètement en accord avec ce qui est proposé.
JEAN-MICHEL APHATIE
Ça ne fait pas une majorité.
CHRISTIAN ECKERT
Mais ça fera une majorité, j'en suis persuadé.
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes prêt à amender votre projet de loi ?
CHRISTIAN ECKERT
Il y a déjà eu des évolutions qui ont été faites, vous avez parlé des mesures d'économies dans le projet de loi de finance rectificative, mais il y a aussi des mesures fiscales, une mesure fiscale, rétroactive d'ailleurs, personne ne s'en étonne cette fois, qui est favorable aux ménages modestes, puisqu'un milliard d'euros leur seront rendus, sous forme d'une réduction d'impôts.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ça ne suffit pas toujours, disent ces députés socialistes, alors vous allez amender votre projet de loi ?
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, on examine avec chaque député, avec tous les groupes de la majorité, pas seulement avec les députés socialistes, tous les amendements qui sont proposés, dans les limites des contraintes budgétaires qui nous sont posées.
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous pourriez forcer le vote du groupe socialiste, l'article 49.3, tout ça c'est des projets qui peuvent exister ?
CHRISTIAN ECKERT
On n'en est pas là, pour l'instant c'est le dialogue qui s'installe, entre un gouvernement, sa majorité au Parlement.
JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'y a pas eu de demande dans ce sens, pour l'utilisation du 49.3 en Conseil des ministres, quand vous avez adopté le projet de loi de finances ?
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, fin juin, fin juin la discussion s'engagera au Parlement, on a déjà présenté le projet à l'Assemblée, la Commission des finances se réunit la semaine prochaine, laissons le temps au temps.
JEAN-MICHEL APHATIE
Pas de demande de 49.3 en Conseil des ministres pour l'instant.
CHRISTIAN ECKERT
Il n'y a pas eu de demande de 49.3 au Conseil des ministres, sinon vous le sauriez, Jean-Michel APHATIE.
JEAN-MICHEL APHATIE
Pas forcément, ça n'est pas toujours public, donc, voilà, il faut toujours vérifier les choses qui ne sont pas publiques. Allez-vous alléger, Christian ECKERT, c'est dans la presse ce matin, les charges patronales pour les particuliers qui emploient des salariés ?
CHRISTIAN ECKERT
Il y a déjà beaucoup de mesures en faveur des particuliers employeurs. Je rappelle que toute la dépense pour les particuliers employeurs est déductible de l'impôt sur le revenu, à hauteur de la moitié. Nous avons mis en place une réduction de charges l'année dernière, de 75 centimes d'euros, nous réfléchissons effectivement à son augmentation, dans la mesure où ce secteur est pénalisé par la croissance, on voit le nombre d'heures effectuées, déclarées, diminuer, il faut à chaque fois réagir quand il y a un contexte qui est comme celui-là.
JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc, si le contexte est à la diminution des emplois, ça veut dire que vous allez bien augmenter l'allègement des charges.
CHRISTIAN ECKERT
Dans les limites des contraintes budgétaires que j'évoquais. C'est une décision qui peut se prendre par décret...
JEAN-MICHEL APHATIE
Vous n'avez pas décidé encore.
CHRISTIAN ECKERT
... le gouvernement y est très attentif.
JEAN-MICHEL APHATIE
Très attentif, très favorable.
CHRISTIAN ECKERT
Il s'agit d'une mesure qui concerne le projet de loi de finances rectificatif de la Sécurité sociale, donc nous avons encore une quinzaine de jours pour ajuster ce type de dispositions.
JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, vous ne voulez pas confirmer l'information, mais vous dites que c'est probable.
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, j'ai répondu à une question d'actualité la semaine dernière, en disant que le gouvernement étudierait avec bienveillance toute proposition allant dans ce sens.
JEAN-MICHEL APHATIE
Le Livret A est aujourd'hui rémunéré à 1,25 %, le gouverneur de la Banque de France suggère, puisque l'inflation est faible, d'en baisser le taux, il dit « ça financera plus facilement l'économie ». C'est une bonne idée ?
CHRISTIAN ECKERT
Le gouverneur fait son analyse, mais vous savez que c'est le ministre des Finances qui prendra cette décision, à la mi-juillet.
JEAN-MICHEL APHATIE
Et alors, votre opinion, vous, c'est qu'il faut baisser le taux ou pas ? Il vaut mieux...
CHRISTIAN ECKERT
Aujourd'hui le Livret A n'est pas saturé par la plupart des Français, en tout cas s'il est saturé, c'est par ceux qui ont de bons revenus. Il s'agit de mettre en place un Livret A qui permet de financer le logement social, aujourd'hui il y a un problème de demande, il n'y a pas forcément un problème de financement du logement social, donc le ministre des Finances prendra, j'en suis sûr, avec nous, la décision qui permettra de préserver le pourvoir d'achat des Français. Quand l'inflation est faible, il n'y a pas lieu d'avoir des taux d'intérêt élevés.
JEAN-MICHEL APHATIE
C'est dit. La grève de la SNCF, vous êtes ministre du Budget, donc la grève de la SNCF ça perturbe l'économie, donc sans doute ça perturbe aussi les rentrées fiscales. Quel regard vous portez sur grève de la SNCF, Christian ECKERT ?
CHRISTIAN ECKERT
Il faut aujourd'hui construire un service public de transport, notamment sur le fer, qui soit à la hauteur des enjeux, mais qui soit aussi rationalisé. On a aujourd'hui RFF et une partie de la SNCF qui font le même travail, enfin, quand on parle d'éliminer les doublons partout, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas à la SNCF.
JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, la grève n'est pas légitime.
CHRISTIAN ECKERT
Il y a aujourd'hui des questions sur le statut des personnels, c'est légitime que les personnels se battent...
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais le projet de loi dit que le statut ne bougera pas, donc...
CHRISTIAN ECKERT
... justement et le projet de loi...
JEAN-MICHEL APHATIE
... on ne voit pas où est la question.
CHRISTIAN ECKERT
Le projet de loi, il a surtout pour objectif de faire en sorte que l'on n'ait pas de doublons...
JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que la grève est légitime ? Oui, ça on a compris.
CHRISTIAN ECKERT
... qu'on élimine les doublons.
JEAN-MICHEL APHATIE
La grève, illégitime, il faudrait qu'elle arrête ?
CHRISTIAN ECKERT
Que les salariés, à un moment donné, manifestent leur attachement à leur statut, je pense qu'ils ont les engagements qu'il faut et je laisse à Frédéric CUVILLIER notamment, le soin de sortir de ce conflit, qui n'est pas franchement opportun pour l'économie, c'était votre question.
JEAN-MICHEL APHATIE
Ben voilà, vous l'avez dit. Laurence BOONE vient de la BANK OF AMERICA, elle va devenir conseillère du président de la République pour les questions économiques. Alors, deux caractéristiques. D'abord, il y a 15 jours elle disait que la politique économique du gouvernement était très mauvaise, et la deuxième caractéristique c'est que François HOLLANDE vous disait que la finance c'était son ennemi et il recrute dans la finance sa conseillère. C'est curieux, non ?
CHRISTIAN ECKERT
Ce qui a été dit tout à l'heure était intéressant. Ce qui est important, ce sont les compétences des gens.
JEAN-MICHEL APHATIE
Même si elle vient de la finance ? De ce monde d'ennemis ?
CHRISTIAN ECKERT
Mais, écoutez, la finance c'est quand même une composante...
JEAN-MICHEL APHATIE
C'est l'ennemi la finance, nous sommes d'accord.
CHRISTIAN ECKERT
C'est une composante importante de l'économie.
JEAN-MICHEL APHATIE
Mais c'est l'ennemi.
CHRISTIAN ECKERT
D'ailleurs, la faillite de la finance a failli déstabiliser entièrement l'économie. Donc, que le président de la République s'attache les services d'une personne compétente dans le monde de la finance, n'est pas du tout une surprise.
JEAN-MICHEL APHATIE
Aller recruter chez l'ennemi, ce n'est pas un problème.
CHRISTIAN ECKERT
Eh bien écoutez, des fois, a permet d'avoir des espions.
LAURENT BAZIN
Ah ah ah ah ! C'est pas sympa pour Laurence BOONE.
JEAN-MICHEL APHATIE
On va laisser le mot de la fin à Christian ECKERT, secrétaire d'Etat au Budget.
LAURENT BAZIN
Merci d'avoir été notre invité ce matin.
CHRISTIAN ECKERT
Je vous en prie.
LAURENT BAZIN
Merci Jean-Michel, à lundi.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 juin 2014