Texte intégral
S. Paoli J.-P. Chevènement qui raille "Le système binaire toc-toc Jospin-Chirac" dans son premier discours de campagne et la énième crise chez les Verts installent-ils d'entrée le pire scénario pour le futur candidat Jospin ? J.-P. Chevènement n'entend pas être le troisième homme mais bien le premier et en appelle pour cela aux voix républicaines à droite comme à gauche. Les Verts sont au bord de l'implosion. Rude rentrée pour la gauche plurielle. J.-P. Chevènement a voulu faire un bon mot sur le système binaire, mais il le fait quand même sur le dos de L. Jospin ?
- "Nous sommes à huit mois de l'élection. C'est un peu tôt pour mesurer les influences de chacun ou les rôles respectifs de tel ou tel. Mais nous, les socialistes, nous sommes au Gouvernement du pays et nous avons une obligation d'agir encore pendant ces huit mois. D'autres peuvent en être déliés comme J.-P. Chevènement - ce qui ne leur donne pas forcément une obligation de parler. En tout cas ils utilisent cette liberté de parler. J.-P. Chevènement est un homme sincère et j'ai toujours eu beaucoup d'amitié - j'en ai toujours - pour lui. Il est normal qu'il affirme ses convictions très tôt. Il peut le faire néanmoins pas forcément contre ses propres amis."
La surprise est qu'il n'y a pas si longtemps, il faisait partie du Gouvernement et qu'après aussi peu de temps, voilà qu'il considère qu'après tout, ce binôme est un terrible appauvrissement politique. Il découvre cela maintenant ?
- "Ne m'obligez pas à être sévère. Je ne vais rappeler ici que J.-P. Chevènement a été ministre dix ans, de tous les gouvernements socialistes qui se sont succédés depuis 1981. Il devait déjà être dans le premier gouvernement de P. Mauroy. Il appartient à une famille. D'ailleurs, au second tour, il n'y a pas de doute sur le rassemblement qui sera autour de notre candidat et dont J.-P. Chevènement sera un élément."
Vous le croyez sincèrement ?
- "Je n'ai pas du tout de suspicion à l'égard de son engagement. Mais il s'est lancé dans une campagne de premier tour. Même s'il se veut le premier homme, il y en aura peut-être d'autre. En tout cas il est le premier homme partir, ce qui lui donne de l'avance. Ce n'est pas le lièvre et la tortue. Il est le premier homme sans doute à partir, mais il est aussi le premier homme de gauche qui se retrouvera derrière celui qui sera le mieux placé au second tour. Il sait que ce ne sera pas lui."
Il ne s'agit pas, vous avez raison, de tracer des plans sur la comète trop tôt. Mais quand même : un J.-P. Chevènement qui rassemble beaucoup plus de monde que prévu et le parti des Verts qui vraiment est en train d'imploser, est-ce que ce n'est pas ce qui a été décrit dans les quotidiens il n'y a pas si longtemps comme le scénario catastrophe pour L. Jospin, même s'il n'est pas encore candidat ?
- "Pour les socialistes, ils auront un candidat qui ne sera ni A. Lipietz ni J.-P. Chevènement. Nous nous préoccuperons donc le moment venu - et le moment n'est pas venu, car nous ne sommes pas en campagne - de notre candidat. L'objectif qui sera le nôtre est de faire le meilleur résultat au premier tour pour ensuite être capable de créer une dynamique de second tour. Nous ne pouvons pas être comptable des déclarations de nos partenaires, qui ont bien le droit et de parler et de faire campagne, comme le fait J.-P. Chevènement ou A. Lipietz - peut-être pas comme il devrait forcément le faire. Nous ne sommes pas là pour juger si c'est une bonne campagne, un bon candidat ou un mauvais candidat. Il y a des partis politiques dans la majorité plurielle qui sont chargés de mener campagne. Nous ne devons pas le faire à leur place."
C'est quand même une question posée à la gauche plurielle, ce climat d'implosion partout ? On va parler tout à l'heure du parti communiste.
- "Vous voulez me faire parler de tous nos alliés. Je suis le premier secrétaire du Parti socialiste. C'est déjà pas mal ! Si en plus il faut que je m'occupe des Verts, du Parti communiste et de J.-P. Chevènement, d'abord ils ne l'accepteraient pas - et ils auraient raison - et ensuite, ce serait une tâche qui finalement dépasserait mes seules légitimités. Je ne dis pas mes seules compétences. Je ne suis pas là pour porter un jugement critique sur telle ou telle déclaration, ou tel ou tel candidat, ou sur tel ou tel parti."
Mais quand je vois un député européen dans Le Monde, en l'occurrence O. Duhamel, qui dit que "Hue ne va pas faire un bon score et est-ce que ce ne serait pas mieux qu'on mette quelqu'un d'autre à sa place et pourquoi pas Mme Buffet d'ailleurs ?" Cela tire dans tous les sens !
- "Il ne faut pas se mêler des affaires des autres. C'est un grand principe républicain, comme disait J.-P. Chevènement. C'est un grand principe de liberté comme pourrait dire d'autres. On est dans une formation politique et on doit d'abord défendre ses idées. J'aimerais mieux qu'on parle idées. Là, on est en train de faire le procès d'un candidat ou de faire l'analyse des propos d'un autre. Qu'est-ce qui va compter ? Je souhaite vraiment qu'en 2002 - on n'y est pas - ce soit une élection réussie. Il y aura un vainqueur et un vaincu mais que ce ne soit pas une élection inutile comme en 1995. En 1995, il y a eu un candidat qui a été élu sur des promesses qui n'ont pas été tenues, puis deux ans après, il y a eu la cohabitation. Je souhaite, puisqu'on sera dans un quinquennat, que les idées qui seront défendues dans cette élection puissent être demain des actes. C'est ça qui doit être l'inspiration de tous dans cette campagne. Qu'on y figure au premier tour ou qu'on ait la chance d'y figurer au second tour, et surtout qu'on ait la capacité de l'emporter aux termes de cette élection. La grande question dans cette élection va être la participation civique. Ma crainte - je le dis dès à présent - ce n'est pas tel ou tel allié - ce n'est pas très grave -, ce n'est pas tel ou tel adversaire - J. Chirac on le connaît, il est candidat depuis 35 ans, donc on ne peut pas dire qu'on aura un effet de surprise - mais ce qui doit compter, c'est de savoir si on est capable de susciter l'envie civique, la détermination démocratique. Après les élections municipales où il y a eu déjà une participation faible, après des élections européennes où il y a eu un Français sur deux qui est allé voter, on peut avoir la crainte qu'il y ait peut-être un certain retrait. Ce serait le pire. Je me bats pour qu'il y ait au moins une envie démocratique, un débat d'idées et des propositions. C'est ce que va faire le parti socialiste."
C'est le débat d'idées en effet qui est intéressant. C'est ce que vous avez à proposer. Mais est-ce qu'il y à gauche quelque chose qui ressemblerait encore à une sorte de projet collectif et qui exprime ce qui est l'union de la gauche ou est-ce que chacun va y aller avec son petit sac à dos et pour son propre parti ?
- "Dès lors que l'élection présidentielle précède l'élection législative, dès lors que chaque formation politique à droite ou à gauche aura son candidat, c'est vrai qu'il y a un risque durant toute cette campagne que tout candidat s'adresse d'abord à son électorat et oublie que nous sommes dans une dynamique majoritaire. Ce qui doit inspirer à droite comme à gauche chaque candidat, ce n'est pas d'avoir raison tout seul, ce n'est pas d'exprimer une idée qui lui appartiendrait en propre, l'écologie, la chasse, le libéralisme, la République - encore que toutes ces idées devraient nous rassembler - mais ce qu'il faudrait, c'est qu'on pense à créer une dynamique qui emporte le pays."
Le fameux grand dessein qui manque ?
- "Oui, le fait que l'on doit emporter au-delà même de sa propre famille politique, au delà de son camp, l'ensemble des Français ou une majorité d'entre eux. Il faut formuler des idées qui peuvent être appliquées ensuite et formuler des idées qui rassemblent, qui créent une dynamique, un développement démocratique, c'est-à-dire qu'on puisse se retrouver derrière ces thèmes et ces objectifs."
C'est la fameuse et belle formule : "candidat pour quoi faire ?" Quel pourrait-il être, ce grand dessein ? C'est l'Europe dont on parle si peu, c'est la sécurité, ce sont les retraites ? Cela va se jouer sur quoi au fond ?
- "Cela va se jouer d'abord sur une conception de l'Etat - c'est vrai - et donc sur une conception de l'Europe. Que veut-on faire de l'Europe ? On va créer l'euro. Qui en parle ? On va quand même créer l'euro au mois de février. Cela va être pour beaucoup de Français un véritable traumatisme dans la vie quotidienne. On ne le fait pas pour ennuyer les gens, mais on le fait pour créer une ambition collective à travers une Europe politique. Ensuite, quelle conception de l'Etat ? Est-ce qu'on veut un Etat - réformé sans doute avec une décentralisation approfondie - qui pèse dans les choix ? A chaque fois qu'il y a un problème - Moulinex, un plan social ou une difficulté - vers qui se tourne-t-on ? Vers l'Etat, ou plus exactement vers le Gouvernement. Il est normal qu'on puisse dire : qu'est-ce qui relève de l'Etat et qu'est-ce qui n'en relève plus ? Enfin, c'est une conception de l'avenir. Il faut donner des démarches de long terme. Soit on est dans le court terme et alors tout le monde peut y aller. Je fais confiance à l'actuel Président et à sa promesse du moment. Mais ce qui compte, c'est de définir un grand dessein ou en tout cas une vision longue. Tous les choix qu'on a à faire en matière énergétique, en matière de transports, en matière international, ce sont des choix longs qui dépassent les intérêts particuliers, les corporatismes. C'est ça qui doit nous déterminer à travers l'intérêt général. Je voudrais que la campagne soit autour de l'intérêt général. Qu'est-ce qui compte pour la Nation ? Qu'est-ce qui compte pour l'Europe ? Qu'est-ce qui compte même pour le monde ? Il y a des mouvements qui demandent à ce que le monde soit régulé. L'élection en France va peser sur l'Europe, et elle pèsera donc sur le monde. Il y a des manifestations, des mobilisations, mais il y a aussi au fond des actes civiques pour que les gouvernements soient à la hauteur des défis qui sont posés aujourd'hui."
(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 11 septembre 2001)
- "Nous sommes à huit mois de l'élection. C'est un peu tôt pour mesurer les influences de chacun ou les rôles respectifs de tel ou tel. Mais nous, les socialistes, nous sommes au Gouvernement du pays et nous avons une obligation d'agir encore pendant ces huit mois. D'autres peuvent en être déliés comme J.-P. Chevènement - ce qui ne leur donne pas forcément une obligation de parler. En tout cas ils utilisent cette liberté de parler. J.-P. Chevènement est un homme sincère et j'ai toujours eu beaucoup d'amitié - j'en ai toujours - pour lui. Il est normal qu'il affirme ses convictions très tôt. Il peut le faire néanmoins pas forcément contre ses propres amis."
La surprise est qu'il n'y a pas si longtemps, il faisait partie du Gouvernement et qu'après aussi peu de temps, voilà qu'il considère qu'après tout, ce binôme est un terrible appauvrissement politique. Il découvre cela maintenant ?
- "Ne m'obligez pas à être sévère. Je ne vais rappeler ici que J.-P. Chevènement a été ministre dix ans, de tous les gouvernements socialistes qui se sont succédés depuis 1981. Il devait déjà être dans le premier gouvernement de P. Mauroy. Il appartient à une famille. D'ailleurs, au second tour, il n'y a pas de doute sur le rassemblement qui sera autour de notre candidat et dont J.-P. Chevènement sera un élément."
Vous le croyez sincèrement ?
- "Je n'ai pas du tout de suspicion à l'égard de son engagement. Mais il s'est lancé dans une campagne de premier tour. Même s'il se veut le premier homme, il y en aura peut-être d'autre. En tout cas il est le premier homme partir, ce qui lui donne de l'avance. Ce n'est pas le lièvre et la tortue. Il est le premier homme sans doute à partir, mais il est aussi le premier homme de gauche qui se retrouvera derrière celui qui sera le mieux placé au second tour. Il sait que ce ne sera pas lui."
Il ne s'agit pas, vous avez raison, de tracer des plans sur la comète trop tôt. Mais quand même : un J.-P. Chevènement qui rassemble beaucoup plus de monde que prévu et le parti des Verts qui vraiment est en train d'imploser, est-ce que ce n'est pas ce qui a été décrit dans les quotidiens il n'y a pas si longtemps comme le scénario catastrophe pour L. Jospin, même s'il n'est pas encore candidat ?
- "Pour les socialistes, ils auront un candidat qui ne sera ni A. Lipietz ni J.-P. Chevènement. Nous nous préoccuperons donc le moment venu - et le moment n'est pas venu, car nous ne sommes pas en campagne - de notre candidat. L'objectif qui sera le nôtre est de faire le meilleur résultat au premier tour pour ensuite être capable de créer une dynamique de second tour. Nous ne pouvons pas être comptable des déclarations de nos partenaires, qui ont bien le droit et de parler et de faire campagne, comme le fait J.-P. Chevènement ou A. Lipietz - peut-être pas comme il devrait forcément le faire. Nous ne sommes pas là pour juger si c'est une bonne campagne, un bon candidat ou un mauvais candidat. Il y a des partis politiques dans la majorité plurielle qui sont chargés de mener campagne. Nous ne devons pas le faire à leur place."
C'est quand même une question posée à la gauche plurielle, ce climat d'implosion partout ? On va parler tout à l'heure du parti communiste.
- "Vous voulez me faire parler de tous nos alliés. Je suis le premier secrétaire du Parti socialiste. C'est déjà pas mal ! Si en plus il faut que je m'occupe des Verts, du Parti communiste et de J.-P. Chevènement, d'abord ils ne l'accepteraient pas - et ils auraient raison - et ensuite, ce serait une tâche qui finalement dépasserait mes seules légitimités. Je ne dis pas mes seules compétences. Je ne suis pas là pour porter un jugement critique sur telle ou telle déclaration, ou tel ou tel candidat, ou sur tel ou tel parti."
Mais quand je vois un député européen dans Le Monde, en l'occurrence O. Duhamel, qui dit que "Hue ne va pas faire un bon score et est-ce que ce ne serait pas mieux qu'on mette quelqu'un d'autre à sa place et pourquoi pas Mme Buffet d'ailleurs ?" Cela tire dans tous les sens !
- "Il ne faut pas se mêler des affaires des autres. C'est un grand principe républicain, comme disait J.-P. Chevènement. C'est un grand principe de liberté comme pourrait dire d'autres. On est dans une formation politique et on doit d'abord défendre ses idées. J'aimerais mieux qu'on parle idées. Là, on est en train de faire le procès d'un candidat ou de faire l'analyse des propos d'un autre. Qu'est-ce qui va compter ? Je souhaite vraiment qu'en 2002 - on n'y est pas - ce soit une élection réussie. Il y aura un vainqueur et un vaincu mais que ce ne soit pas une élection inutile comme en 1995. En 1995, il y a eu un candidat qui a été élu sur des promesses qui n'ont pas été tenues, puis deux ans après, il y a eu la cohabitation. Je souhaite, puisqu'on sera dans un quinquennat, que les idées qui seront défendues dans cette élection puissent être demain des actes. C'est ça qui doit être l'inspiration de tous dans cette campagne. Qu'on y figure au premier tour ou qu'on ait la chance d'y figurer au second tour, et surtout qu'on ait la capacité de l'emporter aux termes de cette élection. La grande question dans cette élection va être la participation civique. Ma crainte - je le dis dès à présent - ce n'est pas tel ou tel allié - ce n'est pas très grave -, ce n'est pas tel ou tel adversaire - J. Chirac on le connaît, il est candidat depuis 35 ans, donc on ne peut pas dire qu'on aura un effet de surprise - mais ce qui doit compter, c'est de savoir si on est capable de susciter l'envie civique, la détermination démocratique. Après les élections municipales où il y a eu déjà une participation faible, après des élections européennes où il y a eu un Français sur deux qui est allé voter, on peut avoir la crainte qu'il y ait peut-être un certain retrait. Ce serait le pire. Je me bats pour qu'il y ait au moins une envie démocratique, un débat d'idées et des propositions. C'est ce que va faire le parti socialiste."
C'est le débat d'idées en effet qui est intéressant. C'est ce que vous avez à proposer. Mais est-ce qu'il y à gauche quelque chose qui ressemblerait encore à une sorte de projet collectif et qui exprime ce qui est l'union de la gauche ou est-ce que chacun va y aller avec son petit sac à dos et pour son propre parti ?
- "Dès lors que l'élection présidentielle précède l'élection législative, dès lors que chaque formation politique à droite ou à gauche aura son candidat, c'est vrai qu'il y a un risque durant toute cette campagne que tout candidat s'adresse d'abord à son électorat et oublie que nous sommes dans une dynamique majoritaire. Ce qui doit inspirer à droite comme à gauche chaque candidat, ce n'est pas d'avoir raison tout seul, ce n'est pas d'exprimer une idée qui lui appartiendrait en propre, l'écologie, la chasse, le libéralisme, la République - encore que toutes ces idées devraient nous rassembler - mais ce qu'il faudrait, c'est qu'on pense à créer une dynamique qui emporte le pays."
Le fameux grand dessein qui manque ?
- "Oui, le fait que l'on doit emporter au-delà même de sa propre famille politique, au delà de son camp, l'ensemble des Français ou une majorité d'entre eux. Il faut formuler des idées qui peuvent être appliquées ensuite et formuler des idées qui rassemblent, qui créent une dynamique, un développement démocratique, c'est-à-dire qu'on puisse se retrouver derrière ces thèmes et ces objectifs."
C'est la fameuse et belle formule : "candidat pour quoi faire ?" Quel pourrait-il être, ce grand dessein ? C'est l'Europe dont on parle si peu, c'est la sécurité, ce sont les retraites ? Cela va se jouer sur quoi au fond ?
- "Cela va se jouer d'abord sur une conception de l'Etat - c'est vrai - et donc sur une conception de l'Europe. Que veut-on faire de l'Europe ? On va créer l'euro. Qui en parle ? On va quand même créer l'euro au mois de février. Cela va être pour beaucoup de Français un véritable traumatisme dans la vie quotidienne. On ne le fait pas pour ennuyer les gens, mais on le fait pour créer une ambition collective à travers une Europe politique. Ensuite, quelle conception de l'Etat ? Est-ce qu'on veut un Etat - réformé sans doute avec une décentralisation approfondie - qui pèse dans les choix ? A chaque fois qu'il y a un problème - Moulinex, un plan social ou une difficulté - vers qui se tourne-t-on ? Vers l'Etat, ou plus exactement vers le Gouvernement. Il est normal qu'on puisse dire : qu'est-ce qui relève de l'Etat et qu'est-ce qui n'en relève plus ? Enfin, c'est une conception de l'avenir. Il faut donner des démarches de long terme. Soit on est dans le court terme et alors tout le monde peut y aller. Je fais confiance à l'actuel Président et à sa promesse du moment. Mais ce qui compte, c'est de définir un grand dessein ou en tout cas une vision longue. Tous les choix qu'on a à faire en matière énergétique, en matière de transports, en matière international, ce sont des choix longs qui dépassent les intérêts particuliers, les corporatismes. C'est ça qui doit nous déterminer à travers l'intérêt général. Je voudrais que la campagne soit autour de l'intérêt général. Qu'est-ce qui compte pour la Nation ? Qu'est-ce qui compte pour l'Europe ? Qu'est-ce qui compte même pour le monde ? Il y a des mouvements qui demandent à ce que le monde soit régulé. L'élection en France va peser sur l'Europe, et elle pèsera donc sur le monde. Il y a des manifestations, des mobilisations, mais il y a aussi au fond des actes civiques pour que les gouvernements soient à la hauteur des défis qui sont posés aujourd'hui."
(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 11 septembre 2001)