Déclaration de M. Alain Juppé, Premier ministre, sur le meurtre des moines trappistes français et le terrorisme en Algérie, Bordeaux le 24 mai 1996.

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Circonstance : Publication le 23 mai 1996 par Radio Médi d'un texte attribué au GIA annonçant le meurtre des sept moines français enlevés le 27 mars

Texte intégral

Même si nous n'avons pas encore d'authentifications ou de confirmations absolues, il est maintenant certain que les 7 moines trappistes ont été assassinés dans des conditions qui vont au-delà de tout ce que la barbarie a déjà produit. Ce sont des meurtres programmés, prémédités à l'encontre d'hommes qui vivaient leur foi dans la pauvreté, dans l'esprit de solidarité, de sacrifice. Ils ont poussé ce sacrifice jusqu'au terme et cela inspire bien sur respect et admiration et je voudrais penser à leur famille, et j'éprouve par ailleurs un sentiment de colère et d'indignation, devant tant de cruauté et je le répète tant de barbarie. Je voudrais aussi dire qu'il faut maintenant que tout compatriote présent en Algérie, nous leur avons dit à plusieurs reprises, quittent ce pays puisque leur sécurité ne peut plus être assurée et rejoignent le territoire national. Je sais bien que beaucoup de religieuses et de religieux veulent encore poursuivre leur sacerdoce ou leur ministère sur place mais je lance vraiment un appel à eux-mêmes et à leurs autorités pour qu'ils puissent regagner la France.
Question : Est-ce que la France va entreprendre des démarches diplomatiques, va-t-elle prendre des sanctions ?Les démarches sont évidemment entreprises et vous vous doutez que pendant toute cette période d'incertitude, nous avons en permanence été en contact avec les autorités algériennes pour leur demander de faire le maximum. Vous parlez de sanctions, si nous pouvons sanctionner les terroristes, il est à notre portée (...) la question se poserait mais vous êtes bien conscients que ce n'est pas en ces termes qu'elle se pose.