Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, sur la coopération aéronautique et les échanges commerciaux entre la France et la Chine, à Tianjin le 29 janvier 2015.

Texte intégral

Je suis particulièrement heureux de débuter mon voyage en Chine par Tianjin, cette grande agglomération au nom poétique : « le gué de l'Empereur ».
Une ville qui, au début du XXème siècle, a été une source d'inspiration pour des écrivains français, notamment Victor SEGALEN et Paul CLAUDEL.
Cette visite place d'emblée mon déplacement sous le double signe des hautes technologies et de la coopération industrielle, et me permet de venir à la rencontre de mes compatriotes expatriés.
C'est un plaisir toujours renouvelé de découvrir le savoir-faire et l'innovation français si vivement incarnés, à des milliers de kilomètres de notre pays. Et à Tianjin, ces forces vives ne manquent pas. L'Ambassadeur de France m'a dit que vous étiez environ 200 résidents dans cette superbe mégapole.
Et vos fonctions, votre expertise font de vous des acteurs appréciés de la relation franco-chinoise dans sa globalité.
Je mesure combien ce lieu où nous sommes réunis – ce site d'assemblage d'avions Airbus de la famille A320 –, illustre parfaitement le dynamisme de notre relation dans un domaine prioritaire pour nos deux pays. Et la France est déterminée à renforcer ce partenariat de long terme, marqué depuis 50 ans par l'audace, le respect et la confiance.
L'implantation de cette usine, il y a dix ans, était le fruit d'une confiance réciproque et aussi vraisemblablement d'un pari ambitieux et partagé.
La visite industrielle que je viens d'accomplir m'a confirmé que les résultats sont au rendez-vous : cette chaîne a livré plus de 200 avions dans le strict respect des exigences de qualité d'Airbus et à l'entière satisfaction des compagnies chinoises.
Et je suis confiant quant à la poursuite du développement de cette coopération. L'avenir se construit sur les bases solides de notre succès : une capacité à répondre à la demande du marché chinois, une confiance mutuelle entre partenaires et cet esprit d'audace partagé par nous tous, Chinois et Français.
Pour le site de Tianjin, je suis sûr que – sous réserve qu'il reçoive un nombre suffisant de commandes –, Airbus sera prêt à installer ici un centre de finition d'A330 qui constituera un approfondissement de sa coopération industrielle avec la Chine. Et cette suite me semble logique, avec le développement, le moment venu, d'autres avions gros-porteurs. Avec toujours, ce même esprit de coopération.
Mesdames, messieurs,
La Chine est aujourd'hui le deuxième fournisseur de la France. Et la France est le deuxième fournisseur européen de la Chine.
Au cours de la dernière décennie, nos échanges ont augmenté en moyenne de 10% par an. C'est un fait dont nous pouvons être fiers !
Mais, vous le savez, cette relation demeure encore déséquilibrée puisque nos importations de Chine représentent 2,5 fois nos exportations vers la Chine.
Pour remédier à ce déséquilibre, il faut renforcer la compétitivité des entreprises françaises et l'attractivité de notre territoire. Le gouvernement français a pris des décisions et des orientations très claires dans cette direction.
Je suis venu en Chine pour expliquer l'ensemble des réformes ambitieuses que nous menons.
Mais également pour montrer la France telle qu'elle est : une terre d'innovation, de chercheurs et d'ingénieurs, qui avance, qui exporte et qui accueille tous les investisseurs, les Chinois en tête, qui souhaitent mettre à profit les atouts considérables de notre pays.
Mais la question du rééquilibrage des échanges – il faut également le dire – dépendra d'une plus grande réciprocité dans nos échanges commerciaux.
Une réciprocité qui repose sur la confiance et la connaissance mutuelle de nos atouts. Mais qui repose également sur des rapports humains, sur des hommes tels que vous, cher LAN Xinguo.
Monsieur le Président, cher LAN Xinguo,
Vous devez être considéré comme le meilleur ambassadeur d'Airbus dans ce pays ! Vous qui avez accordé votre confiance à un fleuron de l'industrie aéronautique. La société que vous avez dirigée jusqu'en 2013, Sichuan Airlines, est la seule compagnie aérienne chinoise qui ait décidé de n'acheter que des appareils Airbus.
Ce choix émane d'un fin connaisseur de la qualité et du savoir-faire européen dans le domaine aéronautique. Et, je ne doute pas que vous l'êtes. Vous, qui avant de diriger une entreprise, étiez déjà fasciné par le monde de l'aviation…
Car oui, votre passion pour le milieu aéronautique ne débute pas avec vos prises de fonction à Sichuan Airlines. Elle remonte à bien plus longtemps.
Ces paysages immenses d'un ciel à perte de vue, vous en rêviez déjà enfant. Et il est donc naturel que l'homme que vous êtes devenu ait embrassé la carrière de pilote dans l'aviation militaire.
Durant 20 années, en tant que pilote instructeur, vous transmettez votre passion mais également l'exigence et la rigueur qu'implique une telle fonction.
Pilote de cœur et de raison, vous souhaitez pourtant relever de nouveaux défis et intégrez la Cheung Kong Graduate School of Business afin de rejoindre l'aviation civile et le monde de l'entreprise.
Mais votre carrière, comme toute carrière notable, se fait en plusieurs étapes.
En 1993, on vous confie la direction du syndicat professionnel de la compagnie aérienne Sichuan Airlines.
C'est là que vous développez ce sens de l'écoute et de la proximité avec vos salariés en vous faisant l'artisan d'un dialogue social d'entreprise.
Fort de cette expérience, vous êtes nommé Vice-Président de la compagnie en 1994, puis Président en 1996 et enfin Président du groupe Sichuan Airlines Group en 2010. Quelle ascension !
Elle repose, bien sûr, sur votre talent et vos multiples qualités. Mais surtout, sur une fidélité sans faille à cette entreprise à laquelle vous êtes profondément attaché.
Et l'histoire de cette maison, la progression spectaculaire de cette entreprise, repose pour beaucoup sur votre esprit d'initiative et votre inclination pour l'innovation.
Sous votre direction, Sichuan Airlines devient la 7e compagnie chinoise et ses 96 appareils transportent plus de 16 millions de passagers sur 177 routes aériennes, intérieures et extérieures.
Durant ces vingt années à la direction de Sichuan Airlines, vous agissez avec cet esprit « pionnier » qui vous amène à donner votre entière confiance aux avions airbus. En 1995, votre compagnie fut la première à acquérir un A320 dans ce pays.
Et les airbus vous donnent, si je puis dire, des ailes ! Ils vous aident à atteindre des aéroports en haute altitude à Chengdu, au Sichuan, et Lhassa, au Tibet. Et notre histoire commune perdure car je sais que la compagnie envisage l'achat de 10 nouveaux avions chaque année pour répondre à la croissance à venir.
Cher LAN Xinguo,
A plus d'un titre, vous incarnez cette relation très forte qui unit Airbus et Sichuan Airlines. C'est une amitié ancienne qui marque un partenariat industriel remarquable qui se poursuit également aux côtés de THALES.
Cher LAN Xinguo, vous êtes un ami fidèle de la France, un ambassadeur de l'amitié entre nos deux pays, un fervent défenseur de la coopération industrielle de haut niveau. Pour l'ensemble de ces raisons, la Nation a décidé de vous élever au grade de Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur.
Et je suis ravi d'être celui par qui cette distinction vous revient aujourd'hui.
Monsieur LAN Xinguo, au nom du Président de la République, et des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous remettons les insignes de Chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur.
Source http://www.ambafrance-cn.org, le 9 février 2015