Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, en réponse à une question sur l'accord concernant le nucléaire iranien, à l'Assemblée nationale le 7 avril 2015.

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Circonstance : Questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 7 avril 2015

Texte intégral

Madame la Présidente Elisabeth Guigou,
En définissant l'analyse que nous faisions de cet accord difficile à obtenir, j'ai dit qu'il y avait des avancées incontestables mais qu'il y avait encore pas mal de chemin à faire. Voici quelques exemples sur ces sujets extrêmement techniques.
Jusqu'à présent, l'Iran pouvait disposer de 9 000 centrifugeuses, ces machines qui tournent très vite, qui permettent d'enrichir l'uranium, désormais ce sera 5 060 centrifugeuses.
Deuxièmement, l'Iran pouvait compter sur un stock d'uranium de 8 tonnes, désormais ce sera 300 kilos.
Troisièmement, cet uranium pouvait être enrichi jusqu'à 20%, ce qui permettrait d'aller vers l'uranium militaire. Cette fois-ci, ce sera 3,65%. Ce sont donc des avancées.
En même temps, il y a des points dont nous avons discuté, il faut le dire, mais sur lesquels nous ne sommes pas arrivés à nous mettre d'accord. J'en cite deux qui ne sont pas les plus faciles.
D'abord, il va falloir que l'AIEA puisse contrôler tout cela et ainsi, que l'Agence puisse pénétrer dans tous les sites et interroger toutes les personnes, y compris celles qui peuvent être associées à une dimension militaire. Ceci n'a pas été encore obtenu.
Deuxièmement, la question du rythme de la levée des sanctions et du rétablissement de ces sanctions si l'Iran ne satisfaisait pas ses obligations. Cette question, non plus, n'a pas été résolue.
C'est sur ces questions que nous allons travailler d'ici le mois de juin. La France aura la même attitude. Nous sommes une puissance indépendante. Nous cherchons à lutter contre la prolifération et nous voulons la paix. Nous avons une vision constructive mais extrêmement vigilante et ce sera la position qui continuera d'être celle du président de la République.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 avril 2015