Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec Public Sénat le 13 octobre 2017, sur le revenu des agriculteurs et sur le glyphosate.

Texte intégral


CYRIL VIGUIER
Bonjour à tous, bonjour à ceux qui nous rejoignent pour cette deuxième partie de la matinale d'infos, Territoires d'Infos, avec un invité politique aujourd'hui qui est le ministre de l'Agriculture, bonjour Stéphane TRAVERT, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation...
STEPHANE TRAVERT
Bonjour.
CYRIL VIGUIER
On y tient tous, voilà, merci d'être l'invité de Public Sénat, de la presse quotidienne régionale, des Indé-Radios - 130 radios sur tout le territoire français - des télés locales de France - dont la chaîne normande LCN qui était vous l'avez vu en duplex dans cette première partie de la matinale - et avec TV Monde, ce week-end vous serez sur les neuf antennes à travers le monde de cette chaîne de télévision francophone. Pour vous interroger, à mes côtés, ce matin : Michaël SZAMES, le spécialiste politique de Public Sénat, bonjour Michaël
MICHAËL SZAMES
Bonjour à tous.
CYRIL VIGUIER
Et Patrice MOYON, le spécialiste agriculture de Ouest France, bonjour...
PATRICE MOYON
Bonjour...
CYRIL VIGUIER
Merci Patrice d'être avec nous ce matin. Vous êtes né à Carentan, dans le département de la Manche, donc en région en Normandie, vous êtes vraiment un Normand pur sucre - ex-député de la 3ème circonscription – et puis vous êtes conseiller régional de Basse-Normandie. Stéphane TRAVERT, annonce ce matin du plan gouvernemental contre les déserts médicaux - vous êtes donc ministre de l'Agriculture - est-ce que cela peut résoudre une partie de la fracture territoriale ce plan ?
STEPHANE TRAVERT
Oui c'est une des solutions, pas toute la solution, mais une des solutions, c'est un plan qui s'avère très ambitieux - et Agnès BUZYN va présenter ce matin ce plan - destiné à réconcilier je dirais les habitants et les territoires sur l'accès aux soins et on a un gros, gros travail notamment en territoires ruraux sur ces sujets. Parce qu'aujourd'hui les territoires ont consacré beaucoup d'argent pour mettre en place des pôles de santé libéraux et ambulatoire, des communes ont investi lourdement pour recréer des cabinets médicaux, mais aujourd'hui nous devons faire face à ce déficit de médecins, nous avons besoin à travers la formation de pouvoir faire en sorte qu'ils viennent sur les territoires où ils sont en manque cruel.
PATRICE MOYON
Stéphane TRAVERT, les territoires ce sont aussi des agriculteurs, on a vu leurs difficultés - 1/3 des agriculteurs aujourd'hui qui vivent avec 350 euros ou moins – la première phase de ces Etats généraux vient d'être bouclée, avec une bonne nouvelle : les agriculteurs vont enfin pouvoir vivre de leur métier avec l'intégration de leurs coûts de production, c'est ça, c'est une bonne nouvelle pour eux ?
STEPHANE TRAVERT
Oui, moi je considère que c'est une bonne nouvelle, mais il faut que nous puissions travailler maintenant avec l'ensemble des filières, des professionnels, pour mettre en oeuvre ce qui est ressorti des Etats généraux. Ces Etats généraux ça été quelque chose d'assez historique, nous avons réussi à mettre autour de la table des gens qui ne se parlaient plus, des gens qui n'arrivaient plus à contractualiser ensemble et - le président de la République l'a rappelé à Rungis mercredi après-midi - nous allons faire en sorte que nous puissions inverser le calcul du prix, c'est-à-dire partir du prix de revient de la production de l'agriculteur pour ensuite calculer le prix qui finira ensuite sur le prix de vente dans les magasins, faire en sorte que les producteurs puissent se regrouper en organisation de producteurs, organisation de producteurs commerciale ou non commerciale, mais se regrouper pour être plus forts, plus performants, plus compétitifs ; et puis des plans de filières - et nous nous y attelons dès cette semaine - pour travailler avec les filières pour restructurer et voir comment nous pouvons contractualiser avec les filières pour proposer un nouveau plan pour l'agriculture.
MICHAËL SZAMES
Est-ce que ça veut dire pour autant qu'il n'y aura plus de crises comme on les a vues ces dernières années, ces derniers mois, les crises des agriculteurs, des manifestations, des blocages, avec ce que vous proposez aujourd'hui il n'y aura plus de crises ?
STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, il serait bien inopportun de s'aventurer de tels chemins. Vous savez que tout ne va pas se régler d'un claquement de doigt et d'un coup de baguette magique, je crois qu'il va falloir aussi du temps, mais ce temps il est malgré tout compté et nous avons besoin d'aller vite, et le président de la République s'est engagé à ce que nous puissions – à travers une loi qui sera déposée dans le cours du premier semestre...
MICHAËL SZAMES
Par ordonnance !
STEPHANE TRAVERT
Par ordonnance, que nous puissions faire en sorte que le plus vite possible nous puissions redonner du prix à la production et faire en sorte – et c‘était le but de ces Etats généraux - que les agriculteurs vivent dignement de leur travail.
MICHAËL SZAMES
Si vous me permettez il y a un vrai changement de philosophie, c'est-à-dire que vous n'ouvrez plus les vannes budgétaires, on a connu une crise égal une enveloppe budgétaire, avec vous c'est fini ?
STEPHANE TRAVERT
Non, parce que l'Etat continue à jouer son rôle, continue à soutenir bien évidemment les filières - et c'est bien normal – mais vous connaissez comme moi les difficultés et la raréfaction de l'argent public et, aujourd'hui, les agriculteurs ils ne veulent plus être totalement dépendants des aides, ils veulent vivre de leur travail : ils travaillent, ils créent un modèle économique, mais l'Etat reste ici notamment pour tout ce qui va concerner les aléas climatiques, les crises sanitaires, l'Etat garde sa place bien évidemment, mais l'Etat non ne se désengage pas.
PATRICE MOYON
Le président de la République insiste justement sur le fait que les agriculteurs puissent vivre de leur métier avec des prix... sur le marché, est-ce que ce n'est pas aussi un signal avec bientôt les discussions qui vont s'engager sur la Politique Agricole Commune, est-ce que ça veut dire qu'il va falloir que les agriculteurs s'attendent à ce que le budget de la PAC soit probablement revu à la baisse ?
STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, sur le budget de la PAC, les choses sont très simples. Moi j'ai souhaité dans la construction budgétaire pour le projet de loi de Finances 2018 faire en sorte que nous puissions conserver le budget de la PAC, d'abord parce que c'est hautement symbolique - le budget de la PAC les agriculteurs y sont très attachés - et aujourd'hui il va falloir je dirais gérer cette situation avec le départ du Royaume Uni - le Brexit va nous faire perdre des moyens bien évidemment sur le budget général de la PAC – et donc il faudra tenir compte du départ du Royaume Uni de l'Union européenne mais nous devons avoir une PAC qui soit beaucoup plus simple, une PAC plus lisible, une PAC qui...
PATRICE MOYON
Vous avez déjà estimé la perte ?
STEPHANE TRAVERT
La perte générale est aux alentours des 10 milliards d'euros.
PATRICE MOYON
Ah ! Quand même.
STEPHANE TRAVERT
Donc ce qui n'est pas négligeable et pas anodin. Mais nous devons avoir une PAC qui porte des filets de sécurité, qui met en avant tout ce qui concerne les aléas climatiques, l'assurance récolte et, enfin, une PAC qui soit efficace et qui aille cibler là où les agriculteurs en ont besoin.
MICHAËL SZAMES
Le Parlement européen va bientôt se prononcer, le 25 octobre, sur le renouvellement de la licence pour le glysovate, pour le glyposate pardon, pour 10 prochaines années – vous savez c'est évidemment cet herbicide pour ceux qui ne connaissent pas – quelle va être la position de la France ?
STEPHANE TRAVERT
La France, je rappelle sa position, elle est claire : elle votera contre, elle votera non, mais elle l'avait déjà fait ce choix lors d'un dernier vote dans le quinquennat précédent parce que nous partons du principe que 10 ans c'est... si on prolonge la durée du glyphosate pour 10 ans, sans rien faire, dans 10 ans nous en serons au même point qu'aujourd'hui et, donc, le Premier ministre m'a demandé ainsi qu‘à mon collègue Nicolas HULOT de remettre avant la fin de l'année un calendrier de sortie du glyphosate...
MICHAËL SZAMES
Combien de temps ?
STEPHANE TRAVERT
Justement il faut qu'on étudie ce...
MICHAËL SZAMES
On parle de cinq à sept ans.
STEPHANE TRAVERT
On a besoin d'une trajectoire, c'est-à-dire qu'aujourd'hui nous avons affaire à des impasses techniques, nous avons besoin de trouver des substitutions, donc nous devons mobiliser la recherche publique et nous allons conjointement – moi c'est ce que je souhaite faire – c'est que, à la fois le ministre de la Transition écologique et solidaire et le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, nous puissions faire une saisine conjointe de l'INRA, de l'IRSTEA et les institutions...
MICHAËL SZAMES
Le glyphosate, c'est dangereux ?
STEPHANE TRAVERT
Pour faire en sorte de déterminer si...
MICHAËL SZAMES
C'est dangereux ou pas ?
STEPHANE TRAVERT
Mais le glyphosate c'est dangereux à partir de... nous avons besoin d'évaluations scientifiques là-dessus, moi je ne suis pas un scientifique, ce que je sais c'est qu'il y a beaucoup d'agriculteurs aujourd'hui qui ont diminué leurs intrants, ils ont utilisé les vertus de l'agro-écologie, la couverture des sols, etc. et donc l'idée c'est de diminuer progressivement l'utilisation de ces produits et donc nous devons proposer un plan de sortie pour faire en sorte que les agriculteurs qui l'utilisent ne soient pas économiquement trop impactés.
CYRIL VIGUIER
C'est Stéphane TRAVERT, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, qui est l'invité de cette matinale d'infos. Vous savez que nous sommes partenaires avec les télés locales de France, nous avons en duplex et en direct Eric TERRIER-HERMANN, qui est le président de LCN - la chaîne normande, que vous connaissez bien Monsieur le Ministre...
STEPHANE TRAVERT
Oui, nous nous sommes déjà vus.
CYRIL VIGUIER
Voilà ! Question de Normand à un Normand, Eric TERRIER-HERMANN a une question à vous poser.
ERIC TERRIER-HERMANN, PRESIDENT DE LCN – EN DUPLEX DE ROUEN – LA CHAINE NORMANDE
Moi je voudrais vous parler des produits normands, de la qualité des produits normands, peut-être qu'une façon d'augmenter les revenus des agriculteurs en France, en Normandie, c'est l'exportation - on le sait par exemple on a le lin qui est beaucoup exporté en Chine – quel est votre projet, quelle est votre ambition pour favoriser l'exporter des bons produits français ?
STEPHANE TRAVERT
Moi d'abord je crois beaucoup à la diplomatie économique et nous avons effectivement – et je vais parler pour mon territoire – mais nous avons des produits d'excellence, le lin en fait partie...
CYRIL VIGUIER
Le blé, le sucre...
STEPHANE TRAVERT
Le blé, le sucre...
CYRIL VIGUIER
Les pommes de terre, le lait...
STEPHANE TRAVERT
Toute la filière légumes, le lait... et nous avons des usines, aujourd'hui des entreprises qui exportent dans les pays et notamment sur la Chine. Tout simplement nous devons travailler avec les autres pays, valoriser nos productions, valoriser nos territoires et faire en sorte que lorsqu'il y a des voyages diplomatiques qui sont organisés qu'il puisse y avoir des entreprises qui nous accompagnent pour faire en sorte de les aider à déboucher sur des marchés.
CYRIL VIGUIER
Stéphane TRAVERT ambassadeur de la Normandie aussi comme ministre de l'Agriculture ?
STEPHANE TRAVERT
Ambassadeur de l'agriculture française, de la ferme France et puis bien évidemment j'ai un tropisme normand que je ne saurais masquer.
PATRICE MOYON
Stéphane TRAVERT l'originalité de ces Etats généraux de l'alimentation c'est que le ministre de l'Agriculture n'est pas seule, il travaille avec les autres ministères et notamment avec le ministre de l'Environnement Nicolas HULOT, comment est-ce que concrètement vous travaillez ensemble, quelles sont vos relations, est-ce qu'elles sont bonnes ?
STEPHANE TRAVERT
Oui, mais les relations ce sont des relations de travail comme avec l'ensemble de mes collègues ministres, nous sommes chaque matin à notre tâche jusque tard le soir et nous fonctionnons en interministérialité - 11 ministères participent aux Etats généraux de l'alimentation – et donc, chaque semaine, il y a des réunions interministérielles qui valident ce qui se passe au sein des Etats généraux et c'est à ce moment-là que nous prenons les décisions de dire ce qui doit ressortir de ces Etats généraux ; et c'est ce qui s'est passé à l'issue du premier chantier où tout ce qui est sorti des ateliers, toute cette réflexion issue des ateliers, a été bien évidemment travaillé avec l'ensemble des ministres.
MICHAËL SZAMES
Soyons francs, vous avez vu qu'il y a eu un dîner entre Emmanuel MACRON et Nicolas HULOT...
STEPHANE TRAVERT
Oui.
MICHAËL SZAMES
Il y a eu des rumeurs dans Paris qui bruissaient sur un possible départ de Nicolas HULOT, est-ce que ça vous aurait attristé ce départ ?
STEPHANE TRAVERT
Mais moi tout ce qui va affaiblir la cohésion du gouvernement, tout ce qui va permettre que des commentaires de commentaires parisiens soient faits sur le sort réservé à quelques ministres du gouvernement je n'y prête pas une grande attention, moi ce que je souhaite c'est que nous puissions conserver cette cohésion de la majorité, nous sommes tous mus par le même objectif : la réussite du quinquennat...
MICHAËL SZAMES
Il faut ménager le soldat HULOT ?
STEPHANE TRAVERT
La réussite du quinquennat d'Emmanuel MACRON, la réussite du gouvernement et la cohésion de la majorité, moi c'est ce que je...
MICHAËL SZAMES
Faut-il ménager ou pas le soldat HULOT ?
STEPHANE TRAVERT
Mais il n'y a pas à ménager je dirais quelqu'un par rapport à un autre, tous les ministres nous sommes engagés, nous avons une feuille de route, nous devons la respecter et nous devons faire ce pourquoi le président de la République a été...
MICHAËL SZAMES
Le binôme ne marche pas ?
STEPHANE TRAVERT
Mais aujourd'hui nous travaillons ensemble et les deux ministères travaillent ensemble, les cabinets échangent bien évidemment et nous sommes engagés sur la même voie et sur le même chemin.
PATRICE MOYON
La question de la qualité de l'alimentation, le président de la République a insisté sur la montée en gamme, est-ce que c'est une autre agriculture qui est en train de se dessiner ?
STEPHANE TRAVERT
Non. Parce qu'on a aujourd'hui vous le savez dans notre territoire en France un grand nombre de modèles agricoles et on ne cherche pas à opposer ces modèles agricoles, ils doivent continuer à coexister, seulement nous demandons à ce que ces modèles agricoles – que ce soit le bio, que ce soit les appellations d'origine, que ce soit l'agriculture conventionnelle – puissent travailler à améliorer la qualité de leurs productions, à être plus compétitifs, à être plus innovants et donc, sans opposer les modèles les uns aux autres, nous voulons concourir à la montée en gamme, à faire en sorte que nous puissions produire des produits de meilleure qualité, que les consommateurs s'y retrouvent. Parce qu'au final le seul juge c'est le consommateur, c'est lui qui vote en faisant l'acte d'achat lorsqu'il se rend dans un magasin ou dans une boutique, je crois que c'est parce que nous aurons réussi ce pari de l'audace avec les consommateurs, faire en sorte qu'ils puissent avoir ce qui leur est dû, c'est-à-dire une alimentation saine et durable, que nous aurons réussi ces Etats généraux.
MICHAËL SZAMES
Vous garantissez donc ce matin, vous dites aux Fran9ais qui nous écoutent qu'il n'y aura absolument aucune montée des prix ?
STEPHANE TRAVERT
Ça, je ne peux pas le garantir de manière sûre et solide. Mais ce que je dis c'est que les consommateurs ils sont prêts, ils demandent, ils exigent une alimentation de qualité - les consommateurs ils en ont marre de l'alimentation low cost - et vous avez bien vu que les prix toujours bas ont détruit de la valeur et donc le prix le plus bas n'est pas forcément le plus juste, le prix le plus juste c'est celui qui rémunère tout le monde dans la chaîne de valeur. Donc aujourd'hui nous avons besoin, parce que nous allons monter en qualité, parce que nous allons diversifier...
MICHAËL SZAMES
Augmenter les prix.
STEPHANE TRAVERT
Parce que nous allons diversifier aussi les sources d'approvisionnement, parce que les consommateurs vont se retrouver dans l'offre générale qui sera faite, je crois que nous allons pouvoir lisser aussi le panier moyen des consommateurs.
CYRIL VIGUIER
Stéphane TRAVERT, le ministre de l'Agriculture, est notre invité ce matin, nous sommes partenaires avec les Indé-Radios, 130 radios sur tout le territoire français, à ce titre Alex CAM – qui est journaliste à ALPES PREMIERE, ALPES DU SUD - nous a transmis une question, que voici : « le plan national du loup, le monde du pastoralisme n'est pas rassuré par vos annonces et se sent abandonné, quant au collectif de défense du loup il s'oppose à un abattage massif il nous indique que le député La République En Marche des Hautes-Alpes Joël GRIMAUD (phon) demande pour sa part des prélèvements du loup sur des zones où la pression de la prédation est forte et non des prélèvements au fond partout en France - comment trouver l'équilibre sur un sujet où la frontière entre l'apaisement et la violence est très mince ? » Vous le savez, vous êtes bien placé pour le savoir...
STEPHANE TRAVERT
Vous savez moi j'ai...
CYRIL VIGUIER
Avec une réponse claire, parce que...
STEPHANE TRAVERT
Oui, oui, mais mes réponses sont toujours claires.
CYRIL VIGUIER
Ca ne l'a pas été parfois...
STEPHANE TRAVERT
Je me suis rendu en Aveyron il y a quelque temps, j'ai rencontré les éleveurs, j'en ai reçus beaucoup au ministère et je leur ai toujours dit : « mon objectif c'est zéro attaque, mon objectif c'est préserver les éleveurs, les protéger...
CYRIL VIGUIER
Et les loups !
STEPHANE TRAVERT
Et l'objectif c'est de faire en sorte que le zéro attaque ce n'est pas non plus zéro loup » et donc moi, par contre, ce que je souhaite c'est préserver ce modèle d'agro-pastoralisme qui entretient nos paysages et donc nous allons présenter un plan pluriannuel sur les loups en tenant compte effectivement dans les territoires où la prédation est beaucoup plus forte, là où la pression est plus forte, de regarder comment nous pouvons adapter les prélèvements sur ces territoires. Je le rappelle tout cela ne remettra pas en cause la nécessité de protéger la biodiversité et la présence du loup, mais avant tout nous devons protéger les éleveurs.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes aux prises après un sujet émotionnel quand même, pas très rationnel ?
STEPHANE TRAVERT
Mais bien sûr. Ceux que j'ai rencontrés l'autre jour en Aveyron, qui me faisaient part de leur rencontre avec l'animal sur leur territoire, c'était des témoignages glaçants, poignants et je reconnais que par rapport à ça nous devons trouver une solution et nous sommes en bonne voie pour la trouver.
CYRIL VIGUIER
Merci Stéphane TRAVERT. Je voudrais remercier deux partenaires affiliés de cette matinale d'infos : Patrice MOYON, de Ouest France, d'être venu – c'est le spécialiste de l'agriculture du plus grand journal francophone du monde – et puis Eric TERRIER-HERMANN de LCN, la chaîne normande - votre chaîne Monsieur le Ministre - qui était en duplex de Normandie, merci Eric d'avoir été avec nous ce matin.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 octobre 2017