Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à LCI le 8 mars 2018, sur la journée internationale des droits des femmes et le projet de réforme constitutionnelle du Parlement.

Texte intégral

AUDREY CRESPO-MARA
Bonjour à tous, bonjour Benjamin GRIVEAUX.
BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.
AUDREY CRESPO-MARA
Vous êtes ici à l'occasion de la journée des droits des femmes, même là, il faut que ce soit un homme qui se mette en avant décidément.
BENJAMIN GRIVEAUX
Décidément.
AUDREY CRESPO-MARA
Vous savez ce qu'on va faire, on va inverser les rôles à un moment donné, vous êtes d'accord ?
BENJAMIN GRIVEAUX
D'accord.
AUDREY CRESPO-MARA
D'abord Edouard PHILIPPE a reçu hier à Matignon les partenaires sociaux sur le thème de l'égalité salariale entre hommes et femmes alors en gros les femmes, elles gagnent 25 % de moins, tout confondu et à poste égal 9 % de moins que les hommes, vous allez proposer que les hommes, d'un seul coup gagnent moins 9 % ou perde plutôt 9 % sur leurs salaires ou que les femmes voient leur salaire augmenter de 9 % d'un coup ?
BENJAMIN GRIVEAUX
L'idée, c'est plutôt que les salaires augmentent, depuis 45 ans, 1972, moi, je n'étais pas né, il est inscrit dans la loi qu'à travail de valeur égale, il y a un salaire égal et donc vous disiez, il y a 9 % d'écart. C'est injustifiable et c'est inexplicable et donc 1er janvier 2019 pour toutes les entreprises de plus de 250 salariés et donc dans votre groupe, il y aura un logiciel qui permettra de voir s'il y a des écarts et si des écarts sont constatés, 3 ans sont donnés aux entreprises pour pouvoir faire ce rattrapage salarial. Si au bout des 3 années, ce rattrapage n'est pas fait, il y aura des sanctions financières autrement plus importantes que ce qui aujourd'hui est prévue, qui pourront aller jusqu'à 1 % de la masse salariale totale de l'entreprise. Ça, c'est pour les plus de 250 salariés, 1er janvier prochain, 1er janvier 2020 pour les entreprises de 50 à 250 salariés.
AUDREY CRESPO-MARA
Mais c'est un logiciel qui sera obligatoire dans les entreprises ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Le logiciel libre, ça se fait parfaitement dans beaucoup de pays, on a notamment en Suisse où ça se pratique très bien, qui permettra simplement de voir dans la description des fiches de poste qu'à travail de valeur égale, eh bien on mesure les salaires et qu'en cas d'écart…
AUDREY CRESPO-MARA
Logiciel libre, ça veut dire quoi exactement ?
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est tout simplement qu'on n'impose pas…
AUDREY CRESPO-MARA
C'est à la liberté de chaque entreprise ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Voilà, on n'impose pas.
AUDREY CRESPO-MARA
Donc elles seront tranquilles.
BENJAMIN GRIVEAUX
Non, parce que vous savez vous avez par ailleurs l'inspection et qui aura, l'inspection du travail, non plus seulement une obligation de moyens pour les entreprises, mais une obligation de résultat et que donc on pourra mesurer les résultats et que les inspections, on va les multiplier par quatre. Aujourd'hui vous avez à peu près 1500, 1600 inspections par an, il y en aura 7000 par an. Donc c'est à la fois, dire aux entreprises, vous prenez vos responsabilités, on n'est pas là avec la politique du bâton dès la première année, vous avez 3 ans pour faire le rattrapage salarial, ça fait 45 ans que vous auriez dû le faire, au bout des 3 années, il y aura des sanctions très dures.
AUDREY CRESPO-MARA
Donc c'est libre mais, contraint quelque part, concrètement donc…
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est en même temps libre et contraint.
AUDREY CRESPO-MARA
C'est ça, c'est la méthode Macron. Quand les femmes gagneront-t-elles autant que les hommes, on vise à 3 ans ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Dans ces entreprises de plus de 50 salariés, horizon de 3 ans.
AUDREY CRESPO-MARA
Est-ce qu'au gouvernement au moins la parité des salaires existe ? Marlène SCHIAPPA, elle gagne autant que vous, par exemple.
BENJAMIN GRIVEAUX
Exactement.
AUDREY CRESPO-MARA
Vraiment ?
BENJAMIN GRIVEAUX
A l'euro près.
AUDREY CRESPO-MARA
Au-delà des problèmes de salaire, quand on voit qu'une femme est tuée tous les 3 jours sous les coups de son conjoint, que 2 femmes sur 10 sont violées dans leur vie et que 90 % des femmes se disent victimes de harcèlement dans les transports, la tâche s'annonce un peu difficile quand même.
BENJAMIN GRIVEAUX
La tâche est immense parce que c'est une bataille culturelle et je vais vous faire une confidence, tout ne sera pas réglé par la loi, on croit trop en France que quand on fait une loi, on apporte une solution définitive à un problème et donc on peut passer aux problèmes d'après. C'est une bataille culturelle, ça veut dire que c'est de la vigilance sur le lieu de travail, dans les transports, dans l'espace public, à l'école et ça commence très tôt, dès les premiers âges de la vie.
AUDREY CRESPO-MARA
Dans la famille aussi.
BENJAMIN GRIVEAUX
Dans la famille, donc c'est dans tous ces endroits là où il faut mettre de la vigilance, où il faut mettre les projecteurs sur ces sujets, que ce soit, je vous dis à nouveau dans l'univers professionnel, associatif, sportif, culturel, bref, dans l'ensemble de la vie de la société.
AUDREY CRESPO-MARA
Les #balancetonporc et meetoo bouleversent sans doute à jamais la relation homme-femme, à votre avis, Gérald DARMANIN et Nicolas HULOT, ils auraient été accusés sans ce soulèvement ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Alors je ne sais pas du tout, s'il y a un lien entre le mouvement de libération de la parole des femmes qui a lieu depuis le mois de septembre et l'affaire Weinstein et avec un élément frappant, c'est que les violences faites aux femmes, dénoncées, ont augmenté de 12 % le dernier trimestre de l'année 2017, pas du fait qu'il y en ait eu forcément plus, mais en fait, simplement parce que la parole s'est libérée. Donc ça c'est un mouvement absolument salutaire parce qu'il y avait des femmes qui étaient victimes de violences sexuelles, de harcèlement, que ce soit dans leur intimité ou sur leur lieu de travail, il fallait que la parole puis est libéré et je ferai aucun lien avec le fait de savoir si d'un point de vue judiciaire, il y aurait eu une instruction ouverte ou pas à l'endroit de Nicolas HULOT, de Gérald DARMANIN.
AUDREY CRESPO-MARA
Mais dans ce contexte, des plaintes ont été déposées, je ne vous demande pas de vous prononcer sur les affaires qui sont en cours d'instruction…
BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a eu des classements sans suite, donc…
AUDREY CRESPO-MARA
Et de nouvelles plaintes de déposées.
BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a eu des nouvelles plaintes déposées, c'est à la justice évidemment de faire ce travail.
AUDREY CRESPO-MARA
Oui mais est-ce ce qui n'est pas difficile quand même pour vous de défendre la cause des femmes et en même temps de témoigner d'un soutien sans faille à Gérald DARMANIN et Nicolas HULOT ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Mais je défends le droit, je défends le fait que la mise en cause n'est pas une mise en examen et que bien servir la cause des femmes, c'est justement s'en tenir aux droits et dans notre état de droits, les droits des plaignantes sont absolument respectés et il y a des juges qui font ce travail d'instruction, d'enquête pour déterminer, eh bien s'il y a matière ou pas à mettre en examen. Mais c'est parce qu'on a à la fois des droits des plaignantes et en même temps une présomption d'innocence respectée qu'on est dans un Etat de droits, moi j'y suis très attaché.
AUDREY CRESPO-MARA
En ce jour de droits des femmes, je vais vous poser des questions qu'on ne pose mais alors qu'aux femmes, attention je préviens, sexisme garanti. Il n'est pas un peu court votre pantalon, Benjamin GRIVEAUX ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Je croyais que c'était à la mode.
AUDREY CRESPO-MARA
Ce n'est pas vraiment une tenue appropriée pour venir parler à la télé.
BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, j'assume ma masculinité, et donc je trouve que ma tenue est parfaitement appropriée.
AUDREY CRESPO-MARA
Droit dans vos bottes. Comment vous faites pour concilier vie professionnelle et vie privée avec deux enfants en bas âge ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas facile et on fait des choix, et donc vous voyez ce matin j'ai décidé de venir vous voir pour cette matinale, il a même dû m'arriver, je crois, de refuser de venir à une de vos matinales parce que je devais emmener mes enfants à l'école et donc je partage les taches, j'essaie deux à trois matins par semaine de pouvoir les déposer à l'école, ce matin c'est ma femme qui fait ça.
AUDREY CRESPO-MARA
Donc vous vous occupez quand même de vos enfants. Vous ne culpabilisez pas trop à vouloir réussir à tout prix, de ne pas assez vous occuper de vos enfants, non ?
BENJAMIN GRIVEAUX
On culpabilise toujours et je vais vous dire une chose, le jour où la culpabilité l'emportera, eh bien je crois qu'il sera temps pour moi de changer de vie.
AUDREY CRESPO-MARA
En voulant à tout prix réussir, vous ne freinez pas un peu la carrière de votre femme, avocate ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Ma femme, elle avait une carrière bien avant de me rencontrer et elle a une magnifique carrière et donc je suis sûr que c'est plutôt elle qui a accéléré la mienne et qui m'a aidé à faire ces choix et ça je lui en serais toujours reconnaissant.
AUDREY CRESPO-MARA
Donc votre femme effectivement connaît beaucoup de monde, elle vous a aidé à réussir clairement ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas parce qu'elle connaît beaucoup de monde, c'est parce qu'elle a des intuitions parfois que je n'ai pas, et donc elle m'aide beaucoup.
AUDREY CRESPO-MARA
Donc revenons à vos enfants, vous vous en occupez parfois le matin, mais quand même, ministre ce n'est pas trop dur comme métier pour un homme ?
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est très dur, surtout qu'un homme, c'est vrai, on a l'habitude de dire qu'on ne sait faire qu'une seule chose à la fois et je crois que malheureusement c'est absolument mon cas.
AUDREY CRESPO-MARA
C'est vrai, bon. Donc vous arrivez à tout faire ou à faire tout à moitié ?
BENJAMIN GRIVEAUX
J'essaie de tout faire, mais parfois c'est difficile.
AUDREY CRESPO-MARA
Vous souhaiteriez qu'il y ait plus d'hommes en politique ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Il y en a déjà trop. J'ai regardé à votre plateau hier soir, il n'y avait pas beaucoup de femmes, nous, on a essayé au sein de la République En Marche de faire la parité, ça a été difficile, Emmanuel MACRON a été obligé de faire un appel aux candidatures parce que les femmes s'autocensuraient pour ne pas être candidates aux législatives et on a un groupe quasiment paritaire, parce qu'on a 47 % de femmes parmi nos députés.
AUDREY CRESPO-MARA
Et vous parliez du débat du PS effectivement où les quatre candidats sont des hommes. Au fait quel métier pensez-vous que vous exerceriez si vous étiez une femme ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Exactement le même, des femmes ont fait ce métier avant moi, elles ont exercé cette fonction, je pense à Najat VALLAUD-BELKACEM, je pense à Valérie PECRESSE et donc je ferais exactement le même métier.
AUDREY CRESPO-MARA
Les premières rides, ça vous fait peur ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Il y en a que notre jeunesse angoisse et donc si les premières rides peuvent les rassurer, je crains que j'en ai gagné quelques-unes ces neuf derniers mois.
AUDREY CRESPO-MARA
Quel est le secret de votre forme, un régime peut-être ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Je fais attention à ce que je mange, mais j'ai des conseillés très jeunes paritaires qui ont des paquets de bonbons dans les bureaux et donc il m'arrive de piquer de temps à autres, un ou deux Haribo.
AUDREY CRESPO-MARA
Vous me feriez un petit café après mon petit Benjamin ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Avec grand plaisir.
AUDREY CRESPO-MARA
C'est vrai que c'est comme ça qu'on parle aux femmes parfois.
BENJAMIN GRIVEAUX
Sucre ou sans sucre ?
AUDREY CRESPO-MARA
Sans sucre. Ca fait quoi d'être une femme ? Ce n'est pas forcément toujours très agréable, mais ce n'est pas toujours comme ça non plus n'exagérons pas. Parlons d'un homme, tenez, qui fait partie du gouvernement, Jean-Yves LE DRIAN, au lendemain du débat du Parti socialiste, le ministre des Affaires étrangères annonce qu'il quitte le parti, vous étiez au courant, et est-ce que ça vous satisfait ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'étais pas au courant, je ne suis pas surpris, c'est un cheminement assez logique de la part de Jean-Yves LE DRIAN qui a eu un attachement très fort au Parti socialiste, mais qui a toujours et y compris dans la gestion qu'il avait de la région Bretagne, dont il a été le président, et un président, je crois unanimement salué, quelle que soit les sensibilités politiques, il a toujours construit sa majorité avec des sensibilités différentes. C'est-à-dire qu'il était un macroniste avant l'heure presque, Jean-Yves en travaillant avec des gens dont il considérait que la compétence primait sur les appartenances partisanes. Donc aujourd'hui je crois que c'est la logique d'un cheminement qu'il a engagé il y a déjà longtemps.
AUDREY CRESPO-MARA
Et ça vous satisfait plutôt.
BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'ai pas à être satisfait ou pas, mais il est le bienvenu à La République en Marche, s'il veut nous rejoindre, on verra s'il fait cette démarche là, je comprends qu'il ait quitté le Parti socialiste quand je regarde aujourd'hui les débats qui anime le parti dont j'ai été membre.
AUDREY CRESPO-MARA
Et vous ne savez pas donc s'il entend rejoindre la République en Marche, mais vous le souhaitez.
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est sa liberté.
AUDREY CRESPO-MARA
Revenons aux réformes gouvernementales, est-ce que vous confirmez que le gouvernement souhaite vendre l'ensemble de sa participation au capital d'AEROPORTS DE PARIS pour une privatisation qui devrait démarrer fin 2018 ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, il n'y a aucune décision qui est prise sur le sujet, mais ce que je peux vous confirmer, c'est que, un bon actionnaire, et l'Etat, s'il veut se comporter en bon actionnaire, vous réinterrogez souvent, eh bien, vos participations, votre portefeuille, vous regardez ce que vous avez dans votre portefeuille, et s'il y a encore du sens à conserver des participations publiques dans certaines grandes entreprises, que ce soit ADP ou d'autres. Et l'objectif que l'on a fixé, nous, c'est que, en cédant certaines participations publiques dans des grandes entreprises, on puisse constituer un fonds pour l'innovation de rupture de dix milliards d'euros, qui permettra à des entreprises, à des secteurs de notre économie, eh bien, de faire ces innovations de rupture, que les marchés parfois ne savent pas financer, parce qu'on est sur des marchés à cycle court, et là, c'est le temps long, c'est le rôle de l'Etat régulateur, on a été actionnaire de grandes entreprises publiques, c'est aussi le rôle de l'Etat, eh bien, d'orienter notre économie vers une économie de la compétence, de l'innovation, en permettant la création de ce fonds pour l'innovation de rupture.
AUDREY CRESPO-MARA
Donc vous me dites : rien n'est décidé, mais ce n'est pas exclu en tout cas ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Non, rien n'est décidé.
AUDREY CRESPO-MARA
Mais rien n'est exclu ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Rien n'est exclu par définition.
AUDREY CRESPO-MARA
Parce que depuis des semaines, le groupe ADP, donc qui gère les aéroports de Roissy et d'Orly, est cité avec la FRANÇAISE DES JEUX, avec ENGIE aussi, parmi les entreprises qui pourraient être privatisées pour alimenter le fonds pour l'innovation de dix milliards d'euros, promis par Emmanuel MACRON. Donc vous ne confirmez pas, mais vous ne démentez pas non plus ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne confirme rien, rien n'est décidé à ce stade, et par définition, quand vous souhaitez, sur un marché, vendre des participations, il est préférable de ne pas en faire état.
AUDREY CRESPO-MARA
Revenons donc aux autres aussi réformes gouvernementales, on voit qu'il y a des blocages quand même parfois, alors, il y a des blocages à la SNCF, avec la fin des statuts des cheminots, et puis, il y a un blocage au Sénat, avec Gérard LARCHER, qui franchement n'apprécie pas la réforme envisagée, la réforme institutionnelle envisagée, qui notamment prévoit la limitation à trois mandats successifs pour les parlementaires, et la réduction d'un tiers des parlementaires. Gérard LARCHER, il dit : un élu qui a son premier mandat à 30 ans et qui fait trois mandats, ça veut dire qu'à 48 ans, c'est fini pour le reste de sa vie, aucun pays ne fait ça. Vous l'entendez ça ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Mais moi, ce que je réponds à Gérard LARCHER, c'est que, un jeune maire élu à 30 ans avec un projet pour sa ville, si après dix-huit ans comme maire de sa ville, il n'a pas accompli le projet, et le projet de territoire qu'il a défendu, ce n'est pas la dix-neuvième année qu'il va se réveiller. Ou s'il a dormi pendant dix-huit ans, les électeurs l'auront sorti avant. Ce qu'on est simplement en train de dire, c'est qu'il faut que notre démocratie puisse respirer, que ce ne soit pas toujours les mêmes visages, et souvent, les mêmes visages masculins, qui occupent ces missions-là, ces jobs-là. Si on veut faire du renouvellement, à la fois, en faisant venir des gens de la société civile, mais aussi, en faisant venir des femmes, eh bien, limiter à dix-ans de mandat d'affilée dans un mandat identique…
AUDREY CRESPO-MARA
Est-ce que ce n'est pas aux électeurs de choisir et de voter ou pas pour eux finalement ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, manifestement, quand… soit, on veut faire du renouvellement, on veut changer un peu les visages, on veut changer les pratiques, et, il faut le faire par la loi, parce que, manifestement, dans la pratique, ça ne suffit pas. Par ailleurs, je rappelle aussi une chose, c'était un engagement du président de la République, et je comprends que le président du Sénat y soit opposé, il a un groupe politique à gérer. Mais nous, on doit tenir la parole qu'on a prise devant les Français.
AUDREY CRESPO-MARA
Emmanuel MACRON, il baisse dans les sondages, on dit que c'est à cause de la hausse de la CSG, à cause de la baisse du pouvoir d'achat, le pouvoir d'achat a tué Nicolas SARKOZY, il est en train de blesser sérieusement Emmanuel MACRON ?
BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'ai pas commenté les hausses du mois de décembre, donc je ne commenterai pas les baisses du mois de janvier, dont certains nous disent que ça baisse moins, d'autres…
AUDREY CRESPO-MARA
Mais le pouvoir d'achat, c'est important…
BENJAMIN GRIVEAUX
L'objectif de ce quinquennat, c'est ce qui a été le coeur de la campagne présidentielle, c'est de faire en sorte que le travail paie mieux. Et pour que le travail paie mieux, il y a les baisses de cotisations, mais il y a aussi la montée en compétence, c'est tout le travail qui est fait sur la formation professionnelle, pour permettre à des gens de se reformer pendant leur vie professionnelle, pour accéder à des métiers plus valorisés, mieux rémunérés…
AUDREY CRESPO-MARA
Et le pouvoir d'achat attend donc…
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est le travail qui doit mieux payer…
AUDREY CRESPO-MARA
Et le pouvoir d'achat viendra ensuite, c'est ce que vous dites, c'est en deux temps…
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est ça, mais le travail paie mieux, le pouvoir d'achat augmente.
AUDREY CRESPO-MARA
Une bataille qui nous concerne directement, LCI étant la chaîne info du groupe TF1. Depuis cette nuit, le signal des chaînes TF1 est rétabli, alors sur toutes les offres satellitaires, pas sur les Box, de Canal+, mais, donc ce n'est pas gagné encore, et puis, FREE et ORANGE menacent de couper aussi la diffusion des chaînes. La ministre de la Culture, Françoise NYSSEN, a sommé Canal+ de rétablir le signal. C'est aussi votre point de vue ?
BENJAMIN GRIVEAUX
C'est évidemment le point de vue du gouvernement, il y a un objectif de couverture généralisée, parce que, il faut que chacun, sur le territoire national, puisse avoir accès à ces chaînes, après, il y a évidemment une bataille commerciale, de relations commerciales entre des entreprises privées, et donc il n'appartient pas au gouvernement, là, de s'immiscer dans ces négociations commerciales. Simplement dire que, voilà, il faut que chacun et chaque téléspectateur puissent continuer à bénéficier de l'ensemble des chaînes.
AUDREY CRESPO-MARA
Une dernière question, tous les matins, je pose une question off devant les caméras. En trente secondes, c'est off, entre nous, vous, qui prenez l'égalité, la parité, ça ne vous dérangerait pas de prendre la place d'une femme à la mairie de Paris, si ?
BENJAMIN GRIVEAUX
J'étais sûr que j'aurais droit à cette question.
AUDREY CRESPO-MARA
Trente secondes, je savais, je sais que vous n'y répondrez pas…
BENJAMIN GRIVEAUX
Vous savez, c'est : on prendra la place d'un projet, pas d'une personne. Si on fait des combats de personnes, je crois que ça n'intéressera pas les Parisiens.
AUDREY CRESPO-MARA
Merci Benjamin GRIVEAUX.Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 mars 2018