Communiqué du secrétariat d'Etat à la défense, chargé des anciens combattants, à propos de la proposition de loi sur le choix d'une date de recueillement et de souvenir pour les victimes de la guerrre d'Algérie, Paris Le 22 janvier 2002

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Circonstance : Débat parlementaire sur la proposition de loi sur la date de commémoration de la guerre d'Algérie, le 15 janvier 2002 à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Le mardi 15 janvier, l'Assemblée nationale, comme il est normal en démocratie, a eu à débattre d'un texte symbolique. Il s'agissait deux ans après avoir voté à l'unanimité la qualification de " guerre d'Algérie " de choisir une date de recueillement et de souvenir pour toutes les victimes de cette guerre.
Les associations d'anciens combattants n'ayant pas été en mesure de faire une proposition commune, le choix de plusieurs propositions de loi, émanant tant de la majorité que de l'opposition, ont proposé le 19 mars, date du cessez-le-feu approuvée par 90,71% lors du référendum proposé par le général de Gaulle.
Ces propositions de loi ont donné lieu à un débat passionné démontrant que les blessures de la guerre d'Algérie sont encore loin d'être cicatrisées. De nombreux parlementaires ont au cours de ce débat exprimé clairement leur souhait de fixer une date pour honorer toutes les victimes tant civiles et militaires de cette guerre tragique : les appelés, les rappelés, les maintenus, les militaires de carrière, les pieds-noirs, les harkis, toutes les populations qu'elles soient d'origine européenne ou maghrébine. D'autres, au contraire, ont fait part de leur désaccord en choisissant souvent, hélas, de porter le débat sur le terrain polémique. Je le regrette, nous avons perdu ensemble l'occasion de nous rassembler autour d'un objectif de réconciliation nationale sur cette page tragique de notre histoire.
Je rappelle que je me suis engagé à proposer la continuité du processus parlementaire qu'à la condition qu'un large consensus soit atteint à l'Assemblée nationale. Celle-ci avait su voter à l'unanimité la reconnaissance de la guerre d'Algérie, j'attendais une démarche similaire pour la proposition de loi votée ce jour. Ma position semble avoir été comprise par les associations du monde combattant. Le débat n'aura pas été vain puisque des faits douloureux, jusque-là tabous, ont pu être évoqués dans cette enceinte. La réconciliation nationale sur ce sujet symbolique a franchi une première étape, celle de la discussion publique. En tout état de cause, il faut que ce débat soit prolongé au sein des associations du monde combattant et des harkis, et de nos compatriotes rapatriés.
J'invite maintenant les associations d'anciens combattants à travailler ensemble dans la sérénité pour dégager un consensus sur cette date du souvenir et du recueillement pour mettre enfin un terme à l'histoire de la guerre d'Algérie et engager pour nos enfants et nos petits-enfants un véritable processus de réconciliation avec l'Algérie d'aujourd'hui à la condition, toutefois, que nos amis d'outre-Méditerranée fassent de même.
(source http://www.defense.gouv.fr, le 30 janvier 2002)