Texte intégral
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers confrères,
C'est pour le ministre de la Santé un grand plaisir – et permettez-moi de le dire un devoir pour le médecin que je suis – de conclure cette conférence de presse sur le tabagisme passif organisée par les acteurs du programme "L'Europe contre le Cancer" ceci pour deux raisons.
D'une part, cette conférence de presse montre la cohésion de tous les acteurs de la santé nationaux et internationaux, qu'il s'agisse des soins, de la prévention, de l'information, tour d'un problème majeur de santé publique : le tabagisme.
N'oublions pas que le tabagisme est responsable d'environ 65 000 morts prématurés par an, ce qui équivaut à 170 morts par jour que ce soit par cancer, infarctus ou insuffisance respiratoire, sans compter une morbidité considérable essentiellement pulmonaire, coronarienne, artérielle périphérique, fœtale...
Je suis, comme vous, profondément convaincu qu'il ne peut y avoir de politique de santé publique efficace sans dimension préventive forte : et vous savez que j'ai, dès mon entrée en fonction, fait de la prévention l'un des principaux axes de mon action.
Mais la prévention ne peut être une politique si elle n'est pas d'abord un comportement, une attitude générale envers le risque de la maladie, j'allais dire un réflexe – réflexe du médecin bien sûr, mais aussi réflexe du public.
C'est précisément grâce à des actions de sensibilisation comme celle que vous menez ici que la prévention peut entrer dans les faits, c'est-à-dire dans les mœurs.
Permettez-moi d'en profiter pour saluer ceux qui dans cette salle, comme ailleurs, luttent pour la prévention. Leur tâche est souvent ingrate mais essentielle.
Vous avez choisi de consacrer le thème de votre conférence au tabagisme passif, et je vous en félicite, car c'est un sujet bien mal connu, comme le montrent l'enquête de la SOFRES, et le micro trottoir que vous avez commandés.
De l'enquête de la SOFRES, je tire personnellement quelques enseignements : malgré les progrès dûs à la prévention, les fumeurs n'ont pas encore suffisamment pris conscience de la gêne qu'ils provoquent chez les autres, et des risques qu'ils leur font encourir. Ils oublient, et, avec, eux le reste de la population, apparemment, que ce n'est pas au bout de plusieurs années, mais bien plus rapidement, que le tabagisme passif provoque ses effets, et aggrave les pathologique des vies respiratoires, comme l'asthme par exemple.
Ces constatations me renforcent dans l'idée qu'il faut faire appliquer vigoureusement, aussi bien dans les lieux publics que sur les lieux de travail, les lois anti-tabac. Je regrette que votre sondage nous confirme qu'elles ne sont pas totalement appliquées – 41 % des salariés et 48 % des non-fumeurs interrogés s'estiment exposés à la fumée des autres. C'est beaucoup trop.
J'ai bien compris votre message, et croyez que le professeur de santé publique que je suis y adhère complètement. Je continuerai à appuyer vigoureusement à l'avenir les actions du comité international de lutte contre le tabagisme. J'userai de mon autorité pour faire entrer en application les lois. Je souhaite que l'effort de pédagogie que vous menez soit relayé par l'école, comme vous le suggérez. Je m'en suis déjà entretenu avec mon collègue François Bayrou, ministre de l'éducation nationale. Nous souhaitons proposer au gouvernement un renforcement de la médecine scolaire, qui facilitera les actions de prévention que vous appelez à juste titre de vos vœux.
J'ai bien conscience que c'est grâce à des efforts assidus de prévention que nous viendrons à bout du tabagisme. Croyez que je suis à vos côtés dans cette tâche nationale.
Je vous remercie.