Texte intégral
La lettre de la Nation Magazine : Les dernières statistiques publiées font état d'une progression du chômage. Quand espérez-vous stabiliser le nombre des chômeurs ?
Édouard Balladur : L'emploi est le souci premier du gouvernement. Je n'ai jamais caché que le chômage progresserait en 1993. Avec la récession que nous avons trouvée, une telle évolution était malheureusement inévitable. Face à cette situation, le gouvernement a mobilisé des moyens importants : aide aux entreprises en difficulté, aides financières à l'apprentissage et à l'emploi des jeunes, adoption de la loi sur l'emploi, baisse des charges sur les bas salaires. Ces mesures ne sont pas encore toutes en vigueur. Cela tient au délai de vote et de mise en place des textes. Mais grâce à elles, nous espérons que la courbe du chômage pourra s'inverser d'ici la fin 1994. Notre objectif, c'est de casser la croissance du chômage en 1994. Mais si nous constations que les mesures adoptées sont insuffisantes, le gouvernement est prêt à prendre de nouvelles dispositions car il n'est pas possible de se résigner devant la montée du chômage et notamment du chômage des jeunes.
La lettre de la Nation Magazine : Avez-vous l'espoir de pouvoir inverser durablement la courbe du chômage ?
Édouard Balladur : Si la croissance est de retour, un tel espoir est raisonnable. Rappelons-nous, 800 000 emplois ont été créés entre 1987 et 1989. Pourquoi ne retrouverions-nous pas avec la croissance les créations d'emploi ?
La lettre de la Nation Magazine : Il semblerait, d'après les institutions d'observation de la conjoncture économique, que l'on entrevoit les premiers signes de la reprise. Est-ce à votre avis un feu de paille ou une évolution véritable de l'économie française ? En un mot, croyez-vous à une reprise rapide ?
Édouard Balladur : Divers signes sont favorables. L'immobilier va mieux. Les stocks des entreprises sont bas. La production industrielle, après avoir fortement chuté, est répartie à la hausse. Plus important, l'état d'esprit des chefs d'entreprise est devenu positif. La reprise devrait être au rendez-vous en 1994, Certes, elle sera encore trop faible. Mais l'objectif de + 1,4 % que s'est fixé le gouvernement, apparaît raisonnable.
La lettre de la Nation Magazine : Estimez-vous que la politique entreprise depuis mars 1983 porte dans le domaine économique ses premiers fruits ?
R : Il est difficile de l'affirmer dans la mesure où toutes les mesures adoptées ne sont pas encore pleinement en vigueur. Mais des premiers signes positifs apparaissent. Le nombre des faillites d'entreprises diminuent. Le remboursement du décalage d'un mois de la TVA a amélioré la trésorerie de très nombreuses petites entreprises. Dans bien des cas, grâce à cette mesure, le pire a pu être évité. Dans le domaine du bâtiment, du logement, des travaux publics, l'activité est désormais bien repartie. Toutes ces évolutions sont le fruit de la politique du gouvernement. Grâce aux mesures prises et à la baisse des taux d'intérêt qui n'a été possible que par le retour de la confiance, le gouvernement a créé un environnement favorable à la reprise.
La lettre de la Nation Magazine : La crise monétaire du 2 août a-t-elle modifié votre perception de la stabilité monétaire en Europe ? A-t-elle remis en cause, dans votre esprit, la validité des choix opérés depuis le 29 mars, en la matière, par votre gouvernement ?
Édouard Balladur : Pour redresser la situation économique de la France, le gouvernement s'est fixé deux priorités : le soutien de la croissance et de l'emploi ; la stabilité de notre monnaie. Que s'est-il passé le 2 août ? La France a fait une proposition (l'élargissement des marges de fluctuation à 15 %) qui a permis de sauver le SME dans des circonstances exceptionnellement difficiles et après une spéculation sans précédent. Il faut se féliciter d'avoir ainsi totalement préservé l'avenir de la construction européenne, permis le retour au calme sur les marchés et la stabilisation des monnaies européennes. Quant au franc, sa valeur s'est maintenue tandis que les taux d'intérêt baissaient significativement. Les taux à court terme ont baissé de 40 % depuis le 2 avril ; quant aux taux à long terme, ils sont à leur plus bas niveau depuis un quart de siècle. Loin de remettre en cause les choix opérés par le gouvernement, les événements de l'été dernier ont confirmé, si besoin était, leur bien-fondé.
La lettre de la Nation Magazine : L'Europe sort elle affaiblie ou renforcée de l'épreuve du Gatt ?
Édouard Balladur : Sans nul doute, l'Europe sort renforcée de cette négociation. Tout d'abord, économiquement, les résultats de cette négociation sont conformes à ce que l'Europe pouvait espérer obtenir : l'Europe est exportateur net vers le reste du monde ; plus que tout autre ensemble, elle a besoin de marchés ouverts et de règles équitables du marché international qui la mettent à l'abri des rétorsions unilatérales ; l'Europe, c'est avant tout un ensemble de politiques : la Politique agricole commune, la politique audiovisuelle, etc. Or, l'un des objectifs de certains de nos partenaires dans cette négociation était d'obtenir le démantèlement de ces politiques. Nous les avons préservées de ces menaces et, ce faisant, nous en avons fait reconnaître la légitimité au niveau international.
Mais au-delà des résultats, c'est la manière dont l'Europe s'est comportée à la fin de cette négociation, qui est un motif d'espoir pour nous tous. Loin de se diviser, les Européens se sont réunis. Ils ont su trouver des thèmes communs qui allaient bien au-delà de la défense des intérêts, d'ailleurs légitimes, de tel ou tel : l'exigence d'une organisation mondiale du commerce qui respecte l'équité et l'égalité entre tous les États, la volonté de préserver les politiques communes, l'ambition d'assurer la préservation de nos identités nationales.
Au-delà de sa nocivité pour l'agriculture européenne, le pré-accord de Blair House menaçait les fondements démocratiques de l'Europe. Dans l'Europe, aujourd'hui, comme demain, la légitimité est entre les mains de l'organe politique, c'est-à-dire du Conseil des ministres. La Commission négocie et propose, mais c'est le Conseil qui lui fixe le cadre de la négociation, c'est lui qui approuve finalement les accords. Dans les derniers mois, nous avons pu arrêter une dérive inquiétante des institutions communautaires. Ceci est un grand motif d'espoir pour la solidité de la construction de l'Europe. Je l'ai dit mercredi à l'Assemblée : si la conclusion du Gatt est un succès pour la France, la négociation a aussi été un succès de l'Europe politique.
La lettre de la Nation Magazine : Les accords du Gatt (tels que finalisés à la date du 15 décembre) sont-ils conformes aux intérêts de la France ?
Édouard Balladur : Soyons francs et lucides. Nous aurions pu espérer, sur certains points, de meilleurs résultats. Mais vous savez, la négociation Commerciale a duré sept ans et mis en jeu plus de 110 pays. Je considère que nous sommes arrivés à un résultat inespéré, compte tenu de la manière dont la négociation était engagée : souvenez-vous de la position de la France il y a huit mois, des attaques de la presse étrangère et des sarcasmes contre ces quelques milliers d'agriculteurs français qui bloquaient la reprise mondiale…
Cet accord est acceptable pour les raisons que j'évoquais il y a quelques instants : pour l'Europe, pour la France, grands exportateurs au marché ouvert, il est nécessaire d'obtenir l'ouverture des marchés protégés, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine… Nous avons également tout intérêt à l'avènement de règles internationales stables et équitables car nous avons tout à perdre à la loi de la jungle. Enfin, il est de l'intérêt de la France, grand pays agricole, que la Politique agricole commune soit préservée. À cet égard, les garanties obtenues tant au niveau communautaire qu'au niveau multilatéral, sont de nature à rassurer nos agriculteurs. Ils doivent désormais regarder l'avenir avec confiance et détermination.
J'ajoute un dernier élément. L'image de la France sort grandie de l'épreuve. La France – c'est la tradition gaulliste – est un pays dynamique, ouvert au commerce international. Elle aurait beaucoup perdu à se refermer sur elle-même. La France est aussi l'une des forces – peut-être la plus vigoureuse – qui pousse l'Europe à s'organiser, à s'affirmer sans complexe sur la scène internationale.
C'est ce qu'elle aura fait au cours de cette négociation. La France demeure ainsi fidèle à sa vocation.
La lettre de la Nation Magazine : La solidarité franco-allemande a été mise en doute par de nombreux observateurs aux travers des récentes crises internationales (Yougoslavie, SME, Gatt). Qu'en est-il exactement ?
Édouard Balladur : L'observateur attentif note, bien entendu, que les intérêts de la France et ceux de l'Allemagne, sur tel ou tel sujet, ne coïncident pas toujours. C'est normal et inévitable. Mais le même observateur attentif remarque que lorsque l'essentiel est en cause, la France et l'Allemagne trouvent dans une amitié maintenant ancienne, scellée par le Chancelier Adenauer et le général de Gaulle, la volonté et les ressources pour surmonter les différends, pour dépasser les divergences, en un mot, pour préserver ces biens communs que sont la construction européenne et la stabilité de l'Europe. Je ressens chez le Chancelier Kohl cette conviction profonde : nous, Français et Allemands, sommes les défenseurs d'une certaine idée de l'Europe. C'est pourquoi les difficultés, celles que vous évoquez et d'autres, ont pu être dépassées. C'est pourquoi également nous avons pu, sur le plan bilatéral ou sur le plan communautaire, bâtir ensemble : la Politique agricole commune, le Système monétaire européen, Airbus, demain peut-être le rapprochement de France Télécom et de son homologue allemand et tant d'autres choses encore, je l'espère, comme le pacte de stabilité pour le continent européen.
La lettre de la Nation Magazine : Quelles initiatives le gouvernement français compte-t-il prendre pour donner un nouveau souffle à la construction européenne ?
Édouard Balladur : Le dossier du Gatt, qui longtemps divisa Les Européens, leur a permis de se rassembler ; il sera bientôt conclu. La deuxième phase de l'Union économique et monétaire débutera dans quelques jours. L'Europe, à la demande de la France, s'est dotée d'instruments de politique commerciale enfin efficaces. Le marché unique est ainsi parachevé, puisque les industriels européens seront désormais en mesure de faire respecter les règles d'une concurrence internationale loyale. Une initiative de croissance, soutenue par la France, a été décidée au Conseil européen de Bruxelles. Enfin, l'Europe, à travers le pacte de stabilité, proposé par la France, s'est dotée d'un instrument essentiel pour sa politique à l'est du continent.
En neuf mois, la France a clos des dossiers épineux, réformé l'unité européenne, lancé des initiatives qui permettront de progresser. L'Europe a été remise sur ses rails. Elle peut désormais avancer. Pour notre part, nous veillerons à ce qu'elle demeure démocratique ; nous travaillerons aussi à la rendre plus transparente, moins bureaucratique. Il faut enfin que l'Europe soit concrète, perceptible par les citoyens : je me réjouis, à cet égard, de la décision du Conseil européen de lancer des grands travaux d'infrastructure. C'est bon pour la croissance et pour l'emploi, mais c'est aussi le moyen de tisser, entre Européens, des liens concrets qui dépassent les frontières. Voilà une ambition pour demain !
La lettre de la Nation Magazine : Le courrier reçu au RPR fait apparaître une montée de l'inquiétude des Français en ce qui concerne la garantie des retraites et le maintien de la pression fiscale. Quelles perspectives pouvez-vous tracer en matière de retraites et d'impôts pour l'avenir ?
Édouard Balladur : En ce qui concerne la garantie des retraites, je crois devoir rappeler qu'à la différence des gouvernements socialistes, qui s'étaient contentés de poser le problème et d'envisager les solutions, le gouvernement a pris, dès le début de l'été, l'ensemble des mesures dont chacun savait qu'elles étaient indispensables à la sauvegarde du régime général d'assurance vieillesse. Ces dispositions ont pour objet d'assurer le financement de notre système de retraite à l'échéance du début du siècle prochain. Elles permettent d'éviter un alourdissement des cotisations qui eût été insupportable pour la collectivité nationale. J'ajoute que le gouvernement ne ménage aucun effort pour assurer un financement équilibré de la retraite à 60 ans et que l'année 1994 verra la mise au point des mesures complémentaires qui encourageront le développement de l'épargne en faveur des retraites. S'agissant du poids des prélèvements obligatoires, il est vrai que l'état de délabrement sans précédent des comptes publics et sociaux à conduit le gouvernement à prendre des mesures financières d'urgence. Cet effort était nécessaire. J'ai veillé personnellement à ce qu'il soit équitablement réparti. Pour autant, dans cette conjoncture difficile, le gouvernement a mis en œuvre la première phase de la réforme tant attendue de l'impôt sur le revenu, qui se traduit par un allégement. Cette réforme sera poursuivie l'an prochain. Un nouvel allégement de l'impôt sur le revenu en résultera.
Pour ce qui est des cotisations sociales, je suis convaincu depuis longtemps que les limites du supportable ont été atteintes et que c'est sur la maîtrise des dépenses que doit porter l'effort. C'est pourquoi le gouvernement travaille à mettre en œuvre un moratoire des cotisations sociales sur la durée de la législature. Je souhaite que notre pays s'interdise d'alourdir encore le poids des prélèvements sociaux. Céder à cette tentation reviendrait à compromettre la reprise de la consommation des ménages, si nécessaire au retour de la croissance, c'est-à-dire à la lutte pour l'emploi.
En d'autres termes, nous devons veiller à ne pas aggraver, par une politique à courte vue, les conséquences de la conjoncture économique sur la situation financière de notre système de protection sociale.
La lettre de la Nation Magazine : Le conflit d'Air France est-il spécifique à la situation de l'entreprise ou révèle-t-il un malaise grandissant dans les entreprises publiques ? Quelle est la politique du gouvernement à l'égard du secteur nationalisé ?
Édouard Balladur : Les événements de la nature de ceux qui se sont produits à Air France ne font que me renforcer dans la conviction que les changements ne peuvent être que progressifs et expliqués et qu'ils ne sont acceptés qu'à la condition que nos compatriotes comprennent le sens de l'effort qui leur est demandé et en admettent la justesse.
Le redressement d'Air France est indispensable : aucune entreprise publique ne peut perdre plus de 7 milliards de francs par an sans que son existence même soit menacée. Pour assurer ce redressement, plusieurs mesures sont nécessaires, financières, commerciales ou sociales. Les mesures salariales envisagées par l'entreprise avaient été présentées de telle manière que le personnel a éprouvé le sentiment que le poids de l'effort n'était pas équitablement réparti. Le gouvernement a donc décidé qu'il en serait rediscuté. Je ne regrette pas cette décision. Il importe peu qu'elle ait pu être analysée, ici ou là, comme un « recul » des pouvoirs publics. Le principe d'équité me paraît devoir l'emporter sur toute autre considération. J'ajoute que cette affaire a montré, une fois de plus, tout l'intérêt qui s'attache à ce que, dans chaque entreprise, le dialogue se noue avec des organisations syndicales respectées et responsables.
Les mêmes préoccupations ont, par ailleurs, guidé le gouvernement tout au long de la négociation avec les organisations syndicales de fonctionnaires. Un bon accord a été, conclu pour une période de deux ans. Il garantit le pouvoir d'achat des fonctionnaires, dans des conditions compatibles avec l'évolution des salaires du secteur privé. Il était primordial que l'État s'applique à lui-même les disciplines de la politique contractuelle. Je me réjouis que cet objectif ait été atteint. Et je ne doute pas qu'il puisse l'être dans les semaines qui viennent dans la plupart des entreprises publiques.
La lettre de la Nation Magazine : La rentrée universitaire a donné lieu à quelques manifestations étudiantes. Quel message adresseriez-vous, en ce début d'année, à la jeunesse française ?
Édouard Balladur : Les manifestations étudiantes qui ont eu lieu à la rentrée témoignent de l'angoisse de notre jeunesse ; je la comprends, et pourtant c'est un message de confiance et d'espoir que je tiens à lui adresser.
Les mutations et bouleversements de l'Europe et du monde sont autant de défis qu'elle est capable de relever, tant la formation qu'elle est en mesure d'acquérir représente une arme décisive. Il n'y a pas de fatalité, et le gouvernement a le souci de tout mettre en œuvre pour que le système de formation soit non seulement plus diversifié mais mieux adapté à l'évolution du contexte économique. Les jeunes doivent également savoir que la seule voie noble de formation est celle qui répond à leur vocation, à leur goût, à leur aptitude. Plus que jamais, parce que la France connaît depuis dix ans l'afflux le plus massif de son histoire aux portes de l'enseignement post-baccalauréat, le problème essentiel reste celui de l'orientation.
La jeunesse française porte les forces vives de notre pays ; c'est en toute liberté, loin des préjugés, qu'elle doit construire son avenir. Le gouvernement est soucieux de lui apporter son total soutien.
La lettre de la Nation Magazine : Craignez-vous une montée d'islamisme parmi les communautés étrangères installées en France ?
Édouard Balladur : Les étrangers qui résident en France y vivent de façon paisible dans leur immense majorité. L'islam, qui est avec le christianisme et le judaïsme l'une des trois grandes religions monothéistes, a comme les autres, droit de cité dans notre pays ; Français ou étrangers, les musulmans peuvent pratiquer leur religion librement et le font au demeurant sans que cela ne pose de problème particulier dans la plupart des cas.
Ce qui est en cause, ce n'est donc pas l'islam, ce ne sont pas plus les étrangers en tant que tels, mais l'extrémisme islamiste qui tente, à travers les Communautés étrangères notamment, de propager des conceptions de la société, incompatibles avec nos valeurs républicaines, ou de susciter des comportements contraires à nos lois.
Il ne faut pas se cacher que de telles tentatives existent, même si elles restent très circonscrites. Le gouvernement est bien entendu déterminé à s'y opposer en réprimant les actions délictueuses ou criminelles et en dissuadant toute menée déstabilisatrice. Il s'y emploie aussi en aidant à l'intégration de ceux qui, dans le double respect de nos lois et de leur foi, n'aspirent qu'à vivre en paix chez nous.
La lettre de la Nation Magazine : Après neuf mois d'exercice du pouvoir, quel bilan tirez-vous de l'action gouvernementale ?
Édouard Balladur : Il est trop tôt pour faire le bilan de notre action. Tout au plus peut-on rappeler les axes d'effort du gouvernement.
En matière économique et sociale, notre préoccupation a été de tout faire pour mettre fin à la récession que nous avons trouvée à notre arrivée. C'est aujourd'hui chose faite me semble-t-il ; les conditions de la reprise sont là.
Le gouvernement s'est également attaché à prendre les dispositions nécessaires pour restaurer la sécurité et lutter contre l'immigration clandestine. C'est la tâche que s'est fixée Charles Pasqua qui est, par ailleurs, engagé dans la grande aventure de l'aménagement de notre territoire. Enfin, vous le savez, sur le plan international, nous avons voulu reprendre l'initiative.
Grâce au soutien de la majorité, en particulier de la majorité parlementaire, l'œuvre législative est déjà imposante.
La lettre de la Nation Magazine : Quelle est la mesure gouvernementale dont vous tirez le plus de fierté ?
Édouard Balladur : Il ne s'agit pas de tirer de la fierté de telle ou telle mesure mais de continuer à lutter pour résoudre les problèmes de la société française ; mais je puis vous dire naturellement que le fait que les positions françaises aient été largement à l'origine du règlement des négociations du Gatt est pour l'ensemble du gouvernement un vrai sujet de satisfaction.