Interview de M. Bernard Tapie, président de l'Olympique de Marseille, à Europe 1 le 22 septembre 1993, sur les sanctions contre le club dans l'affaire de corruption OM-VA.

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Média : Europe 1

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E. Saccomano : Quelle est votre réaction après les sanctions qui ont été prises globalement contre l'OM, contre les joueurs ? D'abord concernant l'OM.

B. Tapie : Je ne discute jamais les décisions d'un jugement. Par conséquent, je ne commenterai pas ça. Mais j'ai appris hier quelque chose de très important. Pour la première fois, j'ai appris avec stupeur et aussi avec plaisir que tous les témoignages, sans exception, confirment que le match s'est déroulé dans des conditions sportivement parfaites. Ça fait donc deux mois et demi qu'on parle de corruption, d'achat de match, de match truqué pour déboucher sur le fait que l'unanimité déclare aujourd'hui que le match s'est déroulé normalement. Et que par conséquent on est en train de parler d'une tentative de corruption de tel joueur sur tel autre avec peut-être tel dirigeant, etc. Alors, je ne vois qu'une chose. Je ne fais pas la coupe d'Europe. Je ne suis pas champion. Je ne ferai peut-être pas la coupe de France. J'ai mon collaborateur direct qui ne peut plus travailler. Il y a des joueurs qui sont suspendus parce qu'il paraît que, la veille, ils ont tenté de s'arranger et qu'ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord.

E. Saccomano : Donc, ce n'est pas un verdict clément pour vous ?

B. Tapie : Ce n'est pas le problème. C'est qu'il y a un petit décalage entre tout ce qu'on a raconté et les conséquences sur le club et la réalité du dossier. Il reste qu'il y a un gars qui, quatre semaines après le match, va porter aux policiers – car ça je l'ai appris hier, ce n'est pas du tout une perquisition qui a permis de le démontrer – 250 000 francs planqués dans un jardin de betteraves. Les sanctions, elles sont ce qu'elles sont. On va se battre pour être champion de France de nouveau sur le terrain.