Texte intégral
Mercredi 20 octobre 1993
Europe 1
J.-P. Elkabbach : Les personnels au sol d'Air France paralysent ce matin encore les aéroports d'Orly et Roissy. Air France perd chaque jour 70 millions de francs. Le président de la Commission des finances de l'Assemblée a un avis ? Lequel ?
J. Barrot : Il faut que le personnel accepte la perspective d'une adaptation qui est inéluctable dans la concurrence mondiale. Il faut être réaliste. Nous accompagnerons cette modernisation d'Air France éventuellement avec des moyens financiers supplémentaires En tant que président de la Commission des finances, je peux dire que nous regarderons ce dossier avec beaucoup d'attention parce que c'est très important pour la France cette compagnie nationale. Mais il y a des choses qu'il ne faut pas faire. Se livrer à des actes qui risquent d'introduire des facteurs d'insécurité, c'est grave. C'est nuire à la réputation de cette compagnie à travers le monde et c'est risquer de compromettre cette adaptation inéluctable.
J.-P. Elkabbach : Est-ce qu'il faut que la direction maintienne le plan de redressement qui lui est demandé par le ministre des Transports, B. Bosson, ou qu'elle cède ?
J. Barrot : Elle n'a pas le choix la direction. Cette adaptation est inéluctable. Il faut que les personnels comprennent que face à cette adaptation on ne peut pas arrêter l'histoire. Donc, il faut aussi adapter. Et puis, il faut que la solidarité nationale joue. Elle jouera. Mais que la sagesse prévale.
J.-P. Elkabbach : Vous dites que l'État devra verser à ces entreprises publiques en difficulté une part de l'argent qu'elles demandent. Vous voulez dire que c'est conditionnel : ou ils reprennent le travail, ou ils risquent d'avoir des problèmes.
J. Barrot : Il est certain que pour faire jouer à plein la solidarité nationale, et il faudra le faire, il faut que le personnel d'Air France accepte les évolutions nécessaires sinon les Français ne comprendront plus et rechigneront devant cette solidarité.
J.-P. Elkabbach : Vous estimez peut-être pas tout à fait normal et bon pour la sécurité de laisser les pistes occupées par les grévistes ?
J. Barrot : Tout ce qui touche au transport aérien, par définition fait appel à des notions de sécurité. Il ne faut pas laisser une ombre qui conque planer sur ce qui est français : Air France.
J.-P. Elkabbach : Vous demandez que l'on dégage les pistes aujourd'hui.
J. Barrot : Bien entendu, comme la plupart, et comme l'unanimité des Français, je crois qui se sentent pour autant solidaires de la compagnie.
J.-P. Elkabbach : N. Sarkozy a annoncé hier que le PIB allait reculer cette année de 1 %, c'est-à-dire 0,2 de plus de ce qui avait été annoncé, prévoit une croissance de 1,4 l'année prochaine. Le patronat croit à 1 %. Et vous ?
J. Barrot : Je ne discuterai pas des prévisions. On a fait un budget avec 1,4. C'est vrai que c'est une prévision optimiste. Mais ce qui importe dans un budget, c'est aussi de se donner un objectif. Et je suis de ceux qui pensent qu'il faut mobiliser les énergies nationales pour essayer de faire le mieux possible. Et 1,4, c'est sans doute une barre un peu haute, mais il faut que le budget de la France et toute une série de leviers sur lesquels on va essayer d'actionner l'économie nationale permettent d'aller au-delà de ce qui est prévu aujourd'hui.
J.-P. Elkabbach : Le GATT : V. Giscard d'Estaing disait hier sur France 2 que l'intérêt de la France et des Français est d'aboutir à un bon accord. Ne faisons pas de la France un pays isolé et protectionniste disait-il. Qu'est-ce que vous en pensez ?
J. Barrot : Il a tout à fait raison. Il faut que nous arrivions à surmonter nos propres peurs. Il faut nous soyons plus confiants en nous, non pas pour accepter n'importe quel compromis, il faut aller au compromis le meilleur possible, il ne faut pas passer de la peur à la candeur. Il faut savoir que les Américains ou bien veulent tout dominer et on ne peut pas accepter leur hégémonie, ou bien cherchent tout simplement à nous faire porter le chapeau et à faire de nous des boucs émissaires parce qu'en réalité, eux aussi ils ont leur protectionnisme. Alors, il faut serrer les rangs en France, ne pas opposer trop les intérêts des uns et des autres car globalement nous avons intérêt à défendre une démarche française un peu offensive sur le plan commercial dans le monde. Et puis, il faut absolument serrer les rangs avec les européens parce que moi, j'ai la conviction que si nous serrons bien les rangs avec les européens, les Américains lâcheront du lest.
J.-P. Elkabbach : Que pensez-vous de M. Kantor ?
J. Barrot : Je dirais qu'il faut déjouer les pièges de M. Kantor. Je suis de ceux qui pensent que actuellement on ne peut pas accepter dans le monde d'aujourd'hui une hégémonie américaine qui ferait preuve d'arrogance. Ce n'est pas parce que le mur de Berlin est tombé que l'Amérique pense que tout le monde doit être à ses pieds et subir sa loi.
J.-P. Elkabbach : Avez-vous entendu R. Barre au Club de la Presse d'Europe 1 ?
J. Barrot : Oui, R. Barre a fait une mise en garde.
J.-P. Elkabbach : R. Barre disait : l'année dernière il y avait un bouc émissaire, c'était Maastricht et l'Europe, et aujourd'hui c'est le GATT. Il a dénoncé la surenchère de certains lobbies agricoles ou des organisations politiques qui sont sensibles aux pressions et aux menaces. Est-ce qu'il a tort là-dessus ?
J. Barrot : Il a raison dans la mesure où il met en garde les Français de ne pas regarder ces accords du GATT uniquement sur un angle. Et même en matière agricole, il y a des productions, il y a plusieurs agricultures. Cela étant, il ne faut pas non plus sous-estimer l'agriculture et désespérer les agriculteurs. C'est pour ça d'ailleurs que R. Barre a lancé l'idée d'une nouvelle loi-programme pour les agriculteurs. Il faudra inventer une nouvelle loi. Le problème majeur de l'agriculture européenne ne sera pas nécessairement le GATT mais ce sera l'agriculture des pays de l'Est européen.
J.-P. Elkabbach : On peut dire aux agriculteurs que Bruxelles retourne chaque année 210 milliards de francs, qu'il représente une part des exportations ?
J. Barrot : On peut leur dire mais ça ne suffit pas. Il faut dire aussi qu'ils aient eux-aussi un peu confiance en eux, que nous avons fait dans le passé la démonstration que nous étions capables d'être un pays agricole et agro-alimentaire vigoureux.
J.-P. Elkabbach : Pourquoi votre Commission a refusé la communication du rapport Devedjian et qui n'a rien d'une bombe ? Pourquoi ?
J. Barrot : Vous me voyez censeur. Ça n'a pas de sens. Nous n'avons rien censuré. J'ai voulu, et la Commission a voulu qu'avant de se résoudre à publier quatre contributions différentes, peut-être nous obtenions de dégager un point de vue majoritaire parce que ça donne plus de force. Je regrette un peu que mon ami P. Devedjian est choisi plutôt le risque d'être solitaire que d'être majoritaire.
J.-P. Elkabbach : C'est un peu du baratin ça.
J. Barrot : Mais non, pas du tout. Nous le publierons. Je le proposerai pour ma part à la Commission parce que je ne suis pas moi un dictateur le publication de toutes les versions.
J.-P. Elkabbach : Faites-le aujourd'hui parce que j'en ai assez de poser cette question.
J. Barrot : Il faudrait quand même que dans les huit jours qui viennent les quatre commissaires qui sont pratiquement d'accord sur l'essentiel, la libération des échanges, acceptent de publier un point de vue commun. Ça serait plus fort. Ce serait plus vigoureux.
J.-P. Elkabbach : Le gouvernement Balladur, est-ce qu'il a bien mené la négociation du GATT. Est-ce que vous le soutiendrez s'il ramène au 15 décembre un compromis avec toutes les parties concernées par le GATT ?
J. Barrot : Quand je recommande de serrer les rangs, ce n'est pas le moment où je vais faire la politique politicienne à propos des intérêts fondamentaux de la France.
Mardi 2 novembre 1993
France Inter
A. Ardisson : Les étrangers viennent de recevoir un message les sommant de quitter l'Algérie dans les trois semaines. Quels conseils donneriez-vous à nos compatriotes: rester ou partir ?
J. Barrot : Surtout ne pas se laisser intimider par des messages de violence qui conduiraient à la pire des situations : l'isolement de l'Algérie est finalement le signal de chaque côté de la Méditerranée, de la montée de la xénophobie. Nous avons une solidarité de fait avec l'Algérie pour le meilleur et pour le pire. Si nous abandonnions l'Algérie aujourd'hui, il est vraisemblable que ceux que guette la misère, seraient jetés dans les bras de l'islamisme. Dieu merci, la libération des otages a permis au gouvernement algérien de marquer des points et à l'armée algérienne de montrer qu'elle avait encore une crédibilité. Mais, il faut maintenant ne pas perdre de temps et ne pas s'en tenir pour quitte.
A. Ardisson : Faut-il apporter une aide économique, discuter avec les uns, les autres ?
J. Barrot : D'abord du côté algérien, il faut renouer chaque fois que c'est possible le dialogue démocratique. Tout l'Islam algérien n'est pas acquis à l'intégrisme islamique. Il faut, pour que l'Algérie entre dans une politique de salut public, qu'il y ait le plus grand nombre d'Algériens voulant construire et ne pas détruire, qui participe aux responsabilités. Ça c'est du côté algérien. Côté français, il faut à tout prix relancer une dynamique de développement au Sud, sinon, en effet, un sentiment d'exclusion profond risque de se diffuser dans l'ensemble du peuple algérien et jeter ces gens-là dans les bras de ceux qui estiment que de toute façon il n'y a rien à perdre, qu'il faut aller à l'affrontement avec la société occidentale.
A. Ardisson : Ne craignez-vous pas que la France donne l'impression d'être du parti de la répression ?
J. Barrot : Il faut être du parti du refus de la violence. La fermeté est indispensable. Il faut en effet que nous puissions aider efficacement l'Algérie. Il faut que le gouvernement algérien renoue les fils du dialogue. J'ai été frappé, quand nous avons rendu visite à M. Boudiaf avant qu'il ne soit assassiné, que pour lui, l'interruption du processus démocratique ne pouvait être que momentanée. Son grand souci était de renouer très vite, avec le peuple, un dialogue direct pour revenir à la démocratie.
A. Ardisson : En fait de baptême de l'union européenne, on avait en fait plutôt l'impression d'un enterrement hier...
J. Barrot : Pour éviter toute forme d'enterrement, nous nous mettons dès demain aux travaux pratiques. J'aurai la joie, en tant que président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, d'accueillir au moins une dizaine de députés du Bundestag accompagnés de quelques industriels allemands et nous allons passer une journée entière de travail.
A. Ardisson : Ça va servir à quoi ?
J. Barrot : Nous sommes confrontés à la grande négociation du GATT et je pense que dans la dernière ligne droite, c'est le cas actuellement, il faut qu'il y ait une équipe franco-allemande plus soudée. Pour cela, il faut dissiper les malentendus. Je suis frappé de voir que du côté allemand on dit : "Ces Français, ils sont protectionnistes !" En réalité, nous sommes le premier pays exportateur de services et il ne faut pas se laisser caricaturer. À l'inverse, nous disons : "Les Allemands sont des libre-échangistes." Les Allemands aussi sont bien obligés de mettre des protections dans certains secteurs économiques qui sont les leurs. Donc le dialogue doit aider à dissiper les malentendus et les caricatures. Je suis optimiste car je pense que ce dialogue franco-allemand très direct, peut aider beaucoup dans la négociation à obtenir des Américains un accord équilibré.
A. Ardisson : Mais qu'est-ce qui compte ? Ce que l'on est vraiment ou c'est l'image que l'on a de nous ? Est-ce que l'on n'a pas une image protectionniste qui nous porte tort dans la négociation ?
J. Barrot : Des rencontres comme demain permettent d'avoir des circuits directs, de ne pas être prisonniers des images que trimbalent les médias. Ce dialogue franco-allemand très direct peut aider dans la négociation à obtenir des Américains un accord équilibré. Nous sommes députés français, ils sont députés allemands, ils sont en contact direct avec l'opinion allemande et nous allons passer une journée entière à travailler. L'après-midi nous travaillerons sur le rapprochement des politiques économiques puisque Maastricht dans son article 103, prévoit que les gouvernements doivent rapprocher leur politique. Nous allons dire aux Allemands : "Mais vous aussi vous êtes menacés par le chômage." Alors comment allons-nous faire pour le pilotage des deux politiques ?
A. Ardisson : Le fait que l'Institut monétaire soit installé à Francfort, tout le monde n'était pas pour, ça donne une image d'Europe allemande. Vous le regrettez ?
J. Barrot : C'est la chance unique d'amener l'Allemagne à être définitivement européenne. Ils savent bien que Francfort ne sera plus le siège d'une monnaie allemande mais d'une monnaie européenne. On amarre ainsi complètement cette nouvelle Allemagne à l'Europe.
A. Ardisson : Cette rencontre avec les parlementaires allemands c'est uniquement en tant que président de la Commission des Finances que vous l'organisez ou c'est un peu cette arrière-pensée de commencer à se concerter entre gens de l'UDF et peut-être de la CDU puisqu'il en avait été question avant de mettre en place une équipe pour les élections européennes ?
J. Barrot : C'est donner au plan parlementaire l'équivalent de ce qui se passe au plan des gouvernements. Il ne faut pas que les gouvernements fassent tout dans un pays démocratique. Les Parlements ont leur mot à dire. En fait, c'est vraiment la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et puis les homologues de l'Assemblée allemande. C'est par souci d'associer directement nos Parlements nationaux à la politique européenne, éviter d'être un peu toujours court-circuités par les institutions européennes qui sont nécessaires mais parfois tellement complexes que tout le monde s'y perd. En ayant un circuit direct de dialogue, je suis sûr que l'on pourra faire avancer les choses.
A. Ardisson : Les 32 heures reviennent sur le tapis avec la discussion au Sénat. Souhaitez-vous que ça revienne à l'Assemblée nationale ? Avez-vous des remords ?
J. Barrot : Non, je dis simplement que j'ai un désir de progresser car je crois que le dossier a été mal engagé. Il faut aller beaucoup plus loin dans l'accord d'entreprise. Je vais plus loin encore : je suis pour le référendum au sein de l'entreprise, pour qu'on imagine, car il n'y a pas une seule formule d'aménagement du temps de travail mais beaucoup, pour que l'on imagine et que l'on aille beaucoup plus loin.
Jeudi 4 novembre 1993
RTL
P. Caloni : Hier les députés français et allemands se sont réunis à l'Assemblée nationale pour rediscuter entre eux de problèmes et mettre les pendules à l'heure sur le GATT et l'union économique et monétaire.
J. Barrot : Les discussions ont été franches et directes.
P. Caloni : L'union économique et monétaire, les Allemands la veulent-ils vraiment ?
J. Barrot : Les Allemands nous ont dit : "d'accord, mais il faut être très strict sur les fameux critères de stabilité, déficit, inflation, aide." Nous avons dit "oui, mais nous voulons pour notre part être très sûrs du calendrier."
P. Caloni : Ces critères de sûreté, d'inflation, qui va les contrôler, qui va les imposer ?
J. Barrot : Le Conseil européen va définir les orientations, les gouvernements devront suivre ces orientations et nous, les parlementaires, avons un rôle à jouer. On a vu hier comment des députés français et des représentants du Bundestag allemand, combien les uns et les autres nous avons un rôle à jouer en surveillant ce qui se passe dans nos pays respectifs, voir comment, par exemple, en France et en Allemagne, on s'attaque aux déficits sociaux pour éviter de traîner des dettes qui ne sont pas acceptables si l'on veut vraiment avoir une monnaie stable.
P. Caloni : Voyez-vous les Allemands abandonner le mythe du mark tout-puissant ?
J. Barrot : J'ai le sentiment qu'au fur et à mesure que le dialogue avance les Allemands, et les Français aussi, prennent très au sérieux la nécessité d'une monnaie stable. Du même coup, nous sommes beaucoup mieux placés pour dire aux Allemands : "oui, mais attention, ce calendrier il faudra le tenir, même si l'opinion allemande intérieure regrette le mark, traîne parfois un peu les pieds vers la monnaie unique." Il faudra donc y aller. Il faut, dans les mois qui viennent, que l'on compare ce qui se passe en Allemagne et en France.
P. Caloni : Si certains traînent les pieds en Allemagne, la réunification y est peut-être pour quelque chose ?
J. Barrot : Oui, et puis parce que l'Allemagne s'identifiait au mark, et puis c'est vrai que dans la manière d'attaquer la crise, ça a été très intéressant, hier, de voir combien nous nous avons un peu tendance à jouer en défense et eux disent : "il faut passer à l'offensive." Par exemple sur la libération des échanges: optimisme allemand, prudence française. Il faut marier les deux. Quand les Américains se servent de représailles unilatérales, il faut que ou bien ils abandonnent ces armes unilatérales, ou bien que les Européens aient les mêmes armes. Nous avons fait admettre aux Allemands que dans cette négociation qui va aboutir à un accord, c'est souhaitable pour tous, il faut de vrais équilibres.
P. Caloni : Les Français vont-ils signer pour le GATT ?
J. Barrot : On recherche l'accord mais on essaye, dans la dernière ligne avant l'accord, d'exiger une vraie réciprocité de la part des Américains. Il ne s'agit pas de faire des concessions à sens unique.
P. Caloni : Une fois signé on fait quoi, on remet tout à plat ?
J. Barrot : Ce qui est primordial, et c'est un des enseignements d'hier, c'est que les Allemands ont admis, et même défendu, l'idée que la conclusion d'un accord sur le GATT n'était pas le terminus mais juste une étape. Car dès le lendemain, il faudra reprendre des discussions. C'est une évolution intéressante qui montre, par exemple sur les problèmes de dumping écologique, les peuples qui fabriquent au mépris des grandes lois et de la protection de l'environnement, au mépris des droits sociaux des femmes, des enfants. Il faut que de nouvelles négociations permettent d'éviter ces dumpings. Les Allemands ont aussi admis que ce n'était pas la peine de se donner de belles règles du jeu de commerce international, si progressivement on ne posait pas le problème des manipulations monétaires. Autrement dit, s'il n'y avait pas là aussi en matière monétaire, des règles du jeu convenables. Je crois que l'idée que le GATT n'est plus la fin de tout mais une étape, ça nous permet de progresser, d'allier prudence et optimisme.
P. Caloni : Les Allemands tentent des expériences dans le cadre du partage du temps de travail. Les 32 heures, les quatre jours. Vous en avez parlé ?
J. Barrot : Ils ont surtout parlé formation des jeunes Européens pour aller exporter dans le Sud-Est asiatique, ils nous ont beaucoup parlé de performance et de compétitivité. Ils ont expliqué que la réduction du temps de travail c'était quelque chose de différent d'une entreprise à l'autre. Pour Volkswagen par exemple, ils ont dit que c'était le seul moyen de garder des personnels qui sont des gens qualifiés mais en surnombre. Ils nous ont mis en garde sur la généralisation.