Article de M. Michel Vaillant, responsable des fédérations au PS, dans "Vendredi" du 7 mai 1993, sur l'organisation, la méthode et les objectifs des états généraux du PS.

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Texte intégral

Réussir les États généraux

Les États généraux sont un pari, un pari sur nos capacités, celles de tous les adhérents, celles de tous les sympathisants qui seront prêts à rejoindre notre démarche, ce qui, en soi, est une première dans l'histoire d'une formation politique. Ce pari est risqué et, pour autant, nous n'avons pas le droit de le perdre.

Nous ne le gagnerons qu'en nous débarrassant de tout souci subalterne de préservation de positions acquises, de toute tentation de faire survivre artificiellement des courants qui nous ont fait tant de tort, en inventant des solutions audacieuses qui offrent à notre pays des perspectives réelles, en donnant la parole aux militants et aux sympathisants.

Le comité directeur et le bureau exécutif ont adopté les propositions, formulées par la direction nationale et inspirées des remarques des responsables fédéraux, sur la préparation et le déroulement des États généraux. Elles vous sont présentées de manière détaillée dans ce cahier spécial. Elles permettront, j'en suis persuadé, la tenue d'un débat digne et innovant, dans un Parti apaisé et dans une unité retrouvée.

Une analyse lucide du passé, une vision approfondie du présent, des propositions pour l'avenir, voilà nos objectifs pour ces États généraux.

Maintenant, c'est à chacun qu'il revient de prendre sa part active dans la reconstruction que nous engageons en commun.

Michel Rocard


Les États généraux des socialistes

Par Daniel Vaillant, responsable national des fédérations

Dès sa mise en place, la direction nationale a travaillé à l'élaboration de propositions pour l'organisation des États généraux dont elle a la charge, conformément au mandat du comité directeur du 3 avril.

La méthode a été celle d'une large consultation du Parti et, en particulier, des premiers secrétaires fédéraux. De nombreuses fédérations ont en effet engagé, dès l'issue du comité directeur du 3 avril, le processus des États généraux dans leur département. Partout, et pas seulement dans les fédérations dont la presse a parlé, l'aspiration au débat, à la discussion, à l'analyse, est forte. Les initiatives se multiplient : réunions ouvertes des sections, constitution de groupes de travail au niveau des sections et des fédérations, rédaction de textes dans beaucoup de départements : les États généraux sont d'ores et déjà lancés. C'est dire combien le processus est souhaité et attendu, rapidement, sans restrictions et sans tabous. Nous devons maintenant en fixer le cadre au plan national.

C'est dans cette perspective que nous avons réuni les premiers secrétaires fédéraux samedi 17 avril. Plus de 80 fédérations ont répondu présent et ont pu donner leur avis sur les premières propositions de la direction nationale. Cette réunion a donné lieu à un échange très positif qui nous a permis de progresser, dans le détail, vers une définition commune de ce que doit être le processus des États généraux.

J'ai à nouveau réuni, le 23 avril, les premiers secrétaires fédéraux qui le souhaitaient pour finaliser les propositions que j'ai présenté au nom de la direction nationale sur la base des travaux d'un groupe constitué de Jean-Paul Huchon, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Moscovici et Manuel Valls.

Les principes qui ont présidé à cette réflexion découlent de la résolution adoptée par le comité directeur du 3 avril dont le mandat est clair : "La gauche est à reconstruire, toute la gauche. Les socialistes ne seront pris au sérieux que s'ils reconnaissent d'abord clairement les erreurs qui leur valent une défaite sans précédent et s'ils savent choisir d'autres orientations pour l'avenir".

Pour cela, le premier des principes qui est affirmé est de rendre la parole aux militants. Concrètement, cela signifie que le débat doit être total et libre.

L'analyse critique de notre démarche passée, les responsabilités des gouvernements de la gauche et celles du PS, les grands choix politiques à développer, les stratégies d'alliance à définir, les pratiques militantes et les formes d'organisation à changer ou à retenir, les modes de désignation des responsables et des candidats devant le suffrage universel devront notamment être abordés.

Rendre la parole aux militants signifie surtout rompre avec le processus traditionnel de discussion dans le Parti. Il est clair que le système de débat qui est le nôtre, en particulier lors des congrès, qui donne la primauté aux courants, qui n'en sont pas toujours, qui privilégie ceux qui sont en haut par rapport à ceux qui sont en bas (que ce soit au stade des contributions ou des motions) n'est plus satisfaisant et d'ailleurs, n'est plus accepté. Loin de favoriser la diversité, le pluralisme, la confrontation d'idées qui sont nécessaires à notre formation, ce système a abouti à une forme de pensée par procuration, de conformisme idéologique ou, pire, de confiscation même de la réflexion qui n'est pas acceptable.

Ces États généraux doivent permettre à chacun de se réapproprier une réflexion et une pensée qui leur sont propres et qui soient écoutées et entendues. Concrètement, cela signifie :

1. Que ces États généraux doivent partir du bas c'est-à-dire des réflexions et des textes élaborés au niveau local puis départemental.

2. Qu'il faut dissocier, au moins dans un premier temps (j'y reviendrai), le vote sur les textes et le vote sur les personnes qui seront chargées de représenter les militants aux États généraux, départementaux, régionaux, puis nationaux. Il faut débarrasser nos discussions des enjeux de pouvoir sous peine de retomber dans la logique pervertie au nom des courants.

Le deuxième principe affirmé dans la résolution du 3 avril concerne la nécessaire ouverture de nos débats à, je cite, "des personnes extérieures, issues notamment du syndicalisme et du monde associatif ou à d'anciens membres du Parti." La mise en œuvre de ce principe me semble tout aussi décisive que le nécessaire dépassement des courants que je viens d'évoquer.

L'intégration des sympathisants à nos discussions, et sous une forme que je préciserai, à nos décisions, constitue à la fois un test pour nous-mêmes et un test pour l'extérieur.

Un test pour nous-mêmes, car il est précisément le signe de notre volonté de dépasser les courants, c'est-à-dire de ne pas être obsédés par le désir de tout contrôler ou de tout verrouiller.

Un test pour l'extérieur, car il est aussi le signe de notre volonté de transparence et d'ouverture, de décloisonnement de notre Parti au moment où beaucoup sont tentés de nous rejoindre et, pour bon nombre, le font.

Tels sont les principes qui fixent le cadre des propositions que je vais maintenant vous présenter.

Un processus en deux étapes

Le processus que nous proposons comporte deux étapes. Il est apparu, en effet, qu'il n'était pas possible de concilier, dans une même phase, l'élaboration de nos textes, leur sanction et le renouvellement de nos instances dirigeantes. D'autant qu'une partie de la discussion portera sur l'organisation même du Parti et, donc, peut impliquer des modifications de statuts.

Seules deux phases permettent de respecter la légalité qui est la nôtre, même si le processus est quelque peu alourdi.

Cela permet également de répondre positivement à ceux qui estimaient que deux mois n'étaient pas suffisants pour conduire le débat dans toutes ses implications.

Cela nous a donc conduits à concevoir une phase de discussion et d'élaboration proprement dite et une phase constituante destinée à adopter les orientations, les structures de l'organisation, sa stratégie, sa dénomination et à designer les instances dirigeantes à tous les niveaux.

La première étape, qui se conclura les 2, 3 et 4 juillet, aura donc comme objet de dégager des orientations concernant le projet et l'identité des socialistes, l'analyse du bilan, la stratégie et les alliances, les formes d'organisation du PS. Ces orientations seront ensuite soumises à nouveau à la discussion et au vote lors du congrès constituant d'octobre.

Cette première étape s'ouvre par l'envoi, à chaque adhérent, d'un guide de réflexion pour l'organisation du débat (ci-joint dans ce cahier).

À l'initiative des sections (ou de regroupements volontaires de sections) des États généraux locaux seront organisés partout en France jusqu'au 18 juin 1993.

Les débats pourront porter sur des contributions globales ou thématiques, individuelles ou signées par un collectif. Ils seront publics. Chaque section constituera un bureau pour l'animation et l'organisation des débats et des votes, chaque fédération fera de même.

Au plan national, se mettra en place un groupe de travail composé notamment de membres dont la tâche sera, tout au long de cette première phase, de suivre les travaux, au plan local, fédéral, régional, de prendre en compte les textes et de les présenter aux États généraux nationaux.

Les textes et les propositions arrêtés par les États généraux locaux seront soumis au débat des États généraux départementaux (qui se tiendront les 19 et 20 juin) et seront transmis au groupe de travail.

Des États généraux régionaux seront organisés les 26 et 27 juin et apporteront également leur contribution.

La deuxième étape, qui se conclura à la fin d'octobre, aura, elle, un rôle constituant sur la base des travaux et des conclusions de la première phase. Cette étape s'ouvrirait par un comité directeur qui se réunirait à l'issue des États généraux de juillet et c'est donc celui-ci qui fixera les règles d'organisation du congrès constituant. Nous ne pouvons pas, en effet, préjuger de la conclusion des États généraux.

Du 15 septembre au 15 octobre, auraient lieu les débats et les votes dans les sections, ainsi que la désignation des délégués aux congrès départementaux.

Mi-octobre, se tiendraient les congrès départementaux et, fin octobre, le congrès constituant, au plan national, qui verraient l'adoption du texte final d'orientation et des nouvelles formes d'organisation du Parti et l'élection des instances dirigeantes.

Tel est le processus que nous proposons dans son architecture. Celui-ci est à bien des égards exceptionnel.

Son originalité réside dans l'existence et l'articulation entre les deux phases. C'est bien sur la base des textes et de la réflexion, issue de la première phase, que les adhérents se prononceront dans un deuxième temps et non plus, comme par le passé, sur la base de textes dont l'initiative revenait aux seuls membres du comité directeur, donc aux anciens courants.

C'est là, je crois, la garantie d'un réel débat ouvert, large et démocratique.

Qui participe ? Qui vote ?

Reste à préciser qui y participe et sous quelle forme, notamment pour ce qui concerne le droit de vote.

J'ai dit, en introduction, que le principe d'ouverture de nos travaux me paraît non seulement une chose souhaitable mais impérative dans la situation qui est la nôtre aujourd'hui. Comment prétendre vouloir rénover si nous ne sommes pas capables de nous ouvrir, en particulier à tous ceux que nous avons rencontrés durant la campagne et qui nous ont été souvent d'un précieux renfort ?

Il est patent que, même avec l'affaiblissement électoral qui est le nôtre, le décalage entre le nombre d'adhérents réellement actifs et le nombre d'électeurs reste très important. Je crois donc que, sur le principe (et tout le monde en sera d'accord), il est nécessaire d'intégrer les sympathisants à nos travaux.

Mais se pose la question du droit de vote dans le Parti. Faut-il ou non le donner aux sympathisants ?

Certains pensent que oui, car il est difficile de proposer à des gens de venir discuter avec nous puis, au moment de décider, de les exclure.

D'autres pensent que non, car ils estiment que la différence de nature entre l'engagement de l'adhérent et la participation du sympathisant doit être préservée.

La proposition que nous vous faisons a pour but de concilier ces deux approches.

Dans la mesure, en effet, où nous envisageons deux phases bien distinctes, l'une d'élaboration et de proposition, l'autre plus directement décisionnelle, nous proposons d'ouvrir le droit de vote et de représentation aux sympathisants dans la première phase mais pas dans la seconde.

Ainsi, pour ce qui concerne la première phase, participent et votent aux États généraux locaux les adhérents et les sympathisants détenteurs d'une carte des États généraux 1993 qui sera délivrée, avant la fin du mois de mai, aux membres du PS ayant repris leur carte en 1993 et aux sympathisants qui souhaitent s'associer à la démarche entreprise et qui se sont fait connaître avant le 1er juin 1993.

Le bureau national des adhésions et les fédérations du PS délivreront ces cartes. Concernant les camarades qui ont été exclus du Parti il y a moins de deux ans, il revient aux fédérations de se prononcer sur l'opportunité de leur participation à ces États généraux.

Les cartes des États généraux seront délivrées avant le 5 juin, elles ne seront pas exigées pour la participation aux débats et aux réunions locales, mais seulement pour les votes sur les textes et pour l'élection des délégués qui auront lieu impérativement dans les sections.

Le prix de la carte des États généraux est fixé à 100 F pour les sympathisants. Elle est gratuite pour les adhérents.

Pour ce qui concerne la seconde phase, nous ne proposons pas que les sympathisants puissent disposer du droit de vote. Mais nous pensons que les sympathisants qui ont adhéré à l'issue de la première phase, le 1er septembre au plus tard, doivent être considérés comme membres à part entière du PS et, donc, doivent pouvoir voter dans la deuxième phase des États généraux.

Comment sont désignés les délégués ?

J'ai indiqué en introduction qu'il nous semblait impératif que le processus parte de la base et qu'il soit dégagé des enjeux de pouvoir proprement dit.

C'est pourquoi nous proposons, pour la première étape de juillet, de dissocier le lien automatique qu'institue la proportionnelle entre le vote sur les textes et la désignation des délégués.

Et nous avons retenu pour cela le mode de scrutin qui nous paraît le plus ouvert et le plus simple, c'est-à-dire le scrutin majoritaire uninominal.

Ainsi, les participants aux États généraux, après avoir discuté et éventuellement voté sur des textes, désignent leurs délégués aux États généraux départementaux à bulletin secret, au scrutin majoritaire uninominal.

Le nombre de délégués aux États généraux départementaux est fixé par la fédération en fonction du nombre d'inscrits sur une liste de participants.

Au plan départemental, l'ensemble des délégués élus, les secrétaires de section et les membres des CEF constituent l'assemblée départementale des États généraux. Les États généraux départementaux procèdent à un premier examen des propositions émanant des assemblées locales et les transmettent à l'instance nationale. Ils désignent, à bulletin secret, au scrutin majoritaire uninominal, les délégués aux États généraux régionaux. Leur nombre est fixé par le comité régional, en accord avec les fédérations.

Les États généraux régionaux ne sont pas un échelon et encore moins un écran entre les États départementaux et nationaux. Ils permettent cependant aux participants de s'exprimer, s'ils le souhaitent, sur la politique régionale et sur l'organisation du Parti dans leur région.

Enfin, les États généraux départementaux désignent, à bulletin secret, au scrutin majoritaire uninominal, les délégués aux États généraux nationaux.

Le nombre de délégués est fixé par la direction nationale pour chaque département.

Au plan national, les délégués des départements, les premiers secrétaires fédéraux et les membres du comité directeur constituent l'assemblée nationale des États généraux.

Je précise qu'a tous les échelons de représentation, local, fédéral, régional, national, toute délégation devra comprendre un minimum de 30 % de femmes, ce qui signifie que tout vote qui ne comporterait pas 30 % de déléguées femmes serait considéré comme non valable : si tel était le cas, la délégation se verrait amputée du nombre de postes à due concurrence.

Nous souhaitons également que les sections et les fédérations aient le souci d'intégrer un nombre significatif de sympathisants dans leur délégation.

Pour ce qui concerne la seconde phase, celle d'octobre, le comité directeur aura pour charge d'arrêter l'organisation de la deuxième phase.

La question des États généraux c'est tout d'abord une question de volonté politique, c'est la volonté de réussir ensemble un processus dont chacun sent bien qu'il sera décisif pour l'avenir du Parti.

C'est dans cet esprit et avec cette seule perspective que la direction nationale, autour de Michel Rocard, a fait ces propositions.

"La gauche est à reconstruire, toute la gauche. Les socialistes ne seront pris au sérieux que s'ils reconnaissent d'abord clairement les erreurs qui leur valent une défaite sans précédent et s'ils savent choisir d'autres orientations pour l'avenir."


États généraux – L'organisation des débats

Rendre la parole aux militants

Le mandat du comité directeur du 3 avril dernier est clair. La tâche est immense. Le débat de fond doit être total et libre. Pour faire face à leurs responsabilités, les socialistes doivent mettre en œuvre sans délai leur volonté de renouveau.

Le comité directeur du 24 avril adresse à chaque adhérent un document d'aide à l'organisation du débat.

En effet, les États généraux des socialistes aborderont notamment l'analyse critique de notre démarche passée, les responsabilités des gouvernements de la gauche et celles du PS, les grands choix politiques à développer, les stratégies d'alliance à définir, les pratiques militantes et les formes d'organisation à changer ou à retenir, les modes de désignation des responsables et des candidats devant le suffrage universel (teste du CD du 3 avril). Ces points constitueront l'ordre du jour des États généraux.

Les participants aux États généraux locaux sont invités à les reprendre. Mais le débat doit être sans tabou. Parler et tout dire, proposer et tout oser, écouter et tout entendre, tel doit être l'esprit de ces États généraux.

À l'initiative des sections (ou de groupements de sections), des États généraux locaux seront organisés partout en France jusqu'au 18 juin 1993.

À partir de l'ordre du jour proposé par le CD du 24 avril, les débats pourront porter sur des contributions globales ou thématiques, individuelles ou signées par un collectif. Ils seront publics.

Chaque section constituera un collectif pour l'animation des débats. Chaque fédération fera de même avant le 30 avril 1993.

Le Bureau Exécutif du 28 avril a mis en place un groupe de travail, ouvert à tous, chargé de prendre en compte les textes.

Ce groupe de travail désignera, en son sein, des rapporteurs chargés de présenter leurs travaux aux États généraux sur la base des textes votés par les adhérents et leurs sympathisants.

Les rapports porteront sur :
- le bilan gouvernemental,
- le projet et l'identité des socialistes,
- la stratégie et les alliances,
- les formes d'organisation les statuts, la dénomination de notre formation.

Les textes et les propositions arrêtés par les États généraux locaux seront soumis aux dégâts des États généraux départementaux (qui se tiendront les 19 et 20 juin 1993). Ils les transmettront directement ou en feront une synthèse à remettre au groupe de travail.

Des États généraux régionaux seront organisés, les 26 ou 27 juin 1993. Ils apporteront également leur contribution au débat.

Ils seront ainsi une étape importante, à une semaine des journées nationales de juillet.

Débattre dans la transparence

Afin de garantir une véritable transparence dans le déroulement des États généraux du Parti socialiste, depuis la phase préparatoire jusqu'à leur terme, il est nécessaire de mettre en place des dispositions particulières.

Une carte des États généraux 1993 sera délivrée gratuitement avant la fin du mois de mai aux membres du PS ayant renouvelé leur adhésion 1993 et aux sympathisants qui souhaitent s'associer à la démarche entreprise et qui se seront fait connaître avant le 1er juin 1993, contre une participation de 100 francs.

Le bureau national des adhésions, qui est sous la responsabilité de Manuel Valls, et les fédérations du PS délivreront ces cartes.

Les demandes de cartes des États généraux 1993 devront avoir été [illisible] mises à la direction nationale [mot illisible] fédérations ou individuellement avant le 15 mai (sur la base d'une estimation).

Les cartes des États généraux seront délivrées avant le 5 juin, elles ne seront pas exigées pour la participation aux débats et aux réunions locales, mais seulement pour les votes sur les textes et pour la désignation des délégués.

Débattre dans la démocratie

Les États généraux se tiendront en deux étapes.

Une première étape les 2, 3 et 4 juillet et une seconde dans la deuxième quinzaine d'octobre.

La première étape examinera les textes sus des États généraux locaux, départementaux et régionaux. Les délégués seront appelés à en débattre et à se prononcer. À l'issue de cette première phase, un comité directeur, réuni le 4 juillet, fixera les règles d'organisation du congrès constituant d'octobre où seront arrêtées les orientations, les structures de l'organisation, sa dénomination, sa stratégie et où seront élues les instances dirigeantes.

Première phase des États généraux

Niveau local

Participent et votent aux États généraux locaux, les adhérents et les sympathisants inscrits au 1er juin 1993.

En accord avec les fédérations, les sections choisissent l'aire de rassemblement des adhérents et sympathisants : une commune, un canton, une circonscription, etc.

Mais l'unité de base pour les votes reste la section.

Les participants aux États généraux locaux désignent leurs délégués aux États généraux départementaux, à bulletin secret, sur la base d'un scrutin majoritaire uninominal. Le nombre de délégués est fixé par la fédération en fonction du nombre d'inscrits aux États généraux.

Niveau départemental et régional

L'ensemble des délégués élus, les secrétaires de section et les membres des CEF constituent l'assemblée départementale des États généraux.

Les États généraux départementaux procèdent à une première synthèse des propositions émanant des assemblées locales.

Ils désignent, à bulletin secret, sur la base d'un scrutin majoritaire uninominal, les délégués aux États généraux régionaux. Le nombre de délégués est fixé par le comité régional pour chaque département en accord avec les fédérations.

Ils désignent, à bulletin secret, sur la base d'un scrutin de liste majoritaire uninominal, les délégués aux États généraux nationaux.

Le nombre de délégués est fixé par la direction nationale pour chaque département.

Niveau national

L'ensemble des délégués des départements, les premiers secrétaires fédéraux, les membres du comité directeur constituent l'assemblée nationale des États généraux.

Les États généraux nationaux adoptent, sur la base des rapports du groupe de travail, les textes qui seront soumis aux adhérents dans la seconde phase.

Seconde phase des États généraux (qui sera définie par le comité directeur du 4 juillet)

Les participants à la première phase débattent et votent sur les textes présentés par les États généraux. Les sympathisants qui ont adhéré à l'issue de la première phase, le 1er septembre au plus tard, seront considérés comme membres à part entière du PS.


Un bilan

1. Quels sont les mots, les adjectifs ou les phrases qui, pour nous, décrivent le mieux la situation du Parti socialiste en France en ce moment ?

2. Comment décririez-vous votre relation ou votre situation personnelle par rapport au Parti socialiste aujourd'hui.

3. Des années 1981 à 1993, de quoi êtes-vous le plus fier sur le plan politique ? Et le plus déçu ?

4. Y a-t-il des réformes que les socialistes ont faites entre 1981 et 1993 dont vous êtes personnellement fier ?

5. Quelles sont les réformes – s'il y en a – que les socialistes au pouvoir auraient dû faire ou entreprendre et qu'ils n'ont pas élaborées ou réalisées ?

6. Quelles sont les raisons qui expliquent le mieux la défaite électorale du PS aux élections législatives de mars 1993 ? Que reprochent les anciens électeurs socialistes de 1981 ou de 1988 au Parti socialiste de 1993 ?
- Est-ce la situation de l'emploi ?
- Est-ce le choix européen ?
- Est-ce l'insuffisance de la politique sociale et la persistance ou le développement de vraies inégalités ?
- Sont-ce les politiques menées et les dispositions en place dans le domaine de l'éducation et de la formation ?
- Est-ce l'insuffisance en matière de politique de la ville ?
- Est-ce l'insécurité ?
- Est-ce le comportement du pouvoir ?
- Est-ce le rapport à l'argent ?
- Est-ce l'insuffisante prise en compte des problèmes du monde rural ?
- Sont-ce d'autres problèmes ?
- Expliquez lesquels ?

7. Qu'est-ce qui aurait pu atténuer la défaite des socialistes à ces élections législatives de mars dernier ?

8. Une conclusion : comment jugez-vous le bilan des socialistes sur la période 1981-93 ? Quelles sont les valeurs qu'ils ont gagnées et celles qu'ils ont perdues ?

9. Pensez-vous que ce bilan sera réévalué avec le recul du temps ?

Un projet

1. Qu'est-ce qui, selon vous, fonde la différence entre la gauche et la droite aujourd'hui ?

2. Quel doit être aujourd'hui le choix de société des socialistes ?
- Comment concevez-vous aujourd'hui une alternative au libéralisme en France ou dans le monde ?
- Comment corriger l'économie de marché dans un sens plus solidaire ?
- Quelles sont les conditions pour que la construction européenne y contribue ?
- Comment tenir compte dans le développement économique, des préoccupations écologiques ?
- Quelles sont les grandes réformes sociales que vous considérez possibles aujourd'hui ?
- L'action dans le domaine de l'emploi ?
- Le développement des solidarités sociales ?
- La politique de la ville, du développement rural et de l'aménagement du territoire ?
- Sur quelles valeurs fonder le système éducatif de demain ?
- L'égalité continue des chances ?
- La redéfinition d'une identité nationale ?
- D'autres ?
- Souhaitez-vous que le Parti socialiste garde son nom, ou souhaitez-vous qu'il en change ?
- Expliquez votre préférence et à quel nom pensez-vous si votre choix est au changement ?
    
Militer aujourd'hui

1. Comment, en quelques phrases, décririez-vous ce que signifie militer pour un socialiste aujourd'hui ?

2. Quelles sont les formes nouvelles de militantisme politique adaptées aux conditions de la société aujourd'hui ?

3. À qui devrait s'adresser en priorité un militant socialiste aujourd'hui ? Et pour faire passer quel message ?

4. Comment le Parti socialiste doit-il faire pour se montrer plus ouvert aux sympathisants qui ne sont pas des militants du Parti ?

5. Quelles sont les réformes que vous souhaiteriez voir adoptées par les socialistes quant à l'élection des dirigeants de leur parti ?
- Doivent-ils être choisis par les militants seuls, par les militants et les sympathisants ?
- Ces choix doivent-ils être faits sur la base des idées, des actes ou en fonction des hommes ?
- Doit-on les élire au scrutin proportionnel ou au scrutin majoritaire, ou dans un scrutin mixte ?

6. Sur quelle base territoriale souhaitez-vous que repose l'organisation du Parti (commune, quartier, circonscription électorale, cantonale ou législative, département, région) ?

7. Le Parti doit-il s'organiser aussi sur une base professionnelle ?

Une dernière question : Avez-vous de solides espoirs de reconquête d'influence pour les socialistes ou bien pensez-vous que le Parti socialiste ne réussira pas à sortir avant longtemps de sa situation d'aujourd'hui ? Expliquez votre réponse.

8. Le Parti doit-il changer de nom ? Avez-vous des suggestions ?

9. Le Parti doit-il accepter, voire rechercher, l'adhésion de nombreux membres qui entendraient participer à ses débats mais non militer ?

10. Le Parti, même si son nom change, doit-il rester membre de l'Internationale socialiste ?

Une stratégie

1. Quel avenir voyez-vous au Parti socialiste dans les prochaines années ?

2. Que voulez-vous qu'il fasse ?
- Qu'il se ressaisisse seul ?
- Qu'il s'ouvre aux communistes, aux militants humanitaires aux écologistes, aux acteurs sociaux ou encore qui travaille à s'intégrer dans une fédération où l'on retrouverait plusieurs formations politiques ?
- Comment devons-nous modifier nos relations avec le Parti communiste ?
- Comment nouer une alliance efficace entre les écologistes et les socialistes ?
Doit-on chercher des points de rapprochement avec les centristes ? Et lesquels (il y en a déjà eu dans la majorité présidentielle) ?

3. Quel nom donneriez-vous a une fédération groupant les familles ou formations citées plus haut, si tel était le choix des socialistes ?

4. Les socialistes ont décidé d'organiser des assises de la gauche et de la transformation sociale. Qui, selon-vous, doit y participer ?