Article de M. Alain Deleu, président de la CFTC, dans "CFTC La vie à défendre" de décembre 1993, sur le congrès de la CFTC et sa ligne d'action, intitulé "Un engagement pour tous".

Prononcé le 1er décembre 1993

Intervenant(s) : 

Circonstance : 45e congrès de la CFTC à Versailles les 3, 4, 5 et 6 novembre 1993

Texte intégral

Un engagement pour tous

De l'avis général, le Congrès confédéral de Versailles est à marquer d'une pierre blanche, depuis le travail en commissions jusqu'à la clôture avec l'hommage du congrès rendu à nos nouveaux anciens.

Une forte cohésion, la sérénité et la maturité des débats ont permis des décisions courageuses et des orientations claires.

La confiance réciproque entre la nouvelle équipe confédérale et les organisations est le meilleur gage de succès.

Cette réussite n'est pas le fruit du hasard, elle est le résultat d'un travail préparatoire de longue haleine. Il nous faut vraiment ici remercier les nombreuses personnes qui, par la qualité de leur travail, ont permis la réussite du Congrès (organisation matérielle, rapport d'activité, résolution d'orientation, réforme statutaire…).

Le congrès a fermement condamné l'anarchie économique mondiale par laquelle une grande part de l'humanité est aujourd'hui exploitée.

Nous avons exprimé notre révolte de syndicalistes face au gâchis du chômage et à la gangrène de l'exclusion. Les congressistes ont témoigné des multiples drames humains qui frappent le monde du travail et exposent notre pays au risque d'un véritable séisme social. Ils ont montré une CFTC active et ambitieuse.

Nous nous sommes situées comme une organisation syndicale réformiste en proposant à nos partenaires traditionnels un pacte participatif sur quelques thèmes essentiels pour l'avenir du syndicalisme.

Comme confédération d'inspiration chrétienne, nous avons confirmé notre conception de la négociation. Nous voulons que les relations sociales en France dépassent le jeu traditionnel du rapport de force et nous proposons pour nos branches et entreprises notre projet de contrat de paix et de progrès social.

Nous avons précisé nos orientations sur la vie des entreprises, la protection sociale, la famille, l'aménagement du territoire, les questions internationales.

Nous avons décidé d'être encore plus proches des attentes des salariés et de leurs familles et de nous mettre davantage au service des plus démunis, en particulier des personnes à la recherche d'un emploi.

Selon les mots de la résolution d'orientation, notre pays "doit retrouver le goût d'entreprendre et relever le défi de la solidarité. Vouloir sortir de la crise économique, sociale et morale, c'est vouloir que chacun puisse être acteur de son destin, puisse se réaliser par son travail, subvenir à ses besoins, vivre dignement avec les siens."

Le Congrès a consacré l'esprit de la réforme de l'organisation en approuvant les modifications statutaires proposées par le Conseil confédéral.

Notre nouveau Secrétaire général, Jacques Voisin, sera en première ligne pour mettre en œuvre cette orientation mais les décisions du Congrès n'engagent pas seulement l'équipe confédérale : militants, syndicats et sections, unions locales, unions départementales et unions régionales, fédérations, jeunes et retraités, nous devons tous porter solidairement ces projets, cette ambition.

Si nous savons garder, dans l'action, cette cohésion et cette confiance essentielle, nous pouvons raisonnablement espérer de beaux succès pour la CFTC et pour le monde du travail.

Ce sera le plus bel hommage que nous rendrons à nos nouveaux anciens et en particulier à Guy Drilleaud et Jean Thuillier qui viennent de passer le relais. À chacun maintenant de tenir sa place dans l'équipe.