Texte intégral
Je voudrais d'abord souhaiter la bienvenue à ce que nous avons appelé la Conférence Nationale de l'Environnement. Je voudrais également remercier tout spécialement monsieur le Premier ministre d'avoir accepté de prononcer le discours d'introduction, ainsi que le Président du Centre Français du Commerce Extérieur qui nous accueille dans ses locaux.
Participent à cette réunion des responsables qui à un titre ou à un autre ont un engagement personnel pour l'environnement parlementaires, industriels, scientifiques, responsables d'associations, de mouvements écologistes, organismes publics, administrations… Je voudrais d'une manière plus particulière saluer le Commandant Cousteau qui préside le Conseil pour les Droits des Générations Futures.
I. – Une nécessaire concertation
J'ai déjà eu l'occasion de dire que notre méthode serait, aussi longtemps que ce sera possible en ce [effacé]ine de l'environnement, "le contrat" plutôt que "la contrainte". Notre ambition est de faire de l'environnement, davantage encore, un sujet de concertation plutôt qu'un sujet de confrontation.
Nous n'avons pas ici les mêmes opinions, les mêmes responsabilités, la même façon de voir les choses, et pourtant notre engagement, sincère, déterminé, est le même. Voilà pourquoi il est important pour le Premier ministre et les membres du gouvernement de pouvoir participer à une telle concertation.
Cet effort de concertation et les échanges nécessaires avec les acteurs qui sont sur le terrain sont présents dans notre action quotidienne, dans la préparation des décrets, mais également dans la préparation des positions françaises à Bruxelles.
Nous voulons aussi que cet effort de concertation se fasse au grand jour parce qu'il s'agit de la vie quotidienne de nos compatriotes. Nos concitoyens doivent donc bénéficier de toute l'information nécessaire sur ce que nous avons appelé l'éco-citoyenneté. Il est indispensable de faire sortir l'environnement de ce ghetto dans lequel certains voudraient l'enfermer pour mieux le marginaliser. Il nous faut, en effet, répondre à des questions qui sont des questions politiques, sociales, humaines :
Est-il opportun en ce moment de parler d'environnement, alors que les entreprises ont des problèmes ? L'environnement est-il seulement un sujet de contrôle, de contraintes, ne peut-il pas devenir un élément de promotion de la France à l'étranger et lui permettre, en ce qui la concerne, de retrouver le chemin de la croissance ?
Est-il normal de parler d'environnement au niveau européen ? Il y a tant d'autres domaines qui demandent un travail collectif des Européens.
Est-il possible d'aménager la France, de moderniser notre pays sans compromettre son écosystème et son environnement. Nous pensons, au gouvernement, qu'il est possible d'aménager autrement notre pays, et de le moderniser sans compromettre ses équilibres écologiques.
II. – "L'exemple français"
Cette Conférence Nationale de l'Environnement ne doit pas être comprise comme une rencontre ponctuelle ou comme un coup médiatique. Elle doit se réunir au moins deux fois par an et nous choisirons des thèmes plus ciblés, moins nombreux que ceux de cette première réunion, de telle sorte que tous les grands acteurs de ‘environnement se trouvent au même moment, dans la même pièce, pour entendre les mêmes interventions et s'écouter les uns les autres.
Depuis quelques mois, j'ai eu l'occasion d'aller sur les terrains pour voir dans les départements comment il est possible de se retrouver entre élus, industriels, experts, techniciens, responsables d'associations, et de parler ensemble. Et ceux qui participent à ces réunions sont eux-mêmes surpris de pouvoir parler et avancer ensemble.
Voilà dans quel esprit cette Conférence Nationale sur l'Environnement s'est réunie.
Vous avez parlé, Monsieur le Premier ministre, dans votre premier discours devant l'Assemblée Nationale, de "l'exemple français". Je suis convaincu qu'il y a dans le domaine de l'environnement, l'un des chemins de l'exemple français, l'un des chemins pour que la France retrouve la croissance.
Nous avons en France des entreprises, des éco-industries, dans le domaine de l'eau, des déchets, de l'assainissement, de la maîtrise de l'énergie, parmi les plus performantes du monde.
Nous avons une recherche qui est l'une des plus sophistiquée.
Nous avons une expérience institutionnelle qui est reconnue, enviée et de plus en plus copiée.
Tout cela représente des atouts rares, parce que concentrés sur un seul sujet, celui de l'environnement.
Conclusion
M. Barnier, ministre de l'Environnement
Ce débat se poursuivra et peut-être que l'une des prochaines conférences nationales pour l'environnement aura pour objet unique ce grand sujet qu'est la croissance.
M. Tran Van Thinh nous a interpellé en nous disant que seuls nous n'étions rien, ou pas grand-chose. Cette réflexion, en forme de provocation, rejoignait le mot que le Commandant Cousteau m'a dit en partant. Il m'expliquait que nous parlions de la France, de ‘Europe mais qu'il ne fallait pas oublier le formidable basculement de population qui se produit vers le Sud. Toutes les questions globales qui se posent actuellement sont liées à ‘avenir de ces pays qui se trouvent à nos portes. C'est la raison pour laquelle je me préoccupe de ce que la France joue un rôle plus actif autour de la mer Méditerranée.
Il est donc important de rappeler la dimension mondiale des enjeux et comment tous les problèmes dont nous avons parlé ce matin sont interconnectés. Nous pouvons parler de ces enjeux globaux, même s'ils paraissent loin des citoyens. Ils ont des implications dans notre vie quotidienne.
Un journaliste me demandait tout à l'heure quel était le scoop de cette matinée. Je lui ai répondu que je n'avais pas cherché de scoop, sinon celui de réunir pour la première fois les grands acteurs de ‘environnement au même moment dans la même salle, pour entendre les mêmes choses, pour apprendre à s'écouter, à se connaître. Pour que les bonnes décisions soient prises, il faut avoir souvent le souci de prendre un moment pour s'arrêter.
Il n'y a pas de scoop concernant, cette conférence nationale, sinon l'idée que nous prendrons à partir d'aujourd'hui ‘habitude, malgré notre diversité, de nous retrouver ensemble.