Interview de M. Philippe Douste-Blazy, ministre délégué à la santé, dans "Le Quotidien de Paris" du 11 juin 1993, sur le projet d'ouverture des études médicales aux étudiants de la filière littéraire.

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Média : LE Quotidien de Paris

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À une époque où la médecine requiert de plus en plus de connaissances scientifiques, est-il réaliste d'ouvrir les études médicales aux étudiants de la filière littéraire ?

Le Quotidien de Paris : Votre question, si je m'autorise à la reformuler, est au fond la suivante : quelle est la meilleure méthode pour former un bon médecin ?

Philippe Douste-Blazy : La réponse n'est pas connue. Nous constatons en effet que la médecine est soumise à deux tendances. Tout d'abord, les progrès récents de la médecine, considérables durant les dix dernières années, sont essentiellement les fruits de la recherche scientifique, tout particulièrement dans le domaine biochimique, immunologique et génétique.

Mais par ailleurs, la médecine englobe également la notion de bien-être (l'OMS définit la santé comme un état de bien-être) et de ce point de vue l'approche humaniste du médecin doit être de plus en plus affinée afin de préserver ce qui est le plus important : la relation médecin-malade, relations de confiance pour le malade et de conscience pour le médecin.

Depuis toujours axée sur les malades et donc sur les traitements et la prévention, elle s'adresse aussi depuis quelques années à des personnes non malades, comme par exemple des couples stériles posant ainsi de nouveaux problèmes éthiques.

Pourquoi dès lors réserver l'entrée aux études médicales aux seules séries scientifiques ? Je pense pour ma part qu'il convient de laisser libre l'accès à la première année de médecine à tous ceux que cette double évolution intéresse, sachant qu'en cour se scolarité les critères d'accès aux différents niveaux d'études médicales seront naturellement des critères scientifiques.