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Le Quotidien : Avec le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, vous venez d'annoncer des mesures quant à la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires. Pensez-vous qu'elles seront suffisantes pour endiguer la crise du volontariat qui sévit actuellement dans ce secteur ?
André Rossinot : Avant toute chose, en tant que ministre et élu local, je veux rendre hommage aux sapeurs-pompiers volontaires et professionnels pour leur dévouement et leur courage. Ils ont toujours agi à l'entière satisfaction des pouvoirs publics et viennent encore de démontrer leur compétence et leur rapidité d'intervention dans les départements du Sud-Est où des pluies torrentielles se sont abattues. Maintenant, l'État se devait de montrer l'exemple de telle sorte que des mesures soient prises, en vue de reconnaître, garantir et aménager, au bénéfice de l'ensemble des sapeurs-pompiers volontaires, la disponibilité opérationnelle dont ils doivent être assurés pour faciliter l'accomplissement de leur mission. Dans ce but, j'ai cosigné avec Charles Pasqua et trois de mes collègues une circulaire relative au règlement applicable en matière de formation et de disponibilité opérationnelle. Tous les fonctionnaires d'État, des collectivités territoriales et des hôpitaux qui ont la qualité des sapeurs-pompiers volontaires sont ainsi visés.
Le Quotidien : Pratiquement, ce règlement se résume à quoi ?
André Rossinot : L'exercice de cette disponibilité, dont les modalités ont été approuvées par l'Association des maires de France et l'Assemblée des présidents de conseils généraux, est désormais codifié dans un régime d'autorisations d'absence. Au moins dix jours par an pendant trois années consécutives pour la formation initiale, et au moins cinq jours par an pour la formation continue. Cette mesure indispensable, même si elle peut paraître insuffisante, concerne tout de même 40 000 sapeurs-pompiers volontaires.
Le Quotidien : Croyez-vous que cette mesure encouragera les fonctionnaires à être sapeurs-pompiers volontaires ?
André Rossinot : Si elle organise surtout la disponibilité et la formation, cette circulaire encourage, pour la première fois, les fonctionnaires à être volontaires. Je ne doute pas un seul instant que les fonctionnaires et agents publics, comme ils l'ont montré pour d'autres grandes causes – collecte du sang, participation à des fondations et des organismes d'utilité publique – auront à cœur d'apporter leur contribution à notre système de secours. Mais nous ne sommes absolument pas certains que ces premières dispositions seront à elles seules suffisantes. Sans doute y a-t-il des règles plus précises à retenir et à appliquer vis-à-vis des volontaires dans la définition de leur rôle, dans la façon de les gérer et des appeler. C'est pourquoi Charles Pasqua a précisé à Nancy qu'il avait demandé à la direction de la Sécurité civile, en concertation étroite avec la Fédération nationale des SPV, de débroussailler ce nouveau champ de réflexion.
Le Quotidien : À votre avis, l'exemple de la fonction publique sera-t-il suivi dans le secteur privé ?
André Rossinot : Il est nécessaire de considérer cette circulaire comme une étape. Les pouvoirs publics ayant montré le chemin, il appartient maintenant aux entreprises de s'engager dans la même voie. Je sais que de nombreux chefs d'entreprise sont tout prêts à faire des efforts en ce sens. S'il s'avérait que ces mesures étaient encore insuffisantes pour faciliter l'exercice du volontariat auquel le gouvernement reste attaché, il conviendrait alors d'imaginer un texte de portée générale sur la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires travaillant en entreprises. Pourquoi pas un projet de loi ?
Mais je suis sûr que le conseil départemental des SPV qui, associant les élus, les représentants des milieux socio-économiques et les sapeurs-pompiers, siégera sous l'autorité du préfet, est bien le lieu privilégié où doivent être données des réponses simples et de bon sens pour améliorer la situation des volontaires.