Texte intégral
Le 22 novembre, le Nord de la France s'est réveillé couvert de neige. Il y a encore quinze ans, quand l'événement se produisait, les médias nous montraient des enfants riant aux éclats, disputant de vigoureuses parties de boules de neige.
Aujourd'hui, caméras, micros et stylos recueillent les confidences de ceux que, par euphémisme, on nomme les SDF, les Sans Domicile Fixe. Signe des temps : au pays de Descartes, où l'on se targue de tout mettre en équations, les autorités se révèlent impuissantes à dire avec exactitude combien il y a de ces « nouveaux pauvres », tout comme elles s'avèrent incapables de leur trouver un toit et un travail. Les estimations varient, selon les humeurs et les impératifs médiatiques, entre 100 000 et 500 000. Les politiques, elles, ne changent pas. Aucun programme de logements sociaux destinés en priorité aux Français, aucune référence à la préférence nationale en matière d'emploi. Car il faut regarder la vérité en face : ceux qui traînent leur misère de caves en abris précaires, de bouches de métro en centres d'accueil ne sont généralement pas des immigrés.
En revanche, c'est à qui lancera les appels les plus pleurnichards à la générosité du bon peuple. Les journaux télévisés et les quotidiens populaires en font leur « une » : rien de tel pour accroître l'audimat ou relever les tirages. Il y a belle lurette que l'humanitaire est devenu un véritable « business ». Mais nul n'ose poser la vraie question : pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ?
Pourquoi les nouveaux pauvres
M. Mitterrand parle de « défense des acquis sociaux », alors même que nos rues regorgent de « sans abri », résultat tristement concret de l'échec des politiques socialistes et socialisantes. S'il y a des « nouveaux pauvres », c'est d'abord parce que notre pays s'appauvrit. Les politiques de gribouille menées par les gouvernements successifs ont provoqué la clochardisation d'une fraction toujours plus large de la population.
Et ce n'est pas le moindre des paradoxes que de voir les héritiers de Mai 68 larmoyer aujourd'hui sur le sort des « SDF ». Car cette misère révèle aussi la disparition des liens organiques traditionnels qui maintenaient en vie ce grand corps qu'est la Nation. L'éclatement de la famille, la destruction des cellules comme le village, la paroisse, le métier ont consacré le règne de l'individualisme sournois. Nos contemporains se sont longtemps donné bonne conscience en s'apitoyant sur la misère qui sévissait aux quatre coins du monde. Les « nouveaux pauvres » qui hantent maintenant nos rues les rappellent à la dure réalité. Avant de se montrer généreux avec les populations du bout du monde, sachons nous montrer solidaires de nos concitoyens. Là comme ailleurs, il faut appliquer de toute urgence la règle de la préférence nationale.
Tout est lié. Protéger nos frontières, c'est protéger notre économie et notre société, c'est redonner du travail aux Français, c'est leur redonner le goût de l'effort, leur rendre leur dignité. Il ne sert à rien de gémir et de se lamenter. Ou nous gagnerons, ou la France s'enfoncera un peu plus dans la tiers-mondisation.