Texte intégral
M. Giscard d'Estaing est un disciple de M. de La Palice. Dans trois articles parus dans Le Figaro, il écrit le plus sérieusement du monde : « Nous retrouverons le plein emploi lorsque l'équilibre sera réalisé sur le marché du travail, c'est-à-dire quand l'offre d'emploi pour une gamme de compétences données sera égale au nombre des demandeurs d'emploi. » « Dame oui ! », comme disent certains personnages de Molière.
M. Giscard d'Estaing précise ensuite que le Smic, y compris les charges sociales, est si cher pour un employeur (8 410 F par mois pour 4 750 F touchés effectivement par le salarié), que cela freine l'embauche. Résultat, l'offre de travail est insuffisante. Il propose de réduire les charges payées par les entreprises, en augmentant les impôts ! Une fois de plus, le contribuable paiera ! Alors que le poids excessif des prélèvements obligatoires est une des trois principales raisons du chômage en France.
Le raisonnement de M. Giscard d'Estaing sur l'insuffisance de l'offre d'emploi n'est pas faux, mais il est partiel. Si l'offre d'emploi n'est pas suffisante, ce n'est pas uniquement parce que le coût de la main-d'œuvre peu qualifiée est trop élevé, c'est aussi parce que les pays moins développés nous font une concurrence insupportable qui détruit des emplois dans des branches entières de l'activité économique. Dans les pays sous-développés, les salaires sont si bas que nos produits sont nécessairement plus chers. Le commerce international est géré par l'OMC (ex-GATT), de telle façon qu'un avantage économique est accordé aux pays qui font travailler des enfants dans des conditions proches de l'esclavage, tout cela au nom de la liberté du commerce et du respect des droits de l'homme !
Par ailleurs, l'ancien président se garde bien de poser le problème de la demande de main-d'œuvre. Avec 6 millions d'immigrés, il n'est pas étonnant que la demande de travail en France soit plus élevée que l'offre de travail : il est inadmissible que le gouvernement accepte 6 millions d'étrangers sur notre sol alors qu'il y a officiellement plus de 3 millions de chômeurs en France, dont une partie d'ailleurs sont des étrangers.
Le revenu parental
Un autre facteur qui accroît artificiellement la demande de travail, c'est l'absence de « revenu parental », qui contraint les deux parents de familles nombreuses à travailler, sans pouvoir choisir d'autres solutions. Un tel revenu parental coûterait cher au contribuable, au même titre que la solution préconisée par M. Giscard d'Estaing, mais pourrait réduire le chômage (donc les indemnités de chômage qui pèsent sur nos finances publiques au sens large) d'une façon importante.
De plus, la présence d'un des deux parents à la maison se traduirait par une meilleure éducation des enfants et, à terme, pourrait contribuer à la réduction de la délinquance.
Pourquoi M. Giscard d'Estaing écrit-il sur le chômage sans évoquer, même d'un mot, l'immigration et le revenu parental ? Parce que ces deux sujets sont tabous ! Tout ce qui pourrait réduire l'invasion étrangère en France, redresser le taux de natalité et conforter le statut de la famille est banni du champ de la réflexion libre ! La seule variable sur le marché de l'emploi que l'on a le droit d'évoquer, est donc le coût du salarié ! Certes, il ne propose pas de supprimer ou de réduire le Smic. Mais il fait observer ceci, et ce n'est pas innocent : « Cette forte création d'emplois, aux États-Unis, s'est accompagnée d'une baisse du coût des bas salaires américains d'environ 1 % en moyenne annuelle, tandis qu'ils augmentaient de 2 % par an en Europe. Cette tendance se poursuit sous l'administration Clinton puisque, en dépit de la forte reprise, le salaire horaire a reculé de 0,1 % en juin et le salaire hebdomadaire de 0,7 % ». Quand on connaît l'admiration de M. Giscard d'Estaing pour le monde anglo-saxon, on devine qu'il envie les Américains de pouvoir obtenir une baisse du taux de salaire horaire ! Quand il était président de la République, il n'a eu de cesse de vouloir freiner l'évolution des revenus et notamment des salaires. C'était déjà l'objet de son plan de stabilisation de 1963, par exemple, lorsqu'il était ministre des Finances du Général de Gaulle !
La vérité est celle-ci : pour conserver les immigrés sur notre sol et pour maintenir le dogme du libre-échangisme mondial, il faut obliger les Français à accepter des salaires plus bas, sinon c'est le public au sens large d'un chômage qui augmentera.
Le pouvoir d'achat
Certes, M. Giscard d'Estaing ne le dit pas aussi crûment ! Il dit, pour ne pas choquer, qu'il ne faut pas baisser le Smic. Il propose de réduire les charges sociales liées au Smic en faisant payer le prix de cette mesure au consommateur, par une hausse de la TVA. Autrement dit, il s'agit bien de lutter contre le chômage en réduisant le pouvoir d'achat des Français !
C'est en effet la solution à laquelle conduit la science économique si l'on se refuse à protéger nos frontières contre les produits à bas prix et si l'on se refuse à réduire la demande de travail, notamment en conservant des millions d'immigrés sur notre sol !
Une fois de plus, seul le Front national dit ce que beaucoup de Français pensent tout bas. Trois millions de chômeurs et 6 millions d'immigrés, ce n'est pas normal. Il faut organiser humainement le retour des immigrés. Non seulement ceux-ci aggravent la situation du marché de l'emploi, mais encore leur présence pèse sur le niveau des salaires des travailleurs français. Pour que l'ouvrier français soit mieux payé, il faut que son travail soit rare ; il faut donc qu'il y ait moins de demandeurs d'emplois étrangers. C'est l'ouvrier français qui subit le premier le coût de l'immigration. Cela est injuste. Il n'est pas étonnant que M. Giscard d'Estaing refuse d'évoquer cette injustice. En parler serait « polically incorrect ». Et puis, faut-il l'avouer ? Lorsque l'on est très haut fonctionnaire et fortuné, la condition ouvrière peut sembler bien lointaine !
Quant à la gauche socialiste, elle préfère défendre sa vraie clientèle, celle des fonctionnaires, plutôt que celle des ouvriers et employés des entreprises industrielles et commerciales. Et le Parti communiste, par mondialisme, se refuse à critiquer l'immigration, même s'il reconnaît les méfaits du libre-échangisme sauvage dans le commerce mondial.
Seul le Front national défend les intérêts du peuple, car il est déterminé à lutter contre les bas salaires et le chômage. Or, cette lutte suppose l'arrêt de l'immigration et le retour des immigrés non européens dans leur pays d'origine.
C'est parce qu'ils n'osent pas évoquer ce sujet tabou que les politiciens de l'établissement se mettent dans la situation de ne jamais pouvoir réduire le chômage !