Texte intégral
Q. : Ma question est relative à la situation critique du Surinam. Elle est double : premièrement, quelles dispositions comptez-vous prendre sur le plan international et particulièrement humanitaire pour le problème du Surinam et deuxièmement s'agissant de la Guyane, à part le plan "Alizé bis" qui existe, quelles sont les dispositions que vous comptez prendre afin de protéger la population de Guyane ? Je vous rappelle rapidement que nous avons déjà subi psychologiquement et économiquement ces problèmes depuis 1986 et bien entendu, la Guyane, actuellement, n'est pas du tout en mesure de pouvoir supporter un tel choc.
R. : Monsieur le Député, comme vous le savez, depuis son accession à l'indépendance en 1975, le Surinam a vécu une histoire fort mouvementée une dictature militaire, une guérilla qui déstabilise le pays, notamment l'Est, et qui a provoqué un exode massif de réfugiés. Fort heureusement en 1991, des élections ont eu lieu sous contrôle international et ont permis l'arrivée au pouvoir du président Venetiaan qui essaie de restaurer l'autorité de l'État et de pratiquer une politique de dialogue avec l'ensemble de la population.
La situation politique reste néanmoins très fragile et l'économie, vous l'avez vous-même signalé, ne cesse de se dégrader.
La France, bien entendu, a essayé de réagir.
Elle a mobilisé l'Union européenne avec l'appui des Pays-Bas. L'Europe a mis en place un programme fort important : 190 millions de francs – une somme considérable pour un tel pays – dont nous apportons 20 %, afin de financer des projets de développement.
La France a aussi une coopération bilatérale ainsi, nous sommes en train de participer à la réhabilitation de l'hôpital d'Albina et nous sommes prêts à tout moment à mobiliser notre aide d'urgence humanitaire en liaison avec le ministre délégué à l'Action humanitaire.
Sur le deuxième volet de votre question, qui concerne la répression de l'immigration clandestine en Guyane, je peux vous apporter trois informations.
Tout d'abord, le plan Maroni, mis en place entre 1991 et 1993 a permis de rapatrier au Surinam environ 4 500 personnes déplacées.
Ensuite, le dispositif "Alizé" que vous avez cité, constitué notamment de patrouilles de pirogues motorisées armées sur le Moroni, permet une politique efficace de contrôle. Ainsi 50.000 contrôles ont eu lieu en 1993 et plusieurs milliers de refoulements ou de reconduites à la frontière ont été opérés.
Enfin, en accord avec les ministres compétents, le dispositif de police en Guyane a été sensiblement renforcé un troisième escadron de gendarmerie a été mis en place et un centre de rétention sera ouvert à Rochambeau dans les prochains mois.
Voilà les actions qui ont été engagées. Je comprends parfaitement votre préoccupation quand on sait que la Guyane à 520 kilomètres de frontière commune avec le Surinam. Le Gouvernement continuera à examiner cette question en accord avec vous.