Texte intégral
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants de l'OMS, de l'UNESCO et de l'UNICEF,
Messieurs les Présidents,
Madame et Messieurs les Directeurs,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Je suis très heureux, au nom de Monsieur François MITTERRAND, Président de la République Française, et du Gouvernement de Monsieur Michel ROCARD, Premier Ministre, de pouvoir vous accueillir pour le 19e Congrès international de Pédiatrie.
Juin et juillet sont des mois où j'ai eu l'occasion d'ouvrir de nombreux Congrès internationaux. C'est un honneur pour notre pays et pour notre capitale.
Je sais, qu'à côté de sujets proprement scientifiques, vous étudierez des aspects sociaux, voire juridiques de la pédiatrie. Cela ne peut pas laisser indifférent le ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale.
Ainsi, Madame DORLHAC, chargée auprès de moi, du Secrétariat d'État à la Famille, ouvrira samedi un symposium sur la pédiatrie et les droits de l'enfant.
Et puis, autre préoccupation, le SIDA n'épargne pas les enfants et j'ai noté qu'une réunion spéciale est prévue, jeudi, sur ce thème, qui sera d'autre part développé et amplifié lors de la conférence SIDA/Mère-Enfant que la FRANCE coorganise avec l'OMS à PARIS à la fin de l'année.
Mesdames et Messieurs, s'il n'est pas question de fixer une hiérarchie entre les diverses spécialités médicales, je voudrais vous dire combien votre spécialité me semble parmi les plus importantes et les plus sensibles, tant votre intervention auprès des enfants est déterminante pour l'avenir de l'homme.
Je voudrais pour ma part insister sur deux aspects de la pédiatrie qui me tiennent à cœur. Le premier est celui de la prévention ; le second est la diversification de la discipline.
1. La santé de l'enfant est de moins en moins seulement une affaire de soins et de plus en plus une affaire de prévention.
La pédiatrie a bénéficié, de façon spectaculaire des progrès de la prévention. J'en prendrai deux exemples :
a. La nutrition : ainsi la prévention du rachitisme par administration systématique de vitamine D aux nourrissons et jeunes enfants a fait disparaître cette maladie lorsque cette prévention est effectivement appliquée.
b. Les vaccinations : antidiphtérique, antitétanique et antituberculeuse (B.C.G.) rendues obligatoires en 1938, 1940 et 1950, et plus récemment, en 1964, antipoliomyélitique, cette prévention a fait disparaître le tétanos néonatal et a permis de réduire à quelques unités les cas de diphtérie et poliomyélite d'enfants.
La vaccination contre la coqueluche, bien que non obligatoire, est très largement pratiquée et a réduit considérablement le nombre de coqueluches graves entraînant la mort ou des séquelles importantes. Il en est de même de la vaccination contre la rougeole qui n'est cependant pas assez utilisée en FRANCE.
C'est ainsi que dans les 23 dernières années la mortalité des enfants de moins d'un an est passée, en FRANCE, de 21 pour mille à 7,7 pour mille.
Ces vaccinations ont une importance vitale pour les enfants des pays en voie de développement.
La pédiatrie est de plus en plus attentive à l'environnement social et psychologique de l'enfant, qu'il s'agisse du nouveau-né qu'il importe de bien accueillir à la naissance, ou de l'adolescent pour lequel, la notion de santé rejoint l'acceptation large du bien-être (chère à l'OMS).
L'attention à l'ensemble des conditions d'environnement de l'enfant, tant psychologiques que sociales et familiales, doit permettre de prévenir précocement les inadaptations et dépister les handicaps, en favorisant le développement global de l'enfant.
2. Les domaines d'intervention et les "âges" de la pédiatrie s'étendent, nécessitant une collaboration de plus en plus étroite avec les praticiens d'autres disciplines.
Parallèlement au développement de la médecine fœtale et de la néonatologie, apparaît la médecine de l'adolescence.
Avant même la naissance, la médecine fœtale permet, depuis une dizaine d'années, de mieux connaître cette "période cachée" de la croissance humaine et, dans certains cas, de prévenir ou même traiter des anomalies de développement du fœtus.
Les progrès de la néonatologie permettent de prendre en charge l'enfant dès la naissance, même avec des malformations graves et de repousser les limites de la viabilité.
L'indispensable collaboration entre pédiatres et obstétriciens a été reconnue par plusieurs textes dont le plus récent, en mai 1988, rappelle les règles relatives à la sécurité et à l'environnement de la naissance dans les maternités publiques.
Cette amélioration de la qualité des soins dans les premiers jours de vie se traduit par une diminution de 57 % depuis 1965, de la mortalité fœto-infantile et de 72 % de la mortalité néonatale précoce ; la mortalité périnatale est passée sous le seuil de 10 pour mille en 1987.
La collaboration pluridisciplinaire s'avère également nécessaire pour les pédiatres d'adolescents chez qui les facteurs d'environnement psychologiques et sociaux sont tellement liés aux facteurs somatiques : la rencontre des pédiatres avec les psychologues, les psychiatres, les gynécologues qui connaissent les adolescents permet une prise en charge globale du jeune.
Enfin, les structures de soins pédiatriques ont beaucoup évolué en FRANCE depuis 1970 : diminution du nombre des lits en hospitalisation classique, diminution de 70 % des durées de séjour entre 1965 et 1984. Parallèlement, l'hospitalisation de jour se développe, permettant à l'enfant de rester dans son milieu de vie habituel lorsque des traitements au long cours ou des bilans approfondis sont nécessaires : les progrès de la pédiatrie sont aussi d'une certaine manière les progrès de la déshospitalisation et de l'accueil de l'enfant.
Je suis convaincu que vous allez dans les années qui viennent continuer à progresser dans toutes ces directions et aussi aider toutes les populations qui en ont besoin à profiter des progrès que nous pouvons faire.
Je suis sûr, connaissant d'autre part le Président de votre conseil scientifique, le Professeur Jean REY – que je croise souvent avec plaisir dans les couloirs de notre ministère – que la qualité de votre réunion sera hors pair.
J'ai beaucoup apprécié Monsieur le Président le logo de votre Congrès avec ces enfants de tous les continents qui dansent autour de la Tour Eiffel.
Je vous remercie tous de ce que vous pourrez faire les uns et les autres pour améliorer encore la santé des enfants, la santé de tous les enfants du monde et je pense particulièrement aux enfants des pays du sud.
Je vous souhaite un excellent Congrès et de très fructueux travaux.