Texte intégral
Les opérations prévention été (OPE) sont un dispositif que je juge exemplaire a bien des égards et auquel je porte, en tant qu'ancien éducateur un intérêt tout particulier.
Je pense avoir déjà donné plusieurs preuves tangibles de cet intérêt, notamment en décidant d'augmenter cette année encore la contribution financière de mon ministère à ce programme, pour la porter à 11,5 millions de francs (la participation totale de l'État, tous ministères confondus, étant d'environ 24 MF)
J'ai également tenu à procéder, en personne, au mois d'avril dernier, au lancement de la campagne 1989 des opérations d'été, en présence des représentants des autres ministères concernés et des préfets.
Enfin, j'ai souhaité, comme l'année dernière, me rendre sur un site pour me faire une idée concrète des conditions de déroulement des OPE cette année et de l'impact qu'elles ont pu avoir.
J'ai choisi cette année de rendre visite à une municipalité car j'estime, et je l'ai rappelé à plusieurs reprises, que les communes sont véritablement les partenaires naturels de ces opérations. Ce sont en effet les maires qui, de tous les partenaires institutionnels engagés dans les OPE, connaissent sans doute le mieux les besoins en matière de prévention et les lieux où les efforts doivent porter.
Si mon choix s'est porté sur les Mureaux, où je vous remercie vivement de m'avoir réservé un accueil si chaleureux et si bien organisé, c'est pour plusieurs raisons.
En premier lieu, je tenais à rendre hommage aux efforts considérables déployés par votre municipalité en faveur de l'insertion des jeunes en difficulté et de la prévention de la petite délinquance. Ces efforts sont d'autant plus méritoires et d'autant plus justifiés que vous connaissez aujourd'hui encore, un contexte social et économique fort difficile, marqué entre autres par un taux de chômage élevé et par la présence d'ilots sensibles, de quartiers ou vit une population très défavorisée.
La deuxième raison de ma visite aux Mureaux tient à l'exemplarité des actions que vous menez dans le cadre des opérations été, exemplarité dont j'ai eu l'éclatante illustration en voyant toutes les réalisations que vous m'avez montrée. Ce que je trouve de particulièrement méritoire dans ces actions, c'est qu'elles associent une parfaite adaptation aux contextes et aux problèmes locaux à un respect scrupuleux des principes de fonctionnement et des objectifs fondamentaux des opérations été, tels que je les avais présentés au mois d'avril dans mon discours de lancement de la campagne 1989.
Je voudrais profiter de l'occasion que vous me donnez de m'exprimer aujourd'hui pour réaffirmer ces quelques principes qui sont, à mon sens, à l'origine du succès des OPE, et qui, d'après ce qui m'a été rapporté, ne semblent malheureusement pas appliqués partout dans la même effectivité qu'aux Mureaux.
C'est principes, je crois que l'on peut les résumer aux trois idées fortes suivantes :
1. Les OPE sont fondées sur le partenariat une notion clé.
2. Elles répondent à la fois à une logique de prévention de la délinquance et d'insertion sociale.
3. Elles s'adressent à un public bien ciblé, auquel doivent être proposées des activités spécifiques.
1. Le caractère inter partenarial des OPE constitue à mes yeux un des facteurs majeurs de la réussite de ce programme. Il s'agit d'ailleurs d'un partenariat véritablement généralisé. Au sein même de l'État, il se traduit par l'interministérialité, dont les cellules nationales et départementales sont le symbole et l'illustration. Il se traduit également par une collaboration active entre les différentes collectivités publiques que sont l'État, les départements et les communes. Enfin, et c'est tout à fait important, le partenariat se manifeste aussi au plus près du terrain, par une concertation étroite avec les associations, les professionnels de terrain, et bien sûr, les jeunes eux-mêmes. Ce partenariat à tous les niveaux, ces échanges tous azimuts, libèrent les imaginations, favorisent la créativité et la mobilisation de tous. C'est en cela qu'ils sont non seulement l'originalité, mais aussi la principale force de ce dispositif.
2. La deuxième grande caractéristiques des opérations-été tient au fait qu'elles combinent une démarche de prévention de la délinquance et d'insertion sociale. À vrai dire, je considère qu'il s'agit là de deux désœuvrements des jeunes vivant dans les quartiers défavorisés, n'est-ce pas à la fois prévenir de façon efficace la petite délinquance juvénile et contribuer à interrompre le processus de marginalisation dans lequel sont trop souvent engagé ces jeunes ?
À l'évidence, les CPE ne sauraient prétendre à elles seules relever le défi de l'insertion sociale des jeunes en difficulté, mais elles peuvent constituer un premier pas ou une étape importante sur le chemin de la réinsertion.
3. Je souhaiterais maintenant aborder le cœur du sujet, c'est-à-dire évoquer les jeunes eux-mêmes qui constituent le public prioritaire des opérations été. Ce public est, ou en tout cas doit être, un public ciblé, composé de 13-18 ans et jeunes majeurs issus de quartiers défavorisés. J'ai insisté cette année pour que l'accent soit mis sur les jeunes, les élus en difficulté, sur ceux qui, exclus et marginalisés, restent à l'écart des programmes classiques d'animation et de loisirs. Il semble que, trop souvent, ces jeunes ne bénéficient pas non plus de programmes mis en œuvre dans le cadre des OPE.
Ces jeunes qui demeurent hors programmes sont pour moi un réel sujet de préoccupation. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu qu'une partie significative de la rechercher menée actuellement pour évaluer les OPE, recherche dont les résultats seront connus d'ici à la fin de l'année leur soit consacrer. Je suis bien conscient que la tâche est particulièrement ardue avec cette catégorie de jeunes, très difficile à toucher et à motiver. Il faut, pour y parvenir, leur proposer des activités un peu exceptionnelles et à fort contenu psychologique, comme par exemple les voyages lointains ou les sports à risques. Malgré ces difficultés et des exigences, je suis convaincu de la nécessité impérieuse d'entreprendre une telle tâche. Car c'est bien dans cette population d'exclus que se trouvent les jeunes pour lesquels le risque de délinquance est le plus élevé et les chances d'insertion les plus réduites.
Vous avez bien voulu et vous avez su aux Mureaux – ce qui n'a pas été le cas partout – mener une action efficace en direction de ces jeunes-là, pour les repérer d'abord, et ensuite pour leur faire vivre des expériences positives.
C'est parce que je considère les Mureaux, sinon comme un modèle, tout au moins comme une ville phare du point de vue des opérations été, que j'ai souhaité, monsieur le maire, vous rendre visite cette année. Sincèrement, je vous félicite pour l'action très efficace que vous avez mené tout au long de l'été, comme je félicite l'ensemble des professionnels et des bénévoles qui se sont constamment mobilisés avec un enthousiasme et un dynamisme jamais démenti.