Texte intégral
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais tout d'abord féliciter la Fédération Nationale des Mutuelles de Fonctionnaires d'avoir mis en place la Fondation pour l'Avenir qui, historiquement, est l'une des premières structures d'évaluation médicale opérationnelles dans ce pays.
La Conférence de consensus est, parmi les technologies de l'évaluation, la plus connue, car la plus spectaculaire. Elle consiste à définir les questions auxquelles on souhaite répondre, à rassembler l'ensemble de l'information scientifique sur le sujet, à faire étudier ensuite le problème par des experts à qui on pose des questions précises auxquelles ils doivent répondre soit publiquement, soit par écrit, faire discuter ensuite l'ensemble des données par un jury. Une telle Conférence dure généralement 48 heures, comme cela a été prévu ici.
Cette méthodologie, comme toutes les méthodes dans ce domaine, n'est pas sans risque de biais et d'erreurs que les experts de l'évaluation connaissent bien. Je citerai, en particulier, l'influence réciproque des experts lorsque leurs rapports sont exposés oralement.
Je note aussi que les Conférences de consensus se multiplient et je ne suis pas sûr qu'elles offrent toutes les mêmes garanties de qualités méthodologiques. Il faut insister sur ce point car il serait vraiment dommage que le concept d'évaluation – qui paraît maintenant bien accepté – soit, de ce fait, dévalorisé.
C'est en tenant compte de cette multiplication des Conférences de consensus et des procédures d'évaluation que, dans le plan de développement de l'évaluation médicale que j'ai annoncé il y a quelques semaines, j'ai décidé de mettre en place trois instances.
La première est une Agence qui aura pour fonctions d'inciter à la formation de spécialistes de l'évaluation, de faire faire des évaluations, et de participer à leur diffusion. La formation de spécialistes est indispensable car ces spécialistes manquent cruellement dans ce pays, en particulier – mais pas seulement – dans le domaine de la santé. Faire faire des évaluations, c'est organiser deux à trois conférences de consensus par an, dont la qualité soit irréprochable, mais aussi mettre en place d'autres méthodes d'évaluation. Enfin, il faut diffuser les résultats. Tout le monde sait que c'est là un problème particulièrement difficile et l'Agence devra se pencher à la fois sur les méthodologies et sur les moyens à mettre en place pour que les résultats diffusent avec le maximum d'efficacité. La qualité des travaux de l'Agence sera assurée par la mise en place d'un Conseil scientifique de haut niveau. Si des évaluations sont faites par d'autres instances, comme la Fondation de l'Avenir, et que celles-ci souhaitent la participation de l'Agence soit au niveau méthodologique, soit au niveau de la diffusion des résultats, une fois ceux-ci validés par l'Agence, il est tout à fait clair que la collaboration de l'Agence est acquise.
La deuxième instance est le Comité national de l'évaluation médicale. Son rôle, dans un paysage où les évaluations se multiplient, est essentiel. Il devra s'assurer que la déontologie est respectée et prendre la décision de faire analyser la méthodologie par l'Agence et son Conseil scientifique. Il devra également participer à la diffusion des résultats.
La troisième instance est au niveau de la recherche. Comme je l'ai déjà dit, l'évaluation est une discipline scientifique mais c'est une discipline encore jeune. Il faut donc faire progresser les connaissances. En accord avec le ministre de la Recherche et de la Technologie, une inter-commission de l'INSERM devrait être mise en place l'année prochaine. J'en attends qu'elle nous apporte une panoplie d'instruments fiables et adaptés aux différents problèmes de l'évaluation dans le milieu médical.
Je voudrais maintenant aborder le sujet même de votre Conférence : le cholestérol sanguin, l'alimentation et le risque coronarien. C'est bien entendu un sujet important. En effet, la maladie coronarienne est responsable de 100 à 150 000 infarctus du myocarde par an en FRANCE. La mortalité par maladie coronarienne est sensiblement inférieure en FRANCE à ce qu'elle est dans d'autres pays industrialisés mais voisine de celle observée dans des pays proches de nous, comme la SUISSE et l'ITALIE.
La prévention notionnelle des maladies cardio-vasculaires n'est pas un terrain vierge dans ce pays. Comme vous le savez sûrement, le Conseil national de l'alimentation, interrogé par le Ministère, a rendu le 23 février 1989 un avis extrêmement important. Cet avis s'appuie en particulier sur les données scientifiques définies par le Conseil supérieur de l'hygiène publique de FRANCE. Je tiens à saluer ici la qualité du travail effectué par ces experts sous la présidence du Professeur BERNIER.
La qualité de ces réflexions ont conduit mon Ministère, associé à celui de l'Économie, des Finances et du Budget et au Secrétariat d'État à la Consommation, à diffuser les conclusions de ces travaux sous forme d'affiches et de brochures intitulées : "Bien manger pour mieux se porter".
Vous en avez certainement eu connaissance. Nous avons là un exemple intéressant d'une stratégie d'évaluation suivie de la diffusion de conseils pratiques à la population. C'est aussi votre objectif et je vous en félicite.
Je vous souhaite donc de fructueuses journées de travail et une réflexion qui prenne soigneusement en compte l'ensemble des données de ce problème.