Déclarations de M. Bernard Kouchner, ministre de la santé et de l'action humanitaire, à propos du référendum sur le traité de Maastricht, Paris le 7 septembre, Arles le 9 septembre et Figeac le 14 septembre 1992.

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Discours de Monsieur Bernard Kouchner, ministre de la santé et de l'action humanitaire – version du 7 septembre 1992

L'Europe

Je crois que la France a été saisie d'une de ces crises sporadiques que connaît son histoire, lorsqu'elle propose de nouvelles idées, cette France généreuse, parfois modèle du monde et parfois si frileuse qu'on ne la reconnaît pas.

L'idée d'Europe n'appartient pas qu'à la France, mais elle est particulièrement française si l'on considère le chemin parcouru depuis 1951. Tous les gouvernements successifs ont apporté leur pierre à l'édifice européen. Mais sans doute n'ont-ils pas eu assez d'invention, de pugnacité, de suivi dans l'effort. Il ne suffisait pas de deux ou trois minutes à la télévision, de temps à autres, pour créer un contact entre ceux qui regardaient naître l'Europe et ceux qui la faisaient. Aujourd'hui, ce déficit surprend. Moi pas. Il est caractéristique de l'absence de dialogue qui marque l'ensemble de la société française.

Être ou ne pas être européen : enfin arrive le débat. Je crois que c'est un beau débat, dangereux. Mais je répète, comme Alain Bombard : dans un référendum, il n'y a pas de deuxième tour, pas de vote protestataire, un dimanche matin, et le ralliement à ce que l'on préfère huit jours plus tard. Il faut convaincre, et je vous demande à chacun de convaincre dix personnes autour de vous. Tous, mobilisons-nous contre le divorce fatal entre les français et la politique, entre la France et l'Europe.

Le Traité est obscur ? La politique intérieure s'en mêle ? Je voudrais vous parler, de façon plus pratique, je suis là pour vous donner mon sentiment, parfois un peu douloureux, sur ce besoin d'Europe que je vois partout et devant cette espèce de repli que j'observe chez nous, cette angoisse tout à fait respectable. Cette peur. Mais tout de même, j'ai du mal à accepter ce repli sur soi, cette régression par rapport à la formidable ambition européenne et au travail accompli depuis tant d'années.

Il y a, comme souvent en France, une confusion entre le plébiscite et le référendum. Aujourd'hui, on ne demande pas aux citoyens français de juger la politique du gouvernement, cela relève d'une autre interrogation, légitime, et qui d'ailleurs a sa propre échéance, celle des élections législatives de mars 1993. Aujourd'hui on demande simplement à la France de se prononcer sur le Traité d'Union européenne.

Certains d'entre vous ont peut-être déjà lu le dernier roman de Pascal Bruckner, le Divin Enfant. Je vous le recommande. C'est l'histoire de deux jumeaux, le garçon s'appelle Louis, la fille Céline. Au début du livre, la mère invente, dans des troubles difficiles, une façon d'enseigner ses enfants avant qu'ils ne naissent, avec un système de micros. Ils deviennent suprêmement intelligents, ils savent tout ce qui va leur arriver. Là commence un vrai débat avec la mère et le gynécologue, et surtout entre les jumeaux eux-mêmes. La fille veut bien sortir mais pas le garçon. « Vous êtes fou dit-il ! Alors que je suis pénard dans le ventre de ma maman vous me demandez de me jeter dans ce monde-là, celui des guerres, des famines, des saloperies, on va me taper sur la gueule ! Pas du tout, je reste. » Il ne veut pas naître.

Céline est beaucoup plus maligne : « Tant pis, dit-elle, séparons-nous. » Sur l'Europe, bien des gens se comportent ainsi. Ils ont le sentiment profond que l'Europe est un progrès, mais ils refusent de passer à l'acte, et pour cela, inventent des arguments qu'ils espèrent nobles et décisifs.

Les uns prétendent avec Maastricht régler des comptes de politique intérieure, s'opposer au gouvernement, prendre le pouvoir au sein de leur propre parti. Je ne citerai pas les noms de ceux que je crois sincères et ceux que je sais non sincères et manœuvriers, mais il y a un hit-parade de la sincérité par rapport au « NON » à Maastricht.

Vous n'avez pas lu le traité, vous ne comprenez pas ? Lisez-vous seulement l'intégralité de vos contrats d'assurance, les petites notices de vos médicaments ? Avez-vous lu le Traité de Rome qui régit votre vie de tous les jours, et déjà celle de l'Europe, depuis 1957 ?

Quel est le vrai problème qu'on nous pose ? Par de difficiles négociations à douze, ce traité est en gestation depuis des années, malgré des intérêts historiques, géopolitiques, économiques si divers. C'est une performance.

J'aime ce traité, je suis d'accord avec Brice Lalonde pour dire que c'est un progrès considérable, qu'importe si ce n'est pas de la poésie puisque c'est une avancée politique. Je vous pose la question quel est depuis la fin de la guerre d'Algérie le vrai problème de civilisation qu'on vous demande de trancher ? Faut-il sortir de l'État Nation ? C'est l'idée que des pays, qui se sont fait la guerre pendant des siècles, peuvent un jour se rassembler. Pour une fois, on vous interroge non sur le passé, non sur le présent, mais sur l'avenir de vos enfants.

C'est vrai qu'il aurait fallu plus de temps pour expliquer et pour parler. N'oublions pas l'histoire des tribus européennes, ces peuples qui se sont affrontés de manière magistrale, beaucoup plus qu'on ne s'affronte aujourd'hui dans les combats du tiers-monde. C'est de là qu'est née l'idée de l'Europe, et non du charbon et de l'acier, ce bon prétexte. Après les carnages de 1870, de 14-18 et de 39-45, des hommes ont voulu un sursaut pour reconstruire et construire. Quoi ? La fraternité était un but mais comment y penser avant d'établir la paix, au-delà de la monnaie, de l'économie et des difficultés du monde.

L'Europe, c'est la France, les résistants français qui l'ont voulue, les démocrates allemands anti-nazis, tous les démocrates européens, et nos amis américains aussi...

C'est un devoir envers nos aînés, et la volonté de laisser une Europe en paix à nos enfants. L'amitié entre Charles de Gaulle et Adenauer, c'était l'image même de l'Europe.

Voter « non », c'est gifler la démocratie allemande. La dernière génération allemande qui accepte l'Europe, c'est celle de Khôl. Elle a accepté une Europe qui la désavantage, parce qu'elle l'a préféré à l'absence d'Europe.

Vous voulez ouvrir la porte à la génération des Skinheads ?

Depuis 25 ans, je crois avoir été parmi ceux qui ont vu le plus de guerres. Je vous assure que quand on est en Somalie ou en Bosnie, on a besoin de l'idée des Droits de l'Homme, cette idée française à l'origine, qui est devenue complètement européenne. La démocratie occidentale, ce n'est pas seulement de la culture, du beurre et des fromages, mais aussi et surtout les Droits de l'Homme, dont on a besoin dans le monde, et qu'il s'agit de renforcer. Nous avons passé tellement de temps à nous désespérer parce que nous n'arrivions pas à mettre sur pied des opérations européennes communes et suffisantes pour venir à bout de la misère et de la famine. L'Europe de demain, celle pour laquelle nous voulons ce Traité de l'Union européenne, pourra enfin aider mieux les uns et les autres.

Cette Europe dont on rêve quand on vit aujourd'hui sous les bombes à Sarajevo ou à Gorazde, celle que l'on souhaite de toutes ses forces quand on voit le chaos du « Non » qui s'exprime à Rostock.

Lorsqu'on est en Somalie, lorsqu'on pense qu'il y a peut-être un million et demi d'enfants qui vont mourir dans les bras de leur mère, ce n'est pas de la démagogie, on a besoin d'une Europe organisée, puissante, économiquement forte, malgré les difficultés, malgré le chômage.

L'Europe avec sa voix et son poids à douze pourra sauver de façon beaucoup plus évidente ces enfants. Sa capacité de concertation et de décision s'en trouvera multipliée.

Si demain on refuse Maastricht, si la France se retrouve seule, cela me semble tout à fait inacceptable face à une Afrique moribonde, même si nous demeurons le pays qui donne le plus grand pourcentage de son produit intérieur brut au développement, et en particulier à l'Afrique.

Ne nous détournons pas de ce continent africain sous le prétexte que nous devons nous tourner vers l'Europe de l'Est.

Ceux qui prétendent être favorable à l'Europe et refusent Maastricht me font penser aux gens qui croient à la médecine mais pas aux médecins. Ceux qui cassent leur thermomètre parce qu'ils redoutent de connaître leur température, ou qui consultent un rebouteux pour soigner un cancer. Ce n'est pas sérieux.

Si nous ne pouvons pas intervenir à Sarajevo, et je le déplore, c'est parce que nous ne disposons pas de ce mécanisme européen. Certains disent on ne sait pas comment elle marche, votre UEO. Mais l'UEO va marcher peu à peu, s'organiser. Cinq ou six mille hommes vont partir dans l'ex-Yougoslavie, c'est de l'humanitaire ? Oui. Une façon de s'intéresser aux hommes qui n'est pas à côté de la politique, qui n'est pas simplement une activité de bons samaritains. Je sais que ce n'est pas suffisant, je n'arrête pas de le savoir, mais le blocus de Dubrovnik a été levé en décembre après l'afflux des bateaux humanitaires, l'aéroport de Sarajevo a rouvert après la création de corridors routiers, et le siège de Goradze a été levé après la conférence de Londres. L'engrenage humanitaire, c'est le cheval de Troie des temps modernes. Grâce à la France, nous sommes parvenus à faire adopter au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution, puis une autre, puis une troisième puis maintenant la protection armée des convois humanitaires.

Si cela se passe mal, si on ne parvient pas à acheminer l'aide humanitaire dans les camps, dans les villes bloquées, dans les endroits où l'on impose cette immonde « pureté ethnique », il y aura une guerre. La Communauté internationale devra prendre ses responsabilités. Et la France participera sans aucun doute aux opérations de maintien de la paix et soutiendra le Président l'a déjà annoncé les résolutions qui seront alors votées par 1'Europe et la Communauté internationale.

Bien sûr, il est insupportable d'attendre. Mais je voudrais faire comprendre aux gens qui sont tentés de voter « NON » parce que l'Europe n'est pas encore assez forte, que nous avons absolument besoin de leur voix, de leurs « OUI », pour sauver le plus tôt possible les enfants de Sarajevo, comme les enfants des guerres futures. Sachez-le à Sarajevo, on attend la France, mais surtout on attend l'Europe. Pas moins d'Europe – Plus d'Europe.

Formidable aventure, formidable combat. Avez-vous rencontré beaucoup de jeunes qui sont pour le « NON » ? J'ai un ami, cadre supérieur, vieux militant internationaliste ouvert à toutes les bonnes causes. Et d'un coup, le voilà tenté par les arguments les plus retors voter « NON » pour créer un choc européen, voter « NON » pour définir une autre Europe dont il est d'ailleurs incapable de définir les contours. Savez-vous ce qui l'a ramené dans le camp du « OUI » ? Ses enfants. Ceux-là l'ont traité de ringard et de réactionnaire. Il a vite cédé aux arguments de la jeunesse et de l'avenir.

Il y aurait une espèce de gériatrie du « NON » : une vieillesse de l'esprit.

Prenons un domaine que je connais bien, celui de la santé. Sur la recherche, sur la prévention, sur l'environnement, la lutte contre le Sida, contre le cancer, tout cela, qui est indispensable, dépasse pour une part le budget que nous avons attribué à ces exigences, et pourtant la France, après les États-Unis, reste le pays qui y consacre la plus grosse part de ses finances. Mais ce n'est pas suffisant. Et chacun sait qu'à Douze nous serons plus forts que tout seul.

Le Traité de Rome ne parlait pas de la santé. Progrès énorme le traité de Maastricht définit un espace sanitaire européen où l'on échangera les informations, où l'on mettra en commun les recherches, où l'on sera plus fort pour aider le tiers-monde à lutter contre la malnutrition et les épidémies.

Il est tout de même inouï que les Suisses, que l'on dit conservateurs, demandent à adhérer à l'Europe de Maastricht, et l'Autriche et la Suède pourtant si attachées à leur neutralité, et la Finlande.

Ces pays indépendants ne se laissent pas impressionner par le pseudo-épouvantail de la supranationalité ou la bureaucratie de Bruxelles. Figurez-vous que dans mon ministère, je mets parfois plus de temps à donner une subvention à une ONG qu'à Bruxelles on en met à dégager un crédit pour la même organisation ?

Dans ces conditions, il n'y a pas deux Europe : l'une avec Maastricht, l'autre sans Maastricht.

Ou plutôt si, il faut trancher entre une Europe organisée et une Europe désorganisée. C'est-à-dire une entente à douze, avec ses règles, ses lois, et un contrôle démocratique de l'Europe marchande : c'est Maastricht.

Ou la désunion, c'est-à-dire une très vaste zone de libre-échange, sans règles ni lois, où la France sera à la merci des Japonais, des Allemands, des Américains.

L'économie française ne résisterait pas à cette jungle.

Aujourd'hui, la concession sur la monnaie, c'est l'Allemagne qui l'a faite.

La monnaie européenne existe déjà : c'est le mark. Et ce sont les Allemands seuls qu'en fixent le cours. Veut-on substituer l'écu, c'est à dire une monnaie commune gérée à douze, ou nous soumettre plus longtemps à la toute-puissance du mark seul ?

Refuser Maastricht, c'est automatiquement mettre à mal le serpent monétaire européen.

Dans les périodes de turbulences monétaires que nous connaissons, et qui redoublent avec la maladie du dollar, c'est le SME qui protège le franc.

Nous savons, ce n'est pas une prophétie mais une certitude, que le rejet de Maastricht laisserait le franc isolé devant tous les dangers. L'impact sur notre économie, sur notre niveau de vie serait immédiat.

En cas de « NON » à Maastrich, l'Europe telle que nous la connaissons a peu de chance de survivre.

En politique, il n'y pas de surplace : si on n'avance pas, on recule. Le Traité de Rome, l'Acte unique eux-mêmes seront atteints. L'Allemagne s'éloignera, mais aussi l'Angleterre qui se tournera vers les États-Unis, mais l'Italie qui se tournera, comme elle le fait déjà discrètement depuis des années, vers l'Autriche, la Hongrie, plutôt que vers la France.

Ou l'Europe marche vers l'unité, ou elle se redivisera en nations et en petits groupes ethniques à terme, c'est toujours le conflit.

Sous les institutions européennes, le mécanisme des alliances et des guerres, celui d'août 14 et de 1939, est intact.

En cas d'échec européen, on voit déjà la France appuyer les Serbes et l'Allemagne les Croates, la France monter son alliance de revers avec la Russie et la Pologne, l'Allemagne établir son empire économique à Prague et en Ukraine.

N'oublions jamais que la guerre de 14-18 a commencé par une guerre balkanique en 1912.

Si nous repoussons l'Allemagne, elle décidera vite qu'elle a davantage intérêt à se tailler un empire économique à l'Est qu'à subventionner l'agriculture française.

Que se passera-t-il demain si l'Ukraine et la Russie s'opposent, et si l'Allemagne est l'alliée de l'Ukraine et la France celle de la Russie ?

C'est le mouvement qui compte. Ou l'Europe se fait, ou elle se défait.

Lisez la presse anglaise, celle du pays le plus réticent vis-à-vis de l'Europe, celle du pays qui a remis en cause l'Europe sociale qu'à petits pas nous avons tout de même imposée, nous Français, dans le traité de Maastricht. Eh bien, ces gens-là eux-mêmes, quand ils voient le « NON » monter en France, s'affolent devant notre esprit de conservation, devant nos délires. John Major, peu suspect d'enthousiasme supranational, vient de souhaiter une victoire « retentissante » du « oui ».

J'en connais qui disent : « Je vote "NON" car je suis pour l'Europe des travailleurs. »

Quelle folie ! L'Europe des travailleurs, c'est d'abord celle d'une industrie et d'un grand marché de 350 millions d'habitants. L'Europe des travailleurs, c'est d'abord celle qui permet de vendre des Renault en Allemagne. Il faut se lancer dans l'aventure.

L'Europe sera complètement désorganisée par le « NON ». Je ne crois pas du tout aux lendemains de la reconstruction européenne après le refus de la France, cette méfiance vis-à-vis de l'Allemagne, de l'Angleterre, de l'Italie. Voyez déjà le désordre et l'angoisse qu'a entraînés le « NON » d'un petit pays comme le Danemark.

Peut-on dire « NON » à demain ? On peut toujours crier que l'on n'accepte pas l'avenir, on peut vouloir en rester à aujourd'hui, c'est-à-dire retourner dans le passé. Je ne soupçonne pas Philippe DE VILLIERS de ne pas être sincère : il veut défendre les valeurs de la famille, noi aussi, il veut préserver les musées, des provinces et des châteaux qui viennent de notre histoire : très légitime. Mais ce n'est pas demain.

Dire « NON » à Maastricht, c'est dire « NON » à demain.


Discours de M. Bernard Kouchner, ministre de la Santé et de l'Action humanitaire – Maastricht – 9 septembre 1992 – Arles

L'idée d'Europe est particulièrement française.

On subissait l'Europe.

Déficit d'explication. Absence de dialogue.

Vivre ce débat, le premier grand débat depuis la guerre d'Algérie où on nous demande notre avis.

Éloge de la politique.

Mais il n'y a pas de 2e tour.

La France généreuse, la France frileuse.

Des conservateurs, il en faut, je les respecte, mais...

Le Divin Enfant.

Je vais vous parler de l'Europe d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Hier :

L'Europe des tribus et de la guerre.

Le Duché de Bourgogne.

La guerre de 100 ans.

Aujourd'hui :

C'est une formidable aventure qui commence juste après la boucherie de 39-45. Les résistants français qui tendent la main aux démocrates allemands.

Au-delà du charbon et de l'acier.

Puis 1957... Le Traité de Rome.

Et l'Acte unique pour le 1er janvier 1993.

Demain :

C'est Maastricht.

C'est l'organisation politique de la paix.

Obscur ? Lisez-vous vos contrats d'assurance ?

Bureaucratique ? Pour ONG, plus rapide à Bruxelles que dans mon ministère.

15 000 fonctionnaires ? 4 000 chez moi.

L'Europe allemande ?

La concession sur la monnaie, c'est l'Allemagne.

Ou le mark tout puissant, ou l'écu.

J'aime ce Traité si peu poétique.

C'est un devoir pour nos morts et pour nos enfants.

Les jeunes sont pour à 65 %.

Exemple de la médecine ; de la politique sociale ; de l'aide : Somalie

Il n'y a pas 2 Europe, une avec Maastricht, une sans Maastricht.

La dernière génération allemande.

Sinon, la guerre : la Yougoslavie.

Le mécanisme de 14-18 est intact. Serbes contre Croates, la guerre balkanique de 1912, le jeu des alliances. Ukraine et Russie.

Le non : croire à la médecine sans les médecins.


Discours de monsieur Bernard Kouchner, ministre de la Santé et de l'Action humanitaire sur « Maastricht » à Figeac, à lundi 14 septembre 1992

Alors que les partisans du « oui » sont majoritaires dans le pays, il semble que les partisans du « non » soient plus décidés à aller voter.

Pour la dernière semaine, mobilisez-vous, mobilisez vos proches.

Beaucoup qui votent « non » par mécontentement croient le faire impunément, car ils sont convaincus que le « oui » va l'emporter.

Au fond d'eux, ils souhaitent que le « oui » l'emporte.

Ce n'est pas joué du tout.

Ne les décevez pas : votez « oui ».

Parler du coût de Maastricht

1 200 frs d'impôts de plus par an et par foyer fiscal, dit De Villiers.

À peine 250 frs en 1997, dit Jacques Delors, qui s'y connaît.

Mieux depuis 1986, 1'Europe a entraîné un allégement d'impôts d'environ 5 000 frs par famille sur 6 ans. Ce n'est pas rien.

L'Europe verse 43 MF par an à l'agriculture française.

Elle apporte son soutien financier aux régions défavorisées, en France comme ailleurs. 

Le Lot

Depuis plusieurs années, l'Europe a développé une politique en faveur des régions et des départements qui connaissent des difficultés.

Notre département est intégralement classé « zone défavorisée » par la Communauté.

Pour financer des équipements communaux ou privés, le Lot reçoit environ 30 MF par an. En aides directes, les agriculteurs en perçoivent 80, soit 8 milliards d'anciens francs. 

Le Traité de Maastricht prévoit la création d'un « Comité des régions » pour relancer cette politique indispensable.

Dans l'Europe Unie, des départements comme le Lot sont largement gagnants: ce sont eux qui bénéficient de la politique de solidarité.

Pour les paysans. Rappeler que 150 000 paysans français ont quitté la terre chaque année de 1954 à 1965.

1954 l'Europe n'existait pas.

Sans l'Europe, il y aurait encore moins de paysans.

Insister sur la bureaucratie

ONG : Les subventions données plus vite par Bruxelles que par mon ministère.

Maastricht, c'est le contrôle démocratique de la bureaucratie.

Depuis plus de 30 ans, l'Europe a contribué à lever les contraintes administratives françaises.

Grâce à l'Europe : 

– plus de contrôle des prix ;
– plus de contrôle des changes etc.

De nombreuses adversaires de droite du Traité disent « non » à Maastricht, « oui » à l'Europe.

Mais dans leurs arguments ils s'en prennent à l'ouverture des frontières.

L'ouverture des frontières, ce n'est pas Maastricht, c'est l'Acte unique, qu'ils ont accepté alors qu'ils étaient membres du Gouvernement Chirac.

Alors ! Sottise, oubli ou mauvaise foi.

De la même façon, ils flattent les paysans en s'en prenant à la politique agricole commune.

Mais la PAC, ce n'est pas Maastricht, c'est le Traité de Rome, mis en œuvre par De Gaulle et qu'ils ont accepté jusque-là.

Alors ? Mauvaise foi !

Les partisans du « non » se prétendent européens, mais aujourd'hui, jetant le masque, ils combattent tout ce qu'a été l'Europe depuis 1957.

Ils veulent fermer la France sur elle-même : cela signifie l'inflation, le chômage, la fin des grands projets communautaires !