Message de M. Pierre Joxe, ministre de la défense, sur les missions de l'armée et le bilan de deux ans passés au ministère de la défense, Sarajevo le 9 mars 1993.

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Circonstance : Nomination de M. Pierre Joxe comme Premier président de la Cour des comptes

Texte intégral

Appelé à de nouvelles fonctions par le Président de la République, je souhaite vous dire l'émotion que je ressens en quittant le ministère de la Défense après ces deux années.

Dès mon arrivée au ministère, début 1991, je m'étais rendu en Arabie dans Saoudite pour rencontrer ceux qui allaient s'illustrer dans l'opération Daguet. Aujourd'hui, au moment de partir, c’est de Sarajevo que je vous adresse ce message.

Entre ces deux dates, le ministère de la Défense a connu l'une des plus importantes et des plus rapides évolutions de son histoire récente. Tandis que les Armées répondaient chaque jour avec imagination, sang-froid et méthode aux circonstances et missions nouvelles, souvent imprévues, qui surgissaient de toutes parts, un travail en profondeur de réflexion et de réformes s'est mis en route dans tous les secteurs de la Défense.

Dans la guerre, la crise, l'aide humanitaire, nos soldats, dignes de leurs aînés, ont renoué avec les plus belles traditions d'élan et d'abnégation de l'armée française. Je salue ici avec une émotion particulière ceux qui ont donné leur vie ou ont été gravement meurtris, pour que, sur ces théâtres lointains où nous appelaient la Défense du droit et la souffrance des hommes, la France laisse la plus belle image d'elle-même.

Je salue aussi la grande communauté de civils et de militaires, d'appelés et de personnels de carrière, d'ouvriers, fonctionnaires, ingénieurs et chercheurs, qui a su porter l'immense effort des opérations confiées aux Armées, tout en préparant, au prix de très lourdes contraintes, les mutations rendues nécessaires par l'apparition de nouvelles données stratégiques.

Je me suis efforcé pendant ces deux ans de conduire ce mouvement en lui imprimant des directives claires, toutes fondées sur ma conviction qu'un des atouts majeurs de la France demeurait la qualité de sa défense : qualité des hommes, qualité des matériels, qualité des organisations associant les uns aux autres.

Je me suis employé aussi à faire connaître et apprécier à l'étranger le meilleur de ce que peuvent produire votre travail et votre ingéniosité. De beaux succès sont venus ponctuer ces efforts. Nous pouvons ensemble nous en réjouir, pour le rayonnement et la prospérité de la France.

Mes plus grandes joies au cours de cette période sont toutefois venues de la confiance que vous m'avez, les uns et les autres, accordée, même lorsqu'il m'a fallu annoncer et mettre en œuvre des décisions difficiles. Recevez, en échange, le témoignage de ma reconnaissance et de mon admiration pour l'œuvre collective accomplie.

Fidèles à vos chefs, unis dans l'amour de la patrie et de la République, vous allez, j'en suis convaincu, continuer à porter haut, chacun selon votre talent et votre courage, les traditions qui font la grandeur de la France.