Texte intégral
Monsieur le Président,
Je voudrais d'abord vous remercier de ces paroles de bienvenue. Je me réjouis de commencer par cette session ministérielle de l'UEO aujourd'hui. Il importe, en effet, que nous puissions nous consulter et adopter les décisions nécessaires, à bref délai, lorsque les intérêts de sécurité de l'Europe sont en cause. Tel est bien le cas aujourd'hui. Tel est bien le rôle de notre organisation.
Bien du chemin a été parcouru depuis l'adoption de la plate-forme de La Haye en 1987, qui avait marqué une étape importante de la relance de l'UEO, adoption qui émanait du gouvernement auquel j'appartenais à l'époque. Les décisions de Maastricht ont porté le projet de défense européenne à un nouveau seuil sur lequel il convient désormais de bâtir. Je vous confirme mon engagement personnel et celui du gouvernement français à travailler dans cette voie avec détermination et réalisme.
Détermination, parce que le projet européen de défense exige une volonté politique ferme de l'ensemble des États membres de l'UEO.
Réalisme, dans le même temps, parce qu'il est clair que l'UEO n'a pas vocation à tout faire par elle-même dans le domaine de la sécurité. La crise yougoslave montre que l'on peut avoir recours aux moyens de l'UEO ou de l'OTAN, de manière complémentaire, suivant l'opération envisagée, et bien évidemment suivant l'origine des forces engagées.
Notre réunion d'aujourd'hui va nous permettre de démontrer les capacités d'action concrètes de l'UEO en vue d'une solution pacifique du conflit yougoslave. La France apporte tout son soutien au projet de déclaration. Le contrôle effectif des mesures d'embargo décidées par le Conseil de sécurité est en effet une condition essentielle à l'obtention d'un accord de paix entre les parties.
Or, force est de constater que le Danube constitue l'un des principaux axes de contournement de l'embargo.
Nous savons tout l'effort déjà entrepris par les pays riverains afin de rendre cet embargo plus effectif. Nous nous réjouissons également des moyens mis en œuvre par la CSCE et par la Communauté. C'est en soutien de ces actions que l'UEO et pays membres peuvent apporter une contribution utile.
De quoi sera-t-elle constituée ?
Les plans préparés par nos experts proposent un dispositif de contrôle cohérent permettant d'utiliser l'expertise, les personnels et les moyens nécessaires. Ils prévoient, le cas échéant, le recours à la force pour donner toute sa crédibilité à notre action. Je vous confirme l'intention de la France de participer à ces opérations, en personnels et en matériels.
L'action de l'UEO obéira à trois principes soulignés par le projet de déclaration qui nous est soumis, et auxquels la France est particulièrement attachée : avoir pour seul objectif la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité, cela va de soi ; ensuite, agir dans le prolongement de l'action entreprise par la CSCE et la Communauté européenne ; et en troisième lieu, bénéficier du soutien politique et matériel des pays riverains à qui il incombe de prendre les mesures voulues pour que la circulation sur le Danube soit conforme aux décisions du Conseil de sécurité.
C'est dans ce cadre précis que nous apportons une contribution à une solution du drame qui accable l'ex-Yougoslavie. Nous vivons aujourd'hui un nouvel anniversaire puisque cela fait un an que la violence se déchaîne en Bosnie-Herzégovine. Je forme le vœu que notre organisation, en liaison avec les Nations unies, la CSCE, l'OTAN et la Communauté européenne puisse affirmer son action et ses pressions pour conduire les parties intéressées à accepter le plan de paix établi sous l'égide des Nations unies.