Texte intégral
France-Soir : Quel effet cela fait d'être le premier socialiste à présider (sous la Ve) un congrès dans le palais des rois ?
Henri Emmanuelli : Notre Constitution prévoit, dans son article 89, que le Bureau du Congrès est celui de l'Assemblée nationale et que j'aurai donc, en effet, l'honneur de présider cette réunion.
J'en suis bien sûr très heureux. Non seulement parce que, comme vous le rappelez, je suis le premier socialiste à occuper cette fonction, ce qui manifeste une évolution de notre société qui me semble aller dans le bon sens ; mais aussi et surtout au regard du caractère historique que revêt le Congrès du Parlement qui se réunit aujourd'hui.
Européen plus que convaincu, j'avoue être vraiment ému à l'idée de présider la réunion qui va clore le processus parlementaire souhaité par le président de la République afin de mettre notre Constitution en accord avec ce « grand dessein » que représente la perspective.
L'Europe, hier encore, n'était pour nombre d'entre nous qu'un rêve, elle est en train de devenir une réalité. C'est cela que les parlementaires vont entériner une première fois aujourd'hui et que le peuple français sera convié à trancher définitivement par voie référendaire.
France-Soir : Comment affronterez-vous l'humeur des sénateurs ?
Henri Emmanuelli : Je ne crois vraiment pas que j'aurai à « affronter », comme vous dites, les sénateurs. Je vous rappelle que ces derniers ont déjà adopté à une large majorité le projet de modification constitutionnelle soumis à l'approbation du Congrès. D'ailleurs, pendant toute la période du débat parlementaire des deux Chambres, nous sommes restés en contact avec la présidence du Sénat.
Dans le même esprit, M. Poher sera présent à la réunion des présidents de groupes préalable à l'ouverture du Congrès.
France-Soir : Lirez-vous un message du président de la République ?
Henri Emmanuelli : Cela n'est pas exclu.
France-Soir : On ne tardera pas à vous demander : « Combien Versailles nous était compté ? »
Henri Emmanuelli : Le bureau de l'Assemblée a en effet voulu éviter, dans un souci légitime d'économies, des dépenses dont l'utilité ne se serait pas avérée indispensable. Le coût global du Congrès, travaux plus fonctionnement, peut être évalué à environ 1,5 millions de francs. Il est difficile de faire moins. Mais, rassurez-vous, je crois quand même que tout a été prévu afin que nous ayons une réunion à la hauteur de l'enjeu.