Texte intégral
Si c'est votre première visite officielle dans les hautes fonctions que vous exercez, vous connaissez bien la France pour y être venu à plusieurs reprises à titre privé. Aussi, accueillons-nous avec plaisir, en votre personne, un ami de la France en même temps qu'un familier de notre culture.
Il existe, vous le savez, une Inde française. Je ne parle pas des comptoirs français que votre pays accueillait. Je parle de cette Inde, mi-réelle, mi-rêvée, qui n'a cessé de fasciner la France, par la profondeur de champ de son histoire, et le degré d'accomplissement de sa civilisation. Cette fascination s'est nourrie d'abord, dès le 16 siècle, des récits des premiers voyageurs. Elle a été ensuite alimentée par la curiosité des philosophes pour les origines indiennes de l'Occident. Elle s'est enfin raffermie, par le développement des échanges et le renforcement des liens politiques.
Vous savez aussi, monsieur le Premier ministre, les relations de confiance et d'amitié qui liaient notre pays à vos illustres prédécesseurs, madame Indira Gandhi et a son fils, Rajiv Gandhi Vous avez été leur ministre et leur proche conseiller. Leur fin tragique a ému le monde entier et a profondément touché le peuple français.
Monsieur le Premier ministre,
L'amitié qui rapproche nos gouvernements, les succès de notre coopération et la commune adhésion de nos deux nations aux valeurs de la démocratie tendra nos relations.
Comme vous, nous nous prononçons pour la paix et le désarmement. Comme vous, nous croyons à l'impérieuse nécessité du développement. Pas plus que vous nous ne pouvons-nous satisfaire d'un monde unipolaire. C'est pourquoi, nous attachons une telle importance à la construction européenne et c'est pourquoi nous agissons de manière déterminée et convaincue en faveur du développement des pays du Sud.
Je sais l'action que vous menez pour la paix dans votre région et je tiens à saluer le dialogue entre les deux pays amis de la France que sont l'inde et le Pakistan afin de surmonter leurs différends.
S'agissant des questions de développement, nos diplomaties convergent là encore pour maintenir et renforcer le dialogue Nord-Sud. La sécurité au Nord n'est pas assurée si celle du Sud est menacée : la prospérité du Nord est une illusion si le Sud vit dans la pauvreté.
L'Europe communautaire, telle qu'elle se dessine, n'entend pas s'enfermer dans je ne sais quelle forteresse. Ouverte sur le monde, elle est la moins protectionniste des grands ensembles contemporains et la plus attentive aux pays en développement.
L'Inde, de son côté, se transforme et vous êtes pour beaucoup dans cette évolution. Vous avez mené uns pratique d'apaisement, apportant une nouvelle stabilité à ce vaste pays encore troublé dans certaines de ses régions. Le terrorisme ne vous épargne pas. Nous soutenons vos efforts pour combattre ce fléau et pour maintenir l'ordre démocratique et préserver les droits de l'homme.
Vous avez également lance un programme de réformes économiques qui a reçu un soutien sans précédent des organisations financières internationales et de nombreux pays dont le nôtre.
En ayant su faire accepter à l'Inde un nouveau modèle de développement fonde sur l'initiative privée et l'ouverture vers l'extérieur, vous donnez à votre pays un élan décisif.
Dans cette voie, la France sera à vos côtes, grâce à l'aide bilatérale, mais aussi à la coopération économique, technique et culturelle et a l'engagement de nos entreprises.
Monsieur le Premier ministre, permettez-moi de vous dire combien nous sommes heureux d'accueillir l'homme que le peuple indien, dans une situation difficile, a souhaité porter à la tête de son gouvernement. Il est réconfortant de constater qu'il a fait appel à un dirigeant éclairé dans la sagesse et la profonde culture sont connus de tous.
Messieurs les ministres, Mesdames. Messieurs, je vous invite à lever votre verre à la santé de M. Rao et à l'amitié entre l'Inde et la France.