Texte intégral
Les Entretiens Science et Défense constituent le rendez-vous annuel entre les chercheurs, les ingénieurs, les industriels et les officiers que ces questions rassemblent. Je vous remercie de m'avoir convié à les conclure, même si aucune conclusion ne peut rendre compte de la richesse et de la diversité de ces échanges. Ils sont une occasion à la fois unique et parfaitement appropriée de mettre en rapport les besoins de la Défense et l'état d'avancement de la science et de la technologie sur des thèmes choisis. Si la Défense est d'abord un état d'esprit, cet esprit – le nôtre – doit être en permanence à la recherche des innovations, des technologies, des progrès qui permettront de faire face à des menaces dont la nature même est d'être toujours nouvelles. La défense c'est d'abord l'intelligence de la menace.
Le sujet "Simulation-simulateurs" a remporté un vif succès. Je m'en réjouis. Il s'agit là d'outils indispensables pour définir les systèmes d'armes les mieux adaptés à nos besoins et pour entraîner nos forces, en ayant le souci de l'efficacité et de l'économie. Ce sujet est si important que j'y reviendrai.
Le sujet "sciences de l'atmosphère" a permis, à la fois, de faire le point de l'état d'avancement de la science et de mieux préciser les liens entre la météorologie et la Défense. Qui d'entre vous, MM. les officiers, ne pense aux multitudes de situations dans l'histoire qui ont permis au caprice du climat d'être l'arbitre d'une action militaire ?
Le sujet "Avenir de la propulsion chimique" a permis d'analyser les progrès accomplis tant dans les moteurs pour véhicules terrestres que dans le spatial et de prendre une mesure raisonnée des espoirs mis dans la propulsion hypersonique.
"Les biotechnologies dans les sciences du vivant" constituent un domaine délicat ; la claire perception des menaces encourues est la condition d'une protection efficace.
Enfin, je suis heureux de souligner l'esprit d'ouverture européenne qui a marqué cette rencontre. Le nombre de participants européens non français, notamment près d'un quart des conférenciers, et j'y ajoute la table ronde de réflexion sur l'avenir de la recherche de Défense en Europe, ont permis une confrontation fructueuse des points de vue des directeurs de recherche de défense britanniques, allemands, hollandais, portugais et français, ainsi que du responsable de la recherche du Groupe Européen Indépendant de Programmes (GEIP/UEO) et du Secrétaire général de l'UEO, monsieur Van Eekelen.
Je tiens à les remercier tous avec beaucoup de chaleur.
Je souhaite maintenant aborder devant vous quelques-unes des interrogations fortes que suscite votre rencontre.
Je n'aborde que pour mémoire la nécessité même d'une recherche de défense. Encore une fois, dans ce domaine comme dans d'autres, c'est à une confrontation des intelligences que le monde à venir nous appelle. Chercher à bien défendre un pays c'est d'abord chercher.
Le contexte géostratégique a fortement évolué en quelques trois à quatre années avec notamment l'affaissement de l'affrontement Est-Ouest. Vous aurez observé avec moi que tous les pays du monde développé sont dans une situation de baisse de leurs dépenses militaires.
Mais peut-on parler d'un monde sans danger, d'un monde qui serait définitivement en paix ? Certainement pas. Bien au contraire les menaces ne disparaissent pas. Elles changent de nature, d'origine ou de lieu. Des incertitudes lourdes et nombreuses subsistent ; il est de notre devoir d'étudier les scénarios qui correspondent aux situations militaires auxquelles nous pourrions être amenés à faire face :
- conflits régionaux ;
- guerres civiles ;
- interventions humanitaires ;
- actions de terrorisme ;
- risques liés aux proliférations diverses (nucléaire, biologique, chimique, balistique) ;
- risques liés à certains intégrismes religieux.
Je pense qu'il n'est pas utile d'insister les exemples sont nombreux et bien connus.
La variété des risques impose d'être capable d'adapter les moyens aux circonstances. De ce fait, le besoin de recherche et l'esprit d'imagination sont importants. Il s'agit pour nous d'avoir comme objectif fort la maîtrise des hautes technologies, c'est-à-dire de gérer de façon aussi économique que possible les moyens – financiers, matériels et humains – affectés à la recherche de défense ; dans un contexte budgétaire difficile, il faut faire les bons choix, éviter les duplications, supprimer les travaux inutiles.
Voici donc venu, plus que jamais, le temps des questions. C'est en les posant, dans un esprit libre et sans tabou, que nous pourrons accomplir les uns et les autres la tâche qui nous est confiée : décider, protéger, commander, prévoir, organiser. Trois questions seulement parmi les nombreuses qui nous assaillent et qui vous ont conduit, fort heureusement, à vous réunir et à réfléchir ensemble :
- le niveau financier de notre effort ;
- les éléments qui fondent notre démarche ;
- les grands axes de la recherche de défense.
Première question : à quel niveau financier faut-il placer l'effort de recherche de défense ?
Il est nécessaire de donner quelques chiffres sur ce que représentent la recherche et le développement en France : l'effort annuel global est de l'ordre de 160 milliards de francs dont 90 au titre du budget. La recherche concerne environ 120 000 personnes, dont un peu plus de la moitié sont des chercheurs. Sur ces 90 milliards, la part de la Défense se monte à environ 30 milliards de francs, dont 6,5 milliards sont consacrés aux activités de recherche et études, encore appelées "études amont". Enfin, sur ces 6,5 milliards, 20 % sont consacrés à la recherche de base, 60 % à la recherche appliquée et 20 % aux développements exploratoires.
Je rappelle que le budget d'équipement de la Défense est de l'ordre de 100 milliards.
Que peut-on, dans ces conditions, envisager pour l'avenir ? S'agit-il de réduire les achats de matériels ? Vous savez que des réductions importantes ont déjà été opérées : il ne serait pas raisonnable d'aller au-delà. En revanche, il me paraît utile d'étudier, en liaison étroite avec l'industrie, les moyens permettant de réduire les coûts et les délais de production.
Nous devons certainement faire un effort pour réduire les frais de développement. Mais nous devons maintenir, voire accroître, l'effort de recherche pour parvenir jusqu'au stade de la réalisation de démonstrateurs ou à celui des développements technologiques probatoires, afin de pouvoir analyser d'une manière approfondie leurs capacités techniques et opérationnelles et d'apprécier convenablement les coûts et délais de développement, puis de production.
Il est tout à fait essentiel que nos entreprises aient les compétences nécessaires pour répondre rapidement à de nouvelles exigences de la Défense. Pour y parvenir, il faut continuellement développer chez elles les capacités technologiques correspondantes. Il est d'ailleurs significatif que les deux tiers des financements des études amont bénéficient à notre industrie, soit une dizaine de grandes entreprises et 700 à 800 PME/PMI, représentant environ, (hors DGA et CEA), 180 000 emplois directs contribuant ainsi à l'enrichissement du patrimoine technologique de la France. C'est ainsi que l'industrie de défense participe autant à la densité du tissu industriel, qu'à la capacité de valorisation du savoir-faire scientifique et technique, devenant par là-même un véritable conservatoire du patrimoine scientifique.
Deuxième point : sur quelles bases est établie notre politique de recherche de défense ?
1. La recherche est orientée par les besoins futurs prévisibles de la défense et par les capacités de la science et de la technologie. Le dialogue doit être étroit et permanent entre les chercheurs et ingénieurs d'une part qui ont en charge la science et la technologie et les officiers responsables du besoin opérationnel d'autre part. La veille scientifique et technologique doit être très large et détecter à temps les réelles possibilités ouvertes par les technologies émergentes.
2. Si cette veille doit être large, les travaux de recherche eux-mêmes doivent être soigneusement sélectionnés. Il s'agit d'établir une hiérarchie de priorité entre les technologies, depuis celles sur lesquelles doivent être concentrés les efforts jusqu'à celles qui pourraient s'accommoder d'actions moins fortes parce qu'on pourra s'appuyer soit sur la recherche civile, soit sur des partenaires européens.
Bien entendu, ceci se fera d'une manière progressive. En conservant une grande flexibilité d'adaptation. J'ai noté que la DGA réalisait des plans technologiques dans les domaines prioritaires – sur les composants électroniques et optroniques, sur des lasers, sur la discrétion, sur la guerre électronique pour ne citer que quelques exemples ; j'approuve cette démarche. Elle est cohérente avec les objectifs généraux de la Défense comme avec l'orientation de l'industrie française sur des créneaux porteurs.
3. Il importe d'entretenir et d'adapter un réseau de centres de compétence de la Défense en recherche. Ce réseau englobe bien entendu les centres de recherche propres de la Défense, ceux de la DGA tels que ceux de l'Établissement technique central de l'armement (ETCA), ceux de la Direction centrale du service de santé des armées, ceux sous tutelle de la Défense et tout particulièrement l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) et l'Institut franco-allemand de Saint-Louis, mais aussi des organismes civils de recherche tels que le Laboratoire d'électronique, de technologie et d'instrumentation (LETI) à Grenoble qui dépend du CEA et travaille notamment sur la micro-électronique et les détecteurs infrarouges ou encore des centres de recherche appartenant à l'industrie tels que THOMSON, la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE), la Société européenne de propulsion (SEP), SNECMA ou AÉROSPATIALE.
Enfin, il importe d'associer étroitement les laboratoires de grandes écoles sous tutelle de la défense, tout particulièrement ceux de l'École polytechnique. Les prochains Entretiens Science et Défense sont prévus les 17 et 18 mai 1994, dans le cadre des cérémonies du bicentenaire de cette École. Il me paraît important, à cette occasion, de mettre en valeur les liens entre les recherches fondamentales qui y sont effectuées et les recherches appliquées pour les besoins de la défense et de mieux intégrer les laboratoires de l'X dans le réseau des centres de compétence nécessaires à la Défense.
4. Il importe aussi d'assurer la promotion de l'innovation et de veiller aux transferts des résultats de la recherche du civil vers le militaire bien entendu, mais aussi du militaire vers le civil chaque fois que ces recherches ne sont pas couvertes par le secret défense, ce qui est le cas général. Il s'agit notamment d'avoir une politique active de brevets, en sachant acquérir les brevets étrangers mais aussi en sachant déposer des brevets et défendre notre savoir-faire.
5. Bien entendu, le monde de la recherche civile et le monde de la recherche militaire ne sont pas deux ensembles séparés travaillant chacun dans leur sphère mais il est au contraire capital qu'ils travaillent en osmose. Je pense qu'il n'est pas utile d'insister sur ce point, la Direction des recherches, études et techniques (DRET) entretenant des relations très étroites avec l'ensemble du tissu des organismes de recherche civile ; d'ailleurs ces Entretiens Science et Défense illustrent parfaitement cette réalité.
6. Enfin la politique de recherche de défense vise à développer la coopération internationale et tout particulièrement la coopération européenne. Le délégué général pour l'armement, monsieur Sillard, a développé ce thème dans son allocution hier matin et la table ronde qui vient de s'achever en a largement débattu. Je n'y reviens donc pas. Je soulignerai seulement que l'émergence d'une identité européenne de la défense est un enjeu majeur pour les prochaines années. Il faut une Europe forte qui entretienne des relations efficaces avec nos alliés d'Amérique du Nord.
Cette Europe forte ne peut pas et ne doit pas être une zone de basse pression technologique. Ce serait, dans le domaine de la défense, une étrange conception que celle- ci, si elle devait prévaloir. L'Europe a toujours été dans le domaine commercial, culturel, industriel et technique à la pointe ultime de l'innovation et du progrès. Nous ne pouvons pas renoncer à cet aspect fondamental de notre identité et de notre devenir.
La construction européenne de la défense passe par la réalisation de travaux de recherche en commun, par la réalisation de développements exploratoires en commun, par la rationalisation des moyens de recherche et d'essais en commun. Ceci est en route ; il s'agit maintenant de se donner les moyens pour que toutes ces actions soient plus systématiques ; la création de l'Agence européenne pour les armements dont les missions et les statuts sont actuellement en cours d'examen au sein de l'UEO, doit permettre d'y parvenir, et il faut lui donner les capacités d'avoir une grande efficacité.
Troisième point : quels sont les grands axes d'effort pour la recherche de défense ?
Je n'en cite que trois parmi l'ensemble de ceux qui nous sont proposés par l'aventure de l'esprit humain.
1. Je citerai en tout premier lieu, la prospective technico-opérationnelle. Tout lancement de programme ou même de développement exploratoire doit être précédé d'une analyse approfondie technico-opérationnelle associant étroitement les états-majors et les directions de la DGA. Il s'agit de bien préciser les objectifs des études, de les orienter, d'évaluer leurs résultats. Les évolutions géopolitiques et les risques que j'ai déjà évoqués imposent de prendre en compte des scénarios d'engagement des forces extrêmement diversifiés.
Les perspectives ouvertes par les technologies émergentes, très novatrices, doivent être prises en compte pour les besoins de la défense ; il s'agit de distinguer celles qui pourraient correspondre à un besoin prévisible en se posant la question de savoir à quel horizon ces technologies pourront déboucher, et celles qui n'auront probablement aucun intérêt pour la défense ; tel est le rôle du chargé de mission pour les technologies émergentes auprès du directeur de la DRET ; il doit faire appel, autant que nécessaire, à la prospective technico-opérationnelle.
D'une manière générale, les études technico-opérationnelles sont destinées à permettre une réflexion sur de nouveaux concepts de systèmes d'armes, puis à apporter une aide à la décision, en vue de l'élaboration de nouveaux systèmes, ou de l'amélioration de systèmes existants. Ils jouent aussi un rôle dans l'évolution de concepts d'emploi de systèmes existants, dans une perspective interarmées.
Il me paraît, en outre, important de mener ces travaux de prospective technico-opérationnelle dans le cadre de la coopération européenne, en bilatéral, en multilatéral et même avec l'ensemble des pays européens car ces travaux devraient faciliter la convergence des points de vue des pays concernés sur des spécifications communes de besoin et sur un calendrier commun.
2. Le deuxième point, très lié au précédent, concerne le développement des outils de simulation et de modélisation. Les progrès de l'informatique pour les matériels et les logiciels permettent maintenant de modéliser les objets, de modéliser les phénomènes, de modéliser les scénarios. Pour parvenir à l'étude de nouveaux systèmes d'armes, à la définition de leurs caractéristiques, à la précision des concepts d'emploi, à l'évaluation de leurs performances, sur ordinateur, sans dépenser les sommes importantes nécessaires à la réalisation de maquettes ou de prototypes.
La simulation permet d'explorer différents scénarios d'engagement des forces sur un théâtre d'opération ; les simulateurs spécialisés permettent la formation puis l'entraînement des combattants.
Il y a là des possibilités très vastes pour la préparation des forces dans des conditions économiquement raisonnables. Nous n'avons pas aujourd'hui exploré tout le potentiel de ces nouveaux outils ; les exposés et les discussions que vous avez eus dans le cadre du thème "simulation-simulateurs" vous ont sans doute permis de mieux percevoir leurs capacités. Il s'agit maintenant de faire un effort vigoureux dans ce domaine.
Est-il besoin de rappeler que la nouvelle stratégie des États-Unis pour la science et la technologie consacre un de ses sept axes majeurs d'effort à la simulation et aux simulateurs ? Des possibilités considérables sont ouvertes pour travailler sur des réseaux de simulateurs à travers le monde. Ceci impose de se préoccuper de la standardisation des équipements connectables sur ces réseaux, comme naguère il a fallu se préoccuper de la standardisation d'autres moyens de communication (téléphone, télécopieurs, Minitel…).
3. Le troisième sujet important est celui de la communication. Ceci concerne le recueil de l'information, et notamment du renseignement, par tous les moyens disponibles (satellites, avions, avions télé-pilotés ou drones, robots d'observation, opérateurs humains) mais aussi son traitement et sa transmission (fusion de données, aide à l'élaboration des décisions par les techniques dites d'intelligence artificielle, systèmes d'information et de commandement etc.).
La suprématie appartiendra à ceux qui sauront recueillir et exploiter les informations les plus nombreuses et les plus pertinentes. Vite, et bien. Il faut aussi explorer toutes les capacités de la communication et les risques qu'elle présente, par son interception, par son truquage, par sa transmission sélective, par son effet sur les populations. C'est vrai que la communication peut être considérée comme une arme et l'on peut parler de "guerre de la communication" comme on a parlé de "guerre électronique".
Je voudrais enfin évoquer les risques liés à la prolifération des armes. On a beaucoup parlé de la prolifération des armes nucléaires, biologiques et chimiques. Je n'y reviendrai pas. Je voudrais insister sur les risques liés à la prolifération des missiles balistiques "rustiques", qui peuvent avoir une longue portée. La défense anti-missile balistique constitue un sujet difficile ; les solutions sont très coûteuses et ne peuvent pas être envisagées à l'échelle d'une nation, mais d'un ensemble de nations; voilà un sujet qui revêt une ampleur européenne – au moins – et il me semble utile d'entreprendre dès maintenant des études technico-opérationnelles avec tous les pays européens.
En conclusion, la recherche de défense comme toute réflexion ou action de défense est une assurance. Le monde qui vient est plus mouvant que nous ne l'aurions imaginé il y a seulement cinq ans. Et nous ne pouvons pas identifier clairement les risques auxquels nous aurons à faire face. Il ne faut pas oublier que les travaux que nous faisons aujourd'hui en recherche n'aboutiront sur des systèmes d'armes que dans plusieurs années. Cinq à dix ans pour la recherche appliquée. Dix à vingt ans pour la recherche de base.
Outre la connaissance approfondie de ces technologies, il s'agit de les mettre en œuvre pour faire concevoir et réaliser les systèmes dans l'industrie puis de savoir les utiliser sur le terrain ; les hautes technologies ont en effet une influence non seulement sur les armements mais aussi sur les tactiques et les doctrines militaires ; ainsi, il faut un long effort d'acquisition de connaissance puis d'apprentissage pour être capable de tirer le meilleur parti des systèmes novateurs.
La maîtrise des hautes technologies nécessaires à la défense est un des meilleurs atouts pour la préparation de l'avenir mais désormais cette maîtrise doit être évoquée au plan européen. Bien entendu, cet objectif ne pourra être atteint que si nos partenaires y adhèrent. Il faut avoir l'ambition de parvenir à la définition de besoins opérationnels communs, puis de faire appel aux compétences d'excellence de chaque nation aux plans scientifiques, technologiques et industriels, avec le souci d'un optimum économique, tout en tenant compte, certes, d'un juste retour dans la participation de chacun.
Un dernier mot pour dissiper – si besoin était – une confusion. Il ne s'agit pas de fabriquer de toutes pièces une industrie européenne de l'armement pour la mettre, ensuite, au service d'une politique de la Défense que nous appelons de nos vœux mais qui reste encore, sur bien des points, à imaginer et à mettre en œuvre. L'intelligence est à la pointe de l'outil à nous de préparer, dès maintenant, des structures de l'industrie et de la science de défense, au service de cette Europe organisée sur laquelle nous devrons, d'abord, faire porter nos efforts.