Texte intégral
J.-P. Elkabbach : Faut-il s'attendre à une période de protectionnisme de la part des États-Unis à l'égard de l'Europe ?
B. Durieux : Les pressions protectionnistes sont fortes, beaucoup de lobbies se manifestent comme si le programme de M. Clinton leur donnait le sentiment qu'ils allaient pouvoir élever des barrières de protection. J'ai rencontré également des Américains qui m'ont dit être inquiets d'une éventuelle guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde.
J.-P. Elkabbach : Les Européens doivent eux aussi se protéger ?
B. Durieux : Il faut qu'ils se préparent à d'éventuelles ripostes. Comme on l'avait décidé à Bruxelles le 2 février dernier, il faut que nous nous préparions d'une part à négocier et d'autre part, au cas où il y aurait des situations de blocage, à prendre des dispositions appropriées.
J.-P. Elkabbach : À quoi servent vos belles paroles et vos voyages aux États-Unis ?
B. Durieux : Cela sert à soutenir le commerce extérieur français. Je suis aux États-Unis pour lancer la campagne « business France », qui consiste à dire aux hommes d'affaire américains vous savez que nous sommes compétitifs et qu'on peut faire du business. Ils nous écoutent et nous accueillent très chaleureusement. Les Américains sont ouverts mais il y a quelques grands sujets, dont l'acier, les télécommunications, le GATT sur lesquels ils sont en ce moment assez difficiles.